Pierre Paoli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Paoli.

Pierre-Marie Paoli (1921-1946) était un agent français de la Gestapo qui sévit dans le département du Cher.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 31 décembre 1921 à Aubigny-sur-Nère dans une famille modeste, il débute une carrière de commis de perception en 1937. Anticommuniste et germanophone, il est engagé comme interprète à la Gestapo de Bourges le 31 mars 1943.

Très vite, le zèle démontré par le jeune auxiliaire lui vaut de prendre du galon et des responsabilités. Devenu un agent de confiance du S.D., il mène de nombreuses opérations contre la Résistance. Il porte l'uniforme allemand, obtient le grade de Scharführer-SS, et demande la nationalité allemande. On attribue plus de 300 arrestations, pour la plupart suivies de déportations, à ce personnage redouté pour son efficacité et sa cruauté, qui n'avait aucun scrupule à dépouiller ses victimes et à s'emparer de leurs biens de valeur. Tortionnaire impitoyable, il multiplie les supplices lors des interrogatoires qu'il effectue. La plus illustre victime de ses mauvais traitements est le sénateur Marcel Plaisant.

Seules quatre des vingt-trois personnes arrêtées par Paoli dans sa commune natale d'Aubigny revinrent des camps nazis.

Le Gestapiste français est également un des principaux protagonistes de la rafle de Beffes[1] du , ainsi que de la rafle menée dans la nuit du 21 au contre les Juifs réfugiés à Saint-Amand-Montrond, où 71 personnes sont arrêtées. Au cours des jours suivants, il participe au massacre de 36 d'entre elles sur le site de la ferme abandonnée de Guerry, où leurs corps sont jetés dans trois puits[2].

Paoli suit les troupes allemandes qui évacuent Bourges le 6 août 1944. Arrêté par les forces britanniques à Flensburg près du Danemark le 16 mai 1945, il est remis aux autorités françaises en janvier 1946 et ramené à Bourges.

En mai 1946, la mise en jugement de ce traître emblématique, couramment surnommé le monstre ou encore le sinistre Paoli, est un des grands procès de l'après-guerre. L'intéressé y assume ses actes en homme qui se sait perdu. L'indignation suscitée par l'exposition des atrocités auxquelles il a participé est accrue par la fanfaronnade qui lui fait déclarer : "Je ne suis pas Français, mais Allemand". Condamné à mort, il est passé par les armes le au polygone de Bourges, lieu où avaient été exécutés pendant la guerre les otages et les captifs de la Gestapo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : principales sources de l'article.

  • Jean Lyonnet : L'affaire Paoli (éditions Chassaing, 1964).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Témoignage sur Paoli par Marc Tolédano, dans le récit qu'il consacre au moine Alfred Stanke, charitable geôlier allemand de la prison de Bourges : Le Franciscain De Bourges (Flammarion, J'ai lu, 1969).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le roman historique de Jacques Gimard : Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent secret de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, juin 2011) - Le livre puise aux sources des archives judiciaires du procès Paoli et restitue des témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant côtoyé ce gestapiste berrichon.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]