Éric Allatini

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Éric Allatini
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
AuschwitzVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Parentèle
Darius Milhaud (cousin germain)
Paul Dassault (cousin germain)
Marcel Dassault (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata

Éric Allatini, né le à Salonique (Grèce) et mort en 1943 à Auschwitz (Pologne), est un homme de lettres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-neveu de Moïse Allatini, Éric Allatini vit à Salonique jusqu'à l'âge de 12 ans[1]. La famille émigre alors en France et Éric est lycéen à Marseille. Il joue du violon et fréquente son cousin Darius Milhaud[2] qui vit à Aix-en-Provence[3]. À vingt ans, Éric écrit un opéra, Les Saintes-Marie-de-la-Mer que Darius met en musique en 1911[4].

Éric Allatini participe à la Première Guerre mondiale. Dans Savoia ǃ La guerre des cimes (publié en 1917), il raconte les trois premières années du conflit. Il s'engage dans l'armée italienne. Il est envoyé à Pérouse dans la brigade garibaldienne. Il devrait partir sur le front mais il est retenu pour former les nouvelles recrues. Il est nommé officier et finalement part dans les Dolomites avec la 82e brigade. Victime d'un accident, il est transporté à l'arrière.

Il écrit : « Tout dans la tranchée, par la preuve hélas ! palpable, que l'ennemi peut détruire et tuer sur le plan physique seulement, mais que l'âme et la pensée sont invulnérables, impérissables[5] ».

En 1916, il bénéficie d'une permission et se rend à Paris où il se marie, le , avec Hélène Kann[6], passionnée d'art et de littérature. Ils auront quatre enfants, trois filles (Titiana, Jocelyne et Donatella) et un fils (Ariel).

Après la guerre, Hélène et Éric Allatini commandent à l'architecte Robert Mallet-Stevens une vaste habitation de quatre étages, comportant une salle de projection cinématographique[7]. Cette maison[8], élevée aux 3-5 rue Mallet-Stevens[9], devient lieu de rencontres d'artistes et écrivains dont Anatole France et Luigi Pirandello. Éric Allatini est passionné de cinéma. Il soutient financièrement le film de Marcel L'Herbier, Le vertige (1926) et en est l'administrateur[10]. Il est rédacteur, pour le cinéma et la musique, de la revue Cahiers d'art. En matière musicale, il adapte et chorégraphie des reprises de ballets de Serge de Diaghilev par les Ballets de Monte Carlo[11] en collaboration avec Michel Fokine et René Blum.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Hélène et Éric Allatini accueillent dans leur maison et aident clandestinement des réfugiés. Ils y sont arrêtés le par la Gestapo française. Après quelques mois d'emprisonnement en France, ils sont transférés, dans les premiers mois de 1943, à Drancy puis à Auschwitz par le convoi n° 63 le [12].

Les enfants Donatella et Titiana doivent leur vie sauve grâce à Jeanne Talon. Ariel, 20 ans en 1941, rejoint le maquis[12].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle, un petit cousin, Alain de Vaucresson, décrit la vie des Allatini à partir des souvenirs de Titiana.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Sur talons rouges, 1929, avec 12 planches couleurs de Gerda Wegener
  • Contes de mon père le jars, Paris, 1919, L'Édition française illustrée
  • Savoia! La guerre des cimes, 1917, L'Édition française illustrée, 162 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert de Mackiels (préf. Maréchal Juin), Eric et Hélène Allatini, in Anthologie des écrivains morts à la guerre 1939-1945, Paris, Albin Michel, , 808 p., p. 7-10
  2. Darius Milhaud, compositeur de musique, sur cairn.info, concernant le lien avec la famille Allatini.
  3. « Après le dîner, mon camarade de Conservatoire, Félix Delgrange, qui était violoncelliste, et mon cousin Éric Allatini, qui jouait de l'alto et du violon en amateur, venaient passer la soirée et nous faisions de la musique d'ensemble ». in Notes sans musique de Darius Milhaud, Paris, 1949, éd. Julliard, p. 31.
  4. Myriam Chimènes, Catherine Massip, Milhaud, Paris, Bibliothèque Nationale de France, , 151 p., p. 42
  5. « Quelques pensées du front », La Baïonnette,‎ , p. 234
  6. « Mariages », L'Univers israélite,‎
  7. Robert Mallet-Stevens, Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou, Olivier Cinqualbre, Robert Mallet-Stevens: l'œuvre complète, Paris, Centre Pompidou, , p. 127
  8. « La maison est nette et spacieuse, les murs sont tapis de lattes de bois, de bois précieux, les armoires, les tables, les sièges sont truqués. C'est une série de terrasses superposées au sommet desquelles une fontaine jaillissante abrite des plantes exotiques. » in Candide, grand hebdomadaire parisien et littéraire, .
  9. On doit au studio Chevojon un cliché de leur immeuble pris de l'hôtel des frères Martel. Les volets sont bleus (huile sur toile Josette Briau Martel - 1930), En ligne.
  10. « Petites et grandes nouvelles », Paris-soir,‎
  11. René Chalupt, « Les ballets de Monte-Carlo, au théâtre des Champs-élysées », Marianne, grand hebdomadaire littéraire illustré,‎
  12. a et b Les communes de France durant la Seconde Guerre mondiale - Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie dans les communes de France.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]