Annette Muller

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Annette Muller
Naissance (84 ans)
Paris
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture Français

Annette Muller, née le à Paris, de famille juive, est une rescapée de la rafle du Vélodrome d'Hiver[1]. Son autobiographie (publiée en 1991) est l’un des rares témoignages directs de la rafle et du destin des prisonniers.

Rafle du Vel d'Hiv plaque en face de la station de métro Bir-Hakeim
Plaque

Son enfance[modifier | modifier le code]

Ses parents étaient polonais (de Tarnów), émigrés en France en 1929 pour échapper aux persécutions anti-juives et à la pauvreté. Sa mère Rachel (1907-1942) était née dans une famille pauvre et très religieuse ; son père Manek (1909-2002), militant communiste, était un tailleur.

Le couple de jeunes mariés s’installa à Paris, dans la petite maison au 3, rue de l’Avenir ; ici sont nés leurs quatre enfants : Henri, Jean, Annette et Michel.

Manek était en contact avec les membres de la CGT-MOI- Main d’œuvre immigrée[2].

La rafle de 1942[modifier | modifier le code]

Avec les persécutions anti-juives en France, pour Manek Muller arriva le chômage. Les jours avant la rafle, il était hors de la maison, proche à se rendre dans le camp de travail pour immigrants juifs à Creil (Oise) ; ayant été prévenu, il a réussi à s'enfuir et à se cacher[2],[3].

Au début de la rafle, les fils plus âgés (Henri et Jean, de 10 et 11 ans) se sont enfuis ; aidés par leur père, ils ont été cachés dans l’orphelinat catholique de Neuilly-sur-Seine par sœur Clotilde Régereau, des Sœurs de Saint Vincent de Paul[2],[4],[5].

Annette, sa mère et Michel (âgé de 7 ans), ont été arrêtés, menés dans le camp temporaire du Vélodrome d'Hiver, puis déportés après six jours dans le centre de détention de Beaune-la-Rolande. Dans ce camp, tous les enfants ont été rapidement séparés de leurs parents et abandonnés à eux-mêmes, sans soins et soumis aux abus des gardes du camp[2],[3].

La fuite et le témoignage[modifier | modifier le code]

Rachel Muller réussit à corrompre une garde et à envoyer une lettre à son mari ; comme tous les adultes, elle fut menée à Auschwitz, où elle est morte dans la même année.

Les enfants prisonniers, au contraire, furent menés au camp de Drancy.

En novembre 1942 le père d’Annette fut aidé par un membre polonais de l’Union générale des israélites de France et réussit à faire passer ses deux fils prisonniers pour des “ouvriers fourreurs”, requis par les Allemands sur le Front de l'Est ; ensuite, ils furent menés à l’ancien asile de Rue Lamarck, puis à l’orphelinat catholique de Neuilly-sur-Seine de sœur Clotilde Régereau et, enfin, au Mans (orphelinat pour les Juifs) jusqu’en 1947.

Après la Libération, Annette Muller (épouse Bessmann) a exercé différents métiers, ensuite elle est devenue attachée territoriale et a travaillé à la formation du personnel communal du Blanc Mesnil[6].

En 1991 Annette Muller a publié son autobiographie[7],[8]: La petite fille du Vel d'Hiv : Du camp d'internement de Beaune-la-Rolande (1942) à la maison d'enfants du Mans (1947), Éditions Denoël.

Ce récit est composé de trois parties principales : celle de son enfance, celle de la guerre (1939-1942) et celle de la rafle du Vélodrome d'hiver.

« Soudain j'ai entendu des coups terribles contre la porte. On s'est dressées le cœur battant. Deux hommes sont entrés dans la chambre, grands, avec des imperméables beiges. « Dépêchez-vous, habillez-vous, ont-ils ordonné. On vous emmène. » Brusquement, j'ai vu ma mère se jeter à genoux, se traînant, enserrant les jambes des hommes beiges, sanglotant, suppliant : « Emmenez-moi, mais je vous en prie, ne prenez pas mes enfants. » Eux la repoussaient du pied. »

— Annette Muller, La petite fille du Vel' d'Hiv, 1991[9]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Annette Muller, La petite fille du Vel' d'Hiv, Éditions Denoël, Paris, 1991 ; nouvelle édition par Annette et Manek Muller; Éditions Cercil, Orléans, 2009, préf. de Serge Klarsfeld, prix Lutèce du Témoignage

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Rajsfus, La rafle du Vél d'Hiv, ed. Presses universitaires de France, 2002, pages 31 et 44, (ISBN 9782130514497)
  2. a, b, c et d Thomas Rabino, Michel Muller, rescapé du Vel d'hiv', en Marianne, 11 juillet 2012
  3. a et b (it)Laurence Rees, Auschwitz. I Nazisti e la soluzione finale, Oscar Storia Mondadori, Milano, 2006, 115 ss.
  4. (en)Susan Zuccotti, The Holocaust, the French and the Jews, Basic Books, New York, 240
  5. La rafle du Vél d'Hiv, Au Field de la nuit, 1er mars 2010
  6. USC Shoah Foundation Institute, University of Southern California, Être Juif en France pendant l’Occupation. Expériences vécues de la persécution : le port de l’étoile jaune. Biographies des témoins, p. 2
  7. Magazine litteraire, Numéros 284 à 289, page 63, 1991.
  8. Paris Match, Numéros 3172 à 3180, 2010, page 77.
  9. Mémorial de Caen, Les enfants dans la Shoah, Page sur Annette Muller
  10. [1]
  11. [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]