Suzanne Feingold

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Feingold et Montfort.
Suzanne Archambault de Montfort
Nom de naissance Suzanne Feingold
Alias
Perrin
Naissance
Paris (9e arrondissement)
Décès (à 73 ans)
Paris (16e arrondissement)
Nationalité française
Profession
Autres activités
Distinctions
Conjoint

Suzanne Archambault de Montfort, née Suzanne Feingold (1904-1977) est une résistante et patronne de presse française.

Responsable de l'Alliance Israélite Universelle[modifier | modifier le code]

Suzanne Feingold est née le à Paris (9e arrondissement). Elle est la fille de Sehie Ber, dit Otto Feingold, et de Louise Zimmermann[1]. Ses parents deviennent français en 1908, son père par naturalisation (il est né en Autriche en 1866)[2] et sa mère par réintégration (elle est alsacienne, née à Barr en 1865)[3].

Suzanne épouse en 1922 Roger Lévi[4], dont elle aura une fille.

Après avoir obtenu son baccalauréat, Suzanne Feingold assure la fonction de secrétaire de l'Alliance israélite universelle (AIU)[5] de 1924 à fin 1945[1]. En 1944, elle participe à la reconstitution du secrétariat général de l'association, en tant que secrétaire des écoles. Elle est chargée de renouer le contact avec le Service des œuvres françaises à l'étranger (SOFE)[6].

Dans la Résistance[modifier | modifier le code]

Suzanne Feingold participe à la création de La France Continue, un mouvement de résistance avec notamment Henri de Montfort, Paul Petit, Émile Coornaert, Marietta Martin et Annie de Montfort.

La France Continue édite un journal clandestin de la Résistance éponyme dont treize numéros paraissent entre juin 1941 et février 1942. Il accueille des contributions de Raymond Burgard ; Paul Petit en est l'inspirateur.

L'Alliance israélite universelle s'est intéressée financièrement à la publication de La France Continue[7].

Le réseau est démantelé en février 1942, avec l'arrestation de plusieurs de ses membres comme Raymond Burgard, Marietta Martin et Paul Petit qui mourront en Allemagne. Annie de Montfort, arrêtée en 1943, meurt en déportation en 1944.

Suzanne Feingold poursuit son action clandestine, sous le pseudonyme de « Perrin[8] ». Elle est engagée dans les Forces françaises combattantes[1] au sein du réseau Kasanga[Note 1].

Patron de presse[modifier | modifier le code]

Henri de Montfort et Suzanne Feingold font paraître l'hebdomadaire Ici Paris, dans la continuité de La France Continue. Le premier numéro paraît le 13 juin 1945[9]. Le nom de la nouvelle publication a été choisi en référence au message d'ouverture de Radio Londres, station de la France libre basée en Angleterre : « Ici Londres, les Français parlent aux Français »[10].

Le professeur René Cassin, personnalité de l'Alliance israélite universelle, est associé à la fondation de la nouvelle revue dont il est actionnaire. Il rédige un article dans le premier numéro. Suzanne Feingold est directrice de la publication[11] et secrétaire générale du journal[1]. En guise de maxime, Henri de Montfort a choisi une phrase de Georges Clemenceau : « Dans la paix comme dans la guerre, le dernier mot appartient à ceux qui ne se rendent jamais... »[12].

Dès 1946, Ici Paris devient un journal populaire, sans contenu politique[9]. L'évolution se fait sous l'impulsion de Suzanne Feingold, qui change complètement la formule, et publie par exemple des pages d'horoscopes[13].

Suzanne Feingold épouse en avril 1946 Henri de Montfort[1], qui devient secrétaire général de l'Académie internationale de science politique et d'histoire constitutionnelle. Elle participe à la fondation, en 1966, de l'association des Amis de Milosz, qui travaille à la diffusion de l'œuvre du poète français d'origine russe Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz[14].

Suzanne Feingold est décédée le à Paris (16e arrondissement) à l'âge de soixante-treize ans[1].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Claude Bellanger : Histoire générale de la presse française, Presses universitaires de France, Paris, 1969
  • Louis Guéry : Visages de la presse, histoire de la présentation de la presse française du XVIIe au XXe siècle, éd. Victoires, 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le réseau Kasanga est issu du Service de Renseignement des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Il est sous le commandement de Jean Gemälhing (pseudonyme Henriot) et se rattache, en juin 1944, au réseau Gallia. Voir Amicale mémoire du réseau Gallia site internet consulté le 14/04/2014

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Archives nationales, site de Fontainebleau, Base Léonore. Dossier Légion d'honneur, cote 19800035/1435/66160
  2. Décret 4300-2549 du 5 août 1908
  3. Décret 4300-2551 du 5 août 1908
  4. L'Univers israélite, 24/02/1922
  5. Henry Coston : Dictionnaire de la politique française, Publications Henry Coston, Paris, 1967
  6. Catherine Nicault : L'Alliance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : ruptures et continuités idéologiques, in L'Alliance israélite universelle après 1945, Archives Juives, Les Belles lettres Volume 34, 2001/1
  7. Marc Agi : De l'idée d'universalité comme fondatrice du concept des droits de l'homme d'après la vie et l'œuvre de René Cassin: thèse pour le doctorat d'État, présentée et soutenue devant l'Université de Nice, le 10 décembre 1979, Alp'Azur, 1980
  8. Renée Poznanski. Propagandes et persécutions: la Résistance et le "problème juif," 1940-1944, Fayard, 2008
  9. a et b Claude Bellanger : Histoire générale de la presse française, Presses universitaires de France, Paris, 1969
  10. Yonne mémoire, numéro 17, novembre 2006
  11. Henry Coston : Partis, journaux et hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui, Lectures françaises, 1960
  12. Quid, Paris, 2007
  13. Louis Guéry, Visages de la presse: histoire de la présentation de la presse française du XVIIe au XXe siècle, éd. Victoires, 2006
  14. Cahiers de l'association des Amis de Milosz, 1967

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]