Robert Brunschwig

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Robert Emmanuel Brunschwig
Nom de naissance Robert Emmanuel Brunschwig
Naissance
Altkirch, Haut-Rhin
Décès (à 55 ans)
Auschwitz
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence Drapeau : FranceFrance
Diplôme
Activité principale
Autres activités
Fondateur du mouvement de jeunesse Yechouroun
Formation
séminaire rabbinique Hildesheimer, Berlin
Conjoint
Lucie Meyer


Robert Emmanuel[1] Brunschwig (17 juillet 1888, Altkirch, Haut-Rhin-25 mai 1944, Auschwitz, Pologne), est un rabbin orthodoxe non-consistorial et résistant français, leader communautaire, déporté à Auschwitz et tué par les nazis[2].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Robert Brunschwig est né le 17 juillet 1888 à Altkirch[3], en Alsace.

Il étudie au séminaire rabbinique Hildesheimer[4],[5] de Berlin, sous la direction du rabbin David Zvi Hoffmann. Il suit parallèlement des cours à l'Université de Berlin.

Alors qu'il est Aumônier militaire de la Sarre, en 1920, il épouse Lucie Meyer. née le 27 novembre 1892 et native de Mulhouse[6]. Lucie Meyer est la fille du docteur Ernst (Ernest Reouven) Meyer (13 août 1863, Guebwiller-24 octobre 1941, Lyon[7]) et de Rose Meyer[8] de Mulhouse. Le mariage a lieu à l'Hôtel Continental de Strasbourg. Le rabbin Arthur Weil[9], de Bischheim, le beau-frère de Robert Brunschwig[10], officie[11].

Après son séjour en Sarre, Il prend la direction de la Communauté orthodoxe Etz 'Haim à Strasbourg.

Le couple n'a pas d'enfants.

La Communauté orthodoxe Ets 'Haim de la rue Kageneck à Strasbourg[modifier | modifier le code]

De 1920 à 1940, pendant vingt ans, le rabbin Brunswchwig dirige la Communauté orthodoxe Ets 'Haim de la rue Kageneck à Strasbourg[12],[13],[14],[15],[16].

Il organise un Talmud Torah (cours d'instruction religieuse) avec un professeur à plein temps, Salomon Speier, un élève du rabbin Salomon[17] Breuer (1850-1926)[18], le gendre et successeur de Samson Raphael Hirsch.

Le mouvement de jeunesse Yechouroun[modifier | modifier le code]

En 1926, le rabbin Robert Brunschwig fonde en France le mouvement de jeunesse religieux Yechouroun[19],[20]. Ce mouvement se base sur l'idéologie Torah im Derekh Eretz (en) (hébreu תורה עם דרך ארץ - «Torah et ouverture au monde »), mise de l'avant par Samson Raphael Hirsch (1808-1888).

Sa philosophie et son influence[modifier | modifier le code]

Il est membre de l'Agoudat Israel. Il participe à la troisième Knessia Guedola (Grande Assemblée) de 1937, à Marienbad, en République tchèque. Il se lie d'amitié avec le Dr. Leo Deutschländer, fondateur du mouvement des Batei Yakov.

En 1932, Il entre en contact avec le rabbin Eliyahu Botschko, le fondateur de la Yechiva Etz Haïm, de Montreux, en Suisse, où il envoie nombre de ses étudiants[21].

Pour des questions de Halakha, il consultait, en particulier, le Grand-Rabbin Ernest Weill de Colmar.

Sa bibliothèque privée était à la disposition de ceux qui voulaient étudier.

La fréquentation de la communauté orthodoxe Ets 'Haim de la rue Kageneck et/ou celle du mouvement de jeunesse Yechouroun va avoir une influence considérable sur des futurs leaders ou personnalités de la communauté juive. Dans cette liste on trouve les noms de Samy Klein, Aron Wolf, Théo Klein, Antoinette Feuerwerker, Rose Warfman, Salomon Gluck, Josy Eisenberg, Benjamin Gross, Jacquot Grunewald, Henri Ackermann, Liliane Ackermann, André Neher.

La Résistance et la Déportation[modifier | modifier le code]

Après l'Armistice de 1940, il reprend son activité d'aumônier à Vichy[22].

On le trouve ensuite à Lyon, où il s'occupe de la Communauté juive orthodoxe et des juifs dispersés autour de l'agglomération[23]. Il est rabbin d'une petite synagogue [24].

Il participe à la Résistance contre l'occupant allemand[25].

Dans l'espoir de le sauver, un faux certificat de citoyenneté salvadorienne fut envoyé au rabbin Brunschwig à Vichy. Comme pour beaucoup d'autres, il est douteux qu'il en ait eu connaissance[26].

En mai 1944, il est arrêté (il a 56 ans) avec son épouse (52 ans) et sa belle mère Rose Meyer (73 ans), à Besançon (Doubs). Leur dernière adresse était au 30 rue Montgolfier à Lyon (Rhône)[6]. Ils sont déportés[27] à Auschwitz depuis la gare de Bobigny par le convoi no 74 du 20 mai 1944. Ils sont assassinés dans une chambre à gaz dès leur arrivée à Auschwitz, le 25 mai 1944[28].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Stolpersteine ou pavè de la mémoire[modifier | modifier le code]

Une Stolpersteine à la mémoire du rabbin Robert Brunschwig et une à la mémoire de son épouse Lucie Brunschwig sont placées à Strasbourg, le 1er mai 2019, à gauche de la porte d'entrée du 19 boulevard Clemenceau, pavés dorés de 10 centimètres de côté, incrustés dans le trottoir[30],[31],[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la liste des déportés du convoi 74, il est inscrit avec le seul prénom d'Emmanuel. Voir, Klarsfeld, 1978.
  2. Voir, Le Rabbin Robert Brunschwig (1888-1944). Théo Klein.
  3. Voir, Altkirch (Dep. Haut Rhin/Alsac/Oberelsass). Jüdische Geschichte/Synagogue/Synagoge.
  4. Voir, Azriel Hildesheimer.
  5. Voir, Robert Weyl. La communauté juive de Strasbourg entre le libéralisme et la tradition (1808-1988). Compte rendu d'une conférence faite par M. Robert Weyl dans le cadre du colloque annuel de la Société d'Histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine le 13 février 1988 au Centre Communautaire de Strasbourg, paru dans Communauté nouvelle, no. 38, 1988.
  6. a et b Voir, Klarsfeld, 2012.
  7. (en) Ernest Reouven Meyer. geni.com.
  8. Rose Meyer (née Meyer) est née le 12 octobre 1871 à Guebwiller (Haut-Rhin), Voir, Klarsfeld, 2012.
  9. André NEHER. Le Rabbin Arthur WEIL. judaisme.sdv.fr.
  10. Arthur Weil est marié à Gabrielle Brunschwig. Robert Brunschwig et Arthur Weil avaient étudié ensemble à Berlin. Robert Brunschwig présente sa sœur à Arthur Weil. Voir, Simone SLOWES. Mon père le Rabbin Arthur-Ephraïm WEIL. judaisme.sdv.fr.
  11. (en) Sarah Wobick-Segev, Homes Away from Home: Jewish Belonging in Twentieth-Century Paris, Berlin, and St. Petersburg, 2018.
  12. Voir, La Synagogue de la Rue Kageneck. Jean Daltroff.
  13. Voir, La Synagogue de la rue Kageneck de Strasbourg (1892-1999). Jean Daltroff (Suite.
  14. Voir, La communauté juive de Strasbourg entre le libéralisme et la tradition (1808-1988). L'esprit de réforme règne au XIXe siècle. Robert Weyl.
  15. Voir, La communauté juive de Strasbourg entre le libéralisme et la tradition (1808-1988). L'esprit de réforme règne au XIXe siècle. Reconstitution de la communauté. Robert Weyl.
  16. Voir, La communauté juive de Strasbourg entre le libéralisme et la tradition (1808-1988). Construction de la nouvelle synagogue. Robert Weyl.
  17. Shlomo Zalman.
  18. Sarah Schenirer, La mère des Bais Yaakov, sera influencée par le rabbin Moshe David Flesch, un élève du rabbin Salomon Breuer.
  19. Voir, Yechouroun. Historique.
  20. Voir, Lot 107. French Judaica. Lot 107. Yechouroun (1944-1946)
  21. Voir, l'article sur le fils du rabbin Eliyohu Botschko, Moshé Botschko, qui lui succède.
  22. Brunschwig Robert. Mémoires et Espoirs de la Résistance.
  23. Il préside au mariage de l'arrière-petit-fils de Samson Raphael Hirsch, Marc Breuer (avec Lotte Kaiser), le 8 avril 1941. Voir, Kirschner & Breuer, 1997, p. 80.
  24. Voir, Kirschner & Breuer, 1997, p. 79.
  25. Voir, Rabbi Robert Brunschwig, member of the Jewish underground in France. Photo.
  26. Voir, Unauthorized Salvadoran citizenship certificate issued to Robert Brunschwig (b. July 17, 1888 in Alsace) and his wife Lucie (nee Meyer) Brunschwig (b. November 27, 1892 in Mulhouse) by George Mandel-Mantello, First Secretary of the Salvadorian Consulate in Switzerland and sent to their residence in Vichy. United States Holocaust Memorial Museum.
  27. Voir, Déportés originaires de Strasbourg.
  28. Voir, Morts dans les camps.
  29. Voir, 1948-1998: 50e anniversaire du Gan Chalom.
  30. Une première dans la capitale de l'Europe. Pose des Stolpersteine le 1er mai 2019. Déroulé des poses à Strasbourg-Ville. judaisme.sdv.f.
  31. À Strasbourg, de premiers pavés en mémoire des victimes du nazisme. Ouest France. 2 mai 2919.
  32. Jean de Miscault Photo Alban Hefti. LES PAVÉS DE LA MÉMOIRE. Les vingt premiers Stolpersteine strasbourgeois ont été posés le 1er mai. strasbourg.eu/-/webmag. 2 mai 2019.

Liens internes[modifier | modifier le code]