Hans-Dietrich Ernst

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Hans-Dietrich Ernst
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LeerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Hans-Dietrich Ernst ( à Opole - mars 1991) était un avocat allemand, un commandant (sturmbannführer) SS (Schutzstaffel) et un agent du SD (Sicherheitsdienst), envoyé pendant la Seconde Guerre mondiale en France occupée par l'Allemagne nazie en tant que commandant de la Sécurité et du SD (de) (KdS) à Angers, où il était responsable de la déportation des Juifs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Scolarité et Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Après ses études secondaires, ce fils de juge a entamé des études supérieurs en droit. Après la prise de pouvoir par les Nazis, il a rejoint le NSDAP. Après avoir terminé son stage en droit et obtenu son diplôme, il a travaillé dans l’administration interne à Hambourg et Berlin et immédiatement après l'annexion de l'Autriche jusqu'à la fin de 1939, au bureau du « commissaire du Reich pour la réunification de l'Autriche avec le Reich allemand ».

En 1940, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, il a été nommé au conseil des gouverneurs dans le cadre de son travail avec le Sénat de Hambourg[1]. Peu de temps après, il devint député au Conseil du district de Tegel, dans le District de Karlsbad[1]. Il a été promu à la Cour Suprême[2].

Après la campagne allemande de l'Ouest, il a été nommé en France occupée, comme administrateur de guerre pour l'administration militaire à Dux, et, à partir de 1941, à Bordeaux, comme officier de police auprès du commandant de campagne (Feldkommandantur).

Au début de juin 1942, il devint commandant de la Sûreté et du SD (KdS) à Angers.

Au début de son activité en tant que KdS, il a reçu le titre SS-Hauptsturmführer[1] .

Sous son commandement, le 20 juillet 1942, un convoi de Juifs d’Angers est parti à destination du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau [3],[4].

En août 1944, dans le contexte de l'avancée des Alliés, Ernst a quitté son poste de KdS à Angers.

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Après la Guerre, les américains ont interné Ernst, mais il s'est échappé. Il s'est caché à Leipzig, mais l'occupant soviétique l'a arrêté et l'a condamné à vingt ans de travail forcé. Il a été emprisonné en 1947 en Union soviétique au goulag de Vorkouta jusqu'à sa libération à titre d'amnistie.

Pendant son emprisonnement, à trois reprises il a été condamné à mort par contumace en raison de crimes contre l'humanité envers des citoyens français[5].

Pendant son absence, à l'initiative de sa femme, un procès a eu lieu en 1951, au cours duquel elle a pris la défense de son mari, que l'on croyait disparu en Union soviétique. Son épouse avait engagé cette procédure afin de recevoir une allocation financière dans le cadre de la règle 131.

La procédure de dénazification a classé Ernst comme partisan du National-Socialisme. Il aurait perçu un salaire inférieur s'il avait été réintégré dans la fonction publique, ainsi qu'une suspension de promotion pendant cinq ans.

Son épouse a néanmoins reçu une allocation financière en vertu de la règle 131[6].

Après sa libération, Ernst s'est installé à Leer au début de 1956 pour y vivre avec sa femme et a reçu une indemnité de prisonnier de 5.520 DM[6]

À l'initiative de l'Office centrale de protection juridique (ZRS - Zentrale Rechtsschutzstelle), l'Association des rapatriés a averti Ernst de ne pas entrer en France [7]. En raison de son « statut de dénazifé » (Entnazifizierungsstatus), Ernst n'a pas pu réintégrer la fonction publique, mais il a été rémunéré.

En 1958, il a été admis comme avocat au barreau de Leer et, à partir de 1964, également au barreau en tant que notaire.

En 1965, le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes a prévenu les chasseurs de nazi Serge et Beate Klarsfeld du cas Ernst[6].

Lors d’une audition en mars 1977, Ernst n'a pas nié la déportations des Juifs et s'est référé aux ordres qu'on lui demandait d'exécuter en tant que KdS.

Il a affirmé ne pas savoir la destination des Juifs déportés, car les trains allaient d'abord dans le camp de concentration de Drancy et qu'il ne savait rien de l'Holocauste[8].

En 1977, Serge Klarsfeld a envoyé au Ministre de la justice Hans-Jochen Vogel, des documents gravement incriminants notamment contre Ernst, qu'il a transmis à la Cour régionale supérieure d’Oldenbourg. La Cour d'appel d'Oldenburg a retiré à Ernst son agrément d'avocat et de notaire. Ses deux homologations lui ont été de nouveau accordées par la Cour de cassation.

Après les enquêtes des Klarsfeld à Leer, des manifestations française ont eu lieu contre Ernst. En 1981, Ernst a rendu volontairement ses deux licences dans le cadre de la procédure judiciaire engagée contre lui en raison de la déportation des Juifs. Le ministère public du Tribunal de grande instance de Aurich a inculpé Ernst, mais en raison de son mauvais état de santé, il n'a pas assisté à son audience[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernhard Brunner, Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland, Wallstein, Göttingen, 2004 (ISBN 3-89244-693-8).
  • Serge Klarsfeld, Die Endlösung der Judenfrage in Frankreich : deutsche Dokumente 1941–1944, Dokumentationszentrum für Jüdische Zeitgeschichte Paris, Klarsfeld, Paris, 1977.
  • Ahlrich Meyer (de), Täter im Verhör. Die „Endlösung der Judenfrage“ in Frankreich 1940–1944, WBG, Darmstadt, 2005 (ISBN 3-534-17564-6).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 57.
  2. Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 56.
  3. Gedenkbuch Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933–1945. Chronologie der Deportationen aus Frankreich (Livre du souvenir des Victimes de la Persécution des Juifs sous le nazisme, de la Tyrannie, en Allemagne, de 1933 à 1945.)
  4. Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 63.
  5. Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 96.
  6. a b c et d Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 177 f.
  7. Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 143.
  8. Bernhard Brunner: Der Frankreich-Komplex. Die nationalsozialistischen Verbrechen in Frankreich und die Justiz der Bundesrepublik Deutschland. Wallstein, Göttingen 2004, S. 333.

Liens externes[modifier | modifier le code]