Marceline Loridan-Ivens

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Marceline Loridan-Ivens
Description de cette image, également commentée ci-après
Marceline Loridan-Ivens (à droite), la reine Beatrix et Joris Ivens en 1989.
Nom de naissance Marceline Rosenberg
Naissance
Épinal, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 90 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Profession Réalisatrice
Documentariste
Films notables Algérie, année zéro
Le 17e parallèle
Une histoire de ballon, lycée n° 31 Pékin
Comment Yukong déplaça les montagnes
Une histoire de vent
La Petite Prairie aux bouleaux

Marceline Loridan-Ivens, née Rozenberg, est une cinéaste française née le à Épinal et morte le à Paris[1].

Elle est notamment connue pour le monologue qu'elle tient place de la Concorde à Paris dans le film documentaire de Jean Rouch et Edgar Morin, Chronique d'un été (1961), qui est l'un des premiers témoignages filmés de la déportation durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marceline Rozenberg est née de parents juifs polonais, émigrés en France depuis 1919. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille s'installe dans le Vaucluse. Leur dernière adresse est: Domaine de Gourdon à Bollène dans le Vaucluse[2]. C'est là qu’elle entre dans la Résistance. Capturée par la Gestapo avec son père, Szlama Rozenberg[3],[4], elle est déportée à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 du 13 avril 1944, dans le même convoi que son père[5], Simone Veil[6],[7] et Anne-Lise Stern, puis à Bergen-Belsen, enfin au camp de concentration de Theresienstadt. Elle recouvre la liberté à la libération du camp, le [8] par l'Armée rouge.

Elle épouse Francis Loridan, jeune ingénieur en travaux publics, engagé sur des chantiers lointains. Des années plus tard ils divorceront et Francis autorisera Marceline à conserver son nom[9].

Elle adhère au Parti communiste français en 1955 et le quitte un an plus tard. Elle croise alors des « déviationnistes », comme le philosophe Henri Lefebvre ou le sociologue Edgar Morin[10], tape des manuscrits pour des intellectuels, travaille au service reprographie d'un institut de sondage, est « porteuse de valises » pour le FLN et fréquente les nuits parisiennes de Saint-Germain-des-Prés[11].

En 1963, elle rencontre et épouse le réalisateur de documentaires Joris Ivens de trente ans son aîné. Elle l'assiste dans son travail et coréalise certains de ses films comme Le 17e parallèle en 1968[12]. Ils ont une liaison et partent ensemble pour le Vietnam, où ils sont reçus par le président Hô Chi Minh[11].

De 1972 à 1976, pendant la révolution culturelle déclenchée par le président Mao Zedong, Joris Ivens et Marceline Loridan travaillent en Chine et réalisent Comment Yukong déplaça les montagnes composé d'une série de 12 films[13]. Critiqués par Jiang Qing, la femme de Mao, ils doivent quitter précipitamment la Chine[14].

En 2003, elle réalise un film de fiction, La Petite Prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée, très inspiré de son parcours dans les camps (le titre est la traduction du nom polonais Brzezinka, germanisé en Birkenau).

Elle a donné des conférences et témoigné dans les collèges et les lycées sur la Shoah[11].

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Prix et nominations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

prix Jean-Jacques-Rousseau 2015
  • L'amour après, récit écrit avec Judith Perrignon, Grasset, 2018, 162 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’écrivaine et cinéaste Marceline Loridan-Ivens, ancienne déportée à Auschwitz, est morte », sur abonnes.lemonde.fr, 18 septembre 2018
  2. Voir, Klarsfel, 2012.
  3. Né le 7 mars 1901 à Slupia. Voir, Klarsfeld, 2012.
  4. Voir, (en) Steven Erlanger. Books. Jewish Deportee on Persecution, Past and Present. The New York Times, January 1, 2016.
  5. Voir, Klarsfeld, 2012.
  6. Voir, Klarsfeld, 1978.
  7. Plus tard, elles deviennent amies. Voir, Catherine Durand. « Marceline Loridan-Ivens : "Simone Veil, ma jumelle contradictoire »". marie claire.
  8. Interview de Marceline Loridan-Ivens dans l'émission le Grand Entretien sur France Inter du 18 avril 2012.
  9. Loridan, Marceline, 1928-, Ma vie balagan, Laffont, (ISBN 9782221106587, OCLC 262426758, lire en ligne), page 171.
  10. « La clé des camps », Libération, 11 novembre 2003.
  11. a, b et c Jacqueline Remy, « La vie est belle », Vanity Fair n° 56, avril 2018, pp. 78-85.
  12. « Marceline la tornade », Le Monde, 25 juillet 2005.
  13. CANNES CLASSICS - « Joris Ivens et Marceline Loridan, regards sur la Chine en mutation », 21 mai 2014.
  14. Marceline Loridan a filmé la Chine de Mao « Je fus dupée par mon époque », Rue89, 15 juin 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]