Ginette Kolinka

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Ginette Kolinka
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (95 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Ginette CherkaskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Enfant
Autres informations
Distinction

Ginette Kolinka, née Cherkasky, le à Paris, est une survivante du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau et passeuse de mémoire de la Shoah[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Juive athée[2] avec des origines ukrainienne et roumaine[3], Ginette Kolinka passe son enfance à Aubervilliers avec ses parents, ses six sœurs et son frère[4].

La Seconde Guerre mondiale bouleverse sa famille quand son oncle et son beau-frère sont arrêtés en 1941.

En , la famille de Ginette Kolinka fuit son domicile en raison de son arrestation imminente. Ils rejoignent alors la zone libre, non occupée par les Allemands, et trouvent refuge à Avignon (Vaucluse). La dernière adresse des Cherkasky est au 72, rue Joseph-Vernet, à Avignon[5].

Le , à 19 ans, Ginette Kolinka est arrêtée avec son père, Léon Cherkasky, né le , à Paris[6], son petit-frère de 12 ans[2], Gilbert Cherkasky, né le dans le 4e arrondissement de Paris[6] et son neveu, par la Gestapo à la suite d'une dénonciation[7]. D'abord incarcérée à la prison d'Avignon puis à celle des Baumettes, la famille est ensuite internée au camp de Drancy. Un mois plus tard, la famille est déportée par le convoi no 71[8] en direction du camp d'Auschwitz-Birkenau. Dès l'arrivée du train, son père ainsi que son frère sont gazés. Ginette Kolinka, quant à elle, est sélectionnée pour le travail et rejoint le camp des femmes.

On trouve dans le convoi No. 71, Simone Veil, la réalisatrice Marceline Loridan-Ivens et son père Szlama Rosenberg, Léa Feldblum, encadrante à la Maison d'Izieu, le Grand-rabbin Paul Haguenauer et son épouse Noémie, la psychanalyste Anne-Lise Stern, le fils et les nièces du pianiste Lazare-Lévy, le Hazzan Emile Kaçmann, et douze jeunes victimes de la Rafle de la Martellière à Voiron, dont l'âge va de 7 ans à 19 ans.

D' à , Ginette Kolinka connaît un parcours marqué par son passage dans les camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt[9]. Au camp de Bergen-Belsen, elle travaille dans une usine de pièces d'aviation. Elle contracte le typhus durant cette période. En , elle change de camp mais, à son arrivée, le camp est libéré, et elle est donc accueillie par les Alliés et rapatriée à Lyon avant de rejoindre Paris le pour retrouver les membres de sa famille qui ont survécu[10].

Pendant quarante ans, elle tient un étal de bonneterie sur un marché d’Aubervilliers avec son mari. Longtemps, elle ne souhaite pas transmettre son histoire et l'horreur de la Shoah en disant qu'elle ne veut pas ennuyer les gens. Mais peu à peu l'envie de parler lui vient. Au début des années 2000, veuve, elle pousse la porte d’une association d’anciens déportés[11]. Ginette Kolinka devient une ambassadrice de la mémoire qui sillonne la France pour raconter son vécu aux jeunes générations[9]. Elle va d’établissement en établissement scolaire pour parler de la Shoah et sensibiliser les jeunes à cela.

Elle est la mère de Richard Kolinka[12], batteur du groupe de musique Téléphone. Les premières répétitions du groupe Téléphone du 2 au 11 novembre 1976 se dérouleront dans sa cave.[13]

Le 8 mai 2020, Christophe Hondelatte raconte son histoire dans l'émission "Hondelatte raconte". Elle est l'invitée du présentateur.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Elle est élevée au grade de commandeur des Palmes académiques par la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem le [8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ce livre a été écrit par le journaliste et producteur Philippe Dana, d'après le témoignage de Ginette Kolinka[12],[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. et du Genocide des Juifs européens. « Mende : rencontre émouvante avec Ginette Kolinka, rescapée d'Auschwitz », sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/, (consulté le 14 janvier 2017)
  2. a et b « Ginette Kolinka : Je me faisais la plus petite possible, tellement j'avais peur », sur https://www.francetvinfo.fr/, (consulté le 14 janvier 2017)
  3. « Une soirée avec Ginette Kolinka », sur https://ladepeche.fr,
  4. « Ginette Kolinka, née Cherkasky », sur http://www.cercleshoah.org/, (consulté le 14 janvier 2017)
  5. Voir, Klarsfeld, 20121.
  6. a et b Voir, Klarsfeld, 2012.
  7. « Ginette Kolinka a raconté ses années dans les camps de concentration », sur Le Télégramme, (consulté le 28 février 2020).
  8. a et b « Décoration de Ginette Kolinka, une femme exceptionnelle – Discours de Najat Vallaud-Belkacem », sur http://www.najat-vallaud-belkacem.com/, (consulté le 14 janvier 2017)
  9. a et b « Rescapée d'Auschwitz. Grande leçon d'histoire », Le Telegramme,‎ (lire en ligne, consulté le 21 janvier 2018)
  10. « Ginette Kolinka Présentation », sur http://rescapesdelashoah.org/ (consulté le 14 janvier 2017)
  11. Philippe Ridet, « Un apéro avec Ginette Kolinka : Pour me voir avec la larme aux yeux, il faut beaucoup », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. a et b « “Ginette Kolinka, une famille française dans l'Histoire” : journal d'une rescapée », sur http://culturebox.francetvinfo.fr/, (consulté le 14 janvier 2017)
  13. Daniel Ichbiah, Jean-Louis Aubert de Téléphone à aujourd'hui, City Edition, , 304 p. (ISBN 978-2-8246-4952-8, lire en ligne)
  14. « Ginette Kolinka - Une famille française dans l’Histoire », sur http://www.editionskero.com/, (consulté le 14 janvier 2017)
  15. Célia Héron, « Ginette Kolinka: «Il ne faut pas retourner à Birkenau au printemps» », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]