Claude Mossé (historienne)

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Claude Mossé
Biographie
Naissance (93 ans)
à Paris
Nationalité Française
Thématique
Titres Professeur des universités
Profession Historien et écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • La Fin de la démocratie athénienne. Aspects sociaux et politiques du déclin de la cité grecque au IVe siècle av. J.-C. (1962)
  • Les Institutions grecques (1968)
  • Histoire d'une démocratie, Athènes (1971)
  • La Femme dans la Grèce antique (1984)
Approche histoire de la Grèce antique (aspects économiques et sociaux)

Claude Mossé, née le 24 décembre 1924 à Paris, est une historienne française, spécialiste de l'histoire de la Grèce antique. Elle faisait partie de cette petite équipe de l'« école d'histoire ancienne française » avec Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet. Elle a formé des historiens comme Alain Schnapp.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fille d’un négociant en vins, Claude Mossé naît dans un milieu aisé du 16e arrondissement de Paris. Elle est la sœur d’Éliane Mossé, chercheur en macroéconomie, et d’Arlette Mossé, médecin nutritionniste. Sa famille, d'origine juive échappe à la déportation grâce au commissaire de police du XVIIIe arrondissement qui déchire la lettre de dénonciation[1].

La découverte de l'Antiquité grecque[modifier | modifier le code]

Son premier contact avec la Grèce a lieu en 1941 au cours duquel l’adolescente et brillante élève du lycée Jules-Ferry découvre un texte de Démosthène qui est un vibrant éloge de la liberté et de la démocratie. Tandis que sous ses fenêtres défilent les armées du Reich et que ses parents, d’origine juive, vivent dans la peur d’une dénonciation, ce texte aura l’effet d’une véritable révélation. Elle décide alors de se consacrer exclusivement à l’étude de la Grèce[1].

En 1947, elle fut reçue première à l'agrégation d’histoire, ex-aequo avec Jean Poperen, futur dirigeant du Parti socialiste[1]. La même année, elle est nommée au lycée de jeunes filles de Rennes[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Assistante d'histoire antique à la faculté des lettres de Rennes à partir de 1950, elle est attachée de recherche au CNRS de 1956 à 1958. Elle est nommée maître de conférences à la faculté des lettres des Clermont-Ferrand en 1959, où elle rencontre Michel Foucault et Michel Serres, et obtient de titre de docteur d’État la même année, avec sa thèse consacrée au « Déclin de la cité grecque au IVe siècle av. J.-C. »[1].

En octobre 1968, elle s'engage comme professeur dans le projet d'université expérimentale de Vincennes, devenue Université de Paris VIII[1]. Elle y fait la suite de sa carrière, jusqu'au titre de professeur émérite. Influencée par Moses Finley, elle a écrit une vingtaine d'ouvrages, principalement sur la Grèce classique (Ve siècle av. J.-C. et IVe siècle av. J.-C.) et la période hellénistique (de la fin du IVe siècle av. J.-C. à la conquête romaine).

Proche de Jean Poperen, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet, elle adhère comme eux au Parti communiste français dans les années 1950, mais rompt avec lui à la suite du rapport Khrouchtchev[1]. Plus tard, elle milite contre la Guerre d'Algérie[1]. En , elle fait partie des 34 signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson[2].

Apport à l'histoire de la Grèce antique[modifier | modifier le code]

Claude Mossé étudia pendant vingt-cinq ans Le déclin de la cité grecque au IVe siècle av. J.-C., qui fut le sujet de sa thèse de doctorat. Si, depuis, cette idée d'un déclin dès le IVe siècle av. J.-C. a été remise en cause, les analyses qu'elle fournit en matière d'histoire économique demeurent essentielles. D’inspiration marxiste, sa méthode a d’abord le mérite de renouveler un sujet jusque-là dominé par des études qui mettaient en avant les luttes patriotiques et les aspects nationaux de la question grecque[1].

Ses œuvres sont traduites dans différentes langues (anglais, espagnol, allemand, italien, grec moderne, portugais).

Claude Mossé a dirigé la rédaction des articles de la section « Histoire de la Grèce ancienne » de l’Encyclopædia Universalis.

À la demande de Calmann-Lévy, elle a également écrit un roman policier historique, Meurtres sur l'Agora, qui se passe à Athènes en 349 avant notre ère[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Fin de la démocratie athénienne. Aspects sociaux et politiques du déclin de la cité grecque au IVe siècle av. J.-C., Paris, 1962
  • Le Travail en Grèce et à Rome, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1966
  • Les Institutions grecques, Paris, Armand Colin, 1968
  • La Tyrannie dans la Grèce antique, Paris, PUF, 1969
  • La Colonisation dans l'Antiquité, Paris, Nathan, 1970
  • Histoire d'une démocratie, Athènes, Paris, Le Seuil, 1971
  • Histoire des doctrines politiques en Grèce, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1975
  • La Femme dans la Grèce antique, Paris, Albin Michel, 1983
  • La Grèce archaïque d'Homère à Eschyle, Paris, Le Seuil, 1984
  • Le Procès de Socrate, Bruxelles, Complexe, 1987
  • L'Antiquité dans la Révolution française, Paris, Albin Michel, 1989
  • Précis d'histoire grecque. Du début du deuxième millénaire à la bataille d'Actium, avec Annie Schnapp-Gourbeillon, Paris, Armand Colin, 1990
  • Les Mythes Grecs, Photographies de Erich LESSING, Nathan, 1991
  • Dictionnaire de la civilisation grecque, Bruxelles, Complexe, 1992
  • Le Citoyen dans la Grèce antique, Paris, Nathan, 1993
  • Démosthène ou les ambiguïtés de la politique, Paris, Armand Colin, 1994
  • Politique et société en Grèce ancienne. Le « modèle » athénien, Paris, Aubier, 1995
  • Meurtres sur l'Agora, Calmann-Lévy, 1995
  • Alexandre. La destinée d'un mythe, Paris, Payot, 2001
  • Périclès, l'inventeur de la démocratie, Payot, coll. « Biographie », 2005
  • Les Grecs inventent la politique, Complexe, 2005
  • Sacrilèges et trahisons à Athènes, Larousse, 2009
  • Au nom de la loi. Justice et politique à Athènes à l'âge classique, Payot, 2010
  • Regards sur la démocratie athénienne, Perrin, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Clara Dupont-Monod, « Claude Mossé ou la Grèce au cœur », L'Histoire, mai 2000.
  2. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Le Seuil, coll. « La Librairie du XXe siècle », , 691 p. (ISBN 2-02-035492-6), p. 237.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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