Joseph Boczov

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Joseph Boczov
Bundesarchiv Bild 146-1983-009-11A, Französischer Widerstandskämpfer.jpg

Portrait conservé dans les archives fédérales allemandes, dans une pose similaire à celle de l'Affiche rouge

Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Distinction

Joseph Boczov ou József Boczor dit Ferenc Wolff (, Felsőbánya (Hongrie) - , fusillé au fort du Mont-Valérien), est un ingénieur chimiste, juif hongrois communiste, soldat volontaire de l'armée française de libération (FTP-MOI / Groupe Manouchian), fondateur, en 1942, et chef du 4e détachement dit des « dérailleurs ».
Cet ingénieur chimiste de profession était un grand spécialiste en explosifs, il s'était aguerri à la vie combattante durant la guerre d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'âge de 23 ans, il quitte son village natal pour se rendre, à pied, en Espagne, combattre dans les rangs des Brigades internationales. Il perd six mois sur les routes et dans les prisons avant d'atteindre son but. Après la défaite de la République espagnole, il se retrouve interné avec ses camarades de lutte, dans les camps d'Argelès et de Gurs. Avec nombre de ses compatriotes, il est déchu de sa nationalité. En tant qu'apatride, ils sont déportés vers l'Allemagne. Joseph est le chef du groupe roumain du camp. Pendant la déportation, il organise leur évasion. Il passe le dernier.

Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Il vient à Paris, et lorsque sont formés les premiers groupes de FTP, il devient le chef du premier détachement FTP-Immigrés, composé d'éléments hungaro-roumains de la Région parisienne. Il organise la première attaque à la grenade contre la gare de Belleville où de grande quantités de marchandises sont stockées dans les dépôts.

Son détachement se spécialise dans le déraillement des trains de SS et de la Wehrmacht. Les déraillements, qui se font d'abord à l'aide de simples outils, sont perfectionnés, car la surveillance allemande se fait de plus en plus rigoureuse. L'ingénieur-chimiste Boczov, aux prises avec mille difficultés, fait preuve de beaucoup d'ingéniosité et d'initiative. Ensuite, lorsque la lutte clandestine se développe et prend des formes toujours plus élevées, Boczov, par son intelligence et son expérience, devient le chef du 4e détachement, qui se consacre à des actions d'envergure contre les chemins de fer utilisés par l'armée allemande[1].

Filé depuis le par la Brigade Spéciale no 2 (BS2) des Renseignements généraux, Joseph Boczov se cache : à Paris, au 85, rue de Turbigo ; au 1bis, rue de Lanneau ; au 9, rue Caillaux. Le , Joseph Boczov, Léon Goldberg et quatre autres combattants partent en mission pour faire stopper un convoi allemand sur la ligne Paris - Troyes, à Grandpuits près de Mormant. Dans la nuit du au , le train déraille, mais ils n'ont pas repéré qu'ils étaient filés par la BS2. Une fusillade s'engage. Trois résistants sont tués, ou faits prisonniers et les trois autres s'enfuient, mais sont repérés. L'étau se resserre.

Joseph Boczov est arrêté le . Accusé d'avoir accompli 20 attentats (chiffre éloigné de la réalité), il est traduit devant le Tribunal militaire. Il est fusillé au fort du mont Valérien le avec les 22 autres membres de l'Affiche rouge.

Affiche rouge[modifier | modifier le code]

Son nom figure sur l'« affiche rouge » éditée par les Allemands, avec le texte suivant :

"BOCZOV JUIF HONGROIS CHEF DÉRAILLEUR 20 ATTENTATS".

Divers[modifier | modifier le code]

  • Profession : Ouvrier menuisier
  • Lieu d'habitation : Paris 13e

Liste des membres du groupe Manouchian exécutés[modifier | modifier le code]

Mémorial de l'Affiche rouge à Valence.

La liste suivante des 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les Allemands signale par la mention (AR) les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le groupe Manouchian », sur ivry94.fr (consulté le 10 février 2017)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source bibliographique[modifier | modifier le code]

  • F.F.I. - F.T.P.F., Pages de gloire des Vingt-trois, Immigration, 1951.

Liens externes[modifier | modifier le code]