Pierre Paoli

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Pierre-Marie Paoli (1921-1946) était un agent français de la Gestapo qui sévit dans le département du Cher.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 31 décembre 1921 à Aubigny-sur-Nère dans une famille modeste, père herboriste et mère modiste, Pierre Paoli est scolarisé à l'école communale. Il est décrit par ces instituteurs comme un « bon enfant et bon élève, un peu sournois cependant et très renfermé ». Il obtient ainsi son certificat d'études primaires. Dans le même temps, il fréquente le patronage du village. Il aime commander et organiser, d'ailleurs dans les querelles d'enfants il avait toujours à cœur de régler le problème. En octobre 1937, il est placé à la Perception d'Aubigny comme commis. Il se présente à un concours administratif et est reçu, ce qui lui permet , le 1er mai 1938, d'entrer comme commis auxiliaire du Trésor à la perception de Mehun-sur-Yèvre. Il a alors 17 ans et quitte sa famille pour la première fois.

Lorsque la guerre est déclarée en septembre 1939, il décide de changer de vie, retourne à Aubigny puis monte à Paris, et trouve de petits travaux. Il assure ainsi pendant quelques jours la fonction de « messager cycliste » pour le compte de l'Amirauté allemande. Paoli revient dans le Berry en janvier 1942 où il reprend sa place à la Perception. Anticommuniste et germanophone, il est engagé comme interprète à la Gestapo de Bourges le .

C'est le début d'une collaboration franche et totale. Les Allemands lui offrent une chambre dans le local de la Gestapo. Il s'occupe de la section 4A qui devait lutter contre les communistes. Mais en peu de temps, il acquiert la confiance des Allemands qui lui font faire des missions de plus en plus importantes. Il bénéficie d'une liberté d'action totale et d'une grande autonomie

Très vite, le zèle démontré par le jeune auxiliaire lui vaut de prendre du galon et des responsabilités. Devenu un agent de confiance du SD, il mène de nombreuses opérations contre la Résistance. Il porte l'uniforme allemand, obtient le grade de SS-Scharführer, et demande la nationalité allemande. On attribue plus de 300 arrestations, pour la plupart suivies de déportations, à ce personnage redouté pour son efficacité et sa cruauté, qui n'avait aucun scrupule à dépouiller ses victimes et à s'emparer de leurs biens de valeur. Tortionnaire impitoyable, il multiplie les supplices lors des interrogatoires qu'il effectue. La plus illustre victime de ses mauvais traitements est le sénateur Marcel Plaisant.

Seules quatre des vingt-trois personnes arrêtées par Paoli dans sa commune natale d'Aubigny revinrent des camps nazis.

On estime à plus de 300 le nombre de personnes arrêtées par Paoli en une année de « travail » au profit des Allemands. La plupart des gens qui passaient entre ses mains n'en ressortaient pas, c'était la mort ou le départ pour un camp de concentration.

Le Gestapiste français est également un des principaux protagonistes de la « rafle de Beffes[1] » du , ainsi que de la rafle menée dans la nuit du 21 au contre les Juifs réfugiés à Saint-Amand-Montrond, où 71 personnes sont arrêtées. Au cours des jours suivants, il participe au massacre de 36 d'entre elles sur le site de la ferme abandonnée de Guerry, où leurs corps sont jetés dans trois puits[2].

Paoli suit les troupes allemandes qui évacuent Bourges le . Arrêté par les forces britanniques à Flensbourg près du Danemark le , il est remis aux autorités françaises en janvier 1946 et ramené à Bourges.

En mai 1946, la mise en jugement de ce traître emblématique, couramment surnommé « le monstre » ou encore « le sinistre Paoli », est un des grands procès de l'après-guerre. L'intéressé y assume ses actes en homme qui se sait perdu. L'indignation suscitée par l'exposition des atrocités auxquelles il a participé est accrue par la fanfaronnade qui lui fait déclarer : « Je ne suis pas français, mais allemand. » Condamné à mort, il est passé par les armes le au polygone de Bourges, lieu où avaient été exécutés pendant la guerre les otages et les captifs de la Gestapo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : principales sources de l'article.

  • Jean Lyonnet : L'Affaire Paoli (éditions Chassaing, 1964).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Témoignage sur Paoli par Marc Tolédano, dans le récit qu'il consacre au moine Aloïs Stanke, charitable geôlier allemand de la prison de Bourges : Le Franciscain de Bourges (Flammarion, J'ai lu, 1969).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le roman historique de Jacques Gimard : Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent secret de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, juin 2011) - Le livre puise aux sources des archives judiciaires du procès Paoli et restitue des témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant côtoyé ce gestapiste berrichon.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]