Max Jacob

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Max Jacob
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Max Jacob en 1934[1]

Alias
Léon David
Morven le Gaëlique
Naissance [2]
Quimper
Décès (à 67 ans)
Drancy (Seine-Saint-Denis)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement surréalisme
Genres
Adjectifs dérivés jacobien

Œuvres principales

1916 : Le Cornet à dés
1921 : Le Laboratoire central
1923 : Filibuth ou la Montre en or.

Signature de Max Jacob
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Max Jacob est un poète surréaliste et romancier français de la première moitié du XXe siècle. Conçues dans l'intimité d'Apollinaire et Picasso, la simplicité et la profusion de son vers libre inscrivent irrévocablement la poésie française dans l'art moderne[3]. Son œuvre d'essayiste et d'épistolier est la source d'un mouvement littéraire qui ne renie pas son héritage symboliste, l'école de Rochefort[4].

Chantre d'une « littérature cubiste »[5] où l'humour, seule libération possible du dérisoire et du tragique du monde avant tout engagement[6], la métonymie, l'allitération, le calembour, l'allusion, l'ellipse, l'antithèse démultiplient les masques signifiants[7], Max Jacob illustre un art poétique où l'art « sans art »[8] tend à s'effacer devant la révélation mystique[9], la transfiguration[10] de l'être le plus quotidien et son indicible[11]. Esthéticien[12] du poème en prose[7] qui a beaucoup versifier, il a dépouillé le vers mallarméen de sa préciosité en lui donnant la vigueur de la fantaisie enfantine. Si dans le prolongement de la théorie des correspondances, il a transgressé les disciplines[7] et les genres, en se faisant peintre, librettiste et parolier, il demeure avant tout un écrivain dont la légèreté cache une foi candide[3] et anxieuse à l'écoute des mystères occultes.

Né en 1876 à Quimper Corentin dans une famille juive voltairienne[13] et non pratiquante, Max Jacob se convertit en 1915 au catholicisme après avoir eu plusieurs visions tout en continuant à animer l'avant-garde montmartroise et montparnassienne mais à partir de 1936 mène à Saint-Benoît-sur-Loire la vie monacale d'un oblat séculier rattaché à l'abbaye de Fleury. Ses origines juives lui valent, six mois avant la Libération de Paris, d'être arrêté par l'occupant pour être déporté à Auschwitz. Interné par la gendarmerie française au camp de Drancy, il y meurt en cinq jours en .

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Destin d'un patronyme masqué[modifier | modifier le code]

Max Jacob nait 14 rue du Parc à Quimper Corentin[2], à l'entresol du café qui fait l'angle de la rue Saint François, dans une famille juive qui ne pratique pas, ne serait ce qu'en raison de l'absence de coreligionnaires[14] et de synagogue. Son grand père paternel, Samuel Alexandre, est un colporteur né dans la Sarre française dans une famille de maquignons, qui avait immigré dès l'âge de treize ans pour parvenir en 1858 à Quimper, où il fit fortune dans la confection. Aidé de ses deux fils, il ouvre en 1870 plusieurs succursales, dont un magasin qui vend toute sorte d'objets bretons, pratique des campagnes publicitaires et remporte plusieurs prix d'expositions universelles. Le couturier, en abondant dans le sens d'une stylisation « celtisante » inspirée en particulier des motifs gravés du cairn de Gavrinis, a une influence certaine sur la mode bretonne[15].

Le père de Max Jacob exerce un métier à part, kemener, c'est-à-dire tailleur-brodeur. C'est un métier estimé par les coquettes bretonnes et les bourgeois de Quimper mais socialement méprisé au regard des préjugés relatifs à la virilité qu'ont les Bretons de cette époque[16]. Quand Lazare Alexandre[17] épouse en 1871 une parisienne, Prudence Jacob[2], il est, au sein de l'entreprise paternelle, à la tête d'une équipe de « tennerienou neud », brodeurs travaillant à domicile. Les Jacob possèdent des ateliers de confection à Lorient et c'est sous cette marque que l'entreprise Alexandre développe sa notoriété. Madame Alexandre, née Jacob, donne à ses trois cadets pour second prénom Jacob, Gaston Jacob, Max Jacob, Jacques Jacob. Samuel Alexandre et ses fils font changer leur nom à l'état civil le et adoptent officiellement le matronyme Jacob sous lequel ils sont connus de leurs clients. « Jacob » a en outre l'avantage d'être, comme beaucoup de prénoms bibliques, un patronyme typiquement cornouaillais. Max Jacob Alexandre a douze ans quand il devient Max Jacob.

Enfance bretonne (1876-1894)[modifier | modifier le code]

Le pâté de maison où habitaient les Alexandre devant les marronniers qui bordent l'Odet, sur une gravure de 1899. De sa chambre, Max Jacob voyait la cathédrale Saint Corentin où il n'avait pas le droit de rejoindre ses camarades.

Le petit Max passe, au premier étage d'une élégante maison neuve sise 8 rue du Parc le long de l'Odet, une enfance confortable imprégnée de légendes et de la ferveur catholique des pardons qu'exaltent la défaite de 70, l'implication du clergé dans le revanchisme et la Grande Dépression puis la politique de l'« esprit nouveau », mais de laquelle il souffre d'être exclu, particulièrement quand les processions défilent sous les six fenêtres du balcon. Il apprend l'orgue dans la cathédrale Saint Corentin avec son professeur de piano. Dès l'âge de huit ans, il s'amuse à prédire avec assurance l'avenir de ses camarades et fait des horoscopes. Il se moque des enfants bretonnants et joue aux « rêves inventés ». Battu par sa sœur et son frère aînés, il ne trouve pas de consolation auprès d'une mère railleuse, toute à sa toilette, et restera très attaché à la petite dernière, Myrthe-Léa, qui a huit ans de moins.

À quatorze ans, il est envoyé pour une année en consultation à Paris pour que Jean-Martin Charcot, qui pratique une psychothérapie fondée sur la suggestion, soigne sa nervosité débordante. À son retour, il entame une scolarité des plus brillantes, conversant souvent en privé avec ses professeurs, collectionnant les prix en histoire, en sciences naturelles, en allemand, en rhétorique. Il s'enthousiasme pour Baudelaire et Laforgue[18] et, avec ses camarades les plus exaltés, essaie de lancer des revues littéraires qui fâchent le proviseur. En 1894, il obtient un huitième accessit au concours général de philosophie, et se voit proposer une bourse pour préparer le concours de Normale dans une classe du prestigieux lycée Lakanal, à laquelle il renonce.

Étudiant dans le Paris de la Belle Époque (1895-1898)[modifier | modifier le code]

À la rentrée 1894, Max Jacob choisit de suivre à Paris les traces de son frère aîné Maurice « l'Africain » à l'École coloniale. Il s'y oriente pour devenir cadre dans l'administration coloniale de l'Indochine. Logeant à l'hôtel Corneille, rue Corneille, dans le quartier latin, il suit parallèlement le cursus de la faculté de droit de la Sorbonne.

Le 4 mars 1895, se suicide à Rennes, en se jetant dans la Vilaine, son meilleur ami, Raoul Bolloré, petit neveu de l'industriel Jean-René Bolloré et génie précoce dont il portera le deuil toute sa vie[19]. Il échoue à tous ses examens et l'année scolaire 95-96 est une année de redoublement, et à la Faculté et à l'École. Dans celle ci, il prépare par anticipation les concours d'entrée dans l'administration pénitentiaire coloniale.

Réformé en décembre 1896 pour insuffisance pulmonaire au bout de deux mois[20] de service militaire passé au 118e de ligne[20] de Quimper, il attend la rentrée suivante dans une mansarde de la maison paternelle aménagée par lui[21] en s'adonnant avec rage au piano et au dessin paysager mais en décembre 1897, au bout du premier trimestre de sa seconde année, il est conduit à démissionner de l'École coloniale. Renonçant aux rêves de voyages exotiques, il retourne pour quelques semaines à Quimper, où il retrouve son piano et son désœuvrement.

À vingt et un ans, attiré par le tourbillon de la fête parisienne, rêvant de devenir l'homme de lettres promis par le concours général, il profite de sa majorité pour retrouver, au grand dam de ses parents, en février 1898 Paris, où un collègue l'héberge provisoirement. Tout en continuant ses études de droit, logé d'une chambre misérable à l'autre, boulevard Arago puis rue Denfert-Rochereau, il tâche de gagner sa vie comme accompagnateur de piano puis animateur d'un cours de dessin dans une école communale et passe avec succès ses examens en décembre 1898. Il reçoit son diplôme de licence de droit[22], option droit maritime, le 6 janvier 1899.

Journaliste caractériel (1899-1901)[modifier | modifier le code]

En décembre 1898, Max Jacob, introduit par le peintre et ami Fernand Alkan-Lévy auprès de Roger Marx et recommandé par celui ci, commence d'exercer comme critique d'art sous le nom de son grand père maternelle, Léon David, au Moniteur des Arts[23], ce qui lui permet de parcourir les expositions. En septembre 1899, il est promu rédacteur en chef[20] de La Revue d'art[24], nouveau titre de la même revue.

Installé dans la carrière de journaliste, Max Jacob alias Léon David porte barbe et redingote. Il est devenu l'objet de la fierté familiale. Payé vingt francs, somme relativement considérable, par article hebdomadaire, il s'offre des cours de dessin à l'atelier dont Jean-Paul Laurens a confié à ses élèves l'animation au sein de l'Académie Julian.

Le ton condescendant et le style pédant par lesquels les articles de Léon David proclament la fin du classicisme agacent, au point que son directeur, Maurice Méry, dont l'épouse reçoit à dîner son protégé, se sent obligé de prendre la plume et défendre l'indépendance de ses journalistes. Lassé du métier d'écrivaillon tirant à la ligne et exaspéré par un lectorat conformiste, Max Jacob démissionne à la fin[24] d'octobre 1899[23] et tombe malade. En janvier 1900, il revient prendre un poste de secrétaire de rédaction au Sourire, une revue satirique qui appartient au même groupe de presse Le Gaulois. Il y publie quelques articles, certains signés du nom de son directeur, Alphonse Allais, qui est un hydropathe habitué du cabaret montmartrois Le Chat noir.

C'est à Montmartre, chez Pedro Mañach, qu'en juin 1901, après en avoir admiré une des toiles exposées chez Ambroise Vollard[25], Max Jacob, qui a laissé sa carte à chaque fois qu'il passait à la galerie avec un mot pour le peintre méconnu[26], fait la connaissance de Pablo Picasso. Auprès du critique, le jeune peintre fraichement arrivé d'Espagne dont le compagnon d'infortune, Carlos Casagemas, perdu d'alcool, vient de se suicider, se familiarise au français et au Paris des arts.

Max Jacob, reconnu par la profession et estimé des peintres mais déçu par sa « conquête de Paris », décide de tenter sa chance dans sa province. Il publie son dernier article dans Le Sourire le 21 décembre 1901, un poème intitulé en forme de sourire Enterrement, trois jours avant Noël.

L'aventure de l'art moderne[modifier | modifier le code]

Le tournant Picasso (1902)[modifier | modifier le code]

Rentré à Quimper, Max Jacob, à vingt quatre ans, s'essaie à divers métiers, dont celui de menuisier. Son espoir d'obtenir par relation un poste de petit fonctionnaire déçu, il retourne à Paris, où il trouve à louer une chambre quai aux Fleurs. Il se retrouve sans soutien et multiplie les emplois à l'essai. En 1902, il est clerc d'avoué, précepteur, employé de l'Entrepôt Voltaire.

En octobre 1902, Pablo Picasso, rencontré quinze mois plus tôt et reparti à Barcelone en janvier, revient à Paris. Les deux crève-la-faim s'entendent pour partager la chambre que Max Jacob loue boulevard Voltaire, et y dormir à tour de rôle, le poète la nuit, le peintre le jour[27]. Pour payer sa part, Max Jacob accepte tout travail. Il vend des horoscopes dans les palaces, à des femmes du demi monde et à leurs clients, de faux princes russes[28].

La bohème montmartroise (1903-1907)[modifier | modifier le code]

En janvier 1903, Pablo Picasso repart à Barcelone et Max Jacob emménage 33 boulevard Barbès[27], au pied de la bute Montmartre. Il entame une amitié indéfectible avec André Salmon, qu'en juin il a rencontré en même temps qu'Edmond-Marie Poullain au Caveau du Soleil d'or, au cours d'une des soirées de La Plume qu'organise Karl Boès et que fréquente aussi un ami de ce dernier, son ancien directeur Alphonse Allais. Il se lie aux autres peintres qui fréquentent au Chat noir, 68 boulevard de Clichy, la bohème montmartroise, Georges Braque, Henri Matisse, Amedeo Modigliani, mais aussi les critiques d'avant garde, dont Beatrice Hastings, et courtise une femme mariée, Cécile Acker, qui le désespère[29].

C'est la misère noire. Au Lapin agile et autres guinguettes, Max Jacob dépense avec ses amis le peu de pension qu'il reçoit de son père, plutôt que de se nourrir, en mauvais vin. Il survit grâce à de petits métiers, balayeur, garde d'enfants... Déguisé en disciple de l'École de Pont-Aven, il porte le costume glazic de son Quimper natal, s'initie en autodidacte[28] à la poésie et à la gouache et essaie de vendre ses œuvres le soir dans les cafés du quartier interlope de Montmartre. Depuis Barcelone, Picasso lui conseille de renoncer à Cécile Acker[30], ce que le poète ne tardera pas à faire[29], et lui suggère d'écrire pour les enfants. Histoire du roi Kaboul Ier et de son marmiton Gauwain lui rapporte cent francs[31] et un début de reconnaissance, le livre servant de prix scolaire[32].

En 1904, son cousin Gustave Gompel l'emploie dans la centrale d'achat que celui ci possède, Paris-France, mais son incompétence fait interrompre l'expérience au bout de huit mois. Il abuse en effet de l'éther, source de son inspiration. Au cours de cette année, Picasso lui présente un critique avantgardiste, Guillaume Apollinaire. La rencontre a lieu dans un bar de la rue d'Amsterdam, l'Austin's Fox[33]. Il fait paraître en feuilleton, quatre épisodes, un conte pour enfants, Le Géant du Soleil dans le Journal des Instituteurs.

En 1907, il s'installe dans une des chambrettes du Bateau-Lavoir, 7 rue Ravignan, où habitent Pablo Picasso et Juan Gris. C'est Max Jacob qui avait donné le nom de « lavoir » à cette résidence d'artistes sordide dont l'escalier central évoque un bastingage quand Picasso s'y était installé trois ans plus tôt, car il n'y a qu'un seul et unique point d'eau dans toute la maison. Quasi mendiant, le soir, il passe dans les restaurants proposer ses poèmes aux clients. L'arrivée de Marie Laurencin, introduite par Henri-Pierre Roché dans la bande où, Suzanne Valadon faisant figure de matrone, elle est la seule jeune fille peintre, et non pas seulement un modèle, restructure le groupe autour des deux couples Laurencin-Apollinaire et Fernande-Picasso, l'éloignant un peu plus de ce dernier.

Un soir de juin, en compagnie des deux couples auxquels se sont joints Maurice Princet et la femme de celui ci, Alice, il expérimente le haschisch[34]. En juillet, c'est lui que Fernande Olivier, rendue stérile par une fausse couche, charge de ramener à l'orphelinat la petite Raymonde, âgée de treize ans, que le couple a trois mois plus tôt envisagé d'adopter, orpheline à laquelle seul Max Jacob avait prêté un peu d'attention et que sa mère adoptive craignait de voir entraînée dans les fantasmes de Picasso depuis que celui ci avait commencé de dessiner l'adolescente nue. Il se fâche avec Guillaume Apollinaire pour une chansonnette grivoise sur Marie Laurencin, qu'il a composée et fait jouer dans un cabaret.

Vocation mystique (1908-1914)[modifier | modifier le code]

Seul face à ses démons, Max Jacob étudie, en bibliothèque le jour, veillant la nuit, les textes mystiques, la Kabbale, le Zohar, l'Évangile, les Pères de l'Église, le bouddhisme, l'astrologie, l'occultisme[31]. Toujours affamé[35], à l'éther, il ajoute les tisanes de jusquiame pour invoquer les démons mais ce qui lui arrive le , à l'âge de trente trois ans, est d'une toute autre nature. Alors qu'il rentre de la Bibliothèque nationale, l'image d'un ange lui apparaît sur le mur de sa chambre au 7 rue Ravignan : « (...) quand j'ai relevé la tête, il y avait quelqu'un sur le mur ! Il y avait quelqu'un ! Il y avait quelqu'un sur la tapisserie rouge. Ma chair est tombée par terre. J'ai été déshabillé par la foudre ! »[31]. Il entoure l'apparition d'un cercle tracé sur le revêtement du mur. Élevé dans l'athéisme mais sensible aux racines juives de sa famille, il se convertit intérieurement au catholicisme.

À l'automne 1911, l'affaire du vol de la Joconde rompt les amitiés. Pablo Picasso, dans une crise de paranoïa agoraphobique au cours de laquelle il rase les murs pour éviter une police imaginaire, et s'enferme à triple tour, exclut celui qui est devenu le rival le plus talentueux, Juan Gris. Max Jacob reste reçu chez le couple Laurencin Apollinaire, auquel il prédit son destin tragique un soir de chiromancie[36], et c'est avec Juan Gris qu'en 1913 il séjourne à Céret, dans le Vallespir. Il y réalise une série de dessins du village. A son retour, il quitte le Bateau-Lavoir, que Pablo Picasso, désormais lancé, a déserté, et emménage à l'autre bout de la rue, 17 rue Gabrielle.

De 1913 à 1921, Max Jacob habite au bout de cette impasse de Montmartre, 17 rue Gabrielle (au fond, à hauteur des lanternes).

À la fin de cette année 1913, il est de ceux qu'Apollinaire sollicite pour la nouvelle édition des Soirées de Paris, revue dont le peintre Serge Férat a confié la direction au Mal aimé. Jusqu'à l'éclatement de la première guerre mondiale, il fréquente, au cours des soirées mondaines organisées à Montparnasse, au siège de la revue, 278 boulevard Raspail[37], ou chez la baronne Oettingen, au 229[37], tout ce que la peinture, la littérature et la critique comptent de plus avantgardiste, sur le plan artistique autant que sur le plan moral, Irène Lagut, Maurice Raynal, Blaise Cendrars, André Salmon, Fernand Léger, Albert Gleizes, Marc Chagall, Sonia Delaunay[37]...

En 1914, il achève par Le Siège de Jérusalem, « drame injouable »[32] illustré par Pablo Picasso et Eugène Delâtre, le cycle de la transcription de son itinéraire spirituel[7] commencé en 1911 à travers le personnage de Saint Matorel, auquel il ajoutera un codicille en 1921. Le 16 décembre, il a une vision du Christ, durant une séance de cinéma. Deux mois après sa vision, le , Max Jacob, âgé de quarante ans, reçoit enfin le baptême sous le patronage de Cyprien au couvent de Sion, rue Notre-Dame-des-Champs, Pablo Picasso étant son parrain. Il pense pouvoir partager son mysticisme avec le magnétique Amedeo Modigliani mais celui ci, comme Picasso précédemment, préfère se tourner vers les femmes.

« Au lieu de femme un jour j'avais rencontré Dieu. »

— Max Jacob, Le Laboratoire central, 1921.

Le front de la révolution artistique (1915-1918)[modifier | modifier le code]

Durant la Grande Guerre, Max Jacob, avec André Salmon, Paul Fort, Blaise Cendrars, Léon-Paul Fargue, Pierre Reverdy, découvre à la Maison des Amis du Livre, librairie qu'Adrienne Monnier a ouvert en novembre 1915, la jeune génération de l'intelligentsia, Jules Romains, André Breton, Philippe Soupault, Jacques Lacan, Jean Paulhan, Tristan Tzara, Jean Cassou, Louis Aragon[38]. Il y rencontre André Gide et Paul Valéry. Il est sollicité pour rédiger des textes présentant les expositions de ses amis peintres[39].

Portrait sans chapeau par Modigliani, 1916.


Portrait au chapeau par Modigliani, 1916.



Amedeo Modigliani, Max Jacob, André Salmon et Manuel Ortiz de Zárate. Photographie prise par Jean Cocteau à Montparnasse en 1916.

En 1917, son père meurt à Quimper, où il est enterré avec les honneurs municipaux. Max Jacob édite à compte d'auteur Le Cornet à dès, chef d'œuvre[40] par lequel il accède à la notoriété d'écrivain. Le titre répond au célèbre poème graphique du défunt Stéphane Mallarmé, Un coup de dès. C'est une construction inventive de trois cent poèmes en prose méditatifs et aphorismes, presque tous écrits avant la guerre[41] : « Il y a dans ma tête une abeille qui parle »[42]. A l'instar de Pierre Reverdy, il qualifiera lui même cet enchaînement de tours de passe passe[43] verbaux d'œuvre cubiste[44].

En 1918, Max Jacob se lie avec le jeune Raymond Radiguet, qu'il présente à Jean Cocteau mais qui, à l'insu de celui ci et sous une homosexualité duplice, profite, tel Pierre Roche, d'un Paris vidé de ses hommes pour multiplier les liaisons féminines, telle Irène Lagut[45]. Le 9 novembre, il est[46] avec Cocteau, Ruby, et Picasso au chevet d'Apollinaire quand celui ci expire à l'hôpital sous le tableau Apollinaire et ses amis qu'avait peint Marie Laurencin en 1908 et qu'il ont dressé dans la chambre pour évoquer les amours croisées d'antan. Le lendemain, au Sacré Cœur, il entend « n'ayez pas peur »[47], parole du Christ transfiguré s'adressant à ses disciples, et dessine la vision qu'il a du défunt devenu ange « (..) comme un oiseau à tête d'homme au dessus. Etait il mort (...)? »[47]

Un mélancolique dans les Années folles (1918-1920)[modifier | modifier le code]

Aux folles soirées du comte et de la comtesse de Beaumont, Lucien Daudet se travestit en Spectre de la rose mais Max Jacob, lui, parait en robe monastique[48]. Il se lasse du Paris des années folles et de lui-même, qui ne connaît pas la fortune de ses amis partis, direction « Nord Sud », pour Montparnasse. Il est logé et habillé misérablement. Picasso, devenu riche, s'est installé dans un grand appartement bourgeois de la place Clichy et a une domestique mais refuse à son ex-compagnon d'infortune l'aide financière qu'il lui demande pour pouvoir continuer à vivre à Paris.

Le Dos d'Arlequin, tentative de « synthèse du théâtre contemporain »[32], ne suscite pas l'intérêt des spectaculaires et provocateurs Mamelles de Tirésias, Parade et Mariés de la Tour Eiffel mis en scène par la jeune génération. Celle ci pourtant, tel Michel Leiris en 1921, le découvre et l'admire, quand deux ans plus tôt Paul Dermée, qui appartient à la plus ancienne, assimilait, par maladresse à une époque où Jacques Lacan n'avait pas encore réhabilité la théorie aristotélicienne[49] du fou génial ni Salvador Dali inventé celle de la paranoïa critique, son œuvre à une production déliquescente de malade mental, ce qui valut au critique d'être exclu du mouvement Dada[50]. Francis Poulenc commande à Max Jacob Quatre poèmes. Les mélodies, achevées en juillet 1921, sont créées le 22 janvier suivant mais la mode change et, le compositeur lui même délaissant la polyphonie, il les reniera moins d'un an plus tard[51].

« Homme de lettres »[modifier | modifier le code]

Désintoxication reconstruction (1921-1927)[modifier | modifier le code]

Marianne avait un cheval blanc
Rouge par derrière noir par devant
Il avait une crinière
Comme une crémaillère
Il avait une étoile au front
Du crin sur les boulons
Il avait des sabots grenats
De la même couleur que vos bas
Où allez vous Marianne
Avec votre alezane
(...)
La Chanson de Marianne, mise en musique et chantée après guerre par Jacques Douai, est un des dix huit poèmes publiés en 1925[52].

Un an et demi après la mort prématurée de Modigliani, détruit par l'alcool, Max Jacob renonce définitivement aux psychotropes et en 1921, sur les conseils d'un ami prêtre, il s'exile à Saint-Benoît-sur-Loire, où il est hébergé au presbytère. Il accomplit des retraites parmi les bénédictins de l'abbaye de Fleury, qui abrite les reliques de Saint Paul Aurélien, premier évêque du Finistère. C'est là qu'il achève un long poème en vers qui exprime sa lente revertébration, La Laboratoire central.

Il fait de brefs voyages vers l'Italie, l'Espagne, sa Basse Bretagne natale, où il est reçu dans le cercle de Saint-Pol-Roux. Il reçoit les visites de ses amis, tel Jean Cocteau[53], en route pour la Côte. En 1926, son ami de quinze ans Pierre Reverdy, ayant rompu avec Coco Chanel, se retire définitivement à l'abbaye de Solesmes.

La figure des années trente (1928-1935)[modifier | modifier le code]

En 1928, il retourne à Paris, et s'installe aux Batignolles, 55 rue Nollet[54], dans un hôtel bon marché peuplé d'artistes, Jean Follain, Antonin Artaud, Georges Schéhadé, Henri Sauguet[27]. Il passe régulièrement ses vacances au Tréboul, à l'hôtel Ty Mad, où le rejoignent des amis artistes, tel Charles-Albert Cingria. En juin 1930, il y retrouve le couple Francis Rose et Frosca Munster accompagné de leur amant, Christopher Wood, un peintre de vingt neuf ans qui a fait de lui un célèbre portrait et auquel les amis de Max Jacob prêtent une relation homosexuelle avec le poète de cinquante quatre ans[55]. Moins d'un mois plus tard, Kit Wood, matériellement et moralement ruiné par ses toxicomanies, se suicide devant les yeux de sa mère à Salisbury en se jetant sous le train entrant en gare.

Au début des années trente, Max Jacob est des habitués du Bœuf sur le toit. Il y retrouve les anciens musiciens du Groupe des Six et se fait librettiste pour les compositeurs Francis Poulenc, Henri Sauguet, Georges Auric... En 1932, pour une des dernières soirées données à la villa Noailles par Anna de Noailles, Francis Poulenc conçoit à partir d'extraits choisis et recomposés du Laboratoire central, qui a consacré le poète dix ans plus tôt, une cantate profane, Le Bal masqué.

Le , André Salmon[54] le fait nommer chevalier de la Légion d'honneur par le ministre de l'Éducation nationale[56] Anatole de Monzie, un ami de Marc Sangnier.

En 1935, Max Jacob organise[57] à Paris pour le secrétaire général de préfecture Jean Moulin, alias Romanin, rencontré trois ans plus tôt, quand celui ci était sous-préfet de Châteaulin, une exposition des eaux fortes de son ami qui ont servies à illustrer une édition[58] des poèmes de Tristan Corbière. A Quimper, il rencontre un jeune pion qu'il encourage[59] dans la voie de l'écriture, Per Jakez Helias.

Retraite testamentaire[modifier | modifier le code]

Oblat et maître (1936-1939)[modifier | modifier le code]

Max Jacob avant guerre, en promenade aux alentours de l'abbaye de Fleury.

Max Jacob revient à Saint-Benoît-sur-Loire en 1936 pour s'y retirer définitivement et y mener une vie quasi monastique[60], en suivant la règle de Saint François de Sales. Il communie tous les matins[3], assiste très régulièrement à la messe[60], uniquement celle des domestiques[31], et participe à son service[3]. On le voit souvent en prière devant la statue de la Sainte Vierge ou sur le chemin de croix[3]. Pris initialement pour un original très parisien, la dévotion exemplaire de « Monsieur Max » procure à celui ci l'amitié de nombreux villageois et provoque même des conversions[3]. La tâche de faire visiter l'ancienne abbatiale aux pèlerins de passage lui est confiée et il rédige un guide touristique à leur intention. Il entretient une volumineuse correspondance, écrit beaucoup, en particulier de longues méditations religieuses qu'il rédige de très bon matin[60] et qui attestent une foi fulgurante.

Dès l'été 1936, Roger Lannes, Pierre Lagarde, Jean Oberlé, Jean Fraysse viennent le voir[61]. Il reçoit les visites d'amis de longue date, Paul Éluard, Jean Cocteau, Maurice de Vlaminck, Fernand Léger, Pablo Picasso, Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Georges Hugnet, Yanette Delétang-Tardif... Marie Laurencin, dont il prise les dons de médium[62], vient régulièrement partager sa ferveur religieuse[63].

À partir de 1937, il se lie à la nouvelle génération de poètes, peintres et musiciens, sur lesquels ses conseils, sa correspondance, ses essais, sa théorie esthétique ont une grande influence. Ce sont, entre autres[64], Michel Manoll, René Lacôte, René Guy Cadou, Marcel Béalu, qui formeront en 1941 un mouvement littéraire, l'école de Rochefort, Olivier Messiaen, Roger Toulouse, Jean Rousselot, Charles Trenet, Jean-Bertrand Pontalis...

Juif sous l'Occupation (1940-1943)[modifier | modifier le code]

Dès l'automne 1940 sont mises en œuvre à Quimper les « lois » d'aryanisation « votées » par le régime de Vichy. La magasin d'antiquité de Gaston Jacob, l'oncle du poète, est placardé d'une affiche « JUDE »[65]. Le propriétaire affiche sur la vitre de la boutique « Liquidation - Profitez des derniers jours »[65].

A Saint-Benoît-sur-Loire, Max Jacob se passionne pour les mystères du miracle de Fatima[3]. Interdit de publication, voire de citation, il donne dès 1941 des poèmes aux revues clandestines publiées par la Résistance, Confluences[66], qu'a fondé Jacques Aubenque et que dirige à Lyon René Tavernier, et Les Lettres françaises, recommandant[67] à Jean Paulhan, à cause de l'antisémitisme régnant à Paris, de le publier sous le pseudonyme de Morvan le Gaélique utilisé en 1931 pour ses Poèmes bretons.

Au début de l'année 42, il séjourne chez les Tixier, belle famille de son ami le peintre Roger Toulouse où il trouve confort et réconfort[26]. Avant la guerre, Max Jacob recevait de Marie Laurencin une abondante correspondance signée « Ta douce Marie »[68], sur laquelle son exemple de piété aura une influence radicale, puis, comme d'autres amis, tel Marcel Jouhandeau, elle a cédé un certain antisémitisme. A partir de juin 1942, bouleversée par le port rendu obligatoire de l'étoile jaune[69], elle lui adresse des colis, nourriture, cigarettes, tricots, couvertures, qui l'aident à survivre[70].

A Jean Rousselot
Qui a vu le crapaud traverser une rue ?
(...)
Il sort de l'égout, pauvre clown.
Personne n'a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis personne ne me remarquait dans la rue,
maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud, tu n'as pas l'étoile jaune.
Max Jacob, Amour du prochain, 1943[71],
poème qu'il se récitait[72] au camp de Drancy[73].

À partir du décembre 1942, Max Jacob porte l'étoile jaune, imposée le 6 juin précédent par un décret d'application des lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy instaurées dès 1940, mais il l'a porte pour ainsi dire « zazou », non pas découpée et cousue sur le poitrine mais dessinée sur son bandeau et recouvrant le revers du manteau. Les enfants dans la rue se moque de son étoile. Il n'a plus le droit de voyager ni même se rendre à l'abbaye pour écouter la messe[26]. Il est régulièrement contrôlé à son domicile, par les gendarmes, les gestapistes, les miliciens.

Sa sœur Julie-Delphine et son beau-frère Lucien Lévy, victimes des grandes rafles de l'année 42, meurent au camp de Royallieu à Compiègne. En décembre, son frère aîné Gaston, arrêté une première fois en août, l'est de nouveau à Quimper puis déporté de Compiègne le vers Auschwitz[74], où il est gazé à son arrivée, le 16, mais la famille reste dans une angoisse entretenue par l'ignorance de cette fin rapide[75], ce qui est précisément l'effet théorisé et recherché par le chef de la Gestapo, Heinrich Himmler. La maison familiale est saccagée et les souvenirs dispersés.

Max Jacob se croit protégé par le réseau chrétien[76] La France continue, dont un des fondateurs[77], son ami le diplomate Paul Petit, a pourtant été arrêté dès le pour avoir exprimé trop radicalement son opposition à la Collaboration et à Pétain[78]. Le nouveau commissaire de police d'Orléans, Jean Rousselot, est un poète, un admirateur et un ami qui s'engage en février 1943 dans le réseau de résistance Cohors-Asturies sous la direction de Jean Cavaillès. Max Jacob refuse les évasions qui lui sont proposées. Il écrit « je mourrai martyr. »

Jean Moulin, organisant la Résistance sous la couverture d'un marchand d'art niçois, adopte entre janvier et juin 1943 le pseudonyme de Max en souvenir de leur rencontre, restée très vive dans son esprit[79], à Quimper et au manoir de Coecilian chez Saint-Pol-Roux[57] au début des années trente. « Max » représente toute la synthèse culturelle de la France la plus avant-gardiste en même temps que la plus ancrée dans son histoire telle que la chante à sa façon Aragon dans La Diane française, et tout ce que l'Allemagne nazie honnit de l'« art dégénéré ».

Internement (1944)[modifier | modifier le code]

Le , la sœur préférée de Max Jacob, Myrté-Léa Lévy, et son mari sont internés. Déportée[74] de Drancy le 20, elle est gazée, comme son mari, à son arrivée à Auschwitz. Le poète, effondré[75], se démène pour faire intervenir ses connaissances, Jean Cocteau, Paul Claudel, René Fauchois, qui est l'intime et le secrétaire de Sacha Guitry, Sacha Guitry lui-même, qui a sauvé Tristan Bernard en octobre, Coco Chanel, Misia Sert[74] et Marie Laurencin, qui est proche de l'influent Karl Epting et multiplie les démarches[70].

Maison où Max Jacob louait à Saint-Benoît-sur-Loire un petit deux pièces et où il sera arrêté.

Le jeudi , trois jours après l'exécution des « terroristes » de l'Affiche rouge, deux jours après l'incarcération à Fresnes de Robert Desnos et de René Lacôte, Max Jacob, après avoir assisté à la messe de sept heures à la chapelle de l'hospice, passe à la poste prendre le courrier qui lui apprend que son contact au sein du réseau La France continue a été arrêté[74]. À onze heures, trois membres de la Gestapo d'Orléans se présentent pour la troisième fois à son domicile, et, ce jour là, l'y trouve[80]. De la rue, rien ne transparait de l'arrestation qui ne dure pas plus d'une heure[74]. Sont présents un invité, le docteur Castelbon venu de Montargis pour la semaine[81], sa logeuse, un voisin, auxquels il transmet l'adresse d'un ami à prévenir qui travaille à Radio Paris, l'occultiste et illustrateur pornographique Conrad Moricand, ce qu'ils feront sans délai. Ils lui donnent précipitamment, dans la voiture qui l'emporte, un caleçon, un couvre lit.

Il est emprisonné quatre jours dans la glaciale prison militaire d’Orléans, à l'emplacement de laquelle se situe l'actuel Palais des sports d'Orléans. La femme de son ami Roger Toulouse, Marguerite Toulouse, au mariage de laquelle il était témoin le 20 juin 1938[26], s'y présente chaque jour pour lui transmettre nourritures et vêtements, ce que les officiers lui refusent[74]. Max Jacob s'emploie à s'occuper des malades et à divertir ses codétenus[74]. Il leur chante des airs d'opéras, dont un irrésistible « Ô Vaterland! Ô Vaterland! » qui clôture en allemand Le Petit Faust d'Hervé[74]. Le lundi 28 février, le commissaire Rousselot, prévenu quatre jours plus tôt, vient tenter de le délivrer mais quand il arrive à la prison, les prisonniers n'y sont plus[74].

Le matin de ce 28 février, mal en point[74], Max Jacob a été emmené avec soixante deux autres détenus en train via la gare d'Austerlitz au camp de Drancy, qui est gardé par la gendarmerie française sous la direction d'Alois Brunner. Dès son arrivée en fin d'après midi, « l'Orphée Orphelin aux confins de l'enfer »[82] est affecté au contingent qui doit remplir le prochain convoi qui partira le 7 mars pour Auschwitz[74]. Le zèle des arrestations des derniers jours vise à rentabiliser ces convois. Au greffe du camp, il dépose les quelques cinq mil francs qu'il a emporté et la montre en or[74] de Filibuth. Dès le lendemain, il écrit à l'abbé Fleureau, curé de Saint-Benoît-sur-Loire, « Je remercie Dieu du martyre qui commence », et, grâce à la complaisance des gardes mobiles[83], fait parvenir des messages à son frère Jacques, à son relieur Paul Bonnet, à André Salmon, à Jean Cocteau[84], à Conrad Moricand.

Pour faire libérer le poète, Jean Cocteau, Sacha Guitry, André Salmon, Marcel Jouhandeau, José Maria Sert, Albert Buesche, Jean Paulhan, Conrad Moricand, le conseiller collaborationniste de Paris Georges Prade mais aussi Charles Trenet[85] font des démarches auprès de la Gestapo et auprès de l'ambassade d'Allemagne, où le conseiller von Bose est un admirateur[74]. La figure de Pablo Picasso étant trop compromettante, il est demandé à celui ci de rester en retrait[74]. Cocteau offre à la Gestapo de prendre sa place. Sans résultats immédiats, ces amis et d'autres, tel Henri Sauguet, font circuler une pétition rédigée par Cocteau. Marie Laurencin y ajoute sa signature et la porte personnellement à von Bose[70]. L'intervention auprès d'Otto Abetz et de la Gestapo d'un ami de la « peintresse » responsable de la censure à l'ambassade, Gerhard Heller, est vaine. Deux semaines plus tard, le dimanche 5 mars 1944 à vingt et une heure, Max Jacob murmurant « "Juif!". "Sale juif!"... »[86] meurt à l'infirmerie de la cité de la Muette, où règne la dysenterie, d'un arrêt cardiaque induit par la fièvre d'une pneumonie.

« Il fait un peu plus noir et tu montes sans bruit
Comme un boiteux du Ciel les marches de la nuit[87]. »

Le lendemain, au terme d'une négociation dont l'objet est resté secret, la Kommandantur annonce par téléphone à Charles Trenet sa libération[85], en voie d'être accordée par l'ambassade.

Destin posthume[modifier | modifier le code]

Figure de la Résistance[modifier | modifier le code]

Dès 19 mars 1944, Pablo Picasso invite toute l'intelligentsia antinazie de Paris à venir écouter chez lui sous le dernier portrait qu'il a fait deux ans plus tôt de Max Jacob sa pièce Le Désir attrapé par la queue[88].

En avril 1944, Les Lettres françaises, en réponse aux injures de Paris-Midi[89] et de Je suis partout[90], consacrent les deux tiers de leurs une à un hommage de Paul Eluard intitulé, par référence à la mort très semblable du poète assassiné Apollinaire, « Max Jacob assassiné »[91]. Michel Leiris y ajoute un article. Louis Parrot évoque par un poème de sa composition[92] la conception quiétiste de la résistance qu'avait le poète, un mélange d'autodérision exemplaire et d'amour sacrificiel du prochain[93] qui est plus que résister à la tentation de rejeter l'autre, s'identifier à lui et l'identifier à soi jusque dans ses turpitudes et abjections, comme lorsqu'il était allé serrer la main de miliciens tenant publiquement des propos antisémites et leur déclarer « Merci! Et que Dieu vous pardonne! »[86].

Des poèmes inédits de Max Jacob continuent d'être diffusés immédiatement après sa mort par les revues clandestines. Parmi d'autres, ils circulent, dans le stalag XI-A d'Altengrabow, ronéotypés par Gaston Ciel pour ses quatre vingt exemplaires des Cahiers littéraires XIA[94].

Son autoportrait, cosigné Picasso, figure parmi les œuvres transmises en mars 1946 par Adrienne Monnier à un comité pour être vendues aux enchères à Buenos Aires[95]. L'argent récolté permet de distribuer des vivres aux écrivains français dans un Paris soumis au rationnement et au marché noir.

Le 17 novembre 1960, Max Jacob est reconnu officiellement « poète mort pour la France »[14].

Pierre Seghers, dans son témoignage militant La Résistance et ses poètes, le consacre comme père[96] de tous les « poètes casqués » de la seconde guerre mondiale et des générations futures[97].

Tombeau[modifier | modifier le code]

La sépulture de Max Jacob à Saint-Benoît-sur-Loire.

Comme tous les prisonniers décédés à Drancy, Max Jacob est enterré dans le cimetière d'Ivry, non loin des corps des huit cent cinquante quatre détenus fusillés par la gendarmerie française[86]. L'inhumation est confiée à l'UGIF et a lieu le samedi 11 avril 1944.

Conformément au vœu du poète, la dépouille de Max Jacob repose depuis le dans le cimetière de Saint-Benoît-sur-Loire. La tombe est ornée d'un portrait en bronze réalisé en 1935 par son ami René Iché.

Les Amis de Max Jacob[modifier | modifier le code]

À l'occasion du transfert du cerceuil de Max Jacob sur les bords de la Loire, ses amis Jean Denoël et Henri Dion, le chanoine Frédéric Weill, les docteurs Robert Szigeti et Georges Durand, le peintre Roger Toulouse fondent l'Association des Amis de Max Jacob[98]. Elle rassemble initialement les poètes de l'école de Rochefort Marcel Béalu, René-Guy Cadou, Michel Manoll, Jean Rousselot, et leur ami résistant Roger Secrétain ainsi que l'abbé Garnier[98]. Un comité d'honneur présidé par Pablo Picasso apporte les soutiens de Mgr Courcoux, Paul Claudel, Carmen Baron, Jean Cassou, Jean Cocteau, Albert Fleureau, Jean Follain, Louis Guilloux, Jacques Jacob, Julien Lanoë, Maurice Morel, André Salmon, Jean Paulhan, Henri Sauguet, qui présidera l'association jusqu'en 1976[98].

Depuis, l'association édite un bulletin semestriel, Lettres et mots, et une revue annuelle, Les Cahiers Max Jacob[98]. En mars de chaque année, elle organise à la Maison Max Jacob de Saint-Benoît-sur-Loire le Mois Max Jacob, événement inscrit à l'agenda du Printemps des Poètes qui inclut spectacles, brigades d'Intervention poétique, poésie en appartement, café littéraire[98]...

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1950, est fondé un prix de poésie qui porte son nom, le prix Max-Jacob.

Une rue de Maison Blanche à Paris a été renommée en 1956 en l'honneur du poète.
Plaque commémorative sur la maison où la Gestapo a arrêté Max Jacob.



« Mes dix-huit ans buvaient aux sources de son génie... il était bon, fantasque, irréel, comme les personnages qu’il peignait... Cher ange ! »

— Charles Trenet à propos de Max Jacob, préface du livre de Marc Andry, Charles Trenet,Calmann-Lévy, 1953.





A la scène


A Quimper
  • En 1989, le théâtre municipal[100] de la ville de Quimper, sa ville natale, prend le nom de Théâtre Max Jacob. Un collège et un pont y portent également son nom.
  • Les Rendez-vous de Max, lectures et rencontres mensuelles de poésie, sont accueillis depuis février 2013 dans la maison d'enfance et de jeunesse de Max Jacob à Quimper, Chez Max (cour Max Jacob, 8 rue du Parc).
  • Patrice Cudennec, Assiette Mille regrets célébrant le soixante dixième anniversaire de la mort de Max Jacob, Faïencerie de Quimper Henriot, Quimper, 2014[101].

Œuvre poétique[modifier | modifier le code]

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauwain, Alcide Picard & Kaan, Paris, 1903, rééd. Gallimard, Paris, 1971.
nouvelle intégrée en 1921 dans le recueil Le Roi de Béotie.
  • Le Géant du Soleil, supplément au Journal des Instituteurs, 1904.
  • Le Roi de Béotie, 1921.
  • Ne coupez pas, Mademoiselle, ou Les erreurs des P. T. T., Galerie Simon, Paris, 1921, 18 p.
  • Le Nom, A la lampe d'Aladdin, n° 7, 1926, 66 p.

Romans poétiques[modifier | modifier le code]

  • 1911 : Saint-Matorel
  • 1918 : Le Phanérogame
  • 1920 : Cinématoma
  • 1921 : Matorel en province
  • 1922 : Le Cabinet noir, pseudo roman épistolaire
  • 1923 : Le Terrain Bouchaballe
  • 1924 : Filibuth ou la Montre en or
  • 1928 : Le Cabinet noir, second pseudo roman épistolaire
  • Bourgeois de France et d'ailleurs, Gallimard, Paris, 1932.

Poèmes en prose et en vers[modifier | modifier le code]

Avez vous rencontré la fille au muguet bleu
Qui m'aime sans me vouloir ?
Avez vous rencontré le lièvre au poil de feu
Qui broute à mes réfectoires ?
Avez vous rencontré (...)
(...)
Avez vous, tout compte fait, avez vous gobé les œufs
Venant de mon poulet noir ?
« Pastiche », octuple distique sur deux rimes
paru en 1922 dans Le Laboratoire central[40].
  • 1911 : La Côte
  • 1912 : Œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel
  • 1916 : Le Cornet à dés
  • 1918 : Les Alliés sont en Arménie, plaquette.
  • 1922 : Le Laboratoire central
  • 1924 : Visions infernales
  • Les Tabar, in Sélection, n° 3, , p. 209-219, décembre 1924.
  • Les Pénitents en maillots roses, Collect° Les Cahiers nouveaux, Krà, Paris, 1925.
  • 1927 : Le Fond de l'eau
  • Sacrifice impérial, Émile-Paul Frères, Paris, 1929, 43 p.
  • 1938 : Ballades
  • 1931 : Rivage
  • 1945 : Derniers Poèmes

Poésie musicale[modifier | modifier le code]

A Paris
Sur un cheval gris
A Nevers
Sur un cheval vert
A Issoire
Sur un cheval noir
Ah! Qu'il est beau, qu'il est beau!
Ah! Qu'il est beau, qu'il est beau!
Tiou!
(...)
« Pour les enfants et les raffinés »,
Oeuvres Burlesques et Mystiques
de Frère Matorel
, 1912[102].

Mélanges[modifier | modifier le code]

  • 1919 : La Défense de Tartuffe, éd. Société littéraire de France, 1919, 213 p.
rééd La défense de Tartufe : extases, remords, visions, prières, poèmes et méditations d'un Juif converti, nouv. éd. introd. et notes par André Blanchet, Gallimard, Paris, 299 p.
Ce livre devait dans un premier temps avoir pour titre Le Christ à Montparnasse[103]

Traduction[modifier | modifier le code]

Drames[modifier | modifier le code]

  • Le Siège de Jérusalem‚ grande tentation céleste de Frère Matorel, 1914.
  • Le Dos d'Arlequin, Le Sagittaire, Paris, 1921.
  • 1986 : Le Terrain Bouchaballe Max Jacob [Toulouse, Théâtre Daniel Sorano, 15 avril 1986] suivi de deux inédits : Paris province et le Journal de modes ou les ressources de Florimond : farce en un acte de Max Jacob ; et de La Tarentelle rouge pièce en un acte de Salvatore Cuffaro, L'Avant-scène, Coll. "Théâtre", no 798, Paris, 1986, 80 p. (Sans ISBN)

Œuvre critique[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • 1922 : Art Poétique
  • L'Homme de chair et l'Homme reflet, Le Sagittaire, Paris, 1924, 256 p.
  • Tableau de la Bourgeoisie, NRF, Paris, 1929, 223 p.
  • 1929 :

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Poèmes burlesques », in Des feuilles libres no 28, p. 245-249, septembre 1922.
  • « Deux lettres et un commentaire », in Revue hebdomadaire, p. 213-218, 11 août 1928.
  • « Max Jacob ou le poète de Saint-Benoît-sur-Loire. Textes et dessins inédits de Max Jacob - hommage de Saint Pol Roux - Vers et proses de Marcel Abraham, Jean Casson, Jean Cocteau...», dans la revue Le Mail, n °5, avril 1928, p. 221-272.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Max Jacob Lettres à René Villard, suivies duCahier des Maximes; préface et notes de Yannick Pelletier; Rougerie, 1978
  • Correspondance : 1 : Quimper-Paris : 1876-1921, Ed. de Paris, Paris, 1953, 229 p.
  • Lettres à Michel Manoll Max Jacob ; préf. de Michel Manoll ; texte établi et annoté par Maria Green, Rougerie, Mortemart, 1985, 163 p. (Sans ISBN)

Œuvre picturale[modifier | modifier le code]

Illustration[modifier | modifier le code]

  • Filibuth, ou la Montre en or, NRF, Paris, 1923, 268 p., 4e éd.
  • La Côte, 1927, 2e éd.
  • Visions des souffrances et de la mort de Jésus Fils de Dieu : quarante dessins de Max Jacob, avec un portrait de l'auteur par lui-même, Aux Quatre Chemins, Paris, 1928, 279 ex.
  • Saint Matorel, Le siège de Jérusalem, Les œuvres burlesques et mystiques de frère Matorel, Gallimard, Paris, 1936, 300 p.

Gouaches[modifier | modifier le code]

Max Jacob a été un peintre estimé[104].

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Réception[modifier | modifier le code]

« un paradis à la Charlot »

— René Crevel en 1924 à propos de la mystique du quotidien pratiquée par Max Jacob et son effet burlesque[105].

« Il était, avec Saint-Pol-Roux, un de nos plus grands poètes. (...) son œuvre (...) marque une véritable date dans la poésie française. Depuis Aloysius Bertrand, Baudelaire et Rimbaud, nul plus que lui n'avait ouvert à la prose française toutes les portes de la poésie. »

— Paul Éluard, avril 1944[3].

« Et j'admirais l'utilité de la moindre syllabe. Un mot changé, une virgule, et l'expérience était manquée. Max Jacob ne manque jamais ses tours de prestidigitateur. « Sautez à la corde en descendant l'escalier, vos pieds ne le toucheront pas. »[106] Une petite fille aux jambes de garçon volette en souriant à côté de la rampe. Ses nattes flottent comme une algue. Ralenti. Ce silence oblige à se taire. Max Jacob pose côte à côte sur la table au tapis rouge les objets les plus ressemblants : « L'enfant, l'éfant, l'éléphant, la grenouille et la pomme sautée. »[107] J'adorais cette chose là où je voyais enfin le contraire de l'arbitraire. »

— Yvon Belaval en 1974[108].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

avec des lettres inédites de Max Jacob, Valery Larbaud et Jean Cocteau.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Photographie de Carl van Vechten, Library of Congress.
  2. a, b et c « Bulletin de naissance », Mairie, Quimper, 28 juillet 1933, in Archives nationales, cote 19800035/307/41401, SIAF, Fontainebleau, 1962, cité in Base Léonore, Notice c-116812, Ministère de la culture, Paris, 2016.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h P. Éluard, « Max Jacob assassiné », in Les Lettres françaises, Paris, avril 1944.
  4. Christine Van Roger Andréucci, « Max Jacob et l'école de Rochefort : poétique et pédagogie. », AMJ, Saint-Benoît-sur-Loire, 200?.
  5. A. S. Kimball, « Max Jacob », in Lettres de Max Jacob à Marcel Jouhandeau, vol. I, UW, Madison, 1969.
  6. M. Jacob, Conseils à un jeune poète, Éditions Gallimard, Paris, 1945.
  7. a, b, c et d « Max Jacob », in P. Mougin & K. Haddad-Wotling, Dictionnaire mondial des littératures, Larousse, Paris, septembre 2012 (EAN 978-2035861139).
  8. J. M. G. Le Clézio, Préface, 29 juin 1981, in M. Jacob, Derniers poèmes, p. 9, NRF, 1994 (ISBN 2-07-032224-6).
  9. J. M. G. Le Clézio, Préface, 29 juin 1981, in M. Jacob, Derniers poèmes, p. 8, NRF, 1994 (ISBN 2-07-032224-6).
  10. J. M. G. Le Clézio, Préface, 29 juin 1981, in M. Jacob, Derniers poèmes, p. 12, NRF, 1994 (ISBN 2-07-032224-6).
  11. J. M. G. Le Clézio, Préface, 29 juin 1981, in M. Jacob, Derniers poèmes, p. 8, NRF, 1994 (ISBN 2-07-032224-6).
  12. M. Jacob, Art poétique, 1922, rééd. L'Élocoquent, Paris, janvier 1987 (EAN 9782868260024), 79 p.
  13. M. Jacob, « Lettre à Moïse Kisling », 1924, in Correspondance, vol. I, p. 23, Éditions de Paris, Paris, 1953.
  14. a et b Hélène Henry, « Biobibliographie de Max Jacob », AMJ, Saint-Benoît-sur-Loire, 200?.
  15. Y. Brékilien, La Vie quotidienne des paysans bretons au XIXe siècle, p. 119, Librairie Hachette, Paris, 1966.
  16. Y. Brékilien, La Vie quotidienne des paysans bretons au XIXe siècle, p. 137, Librairie Hachette, Paris, 1966.
  17. « Casier judiciaire », Tribunal de première instance, Quimper, 20 juin 1933, in Archives nationales, cote 19800035/307/41401, SIAF, Fontainebleau, 1962, cité in Base Léonore, Notice c-116812, Ministère de la culture, Paris, 2016.
  18. A. Gaultier, Abécédaire du cubisme, p. 63, Flammarion, Paris, 2002 (ISBN 9782080110237).
  19. M. Jacob, « Lettre à René Villard », 8 avril 1938, in Y. Pelletier, Lettres à René Villard, t. I, p. 78, Rougerie, Mortemart, 1978.
  20. a, b et c M. Jacob, « Renseignements produits à l'appui d'une proposition de Chevalier dans la Légion d'honneur », p. 2, Ordre national de la Légion d'honneur, Paris, 20 juin 1933, in Archives nationales, cote 19800035/307/41401, SIAF, Fontainebleau, 1962, cité in Base Léonore, Notice c-116812, Ministère de la culture, Paris, 2016.
  21. Robert Gulette, La Vie de Max Jacob, p. 40, Nizet, Paris, 1976.
  22. M. Jacob, « Renseignements produits à l'appui d'une proposition de Chevalier dans la Légion d'honneur », p. 1, Ordre national de la Légion d'honneur, Paris, 20 juin 1933, in Archives nationales, cote 19800035/307/41401, SIAF, Fontainebleau, 1962, cité in Base Léonore, Notice c-116812, Ministère de la culture, Paris, 2016.
  23. a et b J. Godard, « Sources d'Apollinaire », in M. Décaudin, Apollinaire en son temps. Actes du quatorzième colloque de Stavelot 31 août - 3 septembre 1988., p. 13, Sorbonne nouvelle, Paris, 1989.
  24. a et b L. A. Joseph, Chroniques d'art 1898-1900, Lettres modernes, Paris, 1987, (EAN 9782256908460), 163 p.
  25. Ch. van Rogger Andreucci, Max Jacob : acrobate absolu., p. 46, Champ Vallon, Seyssel, 1993 (ISBN 9782876731714).
  26. a, b, c et d H. Henry, « Hommage à Marguerite Toulouse », in Bulletin semestriel, n° 3, p. 5, Association des Amis de Max Jacob, Saint-Benoît-sur-Loire, juin 2006.
  27. a, b et c D. Delpirou, « Quand Max Jacob vivait à Montmartre », in Le 18e du mois, Paris, novembre 2014.
  28. a et b Ch. Le Quintrec, Anthologie de la poésie bretonne 1880-1980, p. 71, La Table ronde, Paris, 1980 (ISBN 2-7103-0021-4).
  29. a et b Ch. Pelletier, « Une culpabilité : l'homosexualité. », in Biocritique non autorisée, Christian Pelletier, [s.l.], [s.d.].
  30. P. Picasso, Lettre à Max Jacob, Barcelone, 28 septembre 1903, cité in Ch. Pelletier, op. cité.
  31. a, b, c et d Ch. Le Quintrec, Anthologie de la poésie bretonne 1880-1980, p. 72, La Table ronde, Paris, 1980 (ISBN 2-7103-0021-4).
  32. a, b et c M. Jacob, « Renseignements produits à l'appui d'une proposition de Chevalier dans la Légion d'honneur », p. 3, Ordre national de la Légion d'honneur, Paris, 20 juin 1933, in Archives nationales, cote 19800035/307/41401, SIAF, Fontainebleau, 1962, cité in Base Léonore, Notice c-116812, Ministère de la culture, Paris, 2016.
  33. M. Jacob, Lettre du 9 novembre 1943, in Lettres à Bernard Esdras-Grosse, Sghers, Paris, 1953.
  34. B. Meyer Stabley, Marie Laurencin, p. 89, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 978-2-7564-0430-1).
  35. B. Meyer Stabley, Marie Laurencin, p. 77, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 978-2-7564-0430-1).
  36. B. Meyer Stabley, Marie Laurencin, p. 99-101, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 978-2-7564-0430-1).
  37. a, b et c J. Warnod, Serge Ferrat et ses amis in présentation de la vente no 01330 Hommage à Serge Ferrat - collection Haba et Alban Roussot, Arcturial, Paris, 22 octobre 2007.
  38. M. Poulain, « Adrienne Monnier et la Maison des amis des livres, 1915-1951. », in Bulletin des bibliothèques de France, n° 1, Villeurbanne, 1992 (ISSN [http://worldcat.org/issn/1292-8399&lang=fr 1292-8399)
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    :Le distique de Louis Aragon est une référence à Max Jacob et le cite au vers suivant, « Et me parvient par le porche parfois le rire insultant du crime arpentant le parvis » (Note de Hélène Henry, op. cité).
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