Odette Rosenstock

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rosenstock.
Odette Rosenstock
Odette Rosentstock.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Conjoint
Autres informations
Distinctions

Médaille d'argent des épidémies (janvier 1947)
Médaille de la Résistance (mars 1947)
Médaille de la Reconnaissance française (juin 1947)
Médaille d'argent de l'Académie Nationale de Médecine (avril 1980)

Légion d'honneur (mai 1980)

Odette Rosenstock[1], Paris – Paris,  (à 84 ans), est une médecin juive et une résistante française, rapatriée de déportation en mai 1945.

Odette Rosentock (Sylvie Delattre[2]) est particulièrement connue pour son action durant l'occupation allemande pour avoir créé, avec celui qu'elle épousera après la guerre, Moussa Abadi[3], le Réseau Marcel[4],[5]. Grâce à ce réseau, 527 enfants juifs ont pu être cachés et sauvés entre 1943 et 1945 dans la région de Nice[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Odette Rosenstock est née naît à Paris le 24 août 1914, dans le quartier du Sentier, la fille de Camille Rosenstock (1882-1967) et Marthe Irma née Legendre[6] (1889-1943). Sa mère Marthe, lorraine d’origine israélite, a opté pour la nationalité française en 1870. Son père est né à Bischheim dans le Bas-Rhin. Ses parents tiennent une fabrique de confection. Elle a une sœur, Simone (1919-1943).

Odette passe son baccalauréat au lycée Lamartine en 1933. Elle suit ensuite des études de droit avant de s’inscrire en faculté de médecine.

À la fin de la guerre d’Espagne en 1938, Odette se rend dans les Pyrénées avec la Centrale Sanitaire pour accueillir les réfugiés républicains espagnols de la guerre et assiste à l’ouverture des camps d’internement de Rivesaltes, Argelès et Perpignan. Elle participe à quelques actions clandestines en faisant sortir des réfugiés du camp dans des camions sanitaires et en les orientant vers les hôpitaux et en leur apportant les premiers soins.

De retour à Paris, Odette rencontre Moussa Abadi en décembre 1939 par l'intermédiaire d'une amie commune.

Elle effectue le remplacement d'un médecin à Vanves puis d'un autre à Condé-en-Brie. Elle est ensuite nommée Inspecteur Médical de la Sécurité Sociale aux Centres d’Évacuation des enfants des écoles de la ville de Paris puis Médecin Inspecteur des écoles du Loiret à Montargis. Elle est exclue du cadre professionnel le 3 octobre 1940 par les lois anti-juives en vigueur. Elle rentre à Paris pour travailler comme vacataire dans des dispensaires juifs.

Odette rejoint Moussa en novembre 1942 à Nice. Elle y occupe les fonctions de médecin dans un dispensaire de l'O.S.E. (Œuvre de Secours aux Enfants). Bien qu'étant en zone italienne, Odette et Moussa prennent conscience du danger à venir. Ils décident ensemble d'organiser le sauvetage des enfants Juifs. Le Réseau Marcel est né. Odette œuvre pour le Réseau Marcel avec le concours de Monseigneur Rémond qui la couvre en la rebaptisant Sylvie Delattre et en lui conférant le titre d'Assistante Sociale chargée de s’occuper des enfants des œuvres du Diocèse. En septembre 1943, sa sœur et sa mère sont arrêtées sur la ligne de démarcation en voulant rejoindre leur père et mari en zone libre, déportées et assassinées à leur arrivée a Auschwitz.

Odette est arrêtée à son tour le 25 avril 1944 par la Milice sur dénonciation chez elle à Nice. Elle est interrogée à l'hôtel Excelsior puis a l'hôtel Hermitage. Odette ne dira rien des activités du réseau. Elle quitte Nice le 2 mai 1944 pour Drancy. Responsable du convoi no 74, elle est ensuite déportée avec 1 200 personnes à Auschwitz-Birkeneau sous le matricule A05598. Grâce à son statut de médecin, elle est nommée médecin du Revier ("infirmerie" du camp). Elle tente avec le peu de moyens médicaux dont elle dispose de soulager les autres détenus. En novembre 1944, devant l'avance de l'Armée Rouge, les nazis évacuent le camp vers Bergen-Belsen. Odette a contracté le typhus dont elle se remet péniblement. Bergen Belsen est libéré par les Anglais le 15 avril 1945. Odette est rapatriée.

De retour à Nice, elle reprend son activité de médecin au dispensaire de l'O.S.E de fin juin 1945 au début de 1948. Ils rentrent à Paris en 1948. Elle devient Médecin Inspecteur vacataire des écoles dans le 12e arrondissement. Elle exerce ensuite des fonctions de médecin chef au laboratoire d'hygiène de la ville de Paris[7], en tant que proche collaboratrice du professeur Albert Besson, alors directeur général des services d'hygiène de la Ville de Paris .

Odette et Moussa se marient le 3 novembre 1959 à la mairie du 12e arrondissement. Le rabbin Daniel Farhi les unira religieusement le 21 novembre 1989.

Elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur en mai 1980.

En 1995, elle publie Terre de détresse. Elle aura mis plus de quarante ans pour écrire ce témoignage sur son expérience des camps. Elle en restera à jamais marquée.

Moussa décède le 15 septembre 1997. Après avoir accompli la tâche qu’elle s’était donnée de préserver la mémoire de Moussa, elle se suicide le 29 juillet 1999[8]. En partant, Odette Rosenstock exprime dans une lettre ses motivations et sa gratitude envers ses proches[9]. Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse aux côtés de son mari.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Terre de détresse : Birkenau, Bergen-Belsen, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires du XXe siècle », , 181 p. (OCLC 645079740)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Livres:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Odette Rosenstock. Les Enfants et Amis ABADI.
  2. Voir, Garel, 2012, p. 162.
  3. Voir, (en)Jewish rescuers Moussa Abadi and Odette Rosenstock walk along a street in Nice after the war. United States Holocaust Memorial Museum.
  4. Catherine Richet, « Biographies des membres du réseau Marcel », dans Anciens de la Résistance juive en France, Organisation juive de combat : résistance/sauvetage, France 1940-1945, Paris, Autrement, , 504 p. (ISBN 9782746709027, OCLC 71799213, lire en ligne), p. 444-8.
  5. a et b Poch Karsenti 2006.
  6. née le 1er février 1889 à Paris (12e) (Seine), décédée le 7 septembre 1943 à Auschwitz (Pologne), Arrêté du 23 mai 1998 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès publié au JORF n°221 du 24 septembre 1998 page 14578
  7. Voir, Contribution à l’étude bactériologique de l'air a Paris dans le Journal de Microbiologie, Novembre 1955
  8. Voir, (en) Douglas Johnson. Odette Abadi. The Guardian. Obituaries, 16 August 1999.
  9. « La dernière lettre d'Odette [Les Enfants et Amis ABADI] », sur www.lesenfantsetamisabadi.fr (consulté le 27 juillet 2015)
  10. Voir, Georges Garel. Le sauvetage des enfants par l'OSE. 1938-1944.
  11. Voir, André Salomon. Andrée Salomon, une femme de lumière, 2011, p. 125.
  12. Voir, (en) Ben Shephard. The Long Road Home, 2011, note 44.
  13. Voir, (en) Susan Zuccotti. The Holocaust, the French and the Jews, 1993, p. 217.
  14. Voir, (en) Miranda Pollard, A Question of Silence? Odette Rosenstock, Moussa Abadi, and the Réseau Marcel, 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]