Maquis des Glières

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Bataille des Glières
Description de cette image, également commentée ci-après

Monument national à la Résistance du plateau des Glières, réalisé par le sculpteur Émile Gilioli et inauguré le 2 septembre 1973 par André Malraux

Informations générales
Date 31 janvier -
Lieu plateau des Glières, massif des Bornes, Haute-Savoie, France
Issue Victoire militaire allemande et vichyste, succès de propagande pour la Résistance
Belligérants
Drapeau de la France FFI Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau de la France État français
Commandants
Tom Morel
Maurice Anjot
Karl Pflaum
Jean de Vaugelas
Jacques de Bernonville
• Georges Lelong
Forces en présence
465 hommes[1] Garde mobile :
700 hommes

GMR :
650 hommes

Milice :
700 hommes

Allemagne :
3 000 hommes
Pertes
140 morts dont 20 sédentaires Vichystes :
~ 20 morts

Allemagne :
3 morts
7 blessés[2],[3]

Seconde Guerre mondiale

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Coordonnées 45° 57′ 54″ Nord 6° 20′ 02″ Est / 45.965, 6.33388889

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Maquis des Glières.

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Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Maquis des Glières.

Situé sur le plateau des Glières dans le massif des Bornes en Haute-Savoie, créé par l'Armée secrète le 31 janvier 1944, le Maquis des Glières est commandé par l'ex-officier d'active Tom Morel et encadré par des anciens du 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy. C'est le premier grand maquis à avoir affronté les Allemands le 26 mars 1944[4].

Le récit où près de 500 maquisards auraient été opposés à 12 000 soldats allemands (les maquisards auraient tué 400 Allemands et en auraient blessé 300 ; les soldats allemands auraient tué 100 résistants et en auraient blessé 150) est cependant un mythe (celui de la « première bataille de la Résistance ») forgé par le gaulliste Maurice Schumann pour contrebalancer la propagande de Philippe Henriot sur Radio-Paris, le premier omettant de mentionner que le plateau avait été évacué la veille de l'attaque générale allemande, après un baroud d'honneur, et le second prétendant que la confrontation avait eu lieu uniquement entre miliciens et maquisards. Ce récit a été démythifié en 1975 par l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac[5] qui a écrit : « Les chiffres de 400 morts et 300 blessés […] sont sans commune mesure avec la réalité des pertes allemandes. […] ils sont empruntés à un télégramme envoyé de France par [le représentant de la France libre, le capitaine Rosenthal, dit Cantinier] »[6]

Historique[modifier | modifier le code]

Préambule[modifier | modifier le code]

La fonction de refuge du plateau des Glières s'impose vite lors de la Seconde Guerre mondiale à cause de la proximité de la Suisse où peuvent s'abriter des militaires en débandade, des juifs ou des résistants[7]. En fait, le plateau est occupé épisodiquement seulement depuis l’arrivée des premiers réfractaires au STO en février 1943 (janvier sur Champlaitier), et, grâce à un agent secret britannique, Peter Churchill (pas de lien de parenté avec le Premier ministre !), un premier parachutage a lieu le 21 mars 1943 (un avion et 15 conteneurs largués)[8]. Le plateau des Glières ayant, plus tard, été homologué comme zone de parachutage d'armes par une mission franco-britannique composée d'un officier anglais du SOE (le lieutenant-colonel Heslop, dit Xavier) et d'un officier français (le capitaine Rosenthal, dit Cantinier), ce dernier, représentant de la France libre, convainc[9], début février 1944, les chefs départementaux de l'Armée secrète (AS) (capitaines Clair et Anjot) d'y établir une base d'opérations en vue de harceler les Allemands lors du débarquement attendu des Alliés et de montrer à ceux-ci que la Résistance française, sous la direction du général de Gaulle, est capable d'actions de grande envergure[10].

Combats de février et début mars 1944[modifier | modifier le code]

Les Etroits(Entremont)

Pourchassés par les forces de l'ordre du gouvernement de Vichy qui a mis la Haute-Savoie en état de siège fin janvier 1944, de nombreux combattants de l'Armée secrète se rassemblent sur le plateau des Glières sous le commandement d'anciens cadres du 27e bataillon de chasseurs alpins d'Annecy.

Ils sont bientôt rejoints par deux groupes de Francs-tireurs et partisans (FTP) (environ quatre-vingts, d'obédience communiste), qui veulent aussi des armes, par une cinquantaine de républicains espagnols réfugiés[8] et par des réfractaires au STO qui constituent la majorité des troupes et qui doivent recevoir une formation militaire[7].

À partir de la mi-février 1944, ils sont assiégés par des gardes mobiles, des GMR (Groupe mobile de réserve de la police de Vichy) et des miliciens français qui veulent mener une opération de maintien de l'ordre strictement française. À ce moment, l'intendant de police Lelong dispose, pour toute la Haute-Savoie, de 1125 gendarmes, de 906 gardes mobiles, de 790 GMR et de 250 miliciens. Les forces vichystes effectuent une reconnaissance en force sur le plateau des Glières le 12 février, mais tombent dans une embuscade (selon le rapport de l'intendant de police Lelong en date du 13 février, deux tués sur place : les gardes Cariou et Lassalot, six blessés : le capitaine Yung, le lieutenant Maurel, le maréchal-des-logis-chef Rostaing, les gardes Couty, Gabor et Raphanand, dont deux mortellement : le capitaine Yung et le garde Couty qui décèdent plus tard, trois prisonniers ; aucune perte du côté des maquisards). Les résistants réceptionnent trois parachutages d'armes légères d'infanterie, dont le plus important le [5].

Mais la nuit précédente, le prestigieux chef des Glières, le lieutenant Tom Morel, remarquable entraîneur d'hommes, est tué au cours d'une attaque du maquis contre un village tenu par un GMR. En effet, le 9 mars 1944, Tom Morel décide de mener une opération contre le commandement du GMR Aquitaine basé à Entremont au pied du plateau des Glières. Dans la nuit du 9 au 10 mars, environ 150 maquisards[11] encerclent le village où cantonnent une soixantaine de GMR. L'un des groupes, commandé directement par Tom Morel, réussit à s'emparer de l'Hôtel de France, siège de l'état-major du GMR Aquitaine. Les maquisards désarment leurs prisonniers. Une violente discussion s'engage entre Tom Morel et le commandant Lefèbvre, le chef du GMR. Sortant de sa poche un petit revolver, celui-ci tire alors à bout portant sur Tom Morel qui s'effondre, tué sur le coup d'une balle en plein cœur (selon les témoignages, entre autres, du maquisard René Dechamboux et de l'officier de paix Couret, tous deux présents). Lefèbvre est immédiatement abattu. Le lieutenant Louis Jourdan-Joubert, puis à partir du 14 mars le lieutenant Pierre Bastian, assurent le commandement par intérim du bataillon des Glières jusqu'au 18 mars, où le capitaine Maurice Anjot, adjoint du capitaine Clair, chef de l'Armée secrète en Haute-Savoie, succède à Tom Morel.

Combat contre l'armée allemande et la Milice française[modifier | modifier le code]

Devant l'échec des forces françaises de maintien de l'ordre, les Allemands qui leur avaient laissé les mains libres jusqu'au 12 mars décident de venir à la rescousse de leurs collaborateurs avec plus de 4000 hommes, de l'artillerie et de l'aviation[7].

Le 12 mars, deux jours après le grand parachutage du 10 mars 1944, l'aviation allemande commence à bombarder les chalets et la Milice lance quelques assauts, mais sans succès. La Wehrmacht déclenche alors l'opération Hoch-Savoyen (Haute-Savoie)[12].

Pour le capitaine Anjot, la raison commanderait de se replier pendant qu'il est encore temps. Cependant, à l’initiative de Cantinier qui, au nom de la France libre, veut un combat exemplaire, un duel sur les ondes oppose Radio Londres à Radio Paris au sujet du maquis des Glières[5]. Celui-ci acquiert une renommée internationale et devient un élément important de la guerre psychologique menée pour conquérir l'opinion. C'est pourquoi Anjot décide de se battre afin de sauvegarder l'honneur, mais en tentant d'épargner le plus possible la vie de ses hommes. Dès lors, le maquis des Glières est en passe de livrer la première bataille « rangée » de la Résistance contre l'ennemi vichyste et allemand, avant le Vercors... et bien d'autres réduits.

Le dimanche , trois bataillons de chasseurs de montagne de la Wehrmacht (le quatrième demeurant en réserve), ainsi qu'un groupement formé de miliciens[13], de GMR, de gardes mobiles français et de grenadiers allemands, se préparent à attaquer le plateau. Tandis que l'aviation incendie une dizaine de chalets et que la Milice échoue de nouveau dans ses tentatives (col de l'Enclave), le commandement allemand envoie deux sections à l'attaque afin de tâter le dispositif de défense adverse : la première est aisément repoussée depuis les rochers (Lavouillon), mais la seconde, dans un secteur moins facile à surveiller (Monthiévret), parvient à tourner un avant-poste et à obliger les maquisards à se replier à la faveur de la nuit[14]. Deux maquisards sont tués et plusieurs sont blessés, dont un grièvement.

Apprenant que les Allemands ont ouvert une brèche, et ses hommes privés de tout approvisionnement, le capitaine Anjot, qui estime l'honneur sauf, ordonne l'exfiltration du bataillon des Glières le 26 mars 1944 à vingt-deux heures. Ainsi, quasiment dépourvus d’armes lourdes, bombardés par la Luftwaffe, pilonnés par l'artillerie allemande, les défenseurs, après avoir livré un baroud d'honneur contre la Milice et la Wehrmacht, évacuent le plateau dans la nuit du 26 au 27 mars 1944[14].

Le lendemain, les Allemands, qui ont capturé quelques hommes, s'en aperçoivent et donnent l'assaut général initialement prévu pour le 28 mars, mais n'obtiennent pas le résultat escompté, le plateau ayant été promptement évacué[14]. Néanmoins, traqués et souvent dénoncés par les collaborateurs français, les maquisards subissent de lourdes pertes[6] : sur environ 450 maquisards présents le 25 mars[15] (cinq maquisards ayant fait défection le 24 mars et treize le 25 mars[16]), les deux tiers sont faits prisonniers ; environ cent vingt (et vingt sédentaires) mourront (tués au combat, sous la torture, fusillés ou déportés comme francs-tireurs et « terroristes »), et les blessés trouvés sur place sont abattus. Pratiquement toutes les armes et les munitions parachutées sont détruites ou tombées aux mains de l'ennemi. De leur côté, les Allemands n'ont que sept blessés (dont quatre par accident) et trois tués sur le plateau ou son pourtour[2],[3].

L'événement connaît un grand retentissement dans le cadre de la guerre des ondes qui fait rage entre les Français de Vichy et ceux de Londres[5]. Tandis que Radio Paris tait l'intervention allemande et glorifie la victoire des forces de l'ordre sur un « ramassis de lâches terroristes communistes et étrangers » qui se seraient rendus sans se battre, Maurice Schumann déclare à la BBC le  : « Héros des Glières, quelle est votre plus belle victoire ? [...] Pour tout dire, d’avoir déjà ramené Bir-Hakeim en France. »

« Défaite des armes, mais victoire des âmes » (Henri Romans-Petit), l'épopée des Glières prend vite naissance et persuade les Alliés que la Résistance française est capable de combattre à visage découvert. Ainsi reçoit-elle une aide accrue : en particulier, le grand parachutage anglo-américain du sur le plateau des Glières[4],[8],[17] permet aux résistants, malgré une attaque allemande arrêtée au col de Bluffy et un bombardement de Thônes, d'empêcher la plus grande partie des Allemands (un millier de combattants potentiels : environ 500 policiers, environ 400 douaniers et une centaine de soldats en armes, auxquels il faut ajouter environ 2000 soldats hospitalisés, venus de tous les fronts, notamment environ 800 à Evian, 700 à Annecy et 400 à Thonon-les-Bains[18]), contraints au repli par l'avance alliée, de quitter le département[14] qui sera libéré par la Résistance le 19 août.

Selon l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac[5] :

« Une défaite des armes peut être une victoire d'opinion. [...] les combattants de Haute-Savoie ont défini et comme projeté vers l'extérieur l'image qu'ils souhaitaient donner d'eux-mêmes ; ils ont pu, à l'écoute de la BBC, suivre l'édification de leur propre légende. »

« Cette légende, qui sait s'ils l'auraient vécue de la même façon et jusqu'au bout, comme ils l'ont fait, s'ils n'avaient su - ou cru - que la France entière les regardait ? »

Forces d'attaque du plateau des Glières le 26 mars 1944[modifier | modifier le code]

Cette attaque a été dénommée par les Allemands, non pas, comme le mentionnent certains historiens locaux, Aktion Korporal (opération Caporal), laquelle désignait l'intervention allemande contre les maquis de l'Ain en février 1944, ni Aktion Frühling (opération Printemps), laquelle désignait l'intervention allemande contre les maquis de l'Ain en avril 1944, mais Aktion Hoch-Savoyen (opération Haute Savoie)[19],[20],[21],[22].

Source[14]:

1. Un groupement tactique de la 157e division de réserve de la Wehrmacht[23] :

  • les quatre bataillons de chasseurs de montagne de réserve du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1 : Btl. I./98 (Stöckel), Btl. II./98 (Geyer), Btl. 99 (Schneider) et, en réserve, Btl. 100 (Kunstmann), moins les forces assurant la sécurité immédiate des cols frontaliers et des casernements, soit, selon l'historien militaire anglais Peter Lieb[24], pas plus de 600 hommes par bataillon (dotés chacun, en principe, de 12 mitrailleuses lourdes, 6 mortiers de 80 mm et 2 canons d'infanterie de montagne de 75 mm) ;
  • une compagnie (deux sections et armes lourdes) du Reserve-Grenadier-Regiment 157 : sans doute la 3e compagnie du bataillon 179, présente dans l'Ain avec les autres forces en février et en avril 1944 ;
  • deux batteries (10 ou 12 canons de 75 mm) et une section (2 obusiers de 150 mm) du groupe d'artillerie de montagne de réserve (Res.Geb.Art.Abt. 79 du Reserve-Artillerie-Regiment 7).

Cette force terrestre, appuyée par des avions de la Luftwaffe (au moins 3 Heinkel 111 et 4 Focke Wulf 190), est complétée au sol par une cohorte de la Milice française (avec une section de mitrailleuses et une de mortiers, autorisée pour la première fois par les Allemands), soit environ quatre cents miliciens. Cette unité se trouve renforcée par une section de mitrailleuses de la Garde mobile et deux sections des GMR.

En retrait, environ trois cents francs-gardes bénévoles et des gardes mobiles qui se tiennent en réserve. Dans un rayon plus lointain, un bataillon du SS Polizei Regiment 19 et deux compagnies du Heeres-Flak-Abteilung 958 (mot.) (groupe antiaérien motorisé) sont chargés d'opérations de sécurité.

N.B. Cette 157e division de réserve (157. Reserve-Division), devenue 8e division de montagne (8. Gebirgs-Division) en mars 1945, était une unité d'instruction et d'occupation qui, issue de l'armée de remplacement en 1942, a été versée dans l'armée de campagne fin juillet 1944. Du début février à la fin septembre 1944, spécialisée dans les actions contre les maquis et partisans, la 157. Reserve-Division a principalement lutté contre les maquis de l'Ain (opération Korporal du 5 au 13 février 1944, opération Frühling du 7 au 18 avril 1944, opération Treffenfeld du 11 au 21 juillet 1944), des Glières (opération Hoch-Savoyen fin mars 1944) et du Vercors (opération Bettina fin juillet 1944[25]), puis contre les troupes régulières américaines et françaises[26].

Pertes de la Résistance et de la Wehrmacht[modifier | modifier le code]

Pertes de la Résistance[14],[27]
Maquisards Sédentaires
Tués par les Allemands 20 1
Tués par la Milice/MO* 18 (9 FTP, 2 Espagnols) 0
Fusillés par les Allemands 50 4
Fusillés par la Milice/MO 16 1
Morts en déportation 16 14

* MO : Maintien de l’ordre (GMR, Garde mobile, SRMAN…)

Au total, sont morts vingt sédentaires et exactement cent vingt maquisards dont seize de la déportation.

Pertes de la Wehrmacht[14],[28]
Unités Tués Blessés
Res.Geb.Jäg.Btl. I./98 1 (27 mars, Notre-Dame-des-Neiges) 2 (28 mars, La Balme-de-Thuy, accident)
Res.Geb.Jäg.Btl. II./98 2 (30 et 31 mars, Petit-Bornand) 2 (28 et 30 mars, accidents)
Res.Geb.Jäg.Btl. 99 0 0
Res.Geb.Jäg.Btl. 100 0 1 (28 mars, Thônes, accidentellement)
3./Res.Gren.Btl. 179 0 0
Res.Geb.Art.Abt. 79 0 2 (24 mars, Petit-Bornand, 30 mars, plateau)

Au total, les Allemands ont eu trois tués et sept blessés (dont cinq accidentellement).

Selon Jean-Louis Crémieux-Brilhac[29], « les pertes allemandes [ont été] légères. Un tué [accidentellement] et quelques blessés [...], à en croire le rapport no 369 du 4 mai 1944 du préfet (AN, F1c3/1187), [...] qui concorde avec les conclusions de Henri Amouroux, fruit d'une scrupuleuse enquête ».

D'après Henri Amouroux[30], « des treize soldats morts le 26 mars et ensevelis aujourd'hui à Dagneux [cimetière militaire allemand pour le sud-est de la France], un seul, Kurt Piler, né le 24 août 1914, a été primitivement enterré à Annecy, tous les autres ayant été enterrés dans des lieux [...] éloignés des Glières [...]. Des onze morts du 27 mars ensevelis à Dagneux, un seul, Karl Fisher, né le 26 juin 1913, appartenant au bataillon 100, [...] a été enterré primitivement [à] Aix-les-Bains ».

Polémique sur le plateau des Glières : le mythe d'une grande bataille[modifier | modifier le code]

Les origines du mythe[modifier | modifier le code]

D'après Claude Barbier, s'inspirant, en 2014, de l'étude de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (1975) et de l'enquête d'Alain Dalotel (1992), la presse de la Collaboration ayant donné une image négative des maquisards des Glières (Le matin du 11 et du 15 février 1944 ; Philippe Henriot à Radio Paris les 6 et 7 mars, puis le 29 mars à 12 h 40 et à 19 h 40), un récit épique[31] aurait été construit par la France libre (Radio Londres et Radio Alger) afin de répondre aux attaques de ces médias collaborationnistes.

Le 21 mars 1944, à la BBC, en l'honneur de Théodose Morel, Maurice Schumann prononce l'éloge funèbre de Tom, ce qui serait, selon Barbier, la première pierre à la construction d'un récit épique[32].

Le 29 mars 1944, Jean Rosenthal annonce à la radio le bilan chiffré des décès de la bataille du plateau des Glières, mais celui-ci peut être soupçonné d'avoir menti, car il était incapable de vérifier, n'étant ni sur le plateau ni sur ses abords le 26 mars[33]. D'après Claude Barbier, cette annonce serait la deuxième pierre de la légende[34].

Le 30 mars 1944, il donne l'information que plus de 12 000 Allemands sont encore dans la zone interdite, ce qui constitue la troisième pierre de l'édifice légendaire[35]. Les effectifs réels des Allemands aux Glières ont été vraiment précisés par Alain Cerri Effectifs des Allemands et de leurs auxiliaires français aux Glières.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans les années de l'après-guerre, pour restaurer l'identité de la France en glorifiant son passé combattant, naît le mythe d'une France résistante, incarnée, entre autres, par le maquis des Glières.

La connaissance exacte des événements survenus sur le plateau des Glières (voir ci-dessus) pose la question de l'existence ou non d'un mythe.

L'entretien du mythe[modifier | modifier le code]

Dans les années de l'après-guerre, la France n'est plus aussi unie qu'auparavant ; son identité est remise en cause dans l'opinion. Il est devenu nécessaire de reconstruire l'identité nationale afin de reconstituer l'unité de la nation, ce qui explique la naissance du mythe d'une France résistante. Jusqu’à la fin des années soixante, la mémoire dominante de l’Occupation a été celle d’un mythe unificateur que l’historien Henry Rousso a appelé le mythe du « résistancialisme »[36].

De 1945 aux années soixante, Charles de Gaulle a jugé nécessaire de raffermir le moral des Français en s'inspirant du mythe du maquis des Glières. Afin de persuader la population du courage des maquisards français, un roman national gaulliste a été créé et a suscité des récits épiques totalement imaginaires (tel celui de François Musard[37]), récits qui font encore leur effet aujourd'hui dans l'esprit du grand public ignorant les mises au point des historiens Crémieux-Brilhac (1975) et Dalotel (1992).

Le 22 septembre 1944, deux semaines après qu'une cérémonie a eu lieu au cimetière de Morette, les anciens des Glières se réunissent sous la présidence de Louis Jourdan afin de créer l'Association des rescapés des Glières[38]. Le 4 novembre 1944, c'est le général de Gaulle en personne qui se rend à Morette (il y reviendra pour les fêtes du centenaire de l'Annexion de la Savoie à la France en 1960), mais le cimetière sera officiellement inauguré le 25 mai 1947 par le président Vincent Auriol.

En 1966, sous de Gaulle, est construit à Annemasse un lycée, portant le nom de Glières, ce qui contribue, entre autres, à pérenniser le mythe sur le plan local. Cependant, sur le plan national, c'est le fameux discours d'André Malraux sur le plateau, lors de l'inauguration du monument d'Emile Gilioli, le 1er septembre 1973, qui renforce considérablement le mythe des Glières.

Les remises en question[modifier | modifier le code]

À partir des années soixante-dix, le mythe de la résistance de la majorité du peuple français, avec celui d'une grande bataille aux Glières, est remis en question pour la première fois. C'est durant ces années que les polémiques sur ce point voient le jour, et, encore aujourd'hui, ce sujet est source de polémique[39]. Claude Barbier a ainsi engagé une polémique avec le général d'armée (CR) Jean-René Bachelet, président de l'Association des Glières, et avec l'un de ses membres, auteur d'un site sur les Glières (1995). Pour ces derniers, contrairement à ce que prétend Claude Barbier, la bataille des Glières ne se limite pas au combat de Monthiévret ; le 26 mars, ont également lieu une autre attaque allemande au Lavouillon ainsi que deux assauts des francs-gardes de la Milice française sur d'autres points d'accès au plateau, toutes attaques repoussées par les maquisards ! De plus, la bataille des Glières ne se limite pas à cette journée fatidique. En effet, les maquisards des Glières résistent deux mois aux forces de l'ordre de Vichy (Garde mobile, puis GMR, puis Milice), et subissent ensuite des bombardements aériens allemands pendant quinze jours ainsi qu'un pilonnage d'artillerie allemand les 25 et 26 mars, soit un ensemble d'opérations militaires qui caractérise une bataille, comme il est indiqué plus haut dans le détail. En outre, Claude Barbier ose affirmer que les maquisards montent aux Glières pour se cacher ! Il déclare : Vers le 30 janvier, la menace de l'attaque des camps isolés se confirmant, l'ordre des priorités est modifié, la nécessité de se prémunir des attaques passe avant la réception des armes. Cette assertion n'est pas seulement fausse, elle est absurde ! En effet, prétendre que se prémunir des attaques passe avant la réception des armes signifie que l'on renonce à réceptionner les armes pour se cacher, or, le 31 janvier 1944, 120 maquisards montent se cacher où ? Sur le plateau des Glières, homologué par les Anglais pour des parachutages d'armes promis pour la pleine lune de février ! 120 autres maquisards montent encore le 12 mars et c’est seulement le 18 mars que le bataillon des Glières atteint son effectif définitif d’environ 450 hommes. Sachant que le plateau est encerclé par les forces de l’ordre depuis le 13 février, que les bombardements allemands commencent le 12 mars, annonçant les troupes terrestres, on ne monte pas vraiment aux Glières pour se cacher ! Claude Barbier affirme encore qu'à partir du premier parachutage, les avions sont repérés, les logiques se contredisent. La dispersion, l'affrontement ou la reddition seront les seuls moyens de résoudre le dilemme. Cette assertion est également fausse, car le premier parachutage a lieu le 14 février, or, dès le 2 février, la guerre des ondes entre Radio Londres et Radio Paris commence et focalise l'attention nationale et internationale sur la Haute-Savoie et les Glières. Finalement, pour caractériser le comportement des maquisards, Claude Barbier se fonde uniquement sur les procès-verbaux d’interrogatoire de quatre résistants questionnés par... la police de Vichy ! Pour minimiser l’importance du combat de Monthiévret du 26 mars au soir, il feint de confondre celui-ci et l’attaque générale des Allemands le 27 mars au matin, qui trouve le plateau évacué par ses défenseurs. Ensuite, Claude Barbier s’étend sur l’investissement du plateau par les troupes allemandes qui ne font que six prisonniers. Il conclut ainsi que la bataille des Glières n’a pas eu lieu. Voir aussi la critique de la thèse de Claude Barbier par Charles Heimberg, historien et professeur à l'université de Genève[40].

Conclusion[modifier | modifier le code]

Le fait qu'il n'y ait pas eu de grande bataille sur le plateau des Glières le 26 mars 1944, mais plutôt une exfiltration des maquisards après un dernier accrochage, considéré sur le moment comme un baroud d'honneur par le capitaine Anjot, n'ôte rien au courage de ces derniers.

Même si le plateau des Glières n'a pas été le lieu de la première bataille de la Résistance, il a été un lieu où des personnes ont résisté et où certaines ont été tuées (parfois après avoir été torturées) par les Allemands et les collaborationnistes français (au total 120 maquisards sur environ 450, et 20 sédentaires), et cela n'est pas un fait à négliger.

Critiquer les mythes n'est pas en démontrer la fausseté, mais plutôt retrouver leur fond de vérité. - Paul Veyne[41]

Toutefois, selon Charles Heimberg[42], même Claude Barbier, qui se donne pour tâche de remettre en cause le mythe des Glières, ne cherche nullement, malgré le titre de son livre, à en retrouver le fond de vérité, lequel est évoqué par Jean-René Bachelet, président de l'Association des Glières dans la revue de l'association Messages en 2012 (« Montiévret - L’attaque allemande du 26 mars 1944 ») :

En un temps d’oppression, de servitude et de désespérance, Glières réanime la flamme de la Liberté. En un temps de discriminations et d’ostracismes, Glières réalise l’unité de tous au-delà des clivages idéologiques, politiques et religieux, dans l’Egalité restaurée. En un temps de persécutions et de haines, Glières, ses maquisards et les populations sans lesquelles ils n’auraient pas survécu, vivent, intensément, la Fraternité. Voilà en quoi Glières reste, si longtemps après les faits, plus que jamais, une lumière pour notre temps. Arguer de l’ampleur modeste des combats de Montiévret pour discréditer le lyrisme […], c’est comme si l’on disqualifiait l’idéal chevaleresque [parce que] Roncevaux n’a été qu’un combat d’arrière-garde […].

Au fond, une autre citation de Paul Veyne paraît plus pertinente : Les éclairs de lucidité rétrospective ne sont pas très importants ; […] ils ne font pas trouver de droit chemin […]. Ils ne métamorphosent même pas les individus qu’ils affectent : on ne voit pas que les historiens soient plus désintéressés que le commun des mortels […]. - Paul Veyne[43]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Montagnon, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, 2011.
  2. a et b WASt, Deutsche Dienststelle, Berlin
  3. a et b Henri Amouroux, La grande histoire des Français sous l'Occupation - Un printemps de mort et d'espoir, tome 7, Robert Laffont, Paris, 1985 ; donnant un chiffre légèrement différent pour le nombre de tués allemands : 1, accidentellement.
  4. a et b Louis Jourdan, Julien Helfgott, Pierre Golliet, Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance - 31 janvier - 26 mars 1944, Association des Glières, Annecy, 1946
  5. a, b, c, d et e Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « La bataille des Glières et la guerre psychologique », in Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, no 99, juillet 1975
  6. a et b Claude Barbier, Le maquis de Glières. Mythe et réalité, Librairie Académique Perrin, , 466 p.
  7. a, b et c Gilles Emprin, « Le maquis des Glières », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter , 8 mai 2012
  8. a, b et c Michel Germain, Glières, mars 1944 - « Vivre libre ou mourir ! » - L'épopée héroïque et sublime, La Fontaine de Siloé, Les Marches (Savoie), 1994
  9. Alban Vistel, La nuit sans ombre - Histoire des Mouvements unis de résistance, leur rôle dans la libération du Sud-Est, Fayard, Paris, 1970
  10. Pierre Montagnon, Les maquis de la Libération, 1942 - 1944, Pygmalion - Gérard Watelet, Paris, 2000
  11. Yves Barde (général de gendarmerie), Glières 1944 - Histoire des combats de février et mars 1944, Historic'One, Annecy-le-Vieux, 2004
  12. Alain Cerri, La bataille des Glières (bibliographie commentée, liens et documents), Montréal, 1996, Annecy, 2000.
  13. Jacques Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice, 1918 - 1945, Fayard, Paris, 1969.
  14. a, b, c, d, e, f et g Alain Cerri, La bataille des Glières, Montréal, 1996, Annecy, 2000...
  15. Pierre Mouthon, Résistance - Occupation - Collaboration - Haute-Savoie 1940 - 1945, Epinal, Le Sapin d'Or, , 493 p., page 206.
  16. Claude Antoine, Capitaine Maurice Anjot, le chef méconnu des Glières, Rumilly, Lapeyronie, , 288 p., pages 222 et 230 - 233.
  17. Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance, pages 152-153, et Glières, mars 1944, pages 285 à 290 avec photos.
  18. Pierre Mouthon, Résistance - Occupation - Collaboration - Haute-Savoie 1940 - 1945, Epinal, Le Sapin d'Or, , 493 p., pages 383 - 384.
  19. Les "Archives nationales": AJ 40/983
  20. Rapport sur l'opération Korporal contre les maquis de l'Ain du 5 au 13 février 1944 : Bericht über die Tätigkeit der eingesetzten Wehrmachtteile bei der Aktion 'Korporal' gegen Terroristen vom 5.-13.2.1944, dr. 6. Abschnitts-Kommandeur, Br. B. Nr. 288/44 geh. v. 17.2.1944
  21. Ordre du 3 février 1944 du commandant en chef à l'Ouest, cité par Ludwig Nestler in Die faschistische Okkupationspolitik in Frankreich 1940 - 1944 (1990), et par Ahlrich Meyer in Die deutsche Besatzung in Frankreich 1940 - 1944 - Widerstandsbekämpfung und Judenverfolgung (2000)
  22. Rapport sur l'opération Frühling contre les maquis de l'Ain du 7 au 18 avril 1944 : Bericht über das Unternehmen 'Frühling' vom 7.-18.4.1944, cité par Roland Kaltenegger in Die deutschen Gebirgstruppe 1939-1945 (1989)
  23. Georg Tessin, Verbände und Truppen der deutschen Wehrmacht und Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939 - 1945
  24. École d'officiers de Sandhurst
  25. Ordre du 8 juillet 1944 du général Niehoff, Kommandant des Heeresgebietes Südfrankreich (région militaire du sud de la France), sur l'opération Bettina contre le maquis du Vercors, Bundesarchiv-Militärarchiv RW 35/47
  26. Alain Cerri, La 157. Reserve-Division de la Wehrmacht en mars 1944, Montréal, 1996, Annecy, 2000...
  27. Michel Germain, Glières, mars 1944
  28. Berlin, Deutsche Dienststelle, WASt, Namentliche Verlustmeldung Nr. 1. 16.2.-25.4.44, Nr. 2. 12.9.43-28.6.44, Nr. 3. 16.2.-25.4.44, Nr. 4. 16.2.-25.4.44
  29. La France libre, p. 810
  30. La grande histoire des Français sous l'Occupation, t. VII, p. 293 et 294
  31. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , page 322
  32. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , page 322
  33. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , page 323
  34. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , Page 323
  35. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , page 323
  36. Résistancialisme : terme employé par l'historien Henry Rousso pour désigner le mythe politique selon lequel la nation française dans son ensemble est entrée en résistance sous l'Occupation.
  37. François Musard, Les Glières, Robert Laffont,
  38. Claude Barbier, Le maquis de Glières mythe et réalité, Perrin, , page 328
  39. « Robert Paxton : “L'idée que la France de Vichy a essayé de protéger les Juifs est absurde” - Livres - Télérama.fr », sur http://www.telerama.fr/
  40. https://blogs.mediapart.fr/charles-heimberg/blog/160314/la-resistance-aux-glieres-developper-son-histoire-ou-la-denigrer#_ftn7 La Résistance aux Glières : développer son histoire ou la dénigrer ?
  41. « -L'Express », sur http://www.lexpress.fr/
  42. https://blogs.mediapart.fr/charles-heimberg/blog/160314/la-resistance-aux-glieres-developper-son-histoire-ou-la-denigrer#_ftn7 La Résistance aux Glières : développer son histoire ou la dénigrer ?
  43. Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Editions du Seuil, Des travaux, , page 138

Bibliographie (par ordre chronologique de publication)[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cluzel, Le drame héroïque des Glières - La vie secrète du maquis, Petite Encyclopédie de la Résistance, éd. Nathan, coll. Révélations, Paris, 1945.
  • Louis Jourdan, Julien Helfgott, Pierre Golliet, Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance - 31 janvier - 26 mars 1944, Association des Glières, Annecy, 1946 (réédité en mars 2014 par éd. La Fontaine de Siloé, Les Marches (Savoie), sous le titre Vivre libre ou mourir - Plateau des Glières - Haute-Savoie - 1944, avec une préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac et une postface de Jean-Marie Guillon, historiens).
  • Jean Truffy (abbé), Mémoires du curé du maquis des Glières, éd. Abry, 1949, éd. Atra, 1979.
  • François Musard, Les Glières, éd. Robert Laffont, Paris, 1965.
  • Jacques Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice, 1918 - 1945, éd. Fayard, Paris, 1969.
  • Alban Vistel (responsable régional de la Résistance), La nuit sans ombre - Histoire des Mouvements unis de résistance, leur rôle dans la libération du Sud-Est, éd. Fayard, Paris, 1970.
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « La bataille des Glières et la guerre psychologique », in Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, no 99, juillet 1975.
  • Henri Noguères, en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945 - « Formez vos bataillons ! » - Octobre 1943 - mai 1944, tome 4, éd. Robert Laffont, Paris, 1976.
  • « La vallée de Thônes et Glières pendant la Deuxième Guerre mondiale (1939 - 45) », in Revue des Amis du val de Thônes , no 9 et 10, 1984.
  • Henri Amouroux, La grande histoire des Français sous l'Occupation - Un printemps de mort et d'espoir, tome 7, éd. Robert Laffont, Paris, 1985.
  • Charles Rickard (préfet), La Savoie dans la Résistance - Haute-Savoie - Savoie , éd. Ouest-France, Rennes, 1986.
  • Alain Dalotel, Le maquis des Glières, éd. Plon, Paris, 1992.
  • Michel Germain, Histoire de la Résistance en Haute-Savoie - Le sang de la barbarie - Chronique de la Haute-Savoie au temps de l'occupation allemande - Septembre 1943 - 26 mars 1944, tome 3, éd. La Fontaine de Siloé, Ferme du Vorchet, Les Marches (Savoie), 1992.
  • Pierre Mouthon, Résistance - Occupation - Collaboration - Haute-Savoie 1940 - 1945, éd. Le Sapin d'Or, Epinal, 1993.
  • Pierre Vial, Le sang des Glières, éd. Presses de la Cité, Paris, 1993.
  • Harry Roderick Kedward, In Search of the Maquis - Rural Resistance in Southern France, 1942 - 1944, éd. Clarendon Press, Oxford, 1993 ; traduction française : A la recherche du Maquis - La Résistance dans la France du Sud, 1942 - 1944, éd. du Cerf, Paris, 1999.
  • Michel Germain, Glières, mars 1944 - « Vivre libre ou mourir ! » - L'épopée héroïque et sublime, éd. La Fontaine de Siloé, Ferme du Vorchet, Les Marches (Savoie), 1994 (5e réédition préfacée par Max Gallo).
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France libre - De l'appel du 18 juin à la Libération, éd. Gallimard, Paris, 1996.
  • François-Georges Dreyfus, Histoire de la Résistance, 1940 - 1945, éd. De Fallois, Paris, 1996.
  • Michel Germain, Histoire de la Milice et des forces du maintien de l'ordre en Haute-Savoie 1940 - 1945, éd. La Fontaine de Siloé, Ferme du Vorchet, Les Marches (Savoie), 1998 (préface de Jacques Delperrié de Bayac).
  • Claude Antoine, Le bataillon des Glières, éd. Cabédita, Yens-sur-Morges (Canton de Vaud, Suisse), 1998.
  • Pierre Montagnon, Les maquis de la Libération, 1942 - 1944, éd. Pygmalion - Gérard Watelet, Paris, 2000.
  • Yves Barde (général de gendarmerie), Glières 1944 - Histoire des combats de février et mars 1944, éd. Historic'One, Annecy-le-Vieux, 2004.
  • Daniel Grange, Du Môle au Maquis des Glières - Vie et mort d'un jeune résistant savoyard : Paul Lespine (1926 - 1944), éd. L'Harmattan, Paris, 2007.
  • Patrick de Gmeline, Tom Morel, héros des Glières, éd. Presses de la Cité, Paris, 2008.
  • Claude Antoine, Capitaine Maurice Anjot, le chef méconnu des Glières, éd. Lapeyronie, Rumilly (Haute-Savoie), 2009.
  • Robert Amoudruz et Jean-Claude Carrier, Dimanche fatal aux Glières, 26 mars 1944, éd. Cabédita, Divonne-les-Bains, 2011.
  • Claude Barbier, Le Maquis de Glières - Mythe et réalité, éd. Perrin, Paris, 2014.
  • Dominique Lormier, Les crimes nazis lors de la libération de la France, 1944 - 1945, éd. Le Cherche Midi, Paris, 2014.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Morel et François Blanchard, Glières 44, le cortège des ombres, documentaire de 52 minutes, 2004, production France 3 Rhône-Alpes-Auvergne. Accessible vidéothèques France 3 Lyon, France 3 Grenoble, et INA.
  • "Glières les feux de la nuit" Denis Chegaray (1994)
  • " Vivre Libre ou mourir, Glières haute-Savoie 1944", Association des Glières et Elan production (2004)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]