Centre de documentation juive contemporaine

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Le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) est une organisation française créée par Isaac Schneersohn durant la Seconde Guerre mondiale. Elle avait pour but de collecter et préserver les preuves des exactions nazies envers la communauté juive lors de cette période, en vue du devoir de mémoire ainsi que des procès contre d’anciens criminels de guerre ou pour la restitution de biens spoliés.

Le CDJC a été fusionné avec le Mémorial du martyr juif inconnu pour fonder le Mémorial de la Shoah, qui a ouvert ses portes le .

Création[modifier | modifier le code]

Isaac Schneersohn fonde le Centre à Grenoble en avril 1943. Léon Poliakov, Joseph Billig ou Lucien Steinberg participent à l’organisation. À la réunion de fondation dans son appartement rue Bizanet, se retrouve la plupart des organisations juives de l'époque comme l'UGIF, l'OSE, l'ORT. Il semble que l'objectif de départ n'était pas d'écrire l'histoire des persécutions subies par les Juifs mais de préparer leur réintégration dans la société française après-guerre[1]. Des documents comme la liste des bien aryanisés sont rassemblés. À la fin de la guerre, Isaac Schneersohn charge Léon Poliakov de récupérer les archives allemandes en France que ceux-ci ont abandonné en fuyant Paris. Ce dernier munie d'une lettre de recommandation d'un ancien ministre de la IIIe République peut récupérer une caisse de bois contenant les archives SS en France[2].

Les archives du CDJC sont rapidement enrichies. Ainsi en 1947, elles sont composées entre autres de celles de la Gestapo, des services d'Otto Abetz à l'ambassade d'Allemagne, du gouvernement de Vichy, de l'état-major allemand, du commissariat aux questions juives... On trouve aussi 75 000 fiches où sont recensés les biens volés aux Juifs[2]. Ce fond documentaire très riche a permis l'établissement de dossiers individuels pour des pensions dans le cadre de la politique de réparation de l'Allemagne. Il a aussi servi au procès Eichmann à Jérusalem et à celui de Klaus Barbie en France[3].

Participation au procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Le Centre remet à Edgar Faure, peu avant le début du procès, et « à titre de confiance tout à fait personnelle[4] », un ensemble de documents issue des archives SS en France. Faure, après examen des documents, conclut : « C’était la mécanique de la criminalité d’État qui se photographiait sur un certain nombre de pièces décisives permettant de saisir la complicité à tous les niveaux et dans tous les rameaux de cette arborescence »[5]. Léon Poliakov assiste Edgar Faure en tant qu'expert lors de ce procès.

Le travail de CDJC[modifier | modifier le code]

Le CDJC effectue dès le début un véritable travail historique grâce à des chercheurs travaillant pour le centre comme Poliakiv ou Billig. Georges Wellers y travaille de façon bénévole. édite des livres et une revue dès 1945. Le travail du centre est reparti dans plusieurs commissions (justice, camps..). La commission des camps établit une chronologie minutieuse du sort des Juifs dans les camps français.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Centre est depuis 1997 partie intégrante du Mémorial de la Shoah (situé à Paris), à la suite de la fusion entre le Centre et le Mémorial de la Shoah, fondé en 1956.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annette Wieviorka, Déportation et génocide. Entre la mémoire et l’oubli, Plon, 1992, p. 417
  2. a et b Annette Wieviorka, p. 419
  3. Annette Wieviorka, p. 420
  4. Annette Wieviorka, Le procès de Nuremberg, éd. Liana Levi, coll. « Piccolo / histoire » (no 42), Paris, 2006, 312 p. (ISBN 2-86746-420-X).
  5. Edgar Faure, Mémoires, vol. II Si tel doit être mon destin ce soir…, éd. Plon, Paris, 1984, 691 p. (ISBN 2-259-01216-7), p. 33.