Béatrice de Camondo

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Béatrice de Camondo
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Fratrie

Béatrice de Camondo (Louise Béatrice de Camondo), née le à Paris 16e et décédée en 1945 à Auschwitz, Pologne[1], est une écuyère et infirmière française.

Elle est la fille de Moïse de Camondo (1860-1935) et d’Irène Cahen d’Anvers (1872-1963). Elle est la sœur de Nissim de Camondo, né en 1892, mort au champ d’honneur en septembre 1917. En 1918, Béatrice épouse Léon Reinach (1893-1943), qui est issu d’une grande famille israélite humaniste. Le couple a deux enfants, Fanny (1920-1943) et Bertrand (1923-1943). Ceux-ci ainsi que leurs parents périront au camp d’Auschwitz-Birkenau.

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Béatrice de Camondo est le second et dernier enfant de Moïse de Camondo et d’Irène Cahen d'Anvers. Elle vient au monde en 1894, deux ans après son frère Nissim. Autant le prénom de Nissim évoque l’Orient séfarade, autant celui de sa sœur s’enracine dans l’Europe chrétienne[PA 1]. Et autant Nissim emprunte à son père de nombreux traits de sa personnalité, autant Béatrice ressemble à sa mère – ce que Pierre Assouline résume lapidairement : « Lui, c’était son père. Elle, c’était sa mère[PA 2]. » De fait, le portrait de Béatrice enfant par Giovanni Boldini montre une certaine ressemblance de traits avec Irène. Au moral, Béatrice conservera toute sa vie le caractère résolu, indépendant et audacieux de sa mère.

Irène Cahen d'Anvers est un beau parti. Les Cahen d'Anvers sont une richissime famille de financiers juifs, arrivés à Paris une vingtaine d’années avant les Camondo, avec laquelle le père de Moïse, Nissim de Camondo, et son oncle, Abraham-Béhor, sont en relations d’affaires[SLT 1]. Peu après la naissance de sa fille Béatrice, Irène tombe amoureuse du comte Charles Sampieri, bel Italien que Moïse « a eu l’imprudence d’engager »[SLT 2] pour diriger son écurie. Plus qu’une simple aventure, cette relation va conduire à la séparation d’Irène d’avec son mari, séparation qui devient officielle en août 1897, Béatrice a trois ans. Le divorce est prononcé le . L’indignation est grande, car, à cette époque et dans ce milieu, on ne divorce pas. « Paul Morand dira plus tard qu’en ce temps-là les divorcés étaient encore des lépreux. »[PA 3]. Quelque temps après, Irène se convertira au catholicisme pour épouser le comte Sampieri, ce qui sera un nouveau motif de scandale dans l’aristocratie juive.

Il est difficile d’évaluer l’impact que la séparation, puis le divorce de ses parents ont eu sur Béatrice. Elle restera très attachée à son père et, après la mort de celui-ci, respectera scrupuleusement ses dernières volontés. Cependant, Nissim et Béatrice aiment très tendrement leur mère. Quand Moïse, enchaînant procès sur procès, parviendra à limiter le nombre de visites que celle-ci pourra recevoir de ses enfants, ceux-ci en souffriront beaucoup[SLT 3].

Moïse et Irène décident d’un commun accord que leurs deux enfants habiteront chez Moïse, passeront quatre mois par an avec leur mère, qui les verra tous les jours, et que leur éducation sera confiée à une gouvernante. Nissim et Béatrice « reçoivent des cours de solfège, d’anglais, pratiquent tous deux l’équitation. Enfin, tous les vendredis, un rabbin les initie à la religion[SLT 4]. » . Béatrice travaille mieux que Nissim. Déjà, dans ses compositions françaises, se fait jour la grande passion de sa vie : le cheval et son monde, « une passion qui, avec l’âge, tournera à l’obsession exclusive et dévorante »[PA 4] .

L’enfance de Nissim et de Béatrice semble avoir été marquée par la régularité : « Réglée comme du papier à musique, leur existence se partage principalement entre la rue de Monceau, quelques séjours chez leur mère ou chez leurs grands-parents à Champs-sur-Marne, et les fins de semaines à la campagne. »[PA 5] .

La villa à Aumont-en-Halatte, non loin de Senlis, que Moïse achète en juin 1904 est aussitôt rebaptisé Villa Béatrice. Dans cette propriété, qui porte son prénom, Béatrice va pouvoir s’adonner avec enthousiasme à l’équitation. Les Camondo ont une prédilection pour « la plus noble conquête de l’homme ». De Moïse, Pierre Assouline écrit : « Il lui eût été impossible de n’être pas un homme de cheval, étant naturellement entendu que le cheval n’était pas un animal, mais un monde et un langage[PA 6]. » . Le cheval est le dénominateur commun à tous les prédicats mondains qu’il met en avant dans les annuaires : turfiste, sportsman, clubman. L’aristocratie israélite, qui s’efforce de ressembler à la vieille noblesse d’épée du faubourg Saint-Germain - profondément antisémite - met la chasse à courre au premier rang de ses activités mondaines. Les terres et les bois entourant la propriété d’Aumont, comme la forêt d'Halatte, vont être le lieu de parties de chasse auxquelles participera Béatrice, vêtue d’une robe foncée et coiffée d’un tricorne, puisque depuis 1885 « les femmes sont admises comme sociétaire dans cet équipage[SLT 5] ». Elle fréquente le centre de l'Étrier à Neuilly, et dès 1907, devient sociétaire de l'équipage Par Monts et Vallons.

La mort du frère bien-aimé[modifier | modifier le code]

La mort de Nissim est une tragédie pour Moïse et pour Béatrice. Celle-ci, très proche de son frère, lui voue une affection qu’il lui rend bien. Pour Nissim, Béatrice est sa « Bella chérie », celle à qui il écrit du front : « je pense tout le temps à toi ; j’ai toujours ta photo sur moi et je t’embrasse de tout mon cœur »[SLT 6] .

Le , la mobilisation générale est proclamée ; Nissim rejoint son unité. « Il s’y précipita doublement, en tant que français et en tant que juif. Il fallait sauver la France de Bouvines, de Rocroi, de Valmy. C’était aussi la France qui avait rendu les honneurs au capitaine Dreyfus pour se faire pardonner de l’avoir injustement humilié. »[PA 7] Nissim est lieutenant d’observation dans l’armée de l’air. Depuis longtemps la photographie aérienne est sa passion, et des clichés de la France vu du ciel s’accumulent dans sa chambre. Nissim est un combattant courageux, résolu. Sa bravoure lui vaut d’être deux fois cité à l’ordre de l’Armée pour son attitude au combat. Il donne régulièrement des nouvelles à son père et à sa sœur, qui savent à quels dangers croissants il s’expose et en éprouve une vive angoisse. Mais il ne faut pas inquiéter ceux qu’on aime, et quand il écrit à Béatrice, il l’entretient souvent de son sujet préféré : « Pickwick, [le cheval de leurs amis Kulp], a eu la veine d’être abandonné fourbu, à Valgenceuse, la propriété de ses maîtres. La belle jument baie de Mme Casteja a reçu une balle dans la tête à Charleroi. Le cheval Louvet du piqueur est toujours là, Rayon d’or aussi, le cheval gris des Baudriers aussi. Gaborrot en est à son quatrième cheval et moi à mon onzième... (...)»[SLT 7]

Synagogue de la rue de la Victoire où ont eu lieu les funérailles de Nissim de Camondo

Depuis mars 1916, Nissim est chargé du service photo de son escadrille. Il apprend aussi à piloter. « Voler est un véritable bonheur pour lui. »[SLT 8] Le , il pilote son avion en mission photographique. Il est attaqué par un monoplace ennemi. À l’issue d’un combat bref mais violent, son appareil, endommagé, tombe sur le revers d’un coteau. Nissim a le crâne fracassé[SLT 9]. Pendant trois semaines, Moïse et Béatrice ne reçoivent aucune nouvelle et imaginent le pire. Ce n’est que le 27 septembre qu’ils reçoivent confirmation de la mort de leur fils et frère.

Moïse et Béatrice conduisent le deuil. Un service funèbre est célébré le 12 octobre à la grande synagogue de la rue de la Victoire[PA 8]. Les témoignages de sympathie sont innombrables, venant de toutes les grandes familles de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie d’affaires: même le Faubourg Saint-Germain, si fertile en propos antisémites, y va de sa compassion : l’heure n’est-elle pas à l’Union sacrée ?

La maturité[modifier | modifier le code]

Parmi les grandes familles israélites françaises, les Reinach, d’origine francfortoise, forment une véritable dynastie, « une nébuleuse »[PA 9]. Comme pour les Camondo, la banque est à la source du patrimoine familial. Quant à la France, où les Reinach décident de s’établir dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle est le pays des droits de l'Homme, des valeurs républicaines transmises par la Révolution française, valeurs dans lesquelles ils élèvent leurs enfants sans pour autant négliger l’héritage du judaïsme. De même qu’une autre grande lignée israélite, les Cahen d'Anvers, se sont alliée aux Camondo par le mariage de Moïse et d’Irène, de même la famille Reinach prend alliance avec « les Rothschild de l’Orient »[note 1],[note 2] grâce à l’union de Léon Reinach et de Béatrice.

Béatrice de Camondo devient Madame Reinach en 1918. Moïse s’en réjouit, qui déclare dans sa correspondance : « Le mariage de ma fille a été pour moi une grande satisfaction et un gros souci de moins. »[SLT 10] Si l’origine de la fortune des Reinach est la banque, le père de Léon Reinach, Théodore Reinach, et ses deux oncles, Joseph et Salomon sont célèbres par leur stature intellectuelle. Ce sont des savants humanistes, qui joueront un rôle actif dans le parti dreyfusiste. Théodore, archéologue, professeur au Collège de France, membre de l’Institut, est aussi mathématicien, juriste, philologue, épigraphiste, historien, musicien, numismate et député de Savoie. « Il passait, écrit Pierre Assouline, pour le plus doué des trois frères, celui qui avait le plus de facilité en toutes choses. »[PA 10]. Il fera construire à Beaulieu une villa grecque, la villa Kerylos, « synthèse de sa culture hellénistique et de son imaginaire »[SLT 11].

Après de brillantes études au lycée Condorcet, Léon Reinach choisit de mener une vie de dilettante. Ni l’École normale supérieure, comme pour son oncle Salomon, ni le journalisme, comme pour son oncle Joseph, ne lui serviront de tremplin pour s’élever à une brillante carrière. Léon n’a pas de profession, et sa fortune personnelle lui permet de n’en pas avoir. Il ne montre aucun intérêt pour les affaires. La grande passion dans sa vie est la musique, « celle de Fauré, de d’Indy et de Franck surtout »[PA 11]. Il compose à ses heures. « C’était un homme du monde, mais dépourvu de snobisme. »[PA 12].

Béatrice est très fière de sa famille et de son nom, et l’envergure intellectuelle des Reinach ne l’impressionne guère. Pas plus qu’elle ne partage le goût de son père pour l’art, au point de devenir elle-même collectionneuse, ne montre-t-elle d’intérêt pour une discipline intellectuelle particulière. « Avec la maturité de la trentaine, écrit Pierre Assouline, elle était devenue une rousse remarquée, une femme du monde, une mère de famille et une sportive émérite. Sa passion du cheval, qui était restée intacte, la distinguait non seulement dans les concours hippiques, mais dans les chasses à courre, notamment celles des Rothschild dans la forêt de Compiègne. Mais si elle avait hérité du tempérament de sa mère, qu’elle ne cessait de voir, et plus encore depuis la mort de Nissim, elle avait également hérité des difficultés auditives de son père. La conjugaison des deux l’isolait toujours un peu plus. Ses proches assuraient qu’elle ne trouvait son bonheur nulle part ailleurs mieux que dans la splendide solitude de la chevauchée. »[PA 13] . Son appareil photographique l’accompagne, qui fixe les fastes des cérémonies de la Saint Hubert et la splendeur des équipages.

Léon Reinach et Béatrice vivent quelque temps dans l’hôtel de la rue de Monceau, la résidence parisienne de Moïse, et qui deviendra en 1936, suivant la volonté de celui-ci, le musée Nissim-de-Camondo, en souvenir à la fois du fils perdu et du père, qui avait commencé la collection d’œuvres d’art. Mais à la naissance de Fanny en 1920, suivie de celle de Bertrand en 1923, le couple emménage dans un appartement du boulevard Maurice-Barrès, à Neuilly, partageant son temps entre ce domicile luxueux, la « Villa Pataras » au Pyla, en Gironde et le château d’Aumont.

La mort du père[modifier | modifier le code]

C’est en 1924 que Moïse décide de concrétiser son idée de transformer l’hôtel de la rue Monceau en musée; il n’a plus d’héritier mâle et sa résidence parisienne lui semble bien grande et bien vide, surtout depuis que les Reinach ne l’habitent plus. Il écrit ainsi à son notaire, maître Naret : « Désirant perpétuer la mémoire de mon père le comte Nissim de Camondo, et celle de mon malheureux fils le lieutenant Nissim de Camondo, tombé en combat aérien le 5 septembre 1917, je lègue au musée des arts décoratifs, pavillon de Marsan à Paris, mon hôtel sis à Paris 63, rue de Monceau, tel qu’il se composera au moment de mon décès, c'est-à-dire avec tous les objets d’art et d’ameublement qu’il contiendra. (...) Il sera donné à mon hôtel le nom de musée Nissim-de-Camondo, nom de mon fils auquel cet hôtel et ses collections étaient destinés. J’entends que ce legs fait au musée des Arts décoratifs soit considéré comme fait à l’État français, propriétaire réel du musée dont la gestion seule appartient à l’Union des Arts décoratifs en vertu d’une convention récemment passée entre l’État et l’Union centrale.»[SLT 12]

Dès que l’état de santé de Moïse s’aggrave, Béatrice décide de s’installer rue de Monceau. Jusqu’à la fin, elle prodiguera à son père soins, tendresse et sollicitude.

Moïse meurt en , soit le 18 Hechwan 5696 du calendrier hébreu. Les obsèques ont lieu à la synagogue de la rue Buffault, et l’inhumation au cimetière de Montmartre, dans le caveau de famille. Béatrice respecte scrupuleusement les volontés du défunt, et quoique le fastueux legs de son père à l'Etat français excède la quotité disponible de son patrimoine, elle ne s'y oppose pas. Outre de l’argent et des titres elle reçoit en héritage un certain nombre de souvenirs provenant de l’hôtel de la rue Monceau (porcelaine, argenterie, lingerie, batterie de cuisine, cave) ainsi que les chevaux, voitures et automobiles.

Le a lieu l’inauguration du musée Nissim-de-Camondo; Béatrice fait les honneurs des lieux à une société des plus choisies; quelques jours après, le président Albert Lebrun viendra visiter le musée.

En route pour le pire[modifier | modifier le code]

Le camp d'Auschwitz-Birkenau

En 1936, l’atmosphère est déjà irrespirable pour les juifs d’Allemagne. Les lois raciales de Nuremberg les excluant de la vie nationale et leur interdisant toute union avec un Aryen ont été promulguées en 1935. Les pogroms de la Nuit de Cristal sont proches (9-10 novembre 1938). Béatrice ne semble cependant pas prêter trop d’attention aux menaces, pourtant bien réelles, qu’Hitler fait peser sur ses coreligionnaires d’outre-Rhin.

Survient l’Occupation. Béatrice ne se sent plus juive[SLT 13]. Sa conversion au catholicisme, au début de l’année 1942, est suivie de son baptême chez les bénédictines de Vanves. La mésentente règne dans le couple Reinach. Béatrice et Léon se séparent. Leur divorce sera prononcé le . Bertrand vit avec son père, et Fanny avec sa mère. Touchés par les décrets antisémites, Léon fait de son mieux pour sauver la fortune des Reinach avant que sa propre protection et celle de ses enfants ne prennent le pas sur toute autre considération.

Le pillage des œuvres d’art et la saisie des biens israélites ont commencé; Léon proteste en vain auprès des autorités françaises, rappelant à quel point Isaac de Camondo, frère de Moïse et collectionneur enthousiaste, resté sans héritiers légitimes, Théodore Reinach et Moïse lui-même ont contribué à accroître la richesse du patrimoine artistique français.

Léon décide de se réfugier à Pau, alors en zone libre, avec l’intention de passer en Espagne. Il y est rejoint par Bertrand. Parfois, Fanny prend le risque de franchir la ligne de démarcation pour les retrouver, puis retourne à Paris auprès de sa mère.

Les rafles de Juifs se multiplient, mais Béatrice refuse de quitter la capitale, demeurant toujours dans son duplex du boulevard Maurice-Barrès. Elle monte à cheval tous les matins dans les allées du bois de Boulogne, portant l’étoile jaune, obligatoire depuis juin 1942, et participe à des concours hippiques avec des officiers allemands. Inconscience ? Crânerie ? Fatalisme ? « Plus israélite que juive, foncièrement française et aristocrate à sa manière, sûre d’elle et assez snob, elle se sentait protégée par l’ombre de son frère mort pour la France. Comme beaucoup, elle croyait que les Juifs étrangers étaient visés prioritairement sinon exclusivement. On disait aussi qu’elle avait noué des relations utiles dans ces manèges fréquentés par des officiers junkers. On disait même qu’elle avait participé avant-guerre à des chasses à courre avec Goering et que cela l’immunisait contre le sort commun. Du moins en était-elle persuadée. »[PA 14]

Il est également avancé qu'elle aurait remporté une épreuve hippique sportive au détriment d'un officier allemand qui, humilié, aurait pu ensuite s'en venger.

Le [PA 15] ou pendant l’été 1943[SLT 14], la police arrête Béatrice et Fanny un jour où elles ne portaient pas l'étoile jaune, selon Assouline. On ne sait si c’est la police allemande ou la police française qui vient les chercher à leur appartement de Neuilly. Le 12 décembre, à Sentein (Ariège)[PA 16], Léon et Bertrand, trahis par un passeur, sont arrêtés à leur tour. En 1943, ils sont tous les quatre internés au camp de Drancy. Les démarches de Georges Duhamel, secrétaire perpétuel de l'Académie française pour faire libérer Léon, au motif de sa santé précaire, n’aboutissent pas.

Drancy, « le dernier cercle avant l’enfer »[SLT 15], est un lieu où, pour espérer échapper à la déportation, il faut se rendre utile par son travail. En juillet 1943, le nouveau directeur du camp, le capitaine SS Aloïs Brunner, chasse les fonctionnaires et la gendarmerie française et les remplace par des internés chargés des fonctions d’intendance. Béatrice y est officiellement responsable du service des nourrissons[SLT 16] . Illusoire protection qui, pas plus que sa nationalité française, ne va lui permettre d’échapper à la déportation.

Le 20 novembre 1943, le convoi n° 62, dont Léon, Bertrand et Fanny font partie, emmène 1 200 Juifs vers la mort; il arrive cinq jours plus tard à Auschwitz; d’après le récit de survivants de ce convoi, Léon et Bertrand auraient été supprimés parmi les premiers, Fanny aurait succombé au typhus peu après.

Les circonstances de la mort de Béatrice n’ont pas été élucidées; elle fait partie du convoi n° 69 du 7 mars 1944 qui compte 1 501 personnes et atteint Auschwitz le 10 mars. À son arrivée au camp, elle échappe à la chambre à gaz. Est-elle morte d’épuisement, de mauvais traitements, de maladie ? Son décès interviendrait le , soit deux semaines avant l'évacuation forcée du camp à l'approche des troupes soviétiques[note 3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Expression rappelée par Adrien Goetz dans son article de l'Encyclopedia Universalis sur CD : Camondo musée Nissim de
  2. Constantinople est le berceau de la famille Camondo
  3. Exposition La splendeur des Camondo, musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, 71 rue du Temple, 75003 Paris (du 6 novembre 2009 au 7 mars 2010)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du 16e arrondissement/année 1894/acte de naissance n° 809, avec mention marginale du décès : date indiquée, 5 janvier 1945 à Auschwitz.
  1. p. 197
  2. p. 197
  3. p. 234
  4. p. 241
  5. p. 211
  6. p. 218
  7. p. 259
  8. p. 271
  9. p. 287
  10. p. 289
  11. p. 289
  12. p. 289
  13. p. 290
  14. p. 314
  15. p. 315
  16. p. 315
  1. p. 201
  2. p. 205
  3. p. 206
  4. p. 206
  5. p. 215
  6. p. 232
  7. p. 231
  8. p. 240
  9. p. 249
  10. p. 253
  11. p. 253.
  12. p. 255
  13. p. 267
  14. p. 267
  15. p. 267, citant A. Rayski, Le Choix des juifs sous Vichy, entre soumission et résistance
  16. p. 269