Sylvain Kaufmann

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Sylvain Kaufmann
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Biographie
Naissance
Décès
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Activité

Sylvain Kaufmann (Sali ou Sally[1] Kaufmann, né lé à Metz et mort le à Paris, est un homme d'affaires français juif, rescapé de la Shoah.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sylvain Kaufmann est né à Metz le 8 mars 1914.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Soldat français, il s'évade d'un camp de Bavière en 1940.

Sa dernière adresse avant sa déportation est au 77, rue Bertrand de Goth à Bordeaux (Gironde)[2]

Suite à la dénonciation d'un débiteur, il sera arrêté puis successivement interné, entre et , à Phitiviers, Beaune-la-Rolande, Drancy, Auschwitz, Varsovie et Dachau. Il y vit le paroxysme de l'horreur, expérience dont il témoignera dans deux livres Au-delà de l'enfer[3] » et Le Livre de la mémoire[4]. Sylvain Kaufmann est un des rares rescapés ayant tenté une évasion « réussie » d'un des convois de la mort, le convoi n° 53 du 25 mars 1943, à destination de Sobibor, évasion qui sauva la vie de trois[5] de ses compatriotes, Hughes Steiner[6], Robert et Paul Fogel[7],[8].

Il est interné à Drancy en 1942 puis déporté le 25 vers Sobibor, où son convoi, le numéro 53, sera exterminé. Après avoir scié avec une lime le plancher, il s'évade du wagon, de nuit, en territoire allemand, entre les roues du train en marche. Repris, condamné à la pendaison pour sabotage, il sera « le » condamné à mort qui a survécu à tout, même au pire. Après les prisons françaises et allemandes, il aboutit à la section disciplinaire d'Auschwitz, le , sous le matricule 119 618. Le , dans la nuit de Kippour, il est transféré à Varsovie, dans le ghetto, où sous couvert de déblayer les ruines, il s'agit surtout de dépouiller la ville juive de tous ses biens. Le , c'est le départ à pied pour Dachau-Mühldorf. Il est libéré le par l'arrivée des Américains[9].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Sylvain Kaufmann a occupé d'importantes fonctions dans des institutions religieuses et culturelles juives en France et à l'étranger. Il devient membre de nombreux comités ou trésorier d'institutions éducatives (École Gilbert-Bloch d'Orsay, École Yabné), cultuelles (Synagogue de la rue de Montévideo), sionistes: Fonds national juif (KKL), Appel Unifié Juif de France (AUJF). Il est Président du Mouvement Sioniste de France durant de longues années[10].

Dès les années 1950, Il se dédie au commerce import-export entre la France et la Chine. Il sera l'un des premiers commerçants occidentaux à pénétrer en Chine communiste, assistant périodiquement à la Foire de Canton[10]. En 1968, en pleine révolution culturelle chinoise, il est arrêté par les Gardes rouges et est soupçonné d'espionnage tandis qu'il prenait des photos à Shanghai. Il sera relâché quelques heures plus tard mais ses films lui seront confisqués[11],[12]

Témoignage[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de deux livres témoignant de son expérience concentrationnaire : Au-delà de l'enfer en 1987 aux éditions Séguier-Garamont[3] et Le Livre de la mémoire en 1992 aux éditions Lattès[4].

Son dernier livre sera réédité par les éditions du club le Grand Livre du mois[13] en 1992.

Il participa à de nombreuses émissions télévisées et radiophoniques notamment à la Source de vie de Josy Eisenberg, sur Antenne 2[14]. En 1987, Bernard Pivot le convie à son émission Apostrophes, dédiée aux génocides. Sylvain Kaufmann décline parce que celle-ci ayant lieu le vendredi soir en direct, il ne voulait pas enfreindre le repos rituel du shabbat[15].

Le 25 mars 1988, Sylvain Kaufmann et Ida Grinspan sont sollicités en tant que rescapés des camps, à accompagner le tout premier voyage scolaire français à destination d'Auschwitz-Birkenau[16]. Quarante-cinq ans après son incarcération, il revient, pour la première fois, sur les lieux douloureux de son calvaire et témoigne devant une centaine d'élèves émus, du processus de déshumanisation dont lui et les siens ont fait l'objet[17]. Les lycéens, issus d'une soixantaine d'établissements parisiens, avaient répondu à l'invitation du « Comité d'information des lycéens sur la Choa ». L'action était menée conjointement par la Section Française du CJM et du CRIF, et parrainée par le Ministère de l'Éducation Nationale, le Secrétariat des Droits de l'Homme et celui des Anciens Combattants[18]. "Dès le départ, raconte Marianne Picard', directrice d'école, le ton était donné. Dans l'avion, les aînés donnèrent aux lycéens attentifs les premiers éléments d'information... La présence des deux anciens déportés et leur témoignage firent une très forte impression sur les élèves. De manière générale, chaque élément qui, visuellement, rappelait ces temps de désespoir, touchait immédiatement les participants."[19]

Famille[modifier | modifier le code]

Sylvain Kaufmann rencontre sa futur épouse, née Rosenberg[1], au Camp de Drancy. Elle est libérée en 1942, car elle est âgée de moins de 17 ans. Elle s'engage dans la Résistance, chez les MOI-FTP[20].

Il est le père de Francine Kaufmann, chercheur, essayiste, journaliste, interprète et professeur titulaire à l'université Bar-Ilan, Israël. Son fils Alain-Moché Kaufmann est rabbin à Bnei Brak (Israël). Il est un Rosh Kollel et auteur de l'ouvrage Lev Avoth al Banim[21].

Mort[modifier | modifier le code]

Il meurt à Paris le à l'âge de 82 ans des suites d'une leucémie et est enterré à Jérusalem le 18 août.

Hommage posthume[modifier | modifier le code]

Le , Daniel Radford, rabbin, éditeur et homme de lettres, lui rend hommage dans l'émission de Michel Drucker Vivement Dimanche[22].

Bibliographie et Sitographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Francine Kaufman. Geni.com.
  2. Voir, Klarsfeld, 2012.
  3. a et b Sylvain Kaufmann, Au-delà de l'enfer, Séguier, , 400 p. (ISBN 978-2906284104)
  4. a et b Sylvain Kaufmann (préf. Robert Badinter), Le livre de la mémoire, J.-C. Lattès, (ISBN 2709611740).
  5. Centre d’histoire de Sciences Po, « Histoire@Politique n°32 : Le dossier : Pour une histoire de la Lorraine (1870-1962) au prisme du concept d'espace de violence (Gewaltraum) », sur www.histoire-politique.fr, (consulté le 10 octobre 2018)
  6. Henry Bulawko, Les jeux de la mort et de l'espoir : Auschwitz-Jaworzno, Montorgueil, (ISBN 978-2878740653), p. 176
  7. « Mémoire de la Shoah », sur INAthèque, .
  8. « Paul Fogel - Grands Entretiens Patrimoniaux - Ina.fr », sur entretiens.ina.fr (consulté le 1er octobre 2018)
  9. Sylvain Kaufmann, Le livre de la mémoire : Au-delà de l'enfer, J.-C. Lattès, (ISBN 9782709611749), Quatrième de couverture.
  10. a et b (en-US) « Sylvain Sali Sally Kaufmann », sur geni_family_tree (consulté le 3 janvier 2018).
  11. (en) « Guards grill frenchman- 2,5-hour ordeal in Shanghai room », The STAR, Hongkong,‎ , p. 4.
  12. Juif? selon le rabbin David Radford. jewpop.com.
  13. « Le livre de la mémoire : Au-delà de l'enfer - Babelio », sur www.babelio.com (consulté le 3 janvier 2018).
  14. Source de Vie: il faudra que je me souvienne.
  15. Bourreaux et victimes, Apostrophes du 17/04/1987, Antenne 2, CPB87004721.
  16. Bertrand Poirot-Delpech, {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Le Monde,‎
  17. « L'Arche, », n° 373,‎
  18. « Opération : des lycéens à Auschwitz », HAMORÉ No 122-123,‎ , p.39 (lire en ligne)
  19. {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Tribune Juive, nº1015., paramètre « date » manquant
  20. Francine Kaufmann, linguiste du mois d'avril. Le mot juste en anglais, 28 avril 2013.
  21. Rav Moche Kaufmann. torah-box.com.
  22. Lirone Chimoni, « Daniel Radford - Sheila - Vivement Dimanche - 6 Janvier 2013 », (consulté le 3 janvier 2018).
  23. (en) Zuccoti, 1993, p. 313.
  24. Radford, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]