Jean-Claude Pecker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Jean-Claude Pecker, né le à Reims (Marne) et mort le [1] à Port-Joinville[2] (Vendée), est un astrophysicien français.

Il a été professeur au Collège de France (chaire d'astrophysique théorique) et membre de l’Académie des sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pecker est le petit-fils du rabbin de Reims Joseph Hermann. Il naît chez ses grands-parents[3].

Fils d'un père scientifique, Victor Pecker, et d'une mère littéraire, Catherine Nelly Hermann, Jean-Claude Pecker s'intéresse très tôt à l'astronomie puis à l'astrophysique. Élève studieux, il poursuit des études sans encombre au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale qu'il traverse dans la clandestinité. Il est lauréat du concours général en dessin en 1939[4].

Son père, Victor Pecker, est né le 26 novembre 1894 à Maule (Yvelines). Catherine Nelly Pecker (née Hermann) est née le 11 mars 1892 à Reims. Ils sont déportés par le convoi n° 75, du 30 mai 1944, de Drancy vers Auschwitz, où ils sont assassinés. Leur dernière adresse était 33 rue Poussin dans le 16e arrondissement de Paris[5].

Parcours scientifique[modifier | modifier le code]

À la libération, Jean-Claude Pecker intègre l'École normale supérieure où il suit en 1945 les cours d'Alfred Kastler. Il se présente à l'agrégation de sciences physiques en 1946[6] et obtient brillamment son doctorat (« Contribution à la théorie du type spectral 2 – les moments nucléaires ») en 1950.

Maître de conférences en poste à Clermont-Ferrand de 1952 à 1955, il devient astronome à l'observatoire de Paris avant d'être nommé directeur de l'observatoire de Nice en 1962. En 1963, il est élu professeur au Collège de France où il enseigne jusqu'en 1988. Il est également directeur de l'Institut d'astrophysique de Paris de 1972 à 1978. Il occupe à partir de 1990 un poste de vice-président de la Commission nationale pour l'UNESCO jusqu'en 1996 ainsi que de nombreuses autres fonctions officielles et non officielles, en particulier celle de président de la Société astronomique de France de 1973 à 1976.

En plus d'ouvrages scientifiques et de vulgarisation, Jean-Claude Pecker est l'auteur de plus de 700 articles sur l'astrophysique[7], que ce soit à vocation de synthèse, de vulgarisation ou de recherche, mais aussi sur les droits de l'homme, l'art, les relations entre science et société ainsi que sur le thème de pratiques qu'il considère comme des fausses sciences, comme l'astrologie[8]. Il est ainsi président d'honneur de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS).

Ses principaux travaux en astronomie et en astrophysique sont consacrés aux atmosphères solaire et stellaires (théorie exacte de la saturation des raies, étoiles chaudes, première résolution effective du problème « non-gris » de l'équilibre radiatif) et aux relations Soleil-Terre (introduction du cône d'évitement confirmée par les observations des trous coronaux du Soleil).

Dès les années 1950, il s'intéresse au débat cosmologique auquel il consacre des publications. Jean-Claude Pecker conteste le modèle standard du Big Bang et suggère des « solutions alternatives, mais partielles »[9] selon ses propres termes (discussion des arguments favorables à un modèle d'univers quasi statique, rôle de la constante cosmologique, origine du fond diffus cosmologique).

Il est signataire, avec 33 autres scientifiques, d'une lettre ouverte à la communauté scientifique[10], où les auteurs dénoncent ce qu'ils qualifient de dominance d'un modèle standard du Big Bang et de l'expansion de l'Univers. Les hypothèses émises, comme celle de la lumière fatiguée sont en effet critiquées – sinon totalement ignorées – par les cosmologistes actuels.

Jean-Claude Pecker a contribué à la vulgarisation de l'astronomie par ses ouvrages destinés au grand public, et traduits en anglais comme en chinois.

En 2003, il est candidat à l'Académie française[11].

Engagements[modifier | modifier le code]

Trotskiste dès sa jeunesse, Jean-Claude Pecker était membre de la IVe Internationale. Trop jeune pour combattre dans les Brigades internationales, il fut brancardier sur le front avec les anti-franquistes[12].

Il fut sa vie durant proche du Centre de liaison et d’initiative laïque — il participa à l'organisation de la manifestation de décembre 1995 pour le 90e anniversaire de la loi de 1905 — et de la Fédération nationale de la libre pensée[12].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Académie[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pecker est membre de :

Prix[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

Préfaces d'ouvrages scientifiques[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Préface d'ouvrage poétique[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Disparition de Jean-Claude Pecker astrophysicien et professeur émérite au Collège de France ».
  2. Pierre Barthélémy, « La mort de l’astrophysicien Jean-Claude Pecker », Le Monde, no 23373,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  3. « Barret Ida », sur Comité Français pour Yad Vashem (consulté le 7 novembre 2017).
  4. « Rencontres du Concours général », sur le site de l'Association des lauréats du Concours général.
  5. Voir Klarsfeld, 2012.
  6. Les agrégés de l'enseignement secondaire, répertoire 1809-1960.
  7. Par exemple « L'astronomie au Collège de France (XVIe – XIXe siècle) », Lettre du Collège de France, no 23,‎ (lire en ligne).
  8. « Bibliographie », Collège de France (consulté le 7 novembre 2017).
  9. « Autoanalyse du parcours scientifique », Collège de France (consulté le 7 novembre 2017).
  10. (en) « An Open Letter to the Scientific Community » [« Lettre ouverte à la communauté scientifique »], New Scientist,‎ (lire en ligne).
  11. « Candidature au fauteuil de M. Léopold Sédar Senghor (F16) et au fauteuil de M. Georges Vedel (F5) », sur Académie française, (consulté le 7 janvier 2017).
  12. a et b « In memoriam Jean-Claude Pecker » sur fnlp.fr.
  13. Jean-Paul Gavard-Perret, « Jean-Claude Pecker, Lamento 1944–1994 », lelitteraire.com, 20 novembre 2017 (lire en ligne).
  14. Jean-Paul Gavard-Perret, « Lamento 1955-1994, Jean-Claude Pecker », lacauselitteraire.fr, 14 décembre 2017 (lire en ligne).
  15. « Lamento (extraits) de Jean-Claude Pecker », recoursaupoeme.fr, 4 décembre 2018 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]