Élisabeth Eidenbenz

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Élisabeth Eidenbenz
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Maternité suisse d'Elne
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Biographie
Naissance
Décès
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ZurichVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinctions

Élisabeth Eidenbenz, née à Wila (Suisse) le et morte le à Zurich[1], était une enseignante et infirmière, fondatrice de la maternité suisse d'Elne (aussi connue sous les noms anglais : the Mothers of Elne, catalan : Maternitat d'Elna et espagnol : Maternidad de Elna). Entre 1939 et 1944, près de 600 enfants sont nés dans cette maternité, leurs mères étaient principalement des réfugiées espagnoles fuyant le franquisme, et des juives et des tziganes fuyant l'invasion nazie.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Maternité Suisse d'Elne (Pyrénées-Orientales) après sa restauration.

Élisabeth Eidenbenz était institutrice en Suisse et au Danemark, puis elle décida de rejoindre l'Asociación de Ayuda a los Niños en Guerra (Association d'aide aux enfants en guerre). Au sein de cette association, elle rejoint Madrid en 1937, pour aider les mères et les enfants victimes de la guerre civile espagnole. Après la chute de la république espagnole, elle rejoint le Roussillon, où de nombreux réfugiés se massaient dans des camps (tels que celui d'Argelès-sur-Mer). Atterrée par les conditions de vie dans ces camps, la malnutrition, les maladies et la forte mortalité des parturientes et des nouveaux-nés, elle décida de venir en aide aux enfants, femmes enceintes et jeunes mères. Après une première tentative d'installation à Brouilla, elle ne se décourage pas et trouve un manoir désaffecté à Elne, la ville voisine, qu'elle reconvertit en maternté pour les accueillir.

Le bon fonctionnement de cette maternité reposait au départ sur les dons affluant de toute l'Europe[réf. nécessaire], mais à partir du début de la deuxième Guerre mondiale, ces dons se raréfièrent et des réfugiés commencèrent à affluer, venant de France et même de toute l'Europe[réf. nécessaire]. De ce fait, la maternité dut s'associer à l’Œuvre suisse d'entraide ouvrière (OSEO, plus tard associée à la Croix-Rouge suisse) pour continuer de fonctionner, et fut donc obligée de se plier à sa politique de neutralité. Selon cette politique, il leur était interdit d'offrir refuge à des réfugiés politiques, en particulier les juifs. Il fut décidé de falsifier les identités des patients pour contourner cette règle, et ainsi, malgré une surveillance de la Gestapo[2], 400 enfants espagnols et 200 juifs furent sauvés. La maternité sera réquisitionnée par la Wehrmacht en avril 1944[3].

Par la suite, Élisabeth Eidenbenz se retira à Retawinkel, en Autriche[3]. Son œuvre humanitaire commença à être reconnue en 2002, quand plusieurs livres furent écrits pour relater ces événements. La maternité, objet d'un rachat par la mairie d'Elne est devenue un lieu de souvenir[4]. Un musée rénové a été ouvert en 2011, où affluent les touristes surtout catalans[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Greg Tuban, « Les enfants de la Retirada », in Terres Catalanes, n° 16, novembre 1998. Six pages. Première publication sur la maternité d'Elne.
  • Hélène Legrais, Les Enfants d’Elisabeth, Presses de la Cité, 2007 (ISBN 2258071690)
  • (es) Hélène Legrais, Los niños d’Elisabeth, Grijalbo, 2007, 256 p. (ISBN 9788425342370)
  • Tristan Castanier i Palau, Femmes en exil, Mères des camps, Elisabeth Eidenbenz et la Maternité Suisse d'Elne (1939-1944), éditions Trabucaire, 2008, 198 p. (ISBN 2849740748)
  • Hubert Delobette, Femmes d'exception en Languedoc Roussillon, Le Papillon Rouge Editeur, 2010, 288 p. (ISBN 9782917875131)
  • (ca) Assumpta Montellà, Elisabeth Eidenbenz: més enllà de la Maternitat d'Elna, 2011, 176 p. (ISBN 9788492907519)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Elisabeth Eidenbenz n'est plus, L'Indépendant, 24 mai 2011.
  2. (es) Memoria del exilio: Elisabeth Eidenbenz.
  3. a et b Delobette, Hubert., Femmes d'exception en Languedoc-Roussillon, Papillon rouge, (ISBN 9782917875131, OCLC 688495700, lire en ligne), p. 26-33
  4. http://www.ville-elne.com/?r=ville&sr=projet&l=fr
  5. Sylvia Zappi : "Le château de ma mère", Le Monde, 15 décembre 2017
  6. (es) Hoy cinema