Léo Ansbacher

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Léo Ansbacher
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Ori Ansbacher (arrière-petite-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Léo Yehuda[1] Ansbacher[2] ( à Francfort-sur-le-Main - 23 août 1998[3] à Tel-Aviv) est un rabbin d'origine allemande, déporté de Bruxelles, en Belgique vers la France, prisonnier de guerre, d'abord au Camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) puis au camp de Gurs (Basses-Pyrénées), durant la Seconde Guerre mondiale, où en tant que rabbin, il anime la vie spirituelle.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Léo Ansbacher est né le 3 décembre 1907[4] à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. il est le fils de Josef Ansbacher (1876–1951) et de Recha Ansbacher (née Rosenbaum, 1882–1956). Son grand-père et son arrière grand-père sont rabbins dans le village de Veitschöchheim près de Würzburg, en Bavière. .

Belgique[modifier | modifier le code]

En 1933, il s'installe à Bruxelles, en Belgique.

Seconde Guerre mondiale: les Camps en France[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1940, il est expulsé, avec plusieurs milliers d'autres Juifs, dont ses frères Simon Ansbacher[5] et Max Ansbacher, par les autorités belges vers le Camp de Saint-Cyprien[6] (Pyrénées-Orientales). Le 5 août 1940, il écrit une lettre, de Saint-Cyprien, à Herbert A. Lehman, Gouverneur de l'État de New York, exprimant le souhait de pouvoir immigrer aux États-Unis[7].

Léo Ansbacher est transféré du Camp de Saint-Cyprien vers le Camp de Gurs (Basses-Pyrénées) , fin 1940.

Il est le rabbin du Camp de Gurs[8], [9],[10],[11],[12],[13].

Fin décembre 1940, Il est en contact avec le rabbin de Brive, David Feuerwerker, qui lui fait parvenir des colis de médicaments[14].

Évasion vers l'Espagne[modifier | modifier le code]

En 1942, il s'évade vers l'Espagne[15] et se retrouve à Barcelone[16].

Palestine Mandataire[modifier | modifier le code]

Il immigre en 1944 en Palestine mandataire.

Il s'installe à Tel-Aviv[17] en Israël où il devient le rabbin de la communauté Ihud Shivat Zion, jusqu'à la fin de sa vie.

Il meurt à Tel-Aviv le 23 août[18] 1998, à l'âge de 90 ans.

Meurtre de son arrière-petite-fille[modifier | modifier le code]

Son arrière-petite-fille[19], Ori Ansbacher, âgée de 19 ans, fille du rabbin Gadi Ansbacher[20] et de Naama Ansbacher, de Tekoa, est trouvée assassinée dans la forêt de Ein Yael, située entre le Zoo de Jérusalem et le village arabe de Walaja, le jeudi 7 février 2019[21]. Le meurtrier, Arafat-al-Rifaiyeh, âgé de 29 ans, de Hébron, est arrêté, vendredi soir le 8 février 2019. Il avait quitté Hébron, le jeudi matin 7 février 2019, avec un couteau. Il va au village palestinien de Beit Jala et ensuite se dirige vers la forêt. Dans la forêt, il aperçoit Ori Ansbacher, l'attaque et l'assassine. Il est arrêté, près de Ramallah, il était en Israël, illégalement[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30],[31],[32].

Ori Ansbacher était une bénévole au centre des jeunes de de Ye'elim à Ein Yael, dans le cadre de son année de service national[33]. Elle était allée dans la forêt après une dispute[34].

Elle est enterrée au cimetière de Tekoa, le vendredi après-midi 8 février 2019[35].

La Haggadah de Gurs[modifier | modifier le code]

Une édition spéciale manuscrite de la Haggadah est réalisée au camp de Gurs, pour la fête de Pessah en avril 1941[36],[37]. Le rabbin Léo Ansbacher y est représenté lisant la Haggadah. Elle est produite, de mémoire, par un détenu, Aryeh Ludwig Zuckerman[38], qui plus tard réussit à s'évader pour entrer dans la Résistance contre les nazis[39],[40]. Huit mille détenus signent en avril 1941 un document affirmant qu'ils sont d'accord pour renoncer à manger du pain pendant les huit jours de Pessah. Un détenu non-Juif, Frietz Schliefer[41], illustre la Haggadah. Pour cette activité, il est déporté ensuite au Camp de Drancy et à Auschwitz[42].

Yosef Hayim Yerushalmi, dans son ouvrage de 1975 sur la Haggadah et l'histoire inclut la Haggadah de Gurs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Bervoets-Tragholz, La liste de Saint-Cyprien : l'odyssée de plusieurs milliers de juifs expulsés le 10 mai 1940 par les autorités belges vers les camps d'internement du sud de la France, antichambre des camps d'extermination, Bruxelles, Alice Editions, (ISBN 2874260444)[43].
  • (en) Esther Farbstein, Hidden in thunder : Perspectives on Faith, Halachah and Leadership During the Holocaust., vol. 1, S.l, Feldheim Pub, (ISBN 9657265053)
  • Anne Grynberg, Les camps de la honte : les internés juifs des camps français : 1939-1944, Paris, Éd. la Découverte, (ISBN 270713046X)
  • (en) Belah Guṭerman et Naomi Morgenstern, The Gurs Haggadah : Passover in perdition, Jerusalem New York Jerusalem, Devora Pub. Yad Vashem, (ISBN 9781930143333 et 1930143338)
  • (en) Constance Harris, The way Jews lived : five hundred years of printed words and images, Jefferson, N.C, McFarland & Co, (ISBN 9780786434404 et 0786434406)
  • René Shmuel Kapel, Un rabbin dans la tourmente (1940-1944), Dans les camps d'internement et au sein de l'organisation Juive de Combat, Paris, CDJC, (ISBN 9782902041022)
  • (en) Dân Mikhman, Belgium and the Holocaust : Jews, Belgians, Germans, Jerusalem, Yad Vashem, (ISBN 9789653080683)
  • (en) Renée Poznanski, Jews in France during World War II, Waltham, Mass. Hanover, N.H, Brandeis University Press in association with the United States Holocaust Memorial Museum University Press of New England, (ISBN 9781584651444 et 158465144X)
  • Erhard Roy Wiehn. Camp de Gurs. Zur Deportation der Juden aus Südwestdeutschland 1940[44]. Mit einem Vowort Wicki-Schwarzschild. Erweiterte Neuaufl., 2010. (ISBN 3-86628-304-0 et 978-3-86628-304-6)
  • (en) Yosef Yerushalmi, Haggadah and history : a panorama in facsimile of five centuries of the printed Haggadah from the collections of Harvard University and the Jewish Theological Seminary of America, Philadelphia, Jewish Publication Society, (ISBN 9780827607873 et 0827607873)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir (en)Pomerantz. Israeli collector offers glimpse into magnificence and variety of haggadahs. J.weekly.com. Thursday, April 17, 2008.
  2. Voir, Jehuda Ansbacher. Photo. Leo Baeck Institute. Centyer of Jewish History, New York, États-Unis
  3. Voir (en)Gutterman & Morgenstern, 2003, p. 47.
  4. Voir, Marcel Bervoetes-Tragholz, 2006, p. 7.
  5. Expert en vins de Würzburg.
  6. Voir, Les arrestations du 10 mai 1940. Jewish Traces. Mémoire et histoire des réfugiés pendant la Shoah. 6 mai 2012.
  7. Voir, (en)Lettre de Léo Ansbacher à Herbert A. Lehman, Gouverneur de l'État de New York, du 5 août 1940.
  8. Voir, (en)Esther Farbstein, Hidden in Thunder: Perspectives on Faith, Halachah and Leadership During the Holocaust, Volume 1, 2007, p. 199.
  9. Voir, (en)Dysentery Ravages Refugees in Gurs Camp. January 29, 1941. JTA.
  10. Voir, Mémoires de guerres 1936-1939-1945. Premier volet: Le Camp de Gurs.
  11. Voir, (en) Renée Poznanski. Jews in France During World War II, 2001, p. 184.
  12. Voir, (en) Chapter 5:Camp de Gurs and the Aspet Children. Booktrope.
  13. Voir, (en)French internment in 1939-1944: Camp at Gurs (Basses-Pyrénées).
  14. Camp de Gurs. La lutte inégale contre la saleté et les maladies.
  15. Voir, Sylvia Dickgiesser. Institut für Deutsche Sprache, Mannheim. Abteilung Pragmatik: Archiv für Gesprochenes Deutsch. Korpus IS, Emigrantendeutsch in Israel. 2010 IDS, Mannheim., p. 3. Betty Batia Ansbacher.
  16. Voir, (en)Betty Ansbacher. ancestry. com.
  17. QUELQUES SOUVENIRS DE GUERRE par le Grand Rabbin Simon FUKS (suite). judaisme.sdv.fr.
  18. Jehuda Ansbacher (1907-1998). BnF.
  19. (en) Dov Benovadia. Terror Victim Ori Ansbacher, Hy"d, Remembered For the Light She Brought Into the World. Two Pieces of Bread That Were Like the Lechem Hapanim. Hamodia, New York, 6 Adar 5779/February 13, 2019, p. 6.
  20. Gadi Ansbacher est le rabbin de Tekoa. Voir,(en) Dov Benovadia. Murderer of Ori Ansbacher, Hy”d, Found and Arrested. Hamodia. Saturday, February 9, 2019, mais selon une autre source, il est rabbin dans une Yeshiva à Tekoa. Voir, Thierry Oberlé. Israël: émotion et polémique après le meurtre d'une jeune femme par un Palestinien. LE FIGARO. fr. 10 février 2019.
  21. (en) Shocking Brutality : Hundreds Attend Levaya of Ori Ansbacher A"H, Victim of Horrific Murder in Jerusalem. The Yeshiva World, February 8, 2019.
  22. (en) Palestinian Arrested For Brutal Murder of 19-Year-Old Ori Ansbacher HY”D. The Yeshiva World, February 9, 2019.
  23. (en) Anna Ahronheim. Ori Ansbacher's Killer Confesses: The Murder was An Act of Terror. The Jerusalem Post, February 10, 2019..
  24. (en) Yaniv Kubovich & Josh Breiner. Palestinian Suspected of Sexually Assaulting and Killing Israeli Teen Reenacts Murder at Crime Scene. Haaretz. February 10, 2019.
  25. (en) Palestinian suspect reenacts murder of Ori Ansbacher in Jerusalem forest. Times of Israel. February 10,2019.
  26. (en) Israeli Officials Call for Death Penalty for Murderer of Teen Ori Ansbacher. The algemeiner. Sunday, February 10, 2019..
  27. Shraga Blum. L’assassinat d’Ori Ansbacher hy”d était bien un acte terroriste! LPH Info. 10 février 2019.
  28. L'ADN sur la scène du crime a permis de retrouver l'assassin d'Ori Ansbacher: un palestinien d'Hebron. infos-Israel News. 9 février 2019.
  29. Pascale Zonszain. Capture du Palestinien, meurtrier présumé de la jeune Ori Ansbacher, assassinée jeudi soir dans un bois du sud de Jérusalem. Actualité Juive. 9 février 2019.
  30. Yaakov Tanenbaum. Ori Ansbacher, 19 ans, lâchement assassinée dans une forêt de Jérusalem. LE MONDE JUIF. info. 8 février 2019.
  31. L’invité du 10 février 2019 – Ori Ansbacher z’’l. Mazal Elnekave. February 10, 2019. Studio Qualita.
  32. Par Piotr Smolar. L’assassinat d’une jeune Israélienne par un Palestinien classé comme acte terroriste. Le Monde, 10 février 2019.
  33. (en) ISRAELIS CALL FOR DEATH PENALTY FOR ALLEGED MURDERER OF 19-YEAR-OLD ANSBACHER. The Jerusalem Post, February 9, 2019.
  34. (en) New details revealed regarding grisly murder of Ori Ansbacher. Arutz Sheva, February 9, 2019.
  35. (en) 19-Year-Old Jerusalem Murder Victim Identified as Ori Ansbacher. The Jewish Voice. New York. Jerusalem. February 9, 2019.
  36. Voir, (en)Holocaust France Concentration Camp Spanish Haggadah. Réimprimée en 2004 avec un texte en espagnol.
  37. Voir, (en)Bella Gutterman. Passover Haggadah From Gurs. News. Quaterly Magazine, Vol. 13, Spring 1999, p. 16, Yad Vashem, Jerusalem.
  38. Décédé en Belgique, en 1958.
  39. Voir, (en) Constance Harris. The ways Jews Lived: Five Hundred Years of Printed Words and Images, 2009, p. 331.
  40. Voir, (en)Bella Guterman & Naomi Morgenstern, The Gurs Haggadah: Passover in Perdition, 2003, p. 49.
  41. Voir, (en)Dân Mikman. Belgium and the Holocaust: Jews, Belgians, Germans, 1998, p. 453.
  42. Voir, (en)Bella Guterman & Naomi Morgenstern. The Gurs Haggadah: Passover in Perdition. Reviewed by Deborah Rosenbloom. The Source. The Israeli Info-Access Magazine. Issue #38.
  43. Voir, Marcel Bervoerts-Tragholz. La liste de Saint-Cyprien, 2006.
  44. Voir, Erhard Roy Wiehn, Camp de Gurs, 2010. 11. Jehuda Leo Ansbacher: In Frankreich 1940-1943, p. 149.

Liens externes[modifier | modifier le code]