Sarah Kofman

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Sarah Kofman est une philosophe et essayiste française, née à Paris le et morte le dans la même ville.

Spécialiste de Platon, de Friedrich Nietzsche et de Sigmund Freud, elle est également l'auteur de nombreux essais d'esthétique et d'écrits autobiographiques originaux.

Elle était la fille du rabbin hassidique Bereck Kofman, ayant émigré avec sa femme depuis la Pologne à Paris dans l'entre-deux guerre, raflé chez lui le 16 juillet 1942 par la police française, déporté et assassiné à Auschwitz[1].

Sarah Kofman
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Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Paris, Kofman commence sa carrière d'enseignante en philosophie à Toulouse en 1960 et travaille simultanément sous la direction de Jean Hyppolite (études de quelques mythes platoniciens), Mikel Dufrenne (sur l'esthétique de Freud pour sa thèse de troisième cycle, L'enfance de l'art) puis Gilles Deleuze (pour son doctorat d'Etat sur travaux). En 1968/69, Kofman rencontre Jacques Derrida et fréquente ses séminaires à l'École normale supérieure. À partir de 1970, elle devient Maître de conférences puis, en 1991, professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Avec Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe et Derrida, elle dirige la collection « La philosophie en effet » aux Éditions Galilée[2]. Elle collaborait à de nombreuses revues telles Poétique, Critique, Littérature ou la Revue française de psychanalyse. À part ses nombreux travaux sur Freud et Nietzsche, Sarah Kofman s'intéresse également à Gérard de Nerval, Auguste Comte, Shakespeare et à la place occupée par la femme chez ces différents auteurs.

En 1994, elle publie un récit autobiographique, Rue Ordener, rue Labat, évoquant son enfance juive avant puis sous l'Occupation, la déportation de son père et son terrible sort d'enfant caché. Elle se suicide peu après. Les hommages et nécrologies attestent du choc que cela produisit dans son entourage.»[3],[4],[5],[6]

Publications principales[modifier | modifier le code]

  • L'Enfance de l'art. Une interprétation de l'esthétique freudienne, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique. Science de l'homme », 1970 ; rééd. « Petite bibliothèque Payot. Collection Science de l'homme », 1975. (ISBN 2-228-32500-7)
  • Nietzsche et la métaphore, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique », 1972. Ouvrage composé des textes remaniés de trois articles de l'auteur extraits de Critique, avril 1970-septembre 1971 et de Poétique, 5 ; 2e éd. revue et corrigée, Galilée, « Débats », 1983. (ISBN 2-7186-0249-X) ; 3e éd. revue, corrigée et augmentée, 1985. (ISBN 2-7186-0273-2) (notice BnF no FRBNF34911333)
  • Camera obscura. De l'idéologie, Paris, Galilée, « La Philosophie en effet », 1973. En appendice: « Usage de la Chambre obscure », par Willem Jacob 's Gravesande. (ISBN 2-7186-0007-1)
  • Quatre romans analytiques, Paris, Galilée, « La Philosophie en effet », 1974. (ISBN 2-7186-0016-0)
  • Autobiogriffures, Paris, Christian Bourgois, 1976. (ISBN 2-267-00043-1) ; 2e éd. revue et corrigée sous le titre: Autobiogriffures du « Chat Murr » d'Hoffmann, Paris, Galilée, « Débats », 1984. (ISBN 2-7186-0267-8). Sur E.T.A. Hoffman, Lebens-ansichten des Katers Murr.
  • Aberrations. Le devenir-femme d'Auguste Comte, Paris, Aubier/Flammarion, « La Philosophie en effet », 1978.
  • Nerval: le charme de la répétition. Lecture de « Sylvie », Lausanne-Paris, l'Âge d'homme, « Cistre essais », 1979.
  • Nietzsche et la scène philosophique, Paris, Union générale d'éditions, « 10/18 », 1979. (ISBN 2-264-00247-6) ; éd. revue et corrigée, Galilée, « Débats », 1986. (ISBN 2-7186-0304-6)
  • L'Énigme de la femme : la femme dans les textes de Freud, Paris, Galilée, 1980. (ISBN 2-7186-0192-2) ; 2e éd. revue et corrigée, 1983 (ISBN 2-7186-0192-2) ; rééd. Paris, Librairie générale française, 1994. (ISBN 2-253-94194-8)
  • Le Respect des femmes : Kant et Rousseau, Paris, Galilée, « Débats », 1982. (ISBN 2-7186-0225-2)
  • Comment s'en sortir ?, Paris, Galilée, « Débats », 1983. (ISBN 2-7186-0240-6)
  • Un Métier impossible. Lecture de « Constructions en analyse », Paris, Galilée, « Débats », 1983. (ISBN 2-7186-0241-4)
  • Lectures de Derrida, Paris, Galilée, « Débats », 1984. (ISBN 2-7186-0251-1)
  • La Mélancolie de l'art, Paris, Galilée, « Débats », 1985. (ISBN 2-7186-0274-0)
  • Pourquoi rit-on ? : Freud et le mot d'esprit, Paris, Galilée, « Débats », 1985. (ISBN 2-7186-0297-X)
  • Paroles suffoquées, Paris, Galilée, « Débats », 1986. (ISBN 2-7186-0312-7). Sur Maurice Blanchot et Robert Antelme.
  • Conversions. « Le Marchand de Venise » sous le signe de Saturne, Paris, Galilée, « Débats » 1987. (ISBN 2-7186-0325-9)
  • Socrate(s), Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1989. (ISBN 2-7186-0336-4)
  • Séductions. De Sartre à Héraclite, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1990. (ISBN 2-7186-0337-2)
  • avec Jean-Yves Masson, Don Juan ou le Refus de la dette, Paris, Galilée, « Débats », 1991. (ISBN 2-7186-0388-7)
  • « Il n'y a que le premier pas qui coûte » : Freud et la spéculation, Paris, Galilée, « Débats », 1991. (ISBN 2-7186-0396-8)
  • Explosion I. De l'Ecce homo de Nietzsche, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1992. (ISBN 2-7186-0397-6)
  • Explosion II. Les enfants de Nietzsche, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1993. (ISBN 2-7186-0418-2)
  • Le mépris des juifs. Nietzsche, les juifs, l'antisémitisme, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1994. (ISBN 2-7186-0437-9)
  • Rue Ordener, rue Labat, Paris, Galilée, 1994. (ISBN 2-7186-0439-5)
  • L'Imposture de la beauté et autres textes, Paris, Galilée, « La philosophie en effet », 1995. (ISBN 2-7186-0464-6). Posthume, recueil d'articles parus dans les années 1980.
  • Autre référence (non exhaustif) :
    • François Laruelle, Le déclin de l'écriture suivi d'entretiens avec Jean-Luc Nancy, Sarah Kofman, Jacques Derrida, Philippe Lacoue-Labarthe, Aubier-Flammarion, Coll. La Philosophie en effet, 1977

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Dictionnaire des femmes juives en France. Présences féminines juives en France (XIXe et XXe siècles), « KOFMAN Sarah 1934-1944 Philosophe ».
  2. D'après sa notice biographique aux Éditions du Cerf.
  3. Yves Michaud
  4. Roger-Pol Droit, « Sarah Kofman », notice biographique, Encyclopædia Universalis, accès en ligne avec abonnement. Il ne s'agirait pas selon lui d'un hasard.
  5. Arnaud Spire,, « "Suicide de Sarah Kofman" », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  6. Heinz Weinmann, « Sarah Kofman. In Memoriam », Études littéraires Volume 28, numéro 1, été 1995, p. 5-6,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

QUELQUES ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE SECONDAIRE (1997 - 2015)

  • Françoise Collin, numéro spécial "Sarah Kofman", Les cahiers du Grif, 1997, Hors série n°3 (comprend plusieurs hommages d'amis et collègues, dont Françoise Collin, Jacques Derrida, Jean-Luc Nancy, Françoise Proust, Monique Schneider, ainsi qu'une notice biographique et sa bibliographie 1963-1994, établie par son traducteur Duncan Large en 1993 (in S. Kofman, Nietzsche and Metaphor, London, Athlone Press, p. 191-207).
  • Penelope Deutscher & Kelly Oliver (ed.), Enigmas : essays on Sarah Kofman, Cornell University Press, 1999, 284 p.
  • Tina Chanter - Pleshette DeArmitt (ed.), Sarah Kofman's Corpus, New York, Suny Press, 2008
  • Philippe Boutibonnes - Alexandre Kyristsos (dit), dossier "Sarah Kofman", revue Fusées 2009/16, contient des textes et des dessins de Sarah Kofman, ainsi que d'autres hommages de ses amis, tels Françoise Armengaud, Philippe Boutibonnes, Philippe Lacoue-Labarthe)
  • Philippe Boutibonnes - Jean-Luc Nancy, revue Fusées 2010/17, contient une étude de chacun d'eux ("En ce commun effroi" et "Sarah dessine") et des dessins de Sarah Kofman
  • Mathieu Frackowiak, Sarah Kofman et le devenir-femme des philosophes, Paris, Hermann, 2012, 212 p.
  • Karoline Feyertag, Sarah Kofman. Eine Biographie, Wien-Berlin, Turia+Kant Verlag, 2014, 336 p. (comporte une notice biographique et une bibliographie primaire actualisées (1963-2014), ainsi que des éléments de bibliographie secondaire internationale)
  • Isabelle Ullern - Pierre Gisel (dir.), Penser en commun ? Un rapport sans rapport [J-L. Nancy et S. Kofman, lecteurs de Blanchot en différend, avec des cartes inédites de M. Blanchot à S. Kofman][1], Paris, Beauchesne, 2015, contient nombre d'interventions en dialogue de Jean-Luc Nancy sur Sarah Kofman, ainsi que les études spécifiques suivantes :
    1. Michaud Ginette, “,Traiter de l’intraitable’. Remarques sur la pensée de l’esthétique de Sarah Kofman dans Mélancolie de l’art”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., p. 201-233    
    2. Ullern, Isabelle, “Penser en commun ? une scène polymorphe selon S. Kofman”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., p. 143-164    
    3. Ullern, Isabelle, “La voix oubliée de Sarah Kofman sur la scène des lectures de Blanchot”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., p. 195-197    
    4. Ullern, Isabelle, “Dire sous la contrainte/Lire vers la liberté ? La difficile leçon sur le sublime de Sarah Kofman”, in: I. Ullern, P. Gisel (dir.), Penser en commun ?, op. cit., p. 235-273

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Rue Ordener, rue Labat (un souvenir de Sarah Kofman), film documentaire couleur de Shiri Tsur, 33mn, production FEMIS 1995 (disponible au Forum des images, Paris) : " Emue par le récit autobiographique de Sarah Kofman, philosophe et écrivain, racontant sa vie de petite fille juive à Paris pendant la guerre, une jeune cinéaste part sur les lieux de cette enfance, dans le 18e arrondissement d'aujourd'hui. Lus par Judith Magre, des extraits du livre "Rue Ordener, rue Labat" éclairent cette quête. " .
  • Sarah(k.), un film de Christophe Bisson (en) produit par Triptyque Films, 2014. Résumé : « Pendant des décennies Sarah Kofman a dessiné sur des fiches bristol des visages aux yeux excavés et à la bouche béante, portraits frontaux sans corps ni sexe surgissant d’un fond blanc sans fond... Après sa mort en 1994, ses proches ont retrouvé des centaines de ces dessins au sens énigmatique. Philippe Boutibonnes, qui a longuement correspondu avec Sarah Kofman et qui possède plusieurs de ses dessins, parcourt avec ses doigts et ses mots les tracés et se souvient des derniers moments passés avec elle. Quel secret ces figures qui nous dévisagent dévoilent-ils ? »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Rosenblum, Rachel, « Peut-on mourir de dire ? Sarah Kofman, Primo Levi », Revue française de psychanalyse, (ISSN 0035-2942), 2000, vol 64, no 1, p. 113-137[2]
  • Michaud, Ginette, “Résistances du récit (Kofman, Blanchot, Derrida)”, in: Francine Belle-Isle, Simon Harel et Gabriel Louis Moyal (dir.), L’étonnement, Montréal, Liber, 2000, p. 191-223.
  • Philippe Boutibonnes, In absentia. A propos des dessins de Sarah Kofman, Lyon, éditions Galerie Librairie L’Ollave, 2003    
  • Rosenblum, Rachel, “Distancing emotion. Surviving the Account of Catastrophe”, in: Passions in Context II 1, 2011, p. 119-150 
  • DeArmitt, Pleshette, "Conjuring Bodies: Kofman's Lesson on Death", Parallax, 2011/17: 1, p. 4-17 (10.1080/13534645.2011.530539)
  • Ullern Isabelle, "Sarah Kofman. Pour mémoire", revue Informations juives, avril 2014, p. 36
  • Ullern, Isabelle, “Construction en philosophie. Autour d’une lettre d’André Green à Sarah Kofman” (suivi de l’édition de la lettre de A. Green), in: Revue française de psychanalyse 2015/3, p. 880-888.    
  • Ullern, Isabelle, “Potenza vitale del testo? Sarah Kofman: ,come uscire’ dal ‘trauma storico’?”, in: “il trauma, la Storia”, Notes per la psicoanalisi 2, 2016, p. 65-78 (fait aussi le point sur les publications concernant S. Kofman en italien).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]