Elie Cyper

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Elie Cyper
Nom de naissance Elie Cyper
Naissance
Emeltchino, en Ukraine, près de Kiev
Décès (35 ans)
Kovno, Lituanie-Estonie
Nationalité Française
Pays de résidence France
Diplôme
Activité principale
Formation
Distinctions
Rue du Rabbin Cyper à Dijon
Conjoint
Denise Ebstein
Descendants
2 jumelles, Arlette et Claudine

Elie Cyper (Cyperucha)[1],[2] (12 septembre 1908 - 15 juillet 1944), est un rabbin et résistant français, déporté et tué par les nazis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Emeltchino, en Ukraine, près de Kiev, il immigre en France, le 11 mars 1922, après la mort de ses parents tués, dans un pogrom. Il finit ses études secondaires à l'École Maïmonide à Paris et obtient son baccalauréat en philosophie en . De 1927 à 1932, il entame une licence en Lettres et en Histoire-Géographie à la Sorbonne, suivant parallèlement les cours du Séminaire Israélite de France de Paris. Il fait partie du mouvement sioniste religieux Mizrahi.

Naturalisé français en 1932, il effectue son service militaire à Strasbourg dans les Chasseurs, puis dans les services géographiques de l'armée.

En 1935, il est nommé rabbin de la Communauté de Versailles[3]. Il enseigne en outre l'histoire juive et l'hébreu à l'École Orientale de jeunes filles de l'Alliance Israélite Universelle.

Le 6 juin 1937, il épouse Denise Ebstein, originaire d'Alsace. En , naissent leurs jumelles, Arlette et Claudine.

Il est nommé en rabbin de la Communauté de Dijon[4],[5].

Selon Julie Phillipe (2007)[6], Elie Cyper est averti par le chanoine Kir[7], alors conseiller municipal de Dijon du projet des allemands de détruire la synagogue:

"Dans ses mémoires, le chanoine Kir déclare qu'il a sauvé la synagogue [de Dijon] de la destruction. Les Allemands voulant détruire la synagogue, celui-ci, membre du conseil municipal, la transforme en entrepôt de vêtements pour les soldats rapatriés. Voyant qu'elle pouvait servir, les Allemands renoncent à leurs projets de destruction. Auparavant il avait pris soin de prévenir le Rabbin Élie Cyper afin qu'il sauve les objets de culte avant l'arrivée des Allemands."

Elie Cyper est mobilisé en comme capitaine-aumônier de la VIIIe Région, particulièrement dans la région de Bitche, et du secteur de la Sarre.

Fait prisonnier en à Saint-Florentin dans l'Yonne, il s'évade, et devient aumônier de la VIIe Région à Bourg (Ain) jusqu'à fin , date de sa démobilisation.

En , il devient le « rabbin des réfugiés » à Dole, dans le Jura, et est adjoint en décembre de la même année au rabbin de Périgueux, Victor Marx, débordé par l'afflux de 12 000 réfugiés repliés en Dordogne[8],[9]. il succède au rabbin Victor Marx, à la mort de ce dernier, en .

Résistance et déportation[modifier | modifier le code]

Actif dans le groupe Combat de la Résistance à partir de mai 1943, il parvient à mettre sa famille à l'abri, plaçant, en , ses filles dans une institution tenue par des religieuses catholiques, et trouvant un refuge pour sa femme à la campagne.
Nommé Capitaine des FFI le 7 avril 1944, il est arrêté par la Gestapo, le lendemain, le 8 avril 1944, le premier jour de la fête de Pessah. Son épouse et ses filles échappent à la déportation.
Le rabbin Cyper est interné durant un mois à Périgueux, puis transféré à Limoges, et ensuite à Drancy. Il n'y reste que cinq jours, avant d'être déporté depuis la gare de Bobigny, le 15 mai 1944 par le convoi 73[10],[11],[12],[13],[14]. Il est tué par les Nazis à Kovno, Lituanie-Estonie, à l'âge de 35 ans,[15].

La Rue du Rabbin Cyper[modifier | modifier le code]

Le 2 février 2008, le passage piétonnier reliant la rue de la Synagogue à la place Wilson à Dijon devient la Rue du Rabbin Elie Cyper avec l'inscription : Mort en déportation. Médaille de la Résistance et croix de guerre. 1908-1944. Ses deux filles, Arlette Cyper-Fontanini et Claudine Cyper-Treister, sont présentes, ainsi que deux petites filles[16],[17],[18],[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Henri Soïl. Elie Cyperucha dit Cyper
  2. Voir, Cyper, Elie, rabbin 31/2 Biographie dans Archives Juives. Revue d'histoire des Juifs de France.
  3. Voir, René Gribe. Mémoire d'un versaillais. 2 juin 2014. hakesher.wordpress.com.
  4. Voir, Lucien Mestman. Comment, pourquoi une Synagogue des Juifs à Dijon?
  5. Voir, Histoire des Juifs Bourguignons
  6. Aide et sauvetage de la population juive dans les départements de la Nièvre et la Côte d'Or, p. 111. tiré du site Yad Vashem.
  7. Voir également Lucien Mestman.
  8. Voir, Elie Cyper: inauguration du passage à Dijon portant le nom du Résistant. mémoiresvives.dijon. Vendredi 29 février 2008.
  9. Voir, Jean Daltroff. La Communauté israélite de Strasbourg repliée à Périgueux à partir de la correspondance privée de son président Léon Levy
  10. Voir, Le Convoi 73
  11. Voir Béatrice et Patrick Reynier. L'absence pour mémoire. Film documentaire sur le convoi 73. Mars 2007
  12. Voir Association des Familles et Amis des Déportés du Convoi 73. Site Officiel.
  13. Voir, La stèle des Déportés du Convoi 73 au Père-Lachaise
  14. Voir, Laurent Greilsamer. Drancy, 15 mai 1944: la mémoire sauvée du convoi numéro 73. Le Monde, 11 novembre 1999
  15. Voir Journal Officiel De La République Française, 24 septembre 1998. page 14579.
  16. Voir Rabbin Elie Cyper: Une rue pour mémoire.
  17. Voir Carte. Rue du Rabbin Elie Cyper
  18. Voir Rabbin Elie Cyper: Une rue pour mémoire
  19. Voir, Inauguration. Rabbin Elie Cyper: Une rue pour mémoire. Le Bien Public. dimanche 2 mars 2008