Paula Kaufman

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Paula Kaufman
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Paula Kaufman, née à Dąbrowa Tarnowska (Pologne) le 5 septembre 1920, est une résistante juive qui a fait partie aux Pays-Bas du groupe Westerweel, puis en France de janvier 1944 à la Libération, du réseau des Hollandais de l'OJC (Organisation juive de combat). Elle a été décorée de la Médaille de la Résistance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Paula (Pauline Hilde) Kaufman, née à Dąbrowa Tarnowska (Pologne), le 5 septembre 1920, fille de Nahum (Norbert) Kaufman et Thérèse Millet, habite à Vienne (Autriche) avec ses parents depuis sa petite enfance ; l'allemand est sa langue maternelle. Elle a un frère, Ludwig Kaufman, de cinq ans plus jeune.

Fuite aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Après l'Anschluss en mars 1938, elle fuit aux Pays-Bas et rejoint, en décembre 1938, une des hachsharot (werkdorp, camps de pionniers) à Wieringermeer, où les jeunes se préparent à la vie agricole dans la terre d'Israël. Après la liquidation de la ferme en 1941, elle arrive à Amsterdam. De décembre 1941 à janvier 1943, elle fait des études d'infirmière à l'hôpital portugais juif d'Amsterdam (PIZ, Portuguese-Israelite hospital). Par la suite, elle se cache à Haarlem, dans une famille néerlandaise, Frans et Hanny Gerritsen[1].

Les Gerritsens étaient membres de la résistance néerlandaise et en particulier du groupe Westerweel[2]. Parents de jumeaux nés en août 1942, ils « engagent » Paula comme nourrice. En fait, Paula assiste Frans Gerritsen dans la falsification de documents, activité dans laquelle il était devenu expert.

Résistance[modifier | modifier le code]

En janvier 1944, Paula quitte les Pays-Bas pour Paris et se joint au groupe hollandais à Paris, où elle travaille avec Cor. Son nom de guerre est Elisabeth (Els) Visser.

En avril 1944, quelques membres du groupe néerlandais sont arrêtés à Paris et incarcérés à la prison de Fresnes. Le reste du groupe décide de quitter Paris et atteint avec beaucoup de difficulté Limoges. Cherchant du travail, Paula voit une annonce apostée sur un tableau dans une des places centrales de Limoges : Wehrmacht Commando. Munie, comme elle l'était, d'une lettre de recommandation (falsifiée) témoignant de son travail pour la Wehrmacht à Rouen[3], elle présente sa candidature. Avec son allemand parfait, elle se voit offrir le poste de secrétaire d'un ami du commandant de la Wehrmacht à Limoges.

La facilité avec laquelle elle avait été embauchée lui donne une idée : ce qui est possible à Limoges devrait l'être aussi à Paris, et elle revient à la capitale. A Paris, pratiquement toute l'Avenue Foch était occupée par la Gestapo et c'est là qu'elle se présente. Elle est engagée comme secrétaire de l’Obersturmbannführer Otto Eichner, Commandant des services de construction, au 82, avenue Foch.

Paula sillonne la ville avec son patron et découvre les travaux de construction en cours. Fouillant dans les tiroirs, elle tombe sur des plans, elle les copie et les fait parvenir à son contact néerlandais, Win van Eekers, à Londres ; ce sont les plans de bunker dont la construction était prévue sous le Bois de Boulogne et de sites de lancement de V1 et V2. Assistant aux réunions importantes de la Gestapo, Paula avait accès à des informations classifiées, elle prend contact avec les groupes FTP de la résistance en France et leur passe ces informations. Elle a la liberté d'aller et venir en France et même de passer en Hollande, ce qui lui permet de rester en contact avec ses amis et de leur donner les informations qu’elle obtient.

Deux contacts du groupe hollandais à Paris, Olga Tscherwinsky (Lydia) et Karl Rehbein (Charles Paul ou Charles Porel), étaient en fait des agents doubles. Paula est arrêtée et internée à Fresnes le 18 juillet 1944, ainsi que Cor et la plupart des membres du groupe hollandais. Elle est torturée et condamnée à mort. Elle n'est pas exécutée, mais envoyée à Drancy, pour servir d'otage dans le train (Convoi 79) d'Alois Brunner le 17 août 1944. Elle est déportée à Buchenwald, puis à Bergen-Belsen et Theresienstadt, et libérée le 10 mai 1945.

Elle est décorée de la Médaille de la Résistance[4].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Après sa libération des camps, en 1945, Paula est recueillie au Château de Vielleségure (Basses-Pyrénées).

Son père, revenu en Pologne, avait été assassiné à Auschwitz en 1943. Sa mère et son frère, qui se trouvaient en 1939 dans la partie de la Pologne envahie par les Russes, ont été déportés en Sibérie. Ils en reviennent tous deux à la fin de la guerre.

En 1947, Paula émigre en Palestine. Sa mère la rejoint bientôt, ainsi que son frère après la déclaration d'indépendance de l'état d'Israël.

Elle se marie en 1952 avec Yoske (Herbert) Welt (1924-1992), avec qui elle a deux enfants, Oded Lotan et Ruti Raphael. Elle habite Jérusalem.

Paula décède en 2013 à Tel-Aviv.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yad Vashem a reconnu le 16 juin 1964 Frans Jan Gerritsen comme juste parmi les nations.
  2. Joop Westerweel (né le 25 janvier 1899 à Zutphen ; mort le 11 août 1944 en camp de concentration) fonda, en 1942, le groupe Westerweel et devint un des meneurs de la résistance néerlandaise au Nazisme. Ce groupe, regroupant des juifs et des non-juifs, œuvrant ensemble à sauver des juifs en leur procurant des faux papiers, des cachettes et en organisant leur exil, protégea près de 400 enfants et adolescents juifs et en sauva une grande partie. Le 16 juin 1964, Yad Vashem a reconnu Joop et sa femme Wilhelmina comme justes parmi les Nations.
  3. Rouen avait été bombardée et toute vérification était impossible.
  4. Journal Officiel du 11 juillet 1946, décret du 16 juillet 1946, article 88

Liens externes[modifier | modifier le code]