Tristan Bernard

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Tristan Bernard
Description de l'image Tristan Bernard 1931.png.
Nom de naissance Paul Bernard
Naissance
Besançon, Doubs, Drapeau de la France France
Décès (à 81 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Tristan Bernard, nom de plume de Paul Bernard né à Besançon le et mort à Paris le , est un romancier et auteur dramatique français. Il est célèbre pour ses mots d'esprit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tristan Bernard
par Henri de Toulouse-Lautrec.

Fils d'architecte, Tristan Bernard quitte Besançon pour Paris à l'âge de quatorze ans et fait ses études au lycée Condorcet, puis à la faculté de Droit. Il se destine à une carrière d'avocat, « mais n'exerça jamais »[1], préférant se tourner vers les affaires et prendre la direction d'une usine d'aluminium à Creil. « Il se libère rapidement de cette fonction pour se consacrer à ses deux passions : l'écriture et le vélo (il fut un temps directeur du vélodrome Buffalo »[1] à Neuilly-sur-Seine. Plus tard, il dirige Le Journal des vélocipédistes.

En 1891, alors qu'il commence à collaborer à La Revue Blanche, il prend pour pseudonyme Tristan, le nom d'un cheval sur lequel il avait misé avec succès aux courses.

En 1894, il publie en collaboration avec Pierre Veber « un recueil de fantaisies, Vous m'en direz tant ! »[1] et, l'année suivante, sa première pièce, Les Pieds nickelés, un triomphe qui détermine une longue carrière de dramaturge à succès. Plusieurs de ses pièces seront d'ailleurs adaptées au cinéma.

Par quelques articles, il contribue en 1917 aux débuts du Canard enchaîné. Il préside les banquets pour les numéros-anniversaires du journal en 1931 et 1934. Il aurait, par ailleurs, inventé le jeu des petits chevaux[2].

Proche de Léon Blum, Jules Renard, Marcel Pagnol, Lucien Guitry et de bien d'autres artistes, Tristan Bernard se fait connaître pour ses jeux de mots, ses romans et ses pièces, ainsi que pour ses mots croisés. Il contribue aussi « largement au genre policier par son recueils Amants et Voleurs (1905), mais aussi avec plusieurs romans : L'Affaire Larcier (1907), Secrets d'État (1908), récit d'un complot contre le souverain de l'État imaginaire de Bergensland. Mathilde et ses mitaines [(1912)] met en scène la farfelue Mathilde Gourgeot qui préfigure le type de femme détective amateur qu'on retrouvera beaucoup plus tard chez Erle Stanley Gardner, Maurice-Bernard Endrèbe et quelques autres. Le Taxi fantôme (1919) oppose un historien et un politicien véreux, qui briguent tous deux un poste d'académicien. Son avant-dernière contribution, Aux abois (1933), écrite sous forme d'un journal intime, est sous-titrée Journal d'un meurtrier »[1]. Il publie un dernier roman policier avec Visites nocturnes (1934).

Humoriste facétieux, il ajoute une strophe aux Stances à Marquise[3] de Pierre Corneille, reprises en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

Pendant l'Occupation, presque octogénaire, menacé comme Juif, il est arrêté à Cannes et interné au camp de Drancy ; à son départ pour le camp, il a pour sa femme cette phrase : « Jusqu'à présent nous vivions dans l'angoisse, désormais, nous vivrons dans l'espoir. »

Il est libéré trois semaines plus tard grâce à l'intervention de Sacha Guitry[4] et de l'actrice Arletty. Il refuse une première fois sa libération, ne voulant pas laisser sa femme, Mamita ; ils sortent finalement tous les deux quelques jours après. Son petit-fils, François, déporté à Mauthausen, y trouve la mort ; Tristan Bernard ne se remettra jamais de cette disparition.

Mort à Paris en , Tristan Bernard est inhumé au cimetière de Passy (16e arrondissement).

Famille[modifier | modifier le code]

Tristan Bernard a eu trois fils. Le premier, Jean-Jacques, est un auteur dramatique, promoteur du « théâtre du silence » (Martine), qui témoigna également sur l'univers concentrationnaire (Le Camp de la mort lente, Le Pain rouge). Le deuxième, Raymond, est un grand réalisateur de cinéma, avec notamment Les Misérables, première version cinématographique en noir et blanc. Le troisième, Étienne, est professeur de médecine, phtisiologue, et contribue à la diffusion du BCG.

Tristan Bernard est par ailleurs le beau-frère du dramaturge Pierre Veber[5] et de Paul Strauss, sénateur de Paris.

Il est l'oncle du journaliste et scénariste Pierre-Gilles Veber et du scénariste Serge Veber, le grand-oncle du cinéaste Francis Veber et l'arrière-grand-oncle de l'écrivain Sophie Audouin-Mamikonian.

Mots d'esprit[modifier | modifier le code]

Caricature publiée dans Les Hommes du jour (1911).
  • À propos de l'invasion allemande pendant la Seconde Guerre mondiale :
    • « En 1914, on disait « on les aura », eh bien maintenant, on les a. »
    • « Comme c'est triste d'avoir si peu d'occupation dans un pays si occupé. »
    • « Tous les comptes sont bloqués, tous les Bloch (prononcer Bloc) sont comptés. »
    • À sa femme : « Jusqu'à présent nous vivions dans l'angoisse, désormais, nous vivrons dans l'espoir. »
  • À son départ pour le camp de déportation,
    • «  - De quoi avez-vous besoin M. Tristan Bernard ? »
    • «  - D'un cache-nez. »
  • « La mort, c'est la fin d'un monologue. »
  • « Il vaut mieux ne pas réfléchir du tout que de ne pas réfléchir assez. »

Tristan Bernard est également connu pour ses grilles de mots croisés, pleines d'esprit et de malice ; toutefois, contrairement à une idée reçue, ce n'est pas à lui que l'on doit cette définition en 8 lettres, « Vide les baignoires et remplit les lavabos » (entracte), mais à Renée David[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Visitant, en 1915 la cathédrale de Reims incendiée avec Léon Rosenwald et Schekri-Ganem.

Romans[modifier | modifier le code]

  • X..., roman impromptu, écrit en collaboration avec George Auriol, Georges Courteline, Jules Renard, Pierre Veber (1895)
  • Mémoires d'un jeune homme rangé (1899)
  • Un mari pacifique (1901)
  • L'Affaire Larcier (1907)
  • Secrets d'État (1908)
  • Deux amateurs de femmes (1908)
  • Le Roman d'un mois d'été (1909)
  • Nicolas Bergère, joies et déconvenues d'un jeune boxeur (1911)
  • Mathilde et ses mitaines (1912)
  • Le Taxi fantôme (1919)
  • L'Enfant prodigue du Vésinet (1921)
  • Le Jeu de massacre (1922)
  • Corinne et Corentin. Roman de mœurs et d'aventures à portée sociale intermittente (1923)
  • Féerie bourgeoise (1924)
  • Les Moyens du bord (1927)
  • Le Voyage imprévu (1928)
  • Hirondelles de plages (1929)
  • Paris secret (1933)
  • Aux abois : journal d'un meurtrier (1933)
  • Visites nocturnes (1934)
  • Robins des Bois (1935)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Les Pieds nickelés, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Œuvre, 15 mars 1895
  • Allez, messieurs ! pièce en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Odéon, 13 janvier 1897
  • Le Fardeau de la liberté, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Œuvre, 15 mai 1897
  • Franches Lippées, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre du Champ-de-Foire, 6 mars 1898
  • Silvérie, ou les Fonds hollandais, pièce en un acte, en collaboration avec Alphonse Allais, Paris, Théâtre des Capucines, 19 mai 1898
  • Le Seul Bandit du village, vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre des Capucines, 10 novembre 1898
  • Une aimable lingère, ou Chaque âge a ses plaisirs, proverbe de château, Paris, Théâtre des Mathurins, 26 janvier 1899
  • L'Anglais tel qu'on le parle, vaudeville en 1 acte, Paris, Comédie-Parisienne, 28 février 1899
  • Octave ou les Projets d'un mari, comédie en 1 acte, Paris, Grand-Guignol, 6 novembre 1899
  • La Mariée du Touring-Club, vaudeville en 4 actes, Paris, Théâtre de l'Athénée, 8 décembre 1899
  • Un négociant de Besançon, comédie en un acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 25 février 1900
  • La Petite Femme de Loth, opérette, Théâtre des Mathurins, 1er octobre 1900
  • L'Affaire Mathieu, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 24 octobre 1901
  • Daisy, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de la Renaissance, 13 mai 1902
  • Les Coteaux du Médoc, comédie en un acte, Paris, Théâtre du Vaudeville, 2 décembre 1903
  • Le Captif, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 9 février 1904
  • Triplepatte, comédie en 5 actes, avec André Godfernaux, Paris, Théâtre de l'Athénée, 30 novembre 1905
  • La Peau de l'ours, 1 acte, Paris, Théâtre de l'Athénée, 2 février 1907
  • Sa sœur, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre de l'Athénée, 7 février 1907
  • La Cabotine, pièce en 3 actes, avec Alfred Athys, Paris, Théâtre des Nouveautés, 2 octobre 1907
  • Monsieur Codomat, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Antoine, 17 octobre 1907
  • Les Jumeaux de Brighton, pièce en 3 actes et 1 prologue, Paris, Théâtre Femina, 16 mars 1908
  • Le Poulailler, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Michel, 3 décembre 1908
  • Le Danseur inconnu, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre de l'Athénée, 29 décembre 1909
  • Le Peintre exigeant, Paris, Comédie-Française, 21 février 1910
  • Le Costaud des épinettes, comédie en 3 actes, avec Alfred Athis [Natanson], Paris, Théâtre du Vaudeville, 14 avril 1910
  • L'Incident du 7 avril, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Athénée, 20 mai 1911
  • Le Petit Café, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 12 octobre 1911
  • L'Accord parfait, comédie en 3 actes, avec Michel Corday, Paris, Théâtre Femina, 25 novembre 1911
  • On naît esclave, pièce en 3 actes, avec Jean Schlumberger, Paris, Théâtre du Vaudeville, 4 avril 1912
  • Les Phares Soubigou, comédie en 3 actes, Paris, Comédie Royale, 4 décembre 1912
  • La Gloire ambulancière, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 10 mai 1913
  • Les Deux Canards, pièce en 3 actes, avec Alfred Athis, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 3 décembre 1913
  • Jeanne Doré, pièce en 5 actes et 7 tableaux, Paris, Théâtre Sarah-Bernhardt, 16 décembre 1913
  • La Crise ministérielle, comédie en un acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914
  • Du vin dans son eau, ou l'Impôt sur le revenu, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914
  • Le Prince charmant, comédie en 3 actes, Paris, Comédie-Française, 12 juillet 1914
  • L'École du piston, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre Antoine, juin 1916
  • Le Sexe fort, pièce en trois actes, Paris, Théâtre du Gymnase, 12 avril 1917
  • Les Petites Curieuses, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre des Boulevards, 1920
  • Cœur de lilas avec Charles-Henry Hirsch, mise en scène André Brulé, Théâtre de Paris, 5 mars 1921
  • My Love... Mon amour, comédie en 4 actes, Paris, Théâtre Marigny, 3 février 1922
  • Ce que l'on dit aux femmes, Théâtre des Capucines Mai 1922
  • Le Cordon bleu, pièce inédite (1923)
  • Les Plaisirs du dimanche, comédie en 1 acte, Paris, Sporting Club, 31 mars 1925
  • L'École des quinquagénaires, comédie en un acte, en vers, Paris, Comédie-Française, 18 avril 1925
  • Un perdreau de l'année, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre Michel, 24 avril 1926
  • Jules, Juliette et Julien, ou l'École du sentiment, comédie en 3 actes et un prologue, Paris, Théâtre de l'Œuvre, 10 mai 1929
  • L'École des charlatans, pièce en 4 actes, avec Albert Centurier, Paris, Théâtre de l'Odéon, 1er avril 1930
  • Langevin père et fils, comédie en cinq actes, Paris, Théâtre des Nouveautés, 15 mai 1930
  • Un ami d'Argentine, pièce en 4 actes, avec Max Maurey, Paris, Théâtre de l'Athénée, 5 novembre 1930
  • Le Sauvage, comédie en quatre actes, Paris, Théâtre Tristan-Bernard, 19 février 1931
  • La Partie de bridge, pièce en un acte, Paris, Théâtre de la Michodière, 24 avril 1937
Théâtre (pièces réunies)
  • Théâtre (8 volumes, 1908-1939);
  • Théâtre sans directeur (1930);

Sketches radiophonique :

  • Le Narcotique ; La Morale et le Hasard ; Révélation ; Expédition nocturne ; La Maison du crime ; Une opération magistrale ; Le Triomphe de la science ; Le Coup de Cyrano ; Un mystère sans importance, Radio-Paris, 1930.

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Vous m'en direz tant !, avec Pierre Veber (1894)
  • Contes de Pantruche et d'ailleurs (1897)
  • Sous toutes réserves (1898)
  • Amants et Voleurs (1905), édition bibliophilique en 1927 illustrée par André Dignimont
  • Citoyens, Animaux, Phénomènes (1905)
  • Auteurs, Acteurs, Spectateurs (1909)
  • Les Veillées du chauffeur (1909)
  • Sur les grands chemins (1911)
  • Le Poil, organe en principe hebdomadaire des réserves de l'armée inactive, hebdomadaire (1915)
  • Souvenirs épars d'un ancien cavalier (1917)
  • Le Lion, cours texte dans l'hebdomadaire « Le Canard Enchainé » (1918)
  • Tableau de la boxe (1922)
  • Autour du ring : tableau de la boxe (1925)
  • Mots-croisés, cinquante problèmes (1925)
  • Nouveau recueil de cinquante problèmes de mots croisés (1930)
  • Les Parents paresseux (1932)
  • Voyageons (1933)
  • Compagnon du Tour de France (1935)
  • 60 années de lyrisme intermittent (1945), dont il offrit un exemplaire à Sacha Guitry avec cet envoi : "A mon vieil ami Sacha...qui m'a tiré - je ne l'oublierai jamais - des griffes allemandes. Tendrement". (no 118 du catalogue de la vente de la bibliothèque Sacha Guitry, 25/03/1976 - arch.pers.)
  • Nouveaux mots croisés, avec la collaboration posthume de Jean de La Fontaine (1946)
  • Vanille pistache, histoires choisies, illustration de Paul Georges Klein, avec un portrait de l'auteur par Henri de Toulouse-Lautrec, préface de Léon Blum (1947)

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Dictionnaire des littératures policières, volume 1, p. 216.
  2. Tristan Bernard, Le Point, 31 décembre 1998
  3. Stances à Marquise
  4. « Tristan Bernard fut libéré huit jours après son arrestation. De chez son fils, il écrivit à Sacha sa reconnaissance profonde. », cité par Dominique Desanti, dans Sacha Guitry, 50 ans de spectacle, Grasset, 1982, p. 300.
  5. Olivier Barrot, Pascal Ory, La Revue blanche : histoire, anthologie, portraits, Christian Bourgois, 1989, p. 320.
  6. Jacques Drillon, « Les Cases du siècle », Le Nouvel Observateur no 2541, , p. 80-84.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]