Salomon Altermann

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Salomon Alterman
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Biographie
Naissance
Décès
Activité

Salomon Altermann (1904, à Kaluszyn, Pologne - 2 avril 1942, Auschwitz[1]) est un brocanteur à Paris, français d'origine polonaise, déporté par le premier convoi de la déportation des Juifs de France. Son épouse et ses deux fils seront aussi déportés mais l'un des deux, Albert, survit à la Shoah.

Biographie[modifier | modifier le code]

Salomon Altermann est né en 1904 (le 5 janvier[2] ou le 17 mai[1] selon les sources), à Kaluszyn, Pologne. Il exerce le métier de brocanteur[3]. Son épouse est Roszka (ou Ida[3]) Altermann (née Zamerowska) est née le 1er janvier 1899à Kaluszyn, Pologne. Ils ont deux fils, Albert Altermann né le 2 décembre 1924 à Paris et Marcel Altermann, né le 27 octobre 1934 dans le 12e arrondissement de Paris. Ils habitent au 6 cité Lesage Bullourde, dans le Passage Bullourde, dans le 11e arrondissement de Paris[2].

Marcel Altermann[4] va à l'école des Garçons, au 10 rue Keller, dans le 11e arrondissement de Paris[5].

Dénonciation[modifier | modifier le code]

Patrick Fournier, dans sa thèse de doctorat de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, en science politique, thèse cotutelle internationale pour obtenir les grades de Docteur de l’Université d’Ottawa en Histoire, intitulée La délation des Juifs à Paris pendant l’Occupation, 1940-1944, Ottawa, 2016, traite de la dénonciation d'Albert Altermann, dans son introduction[6].

« Le 20 octobre 1943, un individu adressait une lettre au commissariat général aux Questions juives (CGQJ) dans laquelle il dénonçait Albert Altermann comme étant un Juif ayant en sa possession des faux papiers d’identité émis au nom d’« Albert Ledoux », de faire « partie d’une bande louche et dangereuse » et de n’être chez lui « qu’à partir de minuit jusqu’à 5 heures du matin », contrevenant ainsi au couvre feu qui était en vigueur à l’époque.1 Dans la conclusion de sa lettre, le délateur espérait une intervention rapide du Commissariat « pour arrêter cette bande dangereuse ».2 Quelques mois plus tard, le 7 décembre 1943, les inspecteurs Robert Douillet, René Landry et Pierre Jonet de la Section d’Enquête et de Contrôle (SEC), la section policière du Commissariat, se présentèrent à l’adresse indiquée dans la lettre, rue cité Lesage Bullourde dans le XIe arrondissement, pour vérifier l’information qui leur était parvenue. Sommé de décliner son identité, Altermann, 19 ans, « admit » ne plus porter l’étoile et faire de fréquents voyages à Marseille pour y chercher des marchandises qu’il revendait au marché noir à son retour à Paris. Officiellement, il fut trouvé en infraction à la huitième ordonnance allemande du 29 mai 1942 concernant le port de l’étoile. Or, se trouvaient aussi dans l’appartement Joseph Wulfowitch, 49 ans, sa femme Mindla, 41 ans, et leur fils Henri, 16 ans, officiellement domiciliés dans l’immeuble voisin, et donc en infraction à la sixième ordonnance allemande du 7 février 1942 exigeant que les Juifs avisent les autorités de tout changement d’adresse et soient présents à leurs domiciles entre 20h et 6h. L’examen des pièces d’identité de Joseph et Mindla Wulfowitch révéla que celles-ci étaient périmées, en infraction à l’ordonnance préfectorale du 10 décembre 1941. Interrogé par les inspecteurs de la SEC, Joseph Wulfowitch reconnut aussi ne pas porter l'étoile, se trouvant donc en plus en infraction à la huitième ordonnance allemande.
N’ayant pas le pouvoir officiel d’arrêter les quatre Juifs, les inspecteurs de la SEC conduisirent les victimes au poste de police du XIe arrondissement où ils furent mis à la disposition du « Service spécial des affaires juives » de la Préfecture de Police 3 puis, le lendemain, transférés à Drancy, le principal camp d’internement de la région situé en banlieue parisienne. Quelques jours plus tard, le 17 décembre 1943, ils furent entassés dans l’un des wagons du convoi no. 63 en direction d’Auschwitz. Par chance, Albert Altermann4, Joseph Wulfowitch5 et son fils Henri6 survécurent ; Mindla, quant à elle, fut sans doute gazée à son arrivée. »

Déportation[modifier | modifier le code]

Salomon Altermann est déporté par le Convoi No. 1, en date du 27 mars 1942, de Drancy/Compiègne vers Auschwitz. Roszka Altermann est déportée par le Convoi No. 14, en date du 3 août 1942, de Pithiviers vers Auschwitz. Marcel Altermann[7], âgé de 7 ans, est déporté par le Convoi No. 21, en date du 21 août 1942 du Camp de Drancy vers Auschwitz. Albert Altermann, âgé de 19 ans, est déporté par le Convoi No. 63, en date du 17 décembre 1943 du Camp de Drancy vers Auschwitz[2]. Seul Albert Altermann survit à la Shoah et revient en France[3].

Marcel Altermann meurt en déportation à Auschwitz le 29 août 1942[1].

Aryanisation du commerce Altermann[modifier | modifier le code]

En 1943, le commerce de Salomon Altermann est aryanisé par le Commissariat général aux questions juives[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]