David Donoff

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David Donoff
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Biographie
Naissance
Décès
Surnom
DodoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
André DonnetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
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David Donoff, aussi connu sous le diminutif de « Dodo » et le pseudonyme d'André Donnet, né le à Paris et mort le à Lyon est un résistant juif français. Actif au sein des Éclaireurs israélites de France avant-guerre, Donoff rejoint pendant l'Occupation la « Sixième », l'organisation clandestine des Éclaireurs. Il participe à plusieurs réseaux de la Résistance avant d'être tué par la Gestapo en 1944.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de David Donoff sont des Juifs d'Europe de l'Est « venus tout droit du "chtettel" » selon l'expression de Frédéric-Shimon Hammel[1]. Installés dans le Pletzl, le quartier juif du 4e arrondissement de Paris, ils envoient leurs 7 enfants aux Éclaireurs israélites de France pour les garder dans une ambiance juive[1].

En 1941, avec d'autres éclaireurs, David Donoff est interné volontaire dans le camp de Gurs, il y aide les captifs, emprisonnées dans des conditions inhumaines, à améliorer leurs quotidien et fait évader quelques enfants qui seront accueillis dans la maison des enfants de Moissac[2]. En août 1942, alors que les rafles commencent en zone sud, il aide à disperser les enfants de Moissac, cherchant des planques chez des agriculteurs et au sein d'institutions[2].

À partir de 1943, Donoff passe à Lyon où a été déplacé le siège de plusieurs institutions juives. Il y poursuit son action de sauvetage des Juifs. Donoff collabore avec l'abbé Glasberg et le réseau André qui exfiltre des enfants juifs au Chambon-sur-Lignon. Il travaille aussi sous les ordres du major Tony Brooks du réseau Buckmaster mis en place par le Special Operations Executive britannique. Brooks n'osant pas aller réceptionner à la gare de Perrache un poste émetteur, c'est Donoff qui s'en charge. Il monte aussi à Lyon un atelier de faux-papiers[3].

Joseph Fisher, le directeur du KKL qui, en collaboration avec le Joint a mis au point un système financement des institutions juives françaises et des activités clandestine de sauvetage des Juifs, charge David Donoff du transfert des fonds de la Suisse vers la France par la ligne de chemin de fer Lyon - Genève[2]. Il assure aussi le transport d'armes[3].

Le 27 juin 1944 au matin, Donoff se rend chez Joseph Fisher pour lui annoncer que la Gestapo ne déporte plus les Juifs mais les exécute. Ce dernier étant en réunion avec ses collègues du conseil clandestin du Joint, leur rendez-vous est reporté à 11 h 30[3]. Donoff se rend alors au siège d'une œuvre de secours aux immigrants avenue de Saxe pour fournir de fausses pièces permettant à l'œuvre d'assister les Juifs. La Gestapo se trouve sur place et interpelle Donoff qui est porteur d'une serviette contenant fausses pièces et faux papiers[3]. Donoff tente de s'échapper, poursuivi par deux agents de la Gestapo il est touché mortellement par leurs tirs. Donoff s'effondre à l'angle de la rue Bossuet et de la rue Garibaldi. Transporté à l’hôpital Édouard-Herriot, il parvient, juste avant de mourir, de faire prévenir les Fisher par une infirmière. Ceux-ci à fuient leur appartement juste avant l'arrivée de la Gestapo[3]. David Donoff meurt à 12 h 20 d'une hémorragie interne sur la table d'opération[3].

En janvier 1944, un autre frère Donoff, Robert, lui aussi résistant au sein de la « Sixième » est arrêté à Chambéry avec sa femme enceinte. Ils sont déportés à Auschwitz dans le convoi 67 et y trouvent la mort[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Frédéric-Shimon Hammel, Souviens-toi d'Amalek, C.L.K.H. (ISBN 978-2904068010, lire en ligne), p. 15-21
  2. a b et c Catherine Richet, « Biographies des membres de la Sixième: », dans Organisation juive de combat, Autrement, (ISBN 978-2-7467-0902-7, DOI 10.3917/autre.colle.2006.01.0271, lire en ligne), p. 271–403
  3. a b c d e et f Joseph Fisher, « DODO « Ce n’était qu’un petit juif » », La terre retrouvée,‎
  4. « Robert Donoff », sur ehri-project.eu (consulté le 11 avril 2021)