Theodor Dannecker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dannecker.

Theodor Dannecker
Naissance
Tübingen, Allemagne
Décès (à 32 ans)
Bad Tölz
Origine Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Arme Schutzstaffel (SS)
Grade Hauptsturmführer
Années de service 1934-1945
Commandement Gestapo
Conflits Seconde Guerre mondiale

Theodor Dannecker est un SS-Hauptsturmführer[a], né le à Tübingen et mort par suicide le à Bad Tölz.

Il a notamment été le correspondant d'Adolf Eichmann à Paris (en tant que Judenberater (de)) ; il a ensuite tenu des postes équivalents dans d’autres pays d’Europe centrale ou méridionale, se spécialisant dans l'organisation de la déportation des Juifs en vue de leur extermination.

Avant guerre[modifier | modifier le code]

Après avoir fréquenté une école de commerce, Dannecker travaille dans le secteur du textile puis devient en 1932 membre du parti nazi et de la SS. En 1934, il rejoint la SS-Verfügungstruppe[b], et un an plus tard en 1935, devient membre du Sicherheitsdienst (SD), service d'espionnage et de contre-espionnage. En Dannecker obtient une promotion au service chargé des Juifs au quartier général du SD ; en , il s'occupe du plan Madagascar au RSHA. Ce plan a pour but de déporter les Juifs d'Europe dans cette colonie française de l'époque.

Sous l'ordre nazi[modifier | modifier le code]

De à , Dannecker dirige le service de contre-espionnage nazi à l'antenne du SD à Paris[1]. En tant que chef, à Paris, de la section « IV J » de la Gestapo, chargée de la « question juive », il représente Eichmann, lui-même rattaché à Reinhard Heydrich qui dirige l’Office central de sécurité du Reich, le RSHA[2]. Il y écrit un rapport sur « Le traitement de la question juive en France », en date du , dit « rapport Dannecker », dans lequel on peut lire :

« En , un collaborateur de notre section aux questions juives a été délégué à la préfecture de police de Paris en qualité de représentant permanent de la section. À la suite de notre pression, un fichier juif complet et constamment tenu à jour a été constitué dans les plus brefs délais [il s'agit du fichier Tulard]. Ce fichier se subdivise en [un] fichier simplement alphabétique, les Juifs de nationalités française et étrangère ayant respectivement des fiches de couleur différentes, et des fichiers professionnels par nationalité et par rue. Cette section préfectorale a développé au cours des trois derniers mois l'activité suivante :
— 61 rapports sur des citoyens français ;
— 45 rapports sur des Juifs ;
— 28 enquêtes sur des Juifs français ;
— 10 enquêtes sur des Juifs étrangers ;
— 42 interrogatoires ;
— 46 arrestations et internements ;
— 102 enquêtes au sujet de participations juives dans des entreprises commerciales ;
— 68 enquêtes sur des déclarations de Juifs[3]. »

Ce rapport Dannecker fournit ainsi une preuve supplémentaire de l'empressement d'une part importante des forces de l'ordre françaises à obéir aux ordres de l'occupant nazi, allant bien au-delà de l'article 3 de la convention d'armistice du [4].

En raison d'un usage abusif de son poste, il est rappelé en à Berlin. Son supérieur à Paris, Helmut Knochen, peut ainsi se débarrasser d'un collaborateur encombrant et indiscipliné[1]. De janvier à , il est nommé conseiller aux questions juives à l'ambassade d'Allemagne à Sofia. Le gouvernement bulgare refuse de livrer les Juifs du pays. Il organise cependant la déportation des Juifs de Thrace et de Macédoine, des régions annexées par la Bulgarie en 1941[1]. De à , il prépare la déportation des Juifs italiens et au premier semestre 1944 celle des Juifs hongrois.

Sous la coupe d’Adolf Eichmann, Theodor Dannecker est devenu un « expert de la question juive » et, après son affectation en France, un des principaux maillons dans l'extermination des Juifs d’Europe centrale et méridionale.

En , Dannecker est interné par l'Armée américaine dans la prison de Bad Tölz : il s'y suicide le [5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Équivalent en France de capitaine, mais il s'agit ici d’un grade dans la police SS.
  2. En abrégé, la SS-VT, rebaptisée Waffen-SS en 1940.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Dictionnaire de la Shoah, p. 187.
  2. Cohen 1993, p. 24.
  3. Centre de documentation juive contemporaine (CDJC-XXVI I), cité par Maurice Rajsfus, La police de Vichy — Les forces de l'ordre française au service de la Gestapo, 1940-1944, Le Cherche midi, 1995.
  4. La convention d'armistice, sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 29 novembre 2008.
  5. (en) « Dannecker, Theodor », sur yadvashem.org, Shoah Resource Center, The International School for Holocaust Studies (au mémorial de Yad Vashem) (consulté le 31 janvier 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent », , 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3).
  • Asher Cohen, Persécutions et sauvetages, Juifs et Français sous l'occupation et sous Vichy, éditions du Cerf, .
  • (de) Claudia Steur, Theodor Dannecker, ein Funktionär der Endlösung, Essen, Klartext, 1997, 251 p.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]