Georges Kiejman

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Georges Kiejman
Georges Kiejman en 2011.
Georges Kiejman en 2011.
Fonctions
Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Bérégovoy
Ministre délégué auprès du ministre de la Culture et de la Communication, chargé de la Communication
Président François Mitterrand
Gouvernement Édith Cresson
Prédécesseur Catherine Tasca
Ministre délégué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice
Président François Mitterrand
Gouvernement Michel Rocard II
Successeur Michel Sapin
Biographie
Date de naissance (85 ans)
Lieu de naissance Paris 4e (France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Conjoint Marie-France Pisier
Laure de Broglie
(depuis 1983)
Profession Avocat

Georges Kiejman, né le 12 août 1932 à Paris, est un avocat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Georges Kiejman est le fils d'Alter Kiejzman, artisan, et de Brandla Czarnecka, tous deux juifs venus de Pologne avec leurs deux enfants. Alter est né le 11 février 1896 à Garwolin. Son père et sa sœur sont arrêtés et déportés à Auschwitz. Alter est déporté par le Convoi n. 57, en date du 18 juillet 1943, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Il est âgé de 47 ans[1]. Alter y décède mais sa sœur Liliane en revient[2]. Réfugié avec sa mère à Loye-sur-Arnon, Georges Kiejman fait ses études au collège de Saint-Amand-Montrond puis au lycée Voltaire à Paris. Il vit de nombreux petits métiers (cloueur dans la fourrure, serveur) et poursuit ses études de droit à la Sorbonne pour devenir avocat[3]. Il se spécialisera en droit public, puis se consacrera principalement au champ pénal et au droit d'auteur.

Séducteur dandy, amateur d'actrices et de jolies femmes[4], il épouse en troisièmes noces le la princesse Laure de Broglie[5] (née en 1952), dont il a trois enfants[6]. Il avait précédemment épousé Claude Schwab, journaliste, puis l'actrice Marie-France Pisier[7].

Carrière d'avocat[modifier | modifier le code]

Il prête serment au barreau de Paris en décembre 1953 ; il obtient la coupe d'éloquence des jeunes avocats (UJA) en 1954 ; il est nommé deuxième secrétaire de la conférence du stage en 1955.

De 1962 à 1991, il est l'avocat de nombreux éditeurs, notamment des éditions Gallimard. À cette occasion, il plaide pour Eugène Ionesco, Henri de Montherlant, et les héritiers d'Albert Camus. Il assure la défense des éditions du Seuil dans la série de procès intentés au livre "Les Dossiers noirs de la police française" de Denis Langlois.

En 1976, il défend Pierre Goldman et, aidé par un comité de soutien de personnalités intellectuelles ou artistiques de gauche, obtient son acquittement du meurtre de deux pharmaciennes[8],[9].

En 1977, il défend Guy Debord et l'éditeur Gérard Lebovici. Les lettres polémiques qu'ils s'échangèrent sont recueillies dans le volume 1 de la Correspondance des Éditions Champ Libre publié en 1978.

Il est l'avocat d'Alain Caillol[10], criminel français condamné en 1982 à vingt ans de réclusion criminelle pour la séquestration du baron d'Empain[11].

Il est également l'avocat des Cahiers du Cinéma et de réalisateurs de la Nouvelle Vague (François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Louis Malle, Constantin Costa-Gavras et Maurice Pialat), ainsi que pour de nombreux acteurs (Simone Signoret, Jeanne Moreau, Yves Montand, Sophie Marceau). Cela le conduira à être président de la commission d'avance sur recettes de films (1989-1990).

En 1987, il est l'avocat du gouvernement américain dans le procès qui conduit à la condamnation à perpétuité du chef des FARL, Georges Ibrahim Abdallah.

En 1987, il est l'avocat de la famille de Malik Oussékine, l'étudiant tué en marge d'une manifestation contre le projet de loi Devaquet. Il s'est battu activement pour la libération des enfants du Général Oufkir, détenus au Maroc jusqu'en 1991[12].

En 1996, il est l'avocat des héritiers de François Mitterrand, parties civiles lors du procès du Docteur Gubler. ce dernier étant accusé par le Ministère public de violer le secret médical dans son livre Le Grand Secret[13]. En 1998, il obtient la condamnation du journaliste Gérard Chauvy pour diffamation envers les époux Lucie et Raymond Aubrac[14].

En 2002, il est l'avocat de la famille de Ghislaine Marchal devant la Cour de révision à l'occasion de la tentative de révision du procès Omar Raddad[15]. Ce dernier est défendu par Jacques Vergès.

En 2005, il défend la psychanalyste Élisabeth Roudinesco, attaquée en diffamation pour avoir suggéré un « antisémitisme masqué » instillé par l’ouvrage Mensonges freudiens de Jacques Bénesteau et le Club de l'horloge[16].

En 2007, il est avec Richard Malka l'un des deux avocats à la défense de l'hebdomadaire Charlie Hebdo lors du procès concernant les caricatures de Mahomet, intenté par l'UOIF, le Conseil français du culte musulman et la Mosquée de Paris à l'issue duquel le journal est relaxé[17].

En tant qu'avocat, c'est lui qui pilota la procédure de divorce à l'amiable entre Nicolas Sarkozy et Cécilia Sarkozy ou qui représenta la famille de Marie Trintignant dans le procès de Bertrand Cantat.

En 2009, il défend Roman Polanski.

Il devait être l'avocat de Liliane Bettencourt dans le procès l'opposant à sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers ; le procès n'eut pas lieu à la suite d'un accord conclu entre les protagonistes de l'affaire Banier-Bettencourt. Ses services ont été rémunérés à hauteur de 1,2 million d'euros[18].

En 2011, il rejoint la défense de l'ancien président Jacques Chirac.

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

Révision du code pénal[modifier | modifier le code]

En octobre 1981, il est nommé par le garde des Sceaux, Robert Badinter, membre de la commission du révision du code pénal, chargée d'élaborer un avant-projet de code pénal[20]. Des travaux de cette commission sont a origine l'actuel code pénal entré en vigueur le 1er mars 1994. Toujours par le ministre Badinter, il est nommé en février 1984 par le même garde des Sceaux membre de la commission presse-justice[21].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Proche de Pierre Mendès France dont il sera le collaborateur et l'ami pendant vingt ans, puis de François Mitterrand, Georges Kiejman est un homme politiquement marqué à gauche. Cela dit, il n'a jamais cherché à se présenter et n'a donc jamais occupé de fonctions électives avant ou après ses ministères.

En 1990, ce fils de déporté n'hésita pas à s'interroger publiquement sur l'utilité de juger René Bousquet, chef de la police de Vichy et ami du président, s'interrogeant sur l'opportunité de juger une deuxième fois Bousquet qui avait déjà été jugé quarante ans auparavant. Ministre délégué chargé de la justice, il déclare en octobre 1990 : « Au-delà de la nécessaire lutte contre l'oubli, il peut paraître important de préserver la paix civile. Il y a d'autres moyens qu'un procès pour dénoncer la lâcheté du régime de Vichy »[22].

Télévision[modifier | modifier le code]

Il consacre trois émissions pour France 5 à quelques-uns des plus grands procès de l'Histoire française, qui seront édités par la suite en DVD. Il obtient pour ces émissions le prix Charles Cros 2007[23].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Klarsfeld, 2012.
  2. « "Emotion mais pas indignation" pour Georges Kiejman », sur L'Express, 28 avril 1989.
  3. Gaël Tchakaloff, « Portrait de Georges Kiejman », sur Le Nouvel Économiste,
  4. Judith Perrignon, « Réépris de justice », sur Libération.fr,
  5. Connue sous le nom de Laure Debreuil, journaliste qui a présenté le journal de la nuit à TF1.
  6. voir Le Gotha Français - État présent des familles ducales et princières, de Hubert Cuny § Nicole Dreneau - 1989.
  7. Judith Perrignon, « Réépris de justice », liberation.fr, (consulté le 8 mars 2016)
  8. Pierre Goldman, encore et toujours, Luc Rosenzweig, causeur.fr, 29 janvier 2010
  9. Une légende vacille, lexpress.fr, 2 mai 2005
  10. Alain Caillol, Lumières, Le Cherche Midi (lire en ligne), p. 4
  11. « Remords postbaron - Libération », sur liberation.fr,
  12. Stephen SMITH, « Après avoir été détenue arbitrairement pendant dix-neuf ans, elle était, depuis 1991, sous le coup d'une interdiction de quitter le Maroc. Une fille du général Oufkir déjoue la surveillance du roi Hassan II. Maria Inan-Oufkir, 34 ans, fille de l'ancien homme fort du Maroc mort, comme "félon régicide", après une tentative de coup d'Etat en 1972 a quitté le royaume chérifien clandestinement jeudi dernier. », Libération,‎ (lire en ligne)
  13. Eric FAVEREAU, « Le médecin de Mitterrand est poursuivi pour violation du secret médical », Libération,‎ (lire en ligne)
  14. François DEVINAT, « Gérard Chauvy condamné pour avoir diffamé les Aubrac. L'historien avait mis en cause le passé des époux résistants. », Libération,‎ (lire en ligne)
  15. Brigitte VITAL-DURAND, « Omar poursuit son marathon pour la réhabilitation », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. L’avis de François Aubral sur l’affaire
  17. Procès Charlie: les caricatures de Mahomet relaxées, Christophe Boltanski, Libération, 23 mars 2007
  18. « Liliane Bettencourt bienfaitrice de l'humanité », Le Canard enchaîné, 7 décembre 2011, p. 3.
  19. Au "Journal officiel" les attributions de M. Georges Kiejman à la chancellerie, Le Monde, 16 octobre 1990
  20. « M. Badinter préside la commission de révision du code pénal », Le Monde, 22 octobre 1981.
  21. « La fiction du secret d'instruction », Le Monde, 19 mars 1985.
  22. Éric Conan, Renu Bousquet: Mort d'un collabo, L'Express, 10 juin 1993
  23. Guilaine Depis, « Prix de l'Académie Charles Cros (Fanny Ardant et Kiejman) », Editions des Femmes,‎
  24. Corinne Renou-Nativel, « Belle du Seigneur : quand les sublimes de Cohen agacent », la-croix.com, 18 juin 2013.
  25. a et b Décret du 29 mars 2002 portant promotion, Legifrance.gouv.fr, 31 mars 2002
  26. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]