Lion Feuchtwanger

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Lion Feuchtwanger
Description de cette image, également commentée ci-après

Lion Feuchtwanger, Munich 1909

Naissance
Munich Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès (à 74 ans)
Los Angeles Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture allemand

Œuvres principales

Jud Süss (1925)
Erfolg (1930)

Lion Feuchtwanger [ˈli:ɔn ˈfɔ͡ø̯çtˌv̥aŋɐ], né le à Munich et mort le à Los Angeles, est un écrivain allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lion Feuchtwanger est issu d'une famille de la bourgeoisie juive assimilée de Bavière. Conservatrice, sa famille est libérale et attachée au culte de la petite patrie. Lion Feuchtwanger devint un maître du roman historique et connut une gloire mondiale en publiant en 1925 : Le Juif Süss qui en fera l'un des auteurs germanophones les plus lus du XXe siècle.

Critique de théâtre, metteur en scène et dramaturge, il est l'un des fondateurs, en 1908, du magazine culturel Der Spiegel (15 numéros). En 1912, Il épouse Marta Löffler. Le couple voyage en Suisse, en Italie puis dans le sud de la France (1912-1913). En 1914, Lion Feuchtwanger est surpris à Tunis par la déclaration de la Première Guerre mondiale. Il est fait prisonnier, mais réussit à s'échapper et rejoint Munich. Après guerre, il se range parmi les pacifistes et antimilitaristes. C'est un ami et collaborateur de Bertolt Brecht dans le Berlin des années vingt.

Lion Feuchtwanger, qui a rompu avec le judaïsme, dispose de nombreuses sources, en 1916, quand il commence à s'intéresser au personnage du juif J. Süss-Oppenheimer, conseiller financier du Wurtemberg au début du XVIIIe siècle, pour dénoncer l'antisémitisme. Il en fait d'abord un drame en trois actes, joué à Munich à partir d'octobre 1917, qui reçoit une critique très défavorable[1]. La nouvelle Le Juif Süss, parue en 1925, connaîtra au contraire un grand succès, sera traduite en une vingtaine de langues et sera adaptée une première fois au cinéma. Le régime nazi, sous l'impulsion de Goebbels, s'en empare à son tour et la pervertit en l'adaptant au cinéma en 1940 à des fins de propagande antisémite.

En janvier 1933, il est aux États-Unis lorsque les SA mettent à sac sa maison à Berlin, confisquent ses biens, le privent de sa nationalité, de son titre de docteur, et interdisent ses livres. Il s'exile en France, à Sanary-sur-Mer. Avec Brecht et Bredel, il publie le journal Das Wort, la plus importante publication antifasciste des écrivains émigrés allemands. Pacifiste et antimilitariste, il devient l'un des chefs de file des intellectuels allemands en lutte contre le nazisme. Sa maison devient le point de rencontre de l'intelligentsia allemande en exil. En 1936, il publie Le Faux Néron, roman historique, une métaphore du nazisme.

Il est incarcéré à deux reprises au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, où le régime de Vichy retient sans distinction tous les ressortissants d'Europe centrale qu'ils soient nazis ou antinazis. Cette période fait l'objet de son unique œuvre autobiographique, Le Diable en France. Il parvient à s'évader et à rejoindre les États-Unis à l'aide du journaliste Varian Fry.

En 1940, il s'installe à Pacific Palisades, en Californie, où il publie Exil. En 1948, il demande la nationalité américaine qui lui sera toujours refusée pour ses relations avec le courant communiste. Il meurt, en 1958, d'un cancer de l'estomac.

L’un des romans les plus importants de ce grand admirateur du siècle des Lumières et des valeurs de la Révolution française est la Sagesse du fou consacré à Jean-Jacques Rousseau.

Stamps of Germany (DDR) 1974, MiNr 1945.jpg

Vie après la guerre[modifier | modifier le code]

Il n'est jamais reparti des États-Unis où il est enterré. Il a soutenu le gouvernement communiste de la République démocratique allemande (RDA, ancienne Allemagne de l'est) — d'où l'existence d'un timbre de la RDA émis à son effigie — et y a été considéré comme un héros antifasciste.

Robert Conquest juge que l'entretien entre Feuchtwanger et Staline est un exemple de l'aveuglement et de la naïveté de certains non-Russes face au dictateur. Cela peut sembler paradoxal de prêter des intentions humanistes à Feuchtwanger au regard de ses positions pro-staliniennes, ayant toléré voire soutenu un régime criminel et violent.

Il est l'oncle d'Edgar Feuchtwanger[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture de la première édition de Jud Süß, 1925

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lionel Richard, Nazisme et barbarie, 2006, Editions Complexe, p 106
  2. "Hitler mon voisin": quand un petit garçon juif croisait le Führer sur son palier

Liens externes[modifier | modifier le code]