Georges Snyders

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Georges Snyders
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Georges Snyders (né à Paris le 28 avril 1917, mort à Paris le 27 septembre 2011) était un philosophe, chercheur en "Sciences de l'éducation".

Auteur de nombreux travaux en pédagogie, le fil conducteur de son œuvre peut tenir en une phrase qui fait le titre du dernier ouvrage qu'il a publié : j'ai voulu qu'apprendre soit une joie. Cet engagement ontologique allait de pair avec une pensée politique qui l'a amené, dès la Libération et non sans débats au regard de l'Histoire, au communisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris, fils d'un petit représentant de commerce[1], Georges Snyders, "horriblement bon élève" dit-il de lui, entre à l'École normale supérieure (ENS) en 1937. De sensibilité de gauche mais sans engagement, la guerre fait de lui un aspirant dans l'artillerie. Débâcle militaire, Résistance, arrestation en 1944 à Lyon, internement à la prison Montluc, puis au camp de Drancy[2], déportation au camp d'Auschwitz.

Après Auschwitz[modifier | modifier le code]

La survie à l'univers concentrationnaire, survie aléatoire, et traumatisante, la difficulté à transmettre ce qu'il pense indicible, engendrent pour lui comme pour la plupart des survivants à la déportation un enfouissement dans la mémoire individuelle et un engagement politique[3] Le cortège dramatique des "brûlures de l'histoire"[4] le fait adhérer au Parti communiste français[5]. Georges Snyders, toutefois n'a pas participé en tant qu'"intellectuel communiste", à la revue La Nouvelle critique à laquelle nombre de ses pairs ont contribué entre 1948 et 1980[6]. Son terrain fut essentiellement professionnel. Ayant repris les études en 1946, agrégé de philosophie, enseignant à l'Univerté (Nancy, puis Paris V), il se spécialise dans les sciences de l'éducation.
La mémoire concentrationnaire, quant à elle, ressurgit de la chappe de silence où il la tenait. Face aux interrogations de ses proches, il accorde un entretien au journal Le Monde (daté des 22-23 janvier 1995) à l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération d'Auschwitz et il livre en 1996, un entretien publié dans L'Humanité[7] où le dialogue avec son fils permet de mesurer le traumatisme que cette mémoire absente pouvait avoir engendrés[8].

Le pédagogue et le chercheur[modifier | modifier le code]

Il devient une référence dans le domaine des Sciences de l'éducation, traçant un sillon que nul autre que lui ne peut mieux définir[9] :

  • "Mon" école doit viser la joie des élèves pendant qu'ils y sont. Ce que je nomme la joie culturelle scolaire.
  • (Il y a) "deux cultures". La culture élaborée, celle des grandes découvertes scientifiques, des grandes œuvres artistiques et littéraires. Et il y a ce que j'appelle une culture première. Celle que les jeunes acquièrent par leur vie aujourd'hui.
  • Or l'école traditionnelle ne valorise que la culture élaborée et veut ignorer la culture première. Certains mouvements pédagogiques, par ailleurs importants, risquent l'erreur inverse.
  • Ce qui me semble être la grande affaire de l'école, c'est d'aider les jeunes à franchir le pont qui sépare l'une et l'autre culture. C'est la capacité de la culture de masse à aller vers la culture élaborée.
  • C'est aller vers la joie culturelle scolaire. Or l'idée reçue c'est qu'il est normal que la joie commence quand on quitte l'école. La joie à l'école doit naître de la culture élaborée (qui) éclaire et enrichit la culture première (...)
  • La joie scolaire c'est la découverte du refus de la fatalité.

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Œuvres de Georges Snyders[modifier | modifier le code]

  • J'ai voulu qu'apprendre soit une joie, éditions Sylepse, 2008 (ISBN 9782849501740).
  • Pères d'hier, pères d'aujourd'hui (avec des textes de Boris Cyrulnick, Georges et Jean-Claude Snyders, François Dubet), Nathan, 2007
  • Toujours à gauche, éditions Matrice, 2005.
  • Deux pensées qui contribuent à me maintenir communiste : Bertold Brecht, Antonio Gramsci ; suivi d'un dialogue avec Jacques Ardoino, éditions Matrice, 2004.
  • De la culture des chefs-d'œuvre et des hommes, à l'école, éditions Matrice, 2002
  • L'école comme vie, la vie en tant qu' "école", éditions Matrice, 2001
  • La musique comme joie à l'école, L'Harmattan, 1999.
  • Marx au regard de Jaurès, éditions Matrice, 1998.
  • Y a-t-il une vie après l'école ?, éditions ESF, 1996.
  • Heureux à l'université, Nathan Pédagogie, 1994.
  • Des élèves heureux..., éditions EAP, 1991 (réed. augmentée, L'Harmattan, 1999).
  • L'école peut-elle enseigner les joies de la musique ?, éditions EAP, 1989
  • La joie à l'école, PUF, 1986.
  • Il n'est pas facile d'aimer ses enfants, PUF, 1980. (Réed. 1982)
  • École, classe et lutte des classes, PUF, 1976.
  • Où vont les pédagogies non-directives ?, PUF, 1973. (Réed. PUF, 1974, 1975, 1985)
  • Pédagogie progressiste, PUF, 1971. (Réed. 1973, 1975)
  • Le goût musical en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, J. Vrin, 1968.
  • La Pédagogie en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, PUF, 1965.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles sur, de ou avec Georges Snyders, parus dans le journal L'Humanité :

  • 29 juin 1981 : Georges Snyders, savant en éducation, Arnaud Spire.
  • 6 novembre 1986 : Le gai savoir, par Georges Snyders.
  • 20 novembre 1996 : Snyders père et fils, le malentendu d'Auschwitz, interview réalisé par le journaliste Jean-Paul Monferran. Voir Jean-Claude Snyders.
  • 11 avril 1998 : Georges Snyders, Marx revisité par Jaurès, compte-rendu de lecture de l'ouvrage Marx au regard de Jaurès, réalisé par Jean-Paul Monferran.
  • 1er avril 2005 : Éloge du communisme revisité, note de lecture sur l'ouvrage Toujours à gauche, réalisée par Pierre Boutan, spécialiste en sciences du langage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Humanité, rubrique "L'invité de l'Humanité", Georges Snyders savant en éducation, article de Arnaud Spire, 29 juin 1981, (pleine) page 8. L'essentiel des renseignements biographiques sur Georges Snyders provient de cet article, ainsi que de trois autres parus depuis cette date dans le même journal, récapitulés en "Sources".
  2. Notice nécrologique « Georges Snyders, pédagogue de la joie et de l'exigence, est mort à 94 ans », Le Monde.fr, 28 septembre 2011.
  3. Voir en lien externe no 2 ce qu'il dit de son "expérience d'Auschwitz".
  4. Pour reprendre le titre d'une défunte émission télévisuelle historique
  5. Il quitte le PCF après l'écrasement de la Révolution hongroise de 1956 et ne reprend sa carte, qu'en 1973, "après un bonne dizaine de réflexion", selon les termes de A. Spire. D'autres disent 1974. Le 30 avril 2011, il était célébré au siège du Parti communiste français. Cf. L'Humanité du 28 septembre 2011, l'hommage de Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste
  6. Cf. Frédérique Matonti, Intellectuels communistes, éditions La Découverte, Paris, 2005. Une seule occurrence est relevée concernant G. Snyders, sans rapport avec la Revue.
  7. Voir la référence infra, dans la liste des articles publiés par L'Humanité.
  8. Voir Jean-Claude Snyders, écrivain.
  9. Georges Snyders, Le gai savoir, une pédagogie pour réconcilier les "grandes œuvres" avec la vie des jeunes, article paru en page "idées", L'Humanité, 6 novembre 1986.
  10. Cf Le Monde, carnet, septembre 2011, faire-part familial et faire part universitaire

Liens externes[modifier | modifier le code]