Popeck

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Popeck
Description de cette image, également commentée ci-après
Popeck à Honfleur, lors de la cérémonie du prix Alphonse-Allais, en .
Nom de naissance Judka Herpstu
Surnom Popeck
Naissance (86 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Humoriste
Acteur
Entourage Charley Marouani (son agent de 1990 à 2017)
Site internet Site officiel
Signature-Popeck-blanc.svg
Signature de Popeck.

Judka Herpstu, dit Popeck, est un humoriste et acteur français né le à Paris.

Fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, enfant caché pendant la guerre, il s'oriente d'abord vers une carrière d'acteur dramatique sous le pseudonyme de Jean Herbert.

Au milieu des années 1960, inspiré par la personnalité de son père, il crée le personnage de Popeck, vieux grognon râleur, reconnaissable à son accent yiddish, son costume trois-pièces et son chapeau melon, vendeur de caleçons molletonnés de son état, qui ne cesse de répéter à son auditoire : « On n'est pas des sauvages, tout de même ! ». Ses nouveaux succès d'humoriste le poussent progressivement à abandonner le répertoire classique au profit de spectacles comiques et de sketchs qu'il joue d'abord dans de petits théâtres, puis sur des scènes plus importantes, comme l'Olympia ou le palais des congrès. Certains d'entre eux sont devenus des classiques, à l'instar du Tribunal, du Dîner chez Maxim's ou du Bois de Boulogne[1].

En parallèle de ses spectacles, Popeck a aussi participé à une vingtaine de films, au cinéma ou à la télévision, dont Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury (1973), Le Pianiste du réalisateur oscarisé Roman Polanski (2002) ou, plus récemment, Ils sont partout d’Yvan Attal (2016).

Souvent considéré comme « le doyen de l'humour » en France[2],[3], Popeck continue de se produire régulièrement sur scène, à Paris ou en province.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Né le à Paris, Judka Herpstu est le cadet d'une famille juive émigrée d'Europe de l'Est. Son père (mort en décembre 1963), arrivé en France en 1912[4], est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale venu de Poméranie qui a épousé en secondes noces sa mère Esther, venue de Pologne et plus jeune que lui de vingt-quatre ans[5]. Il a trois demi-sœurs, deux plus âgées que lui de 34 ans (Lyli) et 29 ans (Berthe), nées en Angleterre, issues du premier mariage de son père et une, âgée de 10 ans de plus que lui, issue d'une première union de sa mère. Ils vivent pauvrement dans une chambre de bonne au 36 rue de Rochechouart[6].

Il apparaît à trois ans dans le film La Charrette fantôme de Julien Duvivier (1939)[4]. Grandissant en France dans une famille où l’on parle le yiddish, il le comprend peu ou prou mais a honte de l’accent de son père[7].

La Seconde Guerre mondiale s’abat sur la France, pendant l'exode il se réfugie au Château de Chaumont (Creuse) loué par l'Oeuvre de secours aux enfants où son père viendra le récupérer au début de l'année 1942[8]. L’enfant doit porter l'étoile jaune. En novembre 1942, l'Oeuvre de secours aux enfants le place auprès de fermiers à Viarmes où son père vient de temps en temps lui rendre visite[4],[9]. Sa mère, dont il est alors trop jeune pour en garder un souvenir bien précis, est morte à Auschwitz, elle avait été pourtant prévenue de l'imminence d'une rafle, mais estimant n'avoir rien à se reprocher, elle ne s'était pas cachée[10].

Après la Libération, il entre en octobre 1944 à l'école de la rue Louis-Blanc dont il est renvoyé pour avoir frappé un élève qui l'avait traité de "sale Blum"[11]. Son père décide alors de le confier une nouvelle fois à l'Oeuvre de secours aux enfants qui le place en mai 1945 au Château du Masgelier (Creuse) où il vient de temps en temps le voir[12]. En septembre 1945, il est placé en pension au Mesnil-le-Roi, puis dans un foyer pour adolescents au Vésinet et apprend l'ébénisterie à Saint-Germain-en-Laye[13]. Il travaille ensuite faubourg Saint-Antoine dans un atelier d'ébenisterie[14]. Après la fermeture de l'atelier où il travaillait, il devient clerc d'huissier pendant un mois[15]. Il entre ensuite dans un foyer de jeunes travailleurs à La Varenne Saint-Hilaire où la directrice lui demande, à l'occasion d'une fête au foyer, de jouer le rôle du capitaine dans Maître après Dieu, le succès de sa représentation l'incite à vouloir devenir comédien[16].

Vivant de 1956 à 1962, au 169 rue Saint-Martin[17], il exerce plusieurs métiers dont celui de vendeur de caleçons molletonnés sur les marchés, clerc d'huissier, manutentionnaire, gardien de nuit, chauffeur de poids lourds à la S.N.C.F., livreur, employé des pompes funèbres chargé de livrer fleurs et couronnes.

Incorporé en février 1957 au 1er régiment du train où se trouve également Jean Yanne, il est dispensé d'aller faire la guerre en Algérie, car sa mère est morte en déportation[18].

Inscrit au cours Simon, il y reçoit de Marcel Achard le prix éponyme. Sur les conseils de René Simon, il prend un pseudonyme et décide de se faire appeler Jean Herbert[19]. Il se destine à une carrière dramatique, et obtient des petits rôles au théâtre, à la télévision et au cinéma, notamment dans Les Compagnons de Baal de Pierre Prévert par l’entremise de son ami Charles Denner, et dans Chéri-Bibi de Jean Pignol[20].

Carrière[modifier | modifier le code]

Le personnage de Popeck est créé en 1968, alors que Judka Herpstu joue un rôle de valet russe dans l’Idiot de Dostoïevski aux côtés de son ami le comédien Marie-Pierre de Gérando ; à l'entracte, revêtu de son costume de scène trois-pièces, il divertit l’assistance en imitant son père, ainsi que l'un de ses anciens patrons. Poursuivant sa carrière, il rode ses sketchs dans de petits cabarets et, tandis que « Jean Herbert » n'est connu que d'un petit nombre d'intermittents du spectacle, « Popeck » se fait un nom au café-théâtre, notamment au Café d'Edgar de Montparnasse.

Il décroche cinq ans plus tard le rôle de Moïshe Schmoll dans Les Aventures de Rabbi Jacob dirigé par Gérard Oury. Bien que mineur, ce rôle le fait connaître du grand public, et Gérard Oury ainsi que Louis de Funès l'encouragent fortement à poursuivre dans cette veine humoristique.

Il abandonne progressivement Jean Herbert pour imposer son personnage de Juif ashkénaze à la télévision comme à la scène. L'Olympia en 1990, le festival Juste pour rire de Montréal et le Palais des congrès, où il fait salle comble en 1992, lui ouvrent leurs portes. Pierre Chesnot lui écrit une pièce sur mesure, Drôles d'oiseaux, dans laquelle il triomphe également. Son talent d’humoriste mais aussi de comédien désormais reconnu, il se voit offrir de plus grands rôles dont Harpagon dans l'Avare ou Toussaint dans Bas les cœurs. Cependant, dans ces rôles et d’autres, qu’ils soient comiques (comme dans l’Amour Foot de Robert Lamoureux) ou dramatiques, qu’ils soient liés ou non au monde juif (comme son personnage de patriarche dans Simon Konianski), c’est le nom de Popeck (ou Popek) qui figure à l’affiche ou au générique.

En plus de son travail sur scène, Popeck a notamment joué en 2002 un petit rôle dans Le Pianiste de Roman Polanski[21].

Le comique, devenu le doyen de l'humour français, poursuit ses tournées et pense faire ses adieux au public en 2011, à l’âge de 75 ans. Sa tournée, intitulée C'est la dernière fois !, l’emmène à travers la France, la Belgique et la Suisse mais aussi, pour la première fois de sa carrière, en Israël[22]. En raison de son succès, le spectacle est prolongé et des représentations sont encore données en 2014, Popeck déclarant sur son site officiel : « J'ai l'impression de rajeunir, quand je suis sur scène »[23]. Fin 2017, il présente encore un nouveau spectacle, Même pas mort, dans la salle de L'Archipel à Paris[24].

Vie privée - Violences conjugales[modifier | modifier le code]

Il se marie à 19 ans à Saint-Maur-des-Fossés avec Marina, 17 ans, qu'il a mise enceinte. Trois mois après son mariage, naît son premier fils Ludovic-David[25]. Le jeune couple vit dans un petit appartement dans le Marais mais se dispute continuellement[26]. Il divorce et se remarie avec Anne, étudiante[27].

Le , dans l'émission L'instant de Luxe, sur Non Stop People, Popeck déclare avoir été un homme battu, ainsi que s'être marié avec son épouse à la suite du viol qu'elle lui aurait fait subir[28]. Il affirme que les policiers qui ont reçu sa plainte se sont moqués de lui[28],[29]. Marié deux fois, il ne précise pas si l'épouse en question est la première ou la seconde[28]. En , il affirmait dans un entretien avoir été contraint de se marier avec sa première épouse tombée enceinte : « j'avais 19 ans et la fille en avait 17. Elle est tombée enceinte et c'est la directrice du foyer, que je considérais comme ma mère adoptive, qui a décidé que je devais l'épouser »[28],[30].

Popeck[modifier | modifier le code]

Popeck en spectacle à Bures-sur-Yvette en .

Popeck a expliqué le choix de ce pseudonyme : "J'ai été Herbert pendant quinze ans. Je suis devenu Popeck en juin 77. Popeck ! Ca sonne comme kopeck ; en polonais, tchepeck signifie violon grinçant, mais se dit aussi d'un homme grinçant. Comme m'est venu le nom de Popeck ? Je le dis dans l'un de mes sketches. Comme Beethoven, qui une nuit a entendu Pom pom pom pom, moi j'ai entendu Po po Popeck, et voilà ![31]"

Popeck (du polonais : Popek, « [Le] petit Paul »)[21] est principalement inspiré du vécu de Judka (yiddish : יודקא Yodke, « [Le] petit Juda » ou « petit juif ») Herpstu et de son père. Comme ce dernier, Popeck est un Français originaire d'un petit village d'Europe centrale, qui s'est tant bien que mal adapté à la culture du pays d'accueil mais n'a pu perdre son accent, que le comédien a obtenu en faisant une « salade grecque » des accents yiddish de ces contrées. Son costume agrémenté d'un chapeau melon (qu'il aura gardé toute sa carrière)[22] évoque Charlot, sa valise flanquée des étiquettes « Varsovie », « Bucarest » et « Chalom (sic)-sur-Marne » ses origines et son parcours.

Judka Herpstu, étant d'un naturel timide, son double à l'accent aura tendance à compenser ce trait par une certaine pugnacité : c’est un râleur (Popeck rapproche son pseudonyme du skrzypek polonais, un individu grinçant comme un violon[32]) qui bougonne voire engueule son public. Son apostrophe la plus fréquente, « On n’est pas des sauvages, tout de même !… » a, elle aussi, été puisée dans l'enfance de l’interprète qui, parlant sans accent étranger et gêné par celui de son père, tentait de limiter ses interventions en public et s'entendait pour cette raison traité de « sauvage ! »[7].

Les premiers sketchs de Popeck sont pour la plupart tirés de diverses expériences, notamment professionnelles, de l'auteur. Le personnage est indubitablement juif, mais son humour ne l'est pas[21] ; Judka Herpstu se verra critiqué à ses débuts de caricaturer l’accent yiddish alors qu’il est incapable de le parler[32] et de promouvoir l’incarnation des préjugés entretenus à l’égard des Juifs. Cependant, il se verra loué plus tard pour l'universalité de son humour « qui n'a pas besoin de rappeler son origine pour être drôle »[réf. nécessaire].


Spectacles[modifier | modifier le code]

One Man Shows[modifier | modifier le code]

Participations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Note : sauf mention contraire, les informations ci-dessous sont issues des Mémoires de Popeck[34].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Note : sauf mention contraire, les informations ci-dessous sont issues des Mémoires de Popeck[35].

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. N. Simon, « Popeck, chapeau melon et brosse à reluire », Le Figaro, .
  2. Présentation de Popeck sur le site Les éternels du rire (2014).
  3. V. Batailler, « Popeck : "Je suis bien vivant !" », La Provence,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. a b et c Eric de Goutel, « portrait et interview de Popeck », Télé 7 Jours, vol. no 1138,‎ semaine du 20 au , p. 119.
  5. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 17
  6. « D’où viens-tu, Popeck ? », sur Youtube (consulté le ).
  7. a et b « KioSQ - Popeck », sur youtube.
  8. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 27
  9. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 31 : "Lorsque Papa venait, c'était pour moi une joie immense et je me doute aujourd'hui que la séparation, le soir, devait être encore plus pénible pour lui que pour moi."
  10. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 29 : "J'ai appris plus tard, par sa voisine, Mme Chapandrian, qu'elle avait été prévenue qu'une rafle aurait lieu dans l'immeuble. Mais, au lieu de s'en inquiéter, elle déclara d'une voix forte qu'elle n'avait rien à se reprocher et que les trafiquants du marché noir ne pouvaient pas en dire autant ! Que les Allemands avaient d'autres chats à fouetter, notamment en Russie, et qu'ils n'allaient pas perdre leur temps à monter au sixième étage de la rue Rochechouart pour venir y arrêter une modéliste pour chapeaux en chômage forcé !"
  11. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 39
  12. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 40 et 44
  13. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 61.
  14. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 64
  15. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.79
  16. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 85
  17. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.95
  18. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.109
  19. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.123
  20. Fiche sur imdb.com.
  21. a b et c Nicole Clodi, « Popeck à la Comédie de Toulouse : "Je n'ai jamais eu peur" », sur La Dépêche du Midi.fr, .
  22. a et b « Popeck : "J’ai échappé à l’Holocauste" », Philippe Vandel, émission Tout et son contraire, France Info.fr, (consulté le ).
  23. Site officiel de Popeck.
  24. « Popeck – Même pas mort – Théâtre l’Archipel », sur artistikreso.com, .
  25. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 86
  26. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.87
  27. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p. 90
  28. a b c et d Stacie Arena, « Popeck violé et battu par sa femme : son témoignage édifiant », sur Femme Actuelle, (consulté le ).
  29. « Popeck déclare avoir été violé », sur JForum, (consulté le ).
  30. « Popeck : "Je suis en super forme : le confinement a du bon !" - France Dimanche », sur www.francedimanche.fr (consulté le ).
  31. Popeck, Je veux bien qu'on rie, mais pas qu'on se moque : une drôle de vie, Paris, JC Lattès, (ISBN 978-2-7096-0422-2), p.124
  32. a et b « Popeck - De qui tu tiens ce don là ? » (consulté le ).
  33. Popeck 2017, p. 140.
  34. Popeck 2017, p. 247-248.
  35. Popeck 2017, p. 241.
  36. Y'en aura pas pour tout le monde (Bibliothèques de Paris).
  37. Popeck 2017, p. 247.
  38. N. Larqué, « Popeck a fêté son anniversaire », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  39. Les membres de l'Académie sur le site officiel des Amis d'Alphonse Allais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]