Henri Lang

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Henri Lang
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 46 ans)
AuschwitzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Père
Jacques Émile Lang (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Julie Lang (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jacqueline Lang (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Catherine de Béchillon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit

Henri Lang (né le à Rambervillers et mort assassiné le à Auschwitz), est un ingénieur polytechnicien français, directeur à la SNCF et enseignant à l'École nationale des ponts et chaussées, avant d'être destitué puis arrêté et déporté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Salomon Henri Lang est né le à Rambervillers (Vosges). Il est le fils de Jacques Émile Lang, fabricant de chapeaux, et de Julie Veil[1],[2].

Après des études au lycée Lakanal à Sceaux puis au lycée Louis-le-Grand à Paris[réf. souhaitée], Henri Lang est reçu à l'École polytechnique en 1913. En 1914, lorsque la première guerre mondiale éclate, il est mobilisé et combat jusqu'à la fin de la guerre en qualité d'officier d'artillerie. Blessé, il est cité deux fois pour bravoure. [3] Dès l'armistice signé il retourne à l'École polytechnique. Il sort 10e de sa promotion en 1919 et intègre le Corps des ponts et chaussées [1]. Il épouse Jacqueline Micheline Hirsch, avocate à la cour d'appel, le dans le 8e arrondissement de Paris[1],[4].

Il participa à la conception et à la construction de divers ouvrages d'art comme le pont de la Tournelle, le pont de la Concorde ou encore le barrage de Suresnes. Dans les années 1930, il devint ingénieur en chef Voie et Bâtiments du réseau d'Alsace Lorraine et conduisit le projet de rénovation de la gare de Mulhouse ainsi que celui de la percée du tunnel ferroviaire entre St Dié et Ste Marie aux Mines. En parallèle à ses missions, il exerça les fonctions de professeur adjoint, puis titulaire de la Chaire de maçonnerie de l'École des Ponts et Chaussées. En 1938, à la création de la SNCF, il fut nommé sous-directeur de la région Sud-Est, et chargé du projet d'électrification de la Ligne Paris - Lyon. Le , il présenta le "rapport rose[5]", qui fait état des études préliminaires de l'électrification de la ligne Paris - Lyon et servira ensuite de référence à ce projet.

Les lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy interdisant notamment l'exercice de certaines professions, Henri Lang est destitué de ses fonctions d'enseignement à l'école des Ponts ainsi que de la direction du Sud-Est. Il reste néanmoins chargé du projet d'électrification de Paris - Lyon qu'il continuera à mener jusqu'à la veille de son arrestation.

Le , deux feldgendarmes l'arrêtent à son domicile lors de la rafle des notables et l'emmènent, avec plus de 700 autres hommes juifs au camp de Compiègne. Il y restera plus de trois mois au cours desquels, la faim, le froid et la privation de liberté l'affaibliront considérablement. Malgré ses conditions difficiles, il participe à la vie intellectuelle du camp en donnant une conférence sur l'avenir de la science[6]. Il est déporté le par le premier convoi, le convoi n° 1 du 27 mars 1942, vers Auschwitz où il meurt deux mois plus tard, en .

Hommage[modifier | modifier le code]

Un bâtiment, situé rue Chrétien-de-Troyes à Paris dans le 12e arrondissement de Paris, porte le nom de « Centre Henri-Lang » et héberge différents services de la SNCF, dont le Centre régional des opérations (CRO) de la Région SNCF Paris-Sud-Est et le Poste d'Aiguillage et de Régulation (PAR) de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud -Est, c'est-à-dire Paris-Lyon. À l'entrée de celui-ci, une plaque commémorative rend ainsi hommage au concepteur de ce projet, qui œuvra inlassablement à la construction d'ouvrages d'art et chez qui le sens artistique accompagnait pour le meilleur l'expertise de l'ingénieur.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Armand, Discours inaugural, inauguration du poste d'aiguillage et de régulation de la ligne Paris-Lyon.
  • Catherine de Béchillon[7], "Dans les ombres de la S.N.C.F. - Témoignage", in Revue d'histoire des chemins de fer hors série 7, 2e éd., Paris, AHICF, 2004
  • Nathalie Bibas, "Henri Lang, un dirigeant de la SNCF mort à Auschwitz" - Editions LBM - - (ISBN 2-915347-95-6)
  • 250 ans de l'École des Ponts en cent portraits, Paris, Presses de l'École nationale des Ponts-et-Chaussées, , 222 p. (ISBN 978-2-85978-271-9 et 2-85978-271-0), « Lang (Henri) » .
  • Revue Ferrovissime - n° - "Henri Lang, visionnaire du génie"

Liens connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Lang, Salomon Henri (X 1913 ; 1895-1942) », sur Bibliothèque centrale de l'École polytechnique (consulté le ).
  2. « acte de naissance no 46 », sur diffusion.ad88.ligeo-archives.com le site des archives départementales des Vosges (consulté le ), p. 24.
  3. Présentation du livre, Henri Lang, 1895-1942 - Un dirigeant de la SNCF mort à Auschwitz sur Décilitre
  4. « acte de mariage no 486 », sur archives.paris.fr le site des archives de Paris (consulté le ), p. 7.
  5. « Electrification de la ligne de Paris à Lyon : rapport préliminaire | Open archives », sur openarchives.sncf.com (consulté le )
  6. Le monde juif, n° 101 à 120, p 17 [1]
  7. fille d'H. Lang