Rafle du 26 août 1942

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La rafle du 26 août 1942 survenue six semaines après la rafle du Vélodrome d'Hiver est une vaste rafle organisée en zone libre, à l'initiative des autorités de Vichy après négociations avec les Allemands. 6 584 Juifs étrangers ou apatrides sont arrêtés ce jour-là, puis transférés dans les semaines qui suivent vers le camp de Drancy, d’où ils seront déportés vers Auschwitz et, pour la plupart, immédiatement assassinés. Souvent passée sous silence, cette rafle est pourtant importante du fait de la responsabilité exclusive de la France quant à son exécution, au contraire de la rafle du Vel' d'Hiv[1],[2], et du fait du rôle qu'elle va jouer dans la prise de conscience d'une partie de la population sur la réalité des déportations[3], le régime de Vichy ne pouvant plus en dissimuler l'extension[4].

Contexte[modifier | modifier le code]

L’année 1942 constitue une année charnière dans la mise en œuvre du génocide des Juifs par le Troisième Reich[5],[6]. Alors que la destruction des Juifs d'Europe orientale est en cours depuis 1939 par divers moyens, dont l'action des Einsatzgruppen dès l'automne 1939 à partir de la campagne de Pologne, elle s'intensifie avec le début de l'invasion de l'Union soviétique en , avec les tueries de masse perpétrées par ces unités qui suivent l'Armée allemande dans sa progression[7].

À l’automne 1941, les dirigeants nazis étendent progressivement à toute l'Europe leur programme d’assassinat massif des populations juives[6]. La décision de procéder à l’extermination des Juifs d’Europe par des méthodes pseudo-industrielles, prise au plus haut niveau au cours du second semestre 1941, est mise en œuvre et généralisée en 1942, au moment[a] de la conférence de Wannsee[8]. Cette conférence, tenue dans la banlieue de Berlin le , est organisée et dirigée par Reinhard Heydrich, le directeur du RSHA, l'Office central de sécurité du Reich[8],[6] : Heydrich a été spécialement mandaté à cet effet par Hermann Göring[9],[10]. L’autorité de Heydrich s’étend alors à la quasi-totalité du dispositif génocidaire : de la poursuite des opérations de tuerie par balles à l'Est, des rafles au convoyage des déportés aux portes des camps d'extermination[11],[b].

Préparation[modifier | modifier le code]

En France, les rafles de l’été 1942 en zone sud sont le résultat d’une négociation qui a lieu les et au siège de la SS en France (au 72, avenue Foch) entre le SS-Brigadeführer[c] Carl Oberg, chef supérieur de la SS pour la France[d] depuis le printemps et René Bousquet, secrétaire général à la Police du gouvernement de Vichy[12],[13]. L'accord signé le est censé protéger les Juifs de nationalité française se trouvant en zone libre en échange de la livraison aux autorités allemandes[12],[13] de 10 000 Juifs étrangers de zone libre et de 30 000 Juifs de la région parisienne, au lieu de s’engager dans la déportation des quelque 100 000 Juifs initialement demandés par l’Allemagne[14],[2].

Alors que Theodor Dannecker, représentant d'Adolf Eichmann à Paris, insiste pour que 11 000 Juifs de la zone libre leur soient livrés, Bousquet assure à Helmut Knochen, chef du SD en France, que les 3 000 premiers Juifs de la zone libre seront entre leurs mains avant le [15],[16].

Le , Henri Cado, conseiller d’État et adjoint de Bousquet au secrétariat général de la Police, envoie une circulaire aux préfets régionaux de la zone libre. Cette circulaire fixe les bases de l'organisation des déportations en 1942[17].

Les groupes visés sont les « Israélites allemands, autrichiens, tchécoslovaques, polonais, estoniens, lithuaniens, lettons, dantzicois, sarrois, soviétiques et réfugiés russes entrés en France postérieurement au  »[18], qu’ils soient « incorporés Groupe S.T.F., hébergés en centres du Service social Étrangers, en centres appartenant à des comités privés ou à l’U.G.I.F., placés en centres de regroupement des israélites en application des circulaires des et ou en résidence libre »[17].

Ces rafles concernent tous les Juifs étrangers (Allemands, Autrichiens, Polonais, Tchèques, Estoniens, Lettons, Dantzigois, Sarrois, Russes) entrés en France depuis le  ; parmi les exemptés figurent les anciens combattants et les femmes enceintes[18].

Tous doivent être déportés en zone occupée avant le , à l’exception de onze catégories de personnes protégées, notamment les plus de 60 ans, les mineurs de moins de 18 ans non accompagnés, les anciens combattants[18] des armées alliées et leurs descendants, ceux ayant un conjoint ou un enfant français, ceux ayant un conjoint n'appartenant pas aux nationalités énumérées plus haut, ceux qui sont intransportables, les femmes enceintes[18], les père ou mère ayant un enfant de moins de 5 ans, « ceux qui semblent ne pouvoir quitter un emploi sans préjudice grave pour l'économie nationale, ceux qui se sont signalés par leurs travaux artistiques, littéraires ou scientifiques et enfin ceux qui à un autre titre ont rendu des services signalés à notre pays »[17].

Le , les services du secrétaire général à la Police informent les préfets de la date de la rafle et imposent le secret absolu. René Bousquet, craignant probablement un nombre d’arrestations insuffisant, supprime alors cinq des onze exemptions énumérées dans la première note du [19]. Désormais, seuls les personnes de plus de 60 ans, les femmes enceintes, les parents d’enfants de moins de 2 ans, ceux dont un conjoint est français et les intransportables, sont exemptés[19],[20].

Sur instruction de Laval, le , Bousquet accélère la déportation de ces Juifs en ordonnant aux préfets de régions de prendre personnellement la direction de ces opérations afin de « briser les résistances de punir les indiscrétions et la passivité »[18].

Malgré le secret, des travailleurs sociaux de l'Union générale des israélites de France (UGIF), informés des mesures en préparation et admis dans les camps d'internement de la zone libre en secours aux familles, commencent à retirer les enfants, afin qu'ils soient exemptés[21].

Au moment du déclenchement de la rafle, quelque 3 500 Juifs tirés des camps de zone sud ont en outre déjà été envoyés vers les camps de transit de la zone occupée au cours du mois d’[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

La rafle débute le à l'aube, dans toute la zone sud[18]. Les forces de police et de gendarmerie, les gardes mobiles, les militaires et même les pompiers sont mobilisés[18]. On utilise les fiches de recensement des Juifs établies du temps du gouvernement Darlan[18]. Les Juifs sont ramassés dans les camps d'internement, les bataillons de travail, les résidences surveillées, les pensionnats catholiques et protestants, et on procède à des traques en forêt[18].

À la mi-journée, le nombre d’arrestations ne dépassant pas 3 500 personnes, chiffre très inférieur aux prévisions, il est rappelé aux préfets par les services de Bousquet que, si leurs parents sont livrables aux Allemands, on doit procéder à la déportation des enfants de 2 à 16 ans[20].

Des camions et des bus loués à des entreprises privées effectuent le transport des déportés des lieux de regroupement aux camps d’internement, puis jusqu’aux gares[20]. À Nice par exemple, c'est l'entreprise de Joseph Darnand, alors commandant national du Service d'ordre légionnaire (SOL) et membre de la LVF, qui fournit à la police les moyens de transport des Juifs lors de la rafle du [20]. Darnand sera par la suite chef de la Milice, puis secrétaire général au maintien de l’ordre de Vichy.

Les régions organisent des « centres de criblage » pour regrouper les prisonniers et examiner leurs éventuelles exemptions[20]. Ainsi, les personnes raflées en zone libre dans les départements dépendants de la région de Lyon (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Jura, Loire, Rhône, Savoie et Haute-Savoie, Saône-et-Loire), soit 1 016 personnes, sont regroupées au camp de Vénissieux, où ils transiteront[20]. Ceux qui ne relèvent pas d’un cas d’exemption sont transférés au camp de transit de Drancy, le [20].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Au , le nombre des arrestations s'élève à 6 584[20]. L’action engagée n’a donc pas atteint son objectif de 10 000 déportations. Selon Raul Hilberg, à la date du , le nombre d'arrestations se monte à 7 100, dont 5 000 personnes livrées aux Allemands[4]. Selon François et Renée Bédarida, entre 7 000[22] et 10 500 Juifs étrangers[23] et apatrides sont arrêtés au cours des rafles des 26 au [22] et de l'automne 1942[23],[24].

Pour différentes raisons (voir ci-après), à partir de 1943, il n'y a plus beaucoup d'arrestations du fait des autorités françaises [25].

Résistance et limites de l’opération[modifier | modifier le code]

Fuite ou dissimulation des Juifs en zone libre[modifier | modifier le code]

La poursuite des rafles aurait pu augmenter le nombre des déportés, mais - comme Bousquet le signale aux autorités allemandes - de nombreux Juifs, mis au courant, ont fui vers la Suisse[20]. Bon nombre de ceux qui ont pu échapper à la rafle, outre la Suisse, se dirigent vers l'Espagne et l'Italie[4].

Le pasteur Charles l’Éplattenier, membre de la Cimade et témoin impuissant de la rafle, estime que de nombreux policiers eurent le courage de prévenir ceux qu’ils devaient arrêter, si bien que près de la moitié des personnes visées échappèrent à l’arrestation[26].

Récupération des exemptés dans les centre de criblage[modifier | modifier le code]

À Vénissieux, entre le et le , les dossiers des 1 016 personnes arrêtées dans la grande région de Lyon passent devant la « commission de criblage », qui est assistée de plusieurs représentants de l’Œuvre de secours aux enfants (OSE)[27], « de l’abbé Alexandre Glasberg (1902-1981) fondateur des « Amitiés chrétiennes », et de Gilbert Lesage, chef du Service social des étrangers à Vichy[20] ». Ils parviennent à faire libérer plus de 108 enfants et une centaine d’adultes[28],[29]. L'intervention de l'entourage du cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, avec sa complicité bienveillante malgré les pressions du préfet Angeli, n'est pas étrangère à ces sauvetages[30].

Dans l’Allier, 68 personnes sont internées au camp des Textiles à Prémilhat. Vingt-et-une personnes absentes ou exemptées ont échappé à l’arrestation ; en revanche, cinq autres qui avaient franchi clandestinement la ligne de démarcation ont été rajoutées à la liste par le commissaire des RG de Vichy[31]. Au total, à Montluçon, la commission de criblage examine les dossiers de 168 personnes internées, dont 26 relevaient d’un cas d’exemption et avaient néanmoins été arrêtées ; mais la commission n’accepta d’en libérer que 16[32].

Dans la grande région Limousin, 446 Juifs, dont 68 enfants, sont rassemblés au camp de Nexon ; pendant la nuit du , ils sont acheminés vers Drancy, dans deux convois au départ de la gare de Nexon[33]. Parmi eux, 91 personnes, dont une quinzaine d'enfants, ont été arrêtées en Creuse. Elles sont regroupées à Bonnat, Châtelus-Malvaleix, Dun, Guéret et La Souterraine, puis internées à Boussac[34]. À Guéret, le car de l'entreprise Marquet a été réquisitionné pour leur transport[34]. Le préfet fait alors relâcher deux familles, dont quatre enfants, car les pères, d'origine allemande, s'étaient engagés en dans l'Armée française[34]. De Boussac, les internés sont acheminés au camp de Nexon, puis à Drancy à destination d'Auschwitz, d'où ils partent dans le convoi no 26 du [34]. Le , 20 enfants sont encore arrêtés dans les maisons de l'OSE du Masgelier et de Chabannes[35] puis conduits à la gare de La Souterraine, d'où un train les emmène au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)[34],[35].

Changement de politique du gouvernement Laval[modifier | modifier le code]

Malgré la prévalence de la propagande et des propos antisémites, le passage à l’acte qui consiste à arrêter concrètement des familles et des enfants provoque un profond malaise au sein des forces de police et de gendarmerie. Dans les gares, des témoins (voyageurs, secouristes) assistant aux séparations de familles sont scandalisés et bouleversés ; des membres des Young Men's Christian Association (YMCA) venus porter secours témoignent de l'inhumanité de la situation des déportés ; certains préfets s'émeuvent et en font état dans leurs rapports[36]. Le commandant de la région militaire de Lyon, le général Robert de Saint Vincent, est immédiatement révoqué après avoir refusé que les militaires sous ses ordres soient utilisés à la déportation des Juifs[36].

Après la lettre pastorale du , de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse[37],[38],[39] et celle de Mgr Théas, évêque de Montauban du [39], l’église catholique, notamment par la voix du cardinal Gerlier[39],[40], archevêque de Lyon et primat des Gaules[39], fait savoir au maréchal Pétain et à Laval, chef du gouvernement, qu’elle ne peut accepter cette collaboration active de la France avec le plan de déportation allemand[41].

La communauté protestante, quant à elle, prenant part au sauvetage des Juifs, proteste auprès de Laval, par la voix du pasteur Boegner, chef des protestants de France, en particulier sur sa décision d’inclure dans les convois les enfants de moins de 16 ans[42] (initialement non demandée des Allemands). Laval refuse : « pas un seul de ces enfants ne doit rester en France »[42]. Le pasteur Boegner rapportera plus tard : « Que pouvais-je obtenir d’un homme à qui les Allemands avaient fait croire — ou qui faisait semblant de croire — que les Juifs emmenés de France allaient en Pologne du Sud pour y cultiver les terres de l’État juif que l’Allemagne affirmait vouloir constituer. Je lui parlais de massacre, il me répondait jardinage »[43]. À ce même entretien du , Laval déclarait ne pas pouvoir « faire autrement » et faire « de la prophylaxie », selon ce qu'en rapporte Boegner, qui ajoute quant à lui que « pour sauver les Juifs français, il fallait sauver les Juifs étrangers »[42]. Le , dans un télégramme aux ambassades françaises à travers le monde, Laval reprend une rhétorique antisémite pour justifier les récentes déportations : « Le seul moyen de conjurer le péril juif était le rapatriement de ces individus dans l'Est de l'Europe, leur pays d'origine[44]. »

On peut penser que la rafle du joue un grand rôle dans cette prise de conscience, car elle touche concrètement chacun des 45 départements de la zone sud[45].

En conséquence, Laval annonce aux Allemands qu’il ne faut plus lui demander ce type de mesure[46]. Carl Oberg accepte ces explications et, malgré le vif désaccord de certains Allemands, Himmler les accepte également, car il a encore bien d’autres choses à demander à la France de Vichy. À part la rafle au port de Marseille en janvier 1943, qui est d'ailleurs une brutale opération de maintien de l'ordre et d'intimidation de la population et non une opération à visée antisémite[47], il n’y aura plus d’autres rafles avec l’appui du gouvernement et des forces de police, et les nombres de personnes déportées se réduisent en conséquence fortement après 1942, les Allemands étant dès lors obligés de recourir à leurs propres forces[2].

La rafle du 26 août 1942 dans l’histoire[modifier | modifier le code]

Oubli collectif[modifier | modifier le code]

La rafle effectuée en zone libre sans l’intervention des Allemands a été éclipsée dans la mémoire nationale par la fameuse et terrible rafle du Vélodrome d'Hiver (plus de 13 000 personnes dont un tiers d’enfants arrêtées à Paris entre les 16 et ).

Or, cette rafle de zone sud est entièrement de réalisation française, contrairement à la rafle du rafle du Vél’d’Hiv, puisqu’en « zone nord ce sont les représentants parisiens d’Eichmann qui ont pris l’initiative de déporter des enfants[1]. » Cependant, dans les préparatifs de la rafle du Vel'd'Hiv', les Allemands n'avaient pas prévu de déporter les enfants de moins de 16 ans[48],[49]. Laval ayant insisté pour que les enfants ne soient pas séparés de leurs parents[49] « dans une intention d'humanité », les familles avec enfants sont regroupés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, et l'autorisation allemande de les déporter arrive le [48].

Pour l’historien Alain Michel, cette opération du est dans la continuité de la « volonté xénophobe déjà ancienne de « faire partir » les Juifs étrangers de zone sud et [du] désir de protéger les Juifs citoyens français », et elle « reste la principale tache morale de l’administration vichyste et, partant, de la France éternelle. Mais une France qui semble trop souvent touchée par l’amnésie[1] ».

Évocation à l’occasion de son 70e anniversaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs publications ont évoqué cette rafle en 2012 lors de son 70e anniversaire. Ainsi, dans une lettre ouverte au président de la République qui fait suite à la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vél’d’Hiv, le pasteur Charles l’Éplattenier, lui-même à l’époque membre de la Cimade et témoin direct de la rafle d’, « s’étonne que semble tombée dans l’oubli la rafle similaire [à celle du Vél’d’Hiv] qui eut lieu dans la zone dite « non occupée », le de la même année. […] Comme à Paris, l’opération fut réalisée par la police française. Heureusement, sauvant l’honneur, des policiers eurent le courage de prévenir ceux qu’ils devaient arrêter […]. J’ai constaté avec regret que, dans la plupart des rappels chronologiques des événements marquants de la période, on omet la mention de cette rafle pourtant aussi honteuse que celle du Vél’d’Hiv. […] je me permets d’adresser cette lettre ouverte à la presse. Les rédactions auront le temps de consulter des historiens sérieux de la période pour confirmer mes dires. Elles auront alors la responsabilité d’évoquer d’une manière ou d’une autre la date du , faisant œuvre salutaire de mémoire. »[32]

Des commémorations locales ont eu lieu lors du 70e anniversaire de la rafle, par exemple à la gare de Nexon, où se trouve un petit monument commémoratif[50], ou à Grenoble, où une plaque commémorative a été inaugurée en 2016, à l'emplacement de la caserne Bizanet[51].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le premier camp d’extermination, Chełmno, commence à fonctionner en .
  2. La construction des camps de concentration ou d’extermination, dont le coût était limité sachant la précarité des bâtiments et leur confort minimal, relevait des compétences du WVHA Wirtschafts- und Verwaltungs-Hauptamt, « l'Office central d'économie et d’administration » de la SS) rattaché à Oswald Pohl, la gestion des camps de concentration également car le travail forcé avait une incidence économique. Le personnel de surveillance, les SS-Totenkopfverbände puis les SS-Wachverbände, était formellement rattaché à Hans Jüttner (de), le directeur du SS-Führungshauptamt (le bureau central de la SS), qui supervisait l'essentiel des unités non policières de la SS ; mais les ordres opérationnels pouvaient provenir des HSSPF (les chefs territoriaux de la SS, qui prenaient leurs ordres auprès de Himmler).
  3. Équivalent en France de général de brigade, mais il s'agit ici d’un grade dans la police, son titre complet étant SS-Brigadeführer und Generalmajor der Polizei.
  4. Ainsi, Oberg commande notamment la police allemande — la SiPo : donc la KriPo et la Gestapo — et les services de renseignement allemands : le SD.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Alain Michel, « 26 août 1942, la rafle oubliée ? », billet de blog dans Le Monde online, 21 août 2012, consulté le 11 janvier 2017.
  2. a, b et c Jacques Sémelin, Persécutions et entraides dans la France occupée : comment 75 % des juifs de France ont échappé à la mort, Paris, Seuil Arènes, , 900 p. (ISBN 978-2-352-04235-8, OCLC 836883600), p. 838-843.
  3. Kupferman 2006, p. 417-424.
  4. a, b et c Hilberg 2006, p. 1186.
  5. Kupferman 2006, p. 398-401.
  6. a, b et c « 1942, des rafles à la déportation » [PDF], document co-édité par le mémorial de la Shoah et le ministère des Anciens Combattants.
  7. Hilberg 2006, p. 489 et suiv.
  8. a et b Hilberg 2006, p. 728-734.
  9. Browning 2007, p. 337.
  10. Hilberg 2006, p. 725.
  11. Hilberg 2006, p. 725-726, 731.
  12. a et b Cointet 1993, p. 398-400, 425.
  13. a et b Kupferman 2006, p. 401, 404-406.
  14. Selon Serge Klarsfeld, cité par le Bulletin des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation en Allier, consulté le 11 janvier 2017.
  15. Kupferman 2006, p. 375-376.
  16. Vichy France and the Jews, p. 257.
  17. a, b et c Note du , archivée cote 277 W 115, aux archives départementales du Puy-de-Dôme, citée par le Bulletin des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation en Allier, consulté le 11 janvier 2017.
  18. a, b, c, d, e, f, g, h et i Kupferman 2006, p. 418.
  19. a et b Hilberg 2006, p. 1184-1186.
  20. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Détails donnés par le site Jewish Traces, « Les rafles du 26 août 1942, rafles oubliées », article publié le 26 août 2012, consulté le 11 janvier 2017.
  21. Hilberg 2006, p. 1183, 1185.
  22. a et b François et Renée Bédarida, « La persécution des Juifs », dans Jean Pierre Azéma (dir.) (T. 1 : De la défaite à Vichy. -- T. 2 : De l'occupation à la libération), La France des années noires, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », (ISBN 978-2-020-10392-3, OCLC 470448941), p. 147.
  23. a et b Paxton 1997, p. 348.
  24. Guy Bousquet, son fils, dans son livre Rene Bousquet cet inconnu y aborde les questions relatives à la déportation des Juifs de France pendant la période d' à (p. 285 à 496).
  25. Kupferman 2006, p. 485.
  26. Il cite de mémoire le chiffre un peu optimiste de seulement 3 000 à 4 000 Juifs arrêtés sur les 10 000 visés par l’opération. Charles L’Eplattenier, « Monsieur le Président, n’oubliez pas la rafle du 26 août 1942 », tribune parue dans Libération, 22 août 2012, consultée le 11 janvier 2017.
  27. « [Le] docteur Joseph Weill, dirigeant de l’organisation d’entraide et d’assistance juives de l’OSE, Georges Garel, ingénieur français d’origine lituanienne, créateur et organisateur du « circuit Garel », réseau de sauvetage des enfants de l’OSE. qui porte son nom, Hélène Lévy, infirmière en chef de l’OSE, l’avocat Charles Lederman, administrateur de l’OSE et beau-frère de Garel », cité dans Jewish Traces, « Les rafles du 26 août 1942, rafles oubliées », article publié le 26 août 2012, consulté le 11 janvier 2017.
  28. Joseph Weill, Le Combat d’un juste, Éditions Cheminements, octobre 2002, p. 173-181, cité dans « La France des camps », sur le site du service éducatif des archives départementales de l'Ardèche, consulté le 12 janvier 2017.
  29. Gérard Gobitz, Les Déportations de réfugiés de zone libre en 1942, p. 111, cité dans « La France des camps », sur le site du service éducatif des archives départementales de l'Ardèche, consulté le 12 janvier 2017.
  30. Kupferman 2006, p. 420-421.
  31. Bulletin des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation en Allier, consulté le 11 janvier 2017.
  32. a et b Charles L’Eplattenier, « Monsieur le Président, n’oubliez pas la rafle du 26 août 1942 », tribune parue dans Libération, 22 août 2012, consultée le 11 janvier 2017.
  33. « Internement camp de Nexon (Haute-Vienne) 1940-1945 », site Résistance française, consulté le 12 janvier 2017.
  34. a, b, c, d et e « La rafle du 26 août 1942 », site Chemins de mémoire, consulté le 11 janvier 2017.
  35. a et b Trajan Sandu, « Les Juifs de la Creuse à leur tour pourchassés », sur francetv.fr, France Télévisions, 14 janvier 2015, mis à jour le 21 avril 2015 (consulté le 24 octobre 2017), extrait de « 1942 : l'été de l'infamie nationale », Historia, no 666, juin 2002.
  36. a et b Kupferman 2006, p. 418-419.
  37. Kupferman 2006, p. 421.
  38. Hilberg 2006, p. 1187.
  39. a, b, c et d Marc Ferro, Pétain, Paris, Fayard, (réimpr. 2008), 789 p. (ISBN 978-2-213-01833-1), p. 414-415.
  40. Kupferman 2006, p. 423.
  41. Ces propos, rapportés par Pierre Laval lui-même, sont minutés dans le compte-rendu d’entretien entre Pierre Laval et Carl Oberg de . Cité par Jacques Semelin, Persécutions et entraides dans la France occupée, op. cit..
  42. a, b et c Kupferman 2006, p. 421-423.
  43. Marc Boegner, « Les églises protestantes pendant la guerre et l'occupation », dans Actes de l'Assemblée générale du protestantisme français, 1945, Paris, 1946, p. 32-35.
  44. Serge Klarsfeld, « Les autorités d'occupation, Vichy et la déportation des Juifs », dans Qu'est-ce qu'un déporté ?, sous la dir. de Tal Bruttmann, Laurent Joly et Annette Wieviorka, CNRS éditions, 2009, p. 75.
  45. Sur un total de 90 départements métropolitains, l'Armée allemande en occupait entièrement 45 et partiellement 13 ; 32 départements n'étaient pas occupés.
  46. Cointet 1993, p. 425-426.
  47. Opération menée à la demande expresse de Himmler à la suite d'attentats anti-allemands. Après l'arrestation de 6 000 personnes, 1 642 furent déportées, dont 782 Juifs, le reste fut relâché : « Janvier 1943, les rafles de Marseille », sur jewishtraces.org, (consulté le 3 mars 2016).
  48. a et b Cointet 1993, p. 400-401.
  49. a et b Kupferman 2006, p. 406-407.
  50. Michaël Caillet, « La rafle de Nexon… c'était il y a 70 ans », L'Écho du Centre, 30 août 2012, article consultable sur le site des « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation » (AFMD) : « 2012 Gare de Nexon : cérémonie commémorative de la rafle du 28 août 1942 », consulté le 12 janvier 2017.
  51. « Commémoration de la rafle de la Caserne Bizanet le 26 août 1942 », sur le site du CRIF Grenoble-Dauphiné, consulté le 12 janvier 2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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