Ben Zimet

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Ben Zimet
Ben Zimet (1984) by Erling Mandelmann.jpg

Ben Zimet en 1984 par Erling Mandelmann

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (82 ans)
AnversVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Activités
Conjoint
Parentèle
Rama Yade (belle-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ben Zimet est un chanteur et conteur yiddish, de nationalité canadienne, d'ascendance juive polonaise, qui a longtemps habité en France[1]. Après un long séjour au Sénégal, il vit maintenant à Paris.

Voix du Yiddishland[modifier | modifier le code]

Il naît à Anvers le dans une famille juive réfugiée en Belgique. Sa mère est originaire de Nuremberg, en Allemagne, son père vient de Pologne. À l'invasion allemande, sa famille part vers la France, dans le Midi puis après l'invasion de la Zone libre, en Corrèze. Pour protéger leurs trois enfants, ses parents sont contraints de les confier à différentes familles chez qui ils vivent jusqu'à la fin de la guerre comme enfants cachés. Il y sera même enfant de chœur (à Saint-Setiers). Après la Libération de la France, la famille se reconstitue et retourne à Anvers jusqu'en 1948 quand ils vont rejoindre d'autres membres de leur famille à Montréal au Canada[2]. Ben Zimet y vivra 12 ans. Après avoir été citoyen polonais puis apatride, il pourra acquérir la nationalité canadienne à l'âge de 21 ans.

Fortement influencé par les écrits d'Henry Miller, Ben Zimet fuit les Amériques en 1960. Il s'installe d'abord près de Malaga en Espagne franquiste où il écrit un premier roman intitulé Andalusian Fugue for Skin Flute and Orchestra qui ne sera jamais publié. Puis, toujours en quête d'une terre promise[réf. nécessaire], il part en Israël où il passera six mois dans un kibboutz proche de Gaza avant de s'installer définitivement à Paris. Il fréquente le quartier de Montparnasse et son milieu artistique. On y croise Sartre, Becket, Zadkine, Giocometti[Qui ?]. Il réalise ses premiers dessins à l'encre de chine. Puis, poussé par Maurice Alezra, directeur du célèbre café-théâtre La Vieille Grille, il se lance dans la chanson yiddish dont personne ne parle à l'époque. Nous sommes en 1973. Avec le regretté pianiste accordéoniste Eddy Schaff, le clarinettiste Teddy Lasry, le violoniste Maurice Delaistier et le contrebassiste Pierre-Yves Sorin, il interprète ses Chants et Contes du Yiddishland dans de nombreux théâtres parisiens (Théâtre Mouffetard, Théâtre Présent, Théâtre La Bruyère, La Gaité-Montparnasse, Le Palace, Les Bouffes-du-Nord). Puis le Théâtre de la Ville, en Mai 1981 avant de silloner l'Europe toute entière.

En 1982, avec ses amis Olivier Revault d'Allonnes, Nicole Eizner, Richard Marienstras et Rachel Ertel, il créé le Premier Festival de la culture yiddish, au Centre Pompidou à Paris. C'est un immense succès populaire. Puis, en 1984, sous la direction de Rachel Salik, anversoise et yiddischophone comme lui, il créé son Yiddish Cabaret, un spectacle de théâtre musical qui jouera dix jours à guichet fermé au même Centre Pompidou, sous la menace des bombes et des attentats, avant de partir en tournée en France.

Sollicité comme conteur, il participe activement aux débuts du renouveau du conte en France, aux côtés d'Henri Gougaud, de Yannick Jaulin, de Manféi Obin, de Mimi Barthélémy, d'Anne Kovalevsky et de bien d'autres encore.

Il a publié plusieurs ouvrages de contes aux Éditions du Seuil.

En 1991, il tient le rôle principal dans le spectacle Yiddish in America inspiré de l'œuvre de Cynthia Ozick, au Théâtre 13 à Paris, dans la mise-en-scène de Patrick Haggiag.

Ben Zimet a enregistré une quinzaine de disques de chants yiddish et de musique, seul ou avec la chanteuse Talila, qui a été sa compagne, les deux plus récents étant Un Enfant de la Corrèze ; autobiographie d'un enfant caché, et Aux Sources du Klezmer (2015), son best of. Il a joué dans plusieurs films, dont Rencontre avec des Hommes Remarquables de Peter Brook, et Swing de Tony Gatlif qui se veut un hommage aux musiques tziganes, arabes et juives. Il a également interprété le rôle d'un exorciste dans le film Les Démoniaques réalisé par Jean Rollin.

Histoire de l'esclavage[modifier | modifier le code]

Installé pendant quelques années au Sénégal, il y a créé en mai 2007 dans l'île de Gorée la première édition du Festival international du conte et de la parole, dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l'esclavage. Ce festival réunissant une centaine d'artistes africains pendant trois jours sur l'ile-symbole de Gorée a trouvé un immense écho dans toute l'Afrique de l'Ouest pendant les trois années de son existence. Des milliers de jeunes et de moins jeunes africains y ont assisté et retrouvé les symboles de leurs racines.

Toujours très actif malgré son âge, Ben Zimet prépare actuellement sa rentrée (novembre 2016) avec le Modern Jazz Orchestra dirigé par le grand pianiste Olivier Hutman.

Famille[modifier | modifier le code]

Ben Zimet est marié. Il est le père de Joseph Zimet, directeur de la Mission du Centenaire, et époux de la femme politique française Rama Yade ; de Rachel Zimet, directrice de centre social à Marseille-Nord, de Simon Zimet, écolier. Il est aussi le grand-père de Jeanne Zimet, la fille de Joseph Zimet et de Rama Yade, et de Oscar Homez, le fils de Rachel Zimet.

Différentes œuvres[modifier | modifier le code]

Spectacles[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Un enfant de la Corrèze
  • 2015 : Yiddish Follies
  • 2016 : Swing In Yiddish

Livres[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Premiers Chants Yiddish, 1973, SFPP
  • Ben Zimet aux Bouffes du Nord, 1978, Editions Musicales
  • Ben Zimet au Théâtre de la Ville, 1981, SFPP
  • Chants yiddish, 1996, Ness Music.
  • Contes yiddish, 1998, Astérios.
  • Yiddish Café, Talila & Ben Zimet, 2000, Ness Music
  • Un Enfant de la Corrèze, 2014, Editions MLP
  • Aux Sources du Klezmer, 2015, Editions MLP

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation sur son site
  2. Résumé d'une interview de Ben Zimet sur Judaïques FM, le 21 octobre 2014