Robert Bober

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Robert Bober
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Robert Bober en 2010.
Naissance (86 ans)
Berlin, Allemagne
Profession réalisateur
écrivain

Robert Bober est un réalisateur, metteur en scène et écrivain français d'origine allemande, né le 17 novembre 1931 à Berlin. Réalisateur à la télévision depuis 1967, il est l'auteur de près de cent vingt films documentaires. Son premier roman, Quoi de neuf sur la guerre ?, a reçu le prix du Livre Inter en 1994.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Robert Bober naît à Berlin en 1931 de parents juifs, d'origine polonaise. En 1933, fuyant le nazisme, sa famille se réfugie en France. En juillet 1942, prévenus par des amis, ils réussissent à échapper à la rafle du Vélodrome d'Hiver. Quelques années plus tard, il quitte l’école après le certificat d’études primaires. À 16 ans, il commence son apprentissage en tant que tailleur, métier qu'il exercera jusqu'à l'âge de 22 ans, pour se tourner ensuite vers la poterie. Par la suite, il dispense l'été des cours dans des résidences secondaires, et mène parallèlement des projets thérapeutiques avec des enfants malades. Il aidera notamment des enfants ayant perdu tout lien social à la suite de la guerre.

Dans les années 1950, Bober rencontre François Truffaut, puis devient son assistant sur les films Les Quatre Cents Coups (1959), Tirez sur le pianiste (1960) et Jules et Jim (1962). En 1967, il réalise son premier documentaire pour la télévision, Cholem Aleichem, un écrivain de langue Yiddish. Dans les années 1960 et 70, ses documentaires pour la télévision explorent principalement la période de l'après-guerre et les conséquences de l'Holocauste.

Étudiant des questions relatives à son histoire personnelle, Bober réalise ensuite La génération d'après (1971) et Réfugié provenant d'Allemagne, apatride d'origine polonaise (1976), traitant du destin des juifs allemands d'origine polonaise ayant fui en France. À partir des années 1980, en collaboration avec Pierre Dumayet, il réalise des portraits d'auteurs tels que Paul Valéry, Gustave Flaubert ou encore Georges Perec, avec lequel il était également ami.

En 1979, il réalise un documentaire en étroite collaboration avec Georges Perec, qu'il a déjà eu l'occasion de filmer. Ce film, intitulé Récits d'Ellis Island, sera composé de deux parties : la première, Traces, évoquera l'arrivée des émigrés de 1892 à 1924 à Ellis Island. La seconde, Mémoire, est un témoignage filmé à New York, sur les émigrants juifs et italiens entrés aux États-Unis par Ellis Island.

Son premier roman, Quoi de neuf sur la guerre ?, est publié en 1993 et reçoit, l'année suivante, le prix du livre Inter. L'histoire, se déroulant lors de la première année d'après-guerre, met en scène les différents corps de métiers d'un atelier de confection pour dames de la rue de Turenne, à Paris. Bober nous raconte, d'un ton en apparence léger, presque réjoui, la manière dont les différents personnages ont pu être sauvés et ainsi survivre à la guerre.

En 1999, il publie son second roman, Berg et Beck, lui aussi lié à son histoire personnelle. Il y raconte la vie d'enfants juifs ayant survécu à la déportation de leurs parents, leurs traumatismes liés à la guerre, et leurs manières de survivre à la perte des êtres qui leur étaient les plus chers.

Bober est considéré comme l'un des réalisateurs de documentaires les plus renommés, notamment en France. L'auteur et réalisateur, qui vit aujourd'hui à Paris, permet, par le biais de ses œuvres, de raviver la mémoire de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale, sans jamais amener l'horreur qui y est liée dans les méandres d'un paradigme préfabriqué. Sans utiliser les fils du spectaculaire, d'une manière simple, et sans faire preuve d'un langage trop élaboré, Bober restaure les mémoires fraîches de l'Holocauste et met le spectateur face à des personnages prêts à retourner doucement à la vie de tous les jours.

Aujourd'hui, Robert Bober anime et participe à différentes manifestations, notamment des rencontres publiques, des ateliers ainsi que des débats et dialogues en milieux universitaire et scolaire.

Citation[modifier | modifier le code]

« Les larmes, c'est le seul stock qui ne s'épuise jamais. »

— Quoi de neuf sur la guerre (P.O.L)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Documentaires avec Pierre Dumayet[modifier | modifier le code]

Une quarantaine de documentaires, dont :

  • Queneau, Bove, Buber, Schnitzler (série « Lire c'est vivre »), années 1970
  • Qu'est-ce-qui se passe avec la culture ? 1987
  • L'esprit des lois , 1989
  • Perec, Flaubert, Dumas, Poussin (séries « Lire et écrire » et « Lire et relire »), 1990-1994
  • Alechinsky, l'œil du peintre, 1996
  • À la lumière de "J'accuse", 1998
  • Queneau, Proust, Tardieu, Valéry, Supervielle, Reverdy, Louÿs Pierre (série « Un siècle d'écrivains »), 1998-2000
  • Balzac: quelques traits de caractère, 1999
  • Roland Dubillard, 2001
  • Flaubert, Van Gogh, Dostoïevski (série « Correspondances »), années 2000

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Récits d'Ellis Island : histoires d'errance et d'espoir, 1980
  • Quoi de neuf sur la guerre ?, 1993
  • Berg et Beck, 1999
  • Laissées-pour-compte, 2005
  • On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, 2010 Ce récit, tout de même nommé roman, est écrit avec une simplicité, une honnêteté et une sensibilité remarquables. Plutôt que ses années Truffaut, l'auteur raconte son roman familial dans l'Europe en guerre puis en paix et, jusqu'à New York, évoque ses proches. C'est un assemblage de séquences marquantes sans être spectaculaires, éparpillées sur plusieurs décennies mais qui forment un tout donnant le sentiment de connaître l'auteur, presque de faire partie de la famille[réf. nécessaire].
  • Vienne avant la nuit, 2017, P.O.L[2]

Récompenses et prix[modifier | modifier le code]

Adaptations au théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]