Francine Christophe

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Francine Christophe
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Naissance (86 ans)
Paris - France
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence Drapeau : France France
Profession
Activité principale
Autres activités
Distinctions
Conjoint
Monsieur Lorch
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Témoignage, autobiographique

Œuvres principales

Une petite fille privilégiée ; Guy s'en va: Deux chroniques parallèles

Francine Christophe est une femme de lettres et poétesse française née le à Paris, déportée dans le convoi du 2 mai 1944. Elle donne régulièrement des conférences auprès des jeunes dans les collèges et lycées pour livrer son témoignage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Francine Christophe, née en 1933, est issue d’une vieille famille bourgeoise française qui a compté des généraux, des médecins, des mathématiciens, des œnologues, des musiciens. Elle fait partie d’une famille juive française non pratiquante. Aussi, quelle a été leur stupeur devant ce qui va leur arriver.

Francine est fille de prisonnier de guerre. Elle a 8 ans et demi lorsqu’elle est arrêtée avec sa mère en essayant de passer la ligne de démarcation, à La Rochefoucauld, en Charente, le 26 juillet 1942. D’abord enfermées dans la salle des fêtes, elles sont envoyées à la prison d’Angoulême. Des chants patriotiques s’élèvent du quartier des hommes pour ceux qui vont être fusillés.

Francine et sa mère vont connaître plusieurs camps d’internement en France.

Elles rejoignent le camp de Poitiers en autocar. Là, juifs et Tsiganes sont gardés par des gendarmes, il n’y a pas d’Allemands. Dans ce camp où grouillent les rats, les puces, et les vers blancs, ils sont nourris d’un brouet, sont comptés par les gendarmes. Quelques jours après, elles sont conduites en wagon à bestiaux à Drancy, camp occupé par les juifs de « la rafle des notables », et par des femmes de prisonniers. Ils sont à 80 dans une chambrée, ont droit à une auge avec des robinets pour se laver, un matelas sale pour deux. Des départs pour Pitchipoï ont lieu 2 à 3 fois par semaine. À la baraque de fouille, des jeunes Français, brutalement, déchirent des livres de prières, cassent des jouets des enfants, prennent ce qui a de la valeur. Il faut porter l’étoile, peinte au pochoir par manque de tissus. Elle rencontre des « Amis des juifs », internés parce qu’ils ont mis une étoile par solidarité.

La foule de Drancy est bruyante, atroce, bouge et crie. Elle voit arriver des enfants blessés, sales, hébétés, attachés avec une ficelle par le cou par famille, les grands portant les petits. À Drancy, sa mère qui va aux « pluches », ramène des pommes de terre. Elles ont droit à du courrier, des colis. Elle a faim. En payant les gardiens, il y a possibilité de faire sortir des lettres. Elles y restent 3 semaines.

Puis elles sont transférées, en wagon à bestiaux accroché à un train de voyageurs, à Pithiviers durant trois semaines. Elle trouve un trèfle à quatre feuilles. Des gens qui ont essayé de franchir la ligne de démarcation sont dans ce camp. Ils sont dans de la paille souillée. Un jour, elle est sur la liste des partants sans sa mère. Celle-ci fait une crise de colère, tout en énonçant la litanie de généraux de la famille au gendarme qui pense qu’il y a eu une erreur.

Les démarches inutiles[modifier | modifier le code]

Elles sont envoyées en wagons à bestiaux à Beaune-la-Rolande où elles arrivent dans un camp presque vide, sale, maculé d’excréments, de sang et de boue. C’est là que des enfants de la rafle du Vél’ d’hiv’ ont été blessés en étant séparés brutalement de leur mère. C’était ceux qu’elle a vus à Drancy. Sa mère doit nettoyer matelas et couvertures répugnants avec une autre femme contre une tranche de pain d’épices. Francine se met « en congé de douleur ». Elle est en vacances, chante, lit, écrit, et pourtant il se passe des choses terribles. Elle reste 9 mois dans ce camp. Sa mère est chef de baraque. Le père de son Stalag en Allemagne écrit partout pour les faire libérer. Mais les personnes contactées butent sur les mots : « ascendance israélite ».

Le père qui s’inquiète sur les déportations, fait parvenir une lettre à Pétain sans résultats. Le 21 juin 1943, elles retournent à Drancy en wagons à bestiaux. Elles y restent 11 mois. Le 2 juillet 1943, le camp de Drancy est transmis aux Allemands. Les gendarmes sont relevés de leur fonction. Ils sortent du camp. Elle a été déportée avec sa mère en mai 1944 avec d’autres femmes et enfants de prisonniers de guerre français, juifs. Ils ne vont pas à Auschwitz mais deviennent des « juifs d’échange » à Bergen-Belsen. Le père, prisonnier, a donné un statut spécial à sa femme et à sa fille qui sont non déportables selon la convention de Genève.

À propos de son retour, elle explique que bonne élève jusqu’à 8 ans, elle a du mal à reprendre des études. Elle devient décoratrice, écrivaine et conférencière.

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • "Une petite fille privilégiée", Compagnie TRAC, de Francine Christophe, avec Magali Helias, mise en scène : Philippe Hottier, Cyrille Bosc[1] (du 5 mars au 26 avril 2014, du mardi au samedi à 18h30, Le Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris. )
  • Guy s'en va
  • Une toute petite histoire
  • La fête inconnue

Récits[modifier | modifier le code]

  • Une petite fille privilégiéeUne enfant dans le monde des camps 1942-1945, L’Harmattan, 1996, rééd. Pocket 2001, 220 p.
  • Après les camps la vie, Paris, L’Harmattan, 2002, 186 p.
  • Souvenirs en marge. Récits bien courts, Paris, L’Harmattan, 2002, 112 p.
  • Guy s’en va. Deux chroniques parallèles, Paris, L’Harmattan, 2005, 96 p.
  • La photo déchirée et autres poèmes, Paris, L’Harmattan, 2003, 101 p.
  • La fête inconnue. L’histoire d’une résistance enfantine à Bergen-Belsen 1944, Paris, Edition FMD, 2008, 40 p.
  • Mes derniers récits, L’harmattan, 2009, 226 p.
  • Vous parlerez pour nous , Poèmes concentrationnaires, L’Harmattan, 2010, 110 p.
  • Le Pêle-Mêle. Souvenirs, discours, articles, bla-bla, Paris, Dacres Éditions 2014

Apparitions[modifier | modifier le code]

  • CHRISTOPHE Marcelle et Robert, Une famille dans la guerre, L’Harmattan, 1995(rééd. de "Le miracle de nos prisons aux presses de la Cité, 375 pages, 1974)
  • PESCHANSKI Denis, Lettres de Drancy, textes réunis et présentés par Antoine Sabbagh, Paris, Taillandier, 2002, 287 p.
  • RAJSFUS (Maurice), Drancy : un camp de concentration très ordinaire, 1941-1944, Paris, J’ai lu, 2004, 411 p.
  • BETSCH William, Drancy ou le travail d’oubli, Thames & Hudson, 2010, 235 p.[1]

Enregistrement vidéo[modifier | modifier le code]

  • DVD - Témoignage devant des élèves : Une petite fille privilégiée
  • FILM - Interview de Francine Christophe dans le fim Human (2015) de Yann Arthus-Bertrand à propos de l'épisode du morceau de chocolat.
  • DOCUMENTAIRE - "39-45 : La guerre des enfants" (2017) de Michèle Durren et Julien Johan diffusé sur France 3 le 9 mai 2018
  • BLOG - Témoignages par le Grenier de Sarah [2]
  • DVD - Enfants juifs de prisonniers de guerre, enfants-témoins déportés de France au Camp de l’Étoile à Bergen-Belsen, les 2, 3 mai, 21 et 23 juillet 1944[3].
  • SITE INTERNET - Témoignage de Francine Christophe pour Libération du 26 août 2009, sur le camp de Drancy [4]
  • SITE INTERNET - Epelbaum Didier, Obéir. Les déshonneurs du capitaine Vieux, Drancy, 1941-1944, Stock, 2009. Un article de Georges Weller[5]

Décoration[modifier | modifier le code]

  • Médaille de la Ville de Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah », sur cercleshoah.org, (consulté le 3 octobre 2018)
  2. « Francine »
  3. « Les enfants juifs de prisonniers de guerre déportés à Bergen-Belsen en 1944 », sur cercleshoah.org, (consulté le 3 octobre 2018)
  4. «Pour moi, Drancy évoquera toujours un camp», sur Libération.fr (consulté le 3 octobre 2018)
  5. « Francine », sur Humanité