Helmut Knochen

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Helmut Knochen
Knochen en 1942, en uniforme de Standartenführer.
Knochen en 1942, en uniforme de Standartenführer.

Naissance
Magdebourg
Décès (à 93 ans)
Offenbach-sur-le-Main
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Grade SS-Standartenführer
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Chef de la SiPo (Gestapo et KriPo) et du Service de sûreté (SD) pour la France et la Belgique (1942-1944)

Helmut Knochen, né le à Magdebourg et mort le à Offenbach-sur-le-Main, est un SS-Standartenführer[N 1] de la Seconde Guerre mondiale, chef de la Police de sûreté (« Sipo[N 2] ») et du Service de sûreté (« SD ») pour la France et la Belgique, de 1942 à 1944. Il est impliqué dans la politique antisémite de l'occupant, notamment dans les déportations massives de Français juifs vers les camps de concentration nazis, et s'est rendu responsable de l'exécution de plusieurs milliers de résistants français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Fils d'un instituteur, capitaine d'artillerie et ancien combattant de Verdun, son père le fait inscrire en 1926 à la section des « jeunes du Stahlhelm » (Casque d'acier), organisation nationaliste. Il adhère au parti nazi, le NSDAP, en 1932 puis il entre à la SA en 1933.

Il fait en 1935 des études en histoire et en anglais aux universités de Leipzig et de Göttingen (où il se lie d'amitié avec Jean-Philippe Larrose, un des futurs acteurs français de la collaboration à Bordeaux[1]). Il obtient un doctorat en philosophie, avec une thèse sur le dramaturge anglais George Coleman[2]. Il occupe les fonctions de professeur et de journaliste. Il entre comme rédacteur dans un journal local.

Il rejoint les SS en 1936 puis suit les Jeux olympiques d'été de 1936 et fait la connaissance du docteur Franz Six qui dirige le service de presse de Reinhard Heydrich. Il se marie.

Il devient officier SS en 1937 puis il est envoyé à Paris pour effectuer un reportage sur l’Exposition universelle ; à son retour à Berlin, il commence une activité de renseignement en entrant dans le service central de sécurité (SD) en 1938. Promu au rang de lieutenant SS, il y dépouille les journaux, notamment les articles rédigés par les émigrés allemands en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Il élabore des synthèses, très remarquées.

Dans la nuit du au , à la suite d’un attentat raté contre Hitler à Munich qui avait été organisé par Georg Elser, il capture deux agents britanniques du MI6 à la frontière germano-néerlandaise et les ramène en Allemagne. Pour ce coup d'éclat appelé « incident de Venlo », Hitler lui remet personnellement la croix de guerre de 1re et 2e classe.

Occupation de la France[modifier | modifier le code]

Le , il dirige un commando spécial l’Einsatzkommando Frankreich d'une vingtaine d'hommes choisis par Heydrich (dont Karl Bömelburg, de la Gestapo) dissimulés sous des uniformes de la Geheime Feldpolizei (la police militaire allemande), qui s'introduit en France sur les traces de la Wehrmacht[N 3] et forme l'amorce de ce qui deviendra le puissant SiPo-SD en France. Ceux-ci installent leurs bureaux avenue Foch, et s'occupent de la collecte d'informations sur les Français et du traitement des archives tombées entre les mains du SD lors de l'invasion.

Rapidement la Wehrmacht remarque ce groupe non-répertorié par ses services. Knochen est alors convoqué par la GFP pour s'expliquer. À la suite de cet entretien, un accord est passé entre les SS et les membres de la GFP. Knochen est nommé commandant en chef de la sécurité interne de Paris, et s'occupe de traquer les ennemis du nazisme (juifs, communistes, francs-maçons, anti-fascistes, réfugiés allemands).

En 1941 il dirige le service « investigation » de l’Amt VI SD-Ausland au RSHA. Avec l'accord de Heydrich il fournit des explosifs au groupe collaborateur d'Eugène Deloncle pour commettre des attentats contre des synagogues dans la nuit du au [4]. L'armée d'occupation, débordée, laisse la Gestapo procéder aux perquisitions et aux arrestations. Knochen est promu au grade d’Obersturmbannführer à l’âge de trente ans.

En 1942 les pouvoirs de Knochen s'étendent à l'ensemble de la France occupée et à la Belgique, il est promu Standartenführer et devient le Befehlshaber der Sicherheitspolizei und des SD (commandant de la police de sécurité et du SD) de cette zone. Il est alors sous les ordres directs du SS-Brigadeführer Carl Oberg (HSSPf pour la France) qui dirige l'ensemble de la SS et des polices de la zone occupée.

Knochen divorce et se remarie à Paris ; Henri Lafont lui aurait, à cette occasion, offert une Bentley blanche.[réf. nécessaire]

Knochen et Oberg sont arrêtés le , ainsi que le contingent SS de Paris, par les conspirateurs Stülpnagel et Boineburg-Lengsfeld, généraux de la Wehrmacht, qui croient à la réussite de l’attentat contre Hitler qui a échoué en Prusse-Orientale. Ils sont relâchés le jour-même.

Comme à cette date, les Alliés atteignent Le Mans, Oberg décide de vider les prisons et les camps situés en France pour envoyer les détenus en Allemagne.

De même, le , la retraite en direction de l'est des services allemands d'occupation s'engage. Le lendemain, le SD quitte Paris pour Vittel. Helmut Knochen est convoqué à Berlin au siège du RSHA, alors dirigé par Kaltenbrunner, lequel lui lance : « La guerre dans les bureaux et les salons est terminée pour vous, vous allez d'ailleurs me rendre ce grade qui n'avait de valeur qu'à Paris. Vous êtes désormais SS-Schütze [2e classe] et vous partez pour le front ! ».

Knochen est alors affecté à la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler dans les unités combattantes de la SS, avec le poste de Panzergrenadier, sur le terrain militaire de Berreckan près de Prague.

Ensuite, Kaltenbrunner le rappelle à Berlin. Puis, à la fin de la guerre, Knochen est fait prisonnier par les troupes américaines.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Il est jugé en 1946 par un tribunal militaire britannique de Wuppertal pour le meurtre de pilotes britanniques : il est condamné à mort. Il est ensuite extradé en France, le .

En 1954, après une instruction longue et difficile, il comparaît en même temps que Carl Oberg devant le tribunal militaire de Paris en . Le , il est de nouveau condamné à mort pour crimes de guerre, cette fois par les tribunaux français à Paris. Il fait appel de sa peine : le président français Vincent Auriol le gracie.

Le , le président René Coty commue sa peine en « vingt ans de réclusion criminelle ». Par décret du , sa peine est à nouveau commuée en « vingt ans à partir de la date du jugement ».

Le président de Gaulle signe sa libération le , peu de temps avant de signer le traité de coopération franco-allemand le . De retour en Allemagne, il s’installe à Baden-Baden. Ensuite, il déménage pour Hahnenklee puis Offenbach-sur-le-Main.

Lucien Steinberg réalise en 1972 une interview pour la revue Historia. À ce moment-là, Knochen exerce le métier de courtier en assurance-retraite à Francfort. À l'été 2000, avec Jean-Philippe Larrose[réf. nécessaire], il accorde une autre interview à Hubert de Beaufort[1].

Il meurt trois ans plus tard à son dernier domicile d’Offenbach-sur-le-Main.

Organisation de la police allemande en France[modifier | modifier le code]

La police allemande en France entre 1942 et 1944 est placée sous les ordres :

Sous les ordres de Oberg, se trouvent :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Delarue, SS et Gestapo s'imposent à la Wehrmacht, in Le Journal de la France de l'occupation à la libération, les années 40, Historia-Tallandier, no 47, p. 1289-1290.
  • Claudia Moisel, La France et les criminels de guerre allemands. Politique et pratique de la poursuite pénale après la deuxième guerre mondiale, Éd. Norbert, 2004, ISBN 3-89244-749-7.
  • René Rolland, La Gestapo arrive à Paris, article in « Historama », no 146, novembre 1963, p. 37-46
  • Paul Sanders, Helmut Knochen et la police nazie dans le système d'occupation en France 1940-1944, Mémoire de maîtrise, Université Paris IV, 1995.

Presse[modifier | modifier le code]

  • Magazine Historia, Hors Série no 20, 1971, Les SS. 1 - L'ordre noir.
  • Magazine Historia, Hors Série no 26, 1972, par Serge Klarsfeld.
  • Magazine Historia, Hors Série no 27, 1972, La Gestapo en France. 2.
  • Magazine Historia, no 337, décembre 1974 par Philippe Aziz.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Équivalent en français de colonel, bien que ce grade soit dans ce cas précis un grade de la police et non de l’armée.
  2. La « SiPo » regroupe la « Gestapo » et la « KriPo ».
  3. À la suite des exactions de la police en Pologne, la Wehrmacht avait refusé que la Gestapo et le SD la suivent en France[3]
  4. En français, le « commandant de la Police de sûreté et du Service de sûreté », ou en utilisant les abréviations allemandes : le « commandant de la SiPo et du SD ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hubert de Beaufort, Le Livre Blanc.
  2. Helmut Knochen, Der Dramatiker George Coleman, Göttingen, 1935 : Göttinger Tagebl. 83 S. 8°, Göttingen, Phil. Diss. v. 25 Okt. 1935.
  3. Dominique Lormier, La Gestapo et les Français. Pygmalion (éditions Flammarion), 2013. (ISBN 978-2-7564-0589-6). p. 33.
  4. Édouard Husson Heydrich et la solution finale éd. Perrin 2012 p. 443 (ISBN 978-2-262-02719-3).