Serge Klarsfeld

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Serge Klarsfeld
Description de cette image, également commentée ci-après

Serge Klarsfeld en 2015.

Naissance (80 ans)
Bucarest Drapeau de la Roumanie Roumanie
Nationalité Drapeau de France Française
Drapeau d'Israël Israélienne
Profession
Activité principale
Historien
Militant de la mémoire de la Shoah
Formation
Distinctions
Conjoint
Descendants
Arno Klarsfeld, Lida Klarsfeld

Serge Klarsfeld (né le 17 septembre 1935 à Bucarest en Roumanie) est un écrivain, historien et avocat franco-israélien, défenseur de la cause des déportés juifs en France. Avec son épouse Beate, il a mené une action militante pour la reconnaissance de la Shoah, de la responsabilité des hommes et des États dans sa mise en œuvre, des droits des survivants et de leurs descendants.

Une jeunesse marquée par la Shoah[modifier | modifier le code]

Serge Klarsfeld échappa à la Gestapo à Nice en 1943 mais son père, Arno, fut interné à Drancy le 5 octobre 1943 sous le matricule 5 989 puis déporté de la gare de Bobigny par le convoi no 61 du 28 octobre 1943[1] vers Auschwitz-Birkenau[Note 1].

Serge Klarsfeld est diplômé d'études supérieures en Histoire à la Sorbonne. Il est aussi diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, docteur en Lettres, avocat au barreau de Paris et lauréat Zellidja. En 1963, Serge Klarsfeld épouse Beate Auguste Künzel née le 13 février 1939, à Berlin. Le couple Klarsfeld mène depuis lors une action constante en faveur de la mémoire de la Shoah.

Démasquer d'anciens nazis et responsables de la Shoah[modifier | modifier le code]

Serge et Beate Klarsfeld à Jérusalem (2007).

Les Klarsfeld ont milité contre l'impunité des anciens nazis : Kurt Lischka, Hagen. Ils ont mené campagne en 1986 contre Kurt Waldheim, officier dans la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale, élu président de l'Autriche. Ils ont été longtemps ignorés par les dirigeants des autres institutions juives et par les politiques français[2].

Serge Klarsfeld est à la recherche d'Alois Brunner depuis des années. Il dresse la liste des enfants qu’il a raflés le 21 juillet 1944, retrouve leurs photos, recueille des témoignages. En 1982, Serge Klarsfeld se rend en Syrie. Mais il est expulsé. Serge et Beate Klarsfeld le seront quatre fois dans les années 1980.

Ils ont été victimes le 9 juillet 1979 d'une tentative d'assassinat par le réseau néo-nazi ODESSA, qui demandait l'arrêt de leur travail pour retrouver les criminels nazis. Cette même année, Serge Klarsfeld s'est rendu à Téhéran pour protester contre l'exécution de Juifs libanais.

En 1987, à Lyon un autre nazi est condamné, Klaus Barbie. Serge Klarsfeld, peut porter plainte contre Brunner à propos des Enfants d'Izieu raflés le 21 juillet 1944 à la Maison d'Izieu. Mais même les discussions de président à président, de Jacques Chirac à Hafez el-Assad n'aboutissent pas à l'extradition d'Aloïs Brunner. Des commissions rogatoires internationales explorent plusieurs pistes : Argentine, Uruguay, Espagne, où, en 1995, un ancien général de la Wehrmacht et ami de Brunner, Otto Remer confirme finalement que l’ancien commandant du camp de Drancy vit bien en Syrie.

Son épouse et lui sont également à l'initiative des poursuites contre René Bousquet, Jean Leguay, Maurice Papon et Paul Touvier

Militant de la mémoire de la Shoah[modifier | modifier le code]

En France, Serge Klarsfeld crée en 1979 l'association Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), qui a pour but de défendre la cause des descendants de déportés. En 1978, il publie Le Mémorial de la déportation des Juifs de France rédigé à partir de la liste des déportés (76 000), classés par convois. Dans Le Mémorial des enfants, il essaie de retrouver la photo et l'identité de chacun de 11 000 enfants envoyés vers la mort[3]. ses travaux représentent une des recherches les plus abouties sur la Shoah en France[4] En 1981, l'association a inauguré en Israël le Mémorial de la déportation des Juifs de France, un vaste monument qui porte le nom, la date et le lieu de naissance des 76 000 victimes françaises de l’extermination. Autour, 76 000 arbres forment une Forêt du souvenir. Il a aussi publié Le calendrier de la persécution des Juifs de France en 1983 et Vichy-Auschwitz en 1985.

Serge Klarsfeld est également membre du conseil d'administration de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

La reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la Shoah[modifier | modifier le code]

Serge et Beate Klarsfeld ont œuvré pour la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la Shoah ce qui a conduit au :

  • Discours de Jacques Chirac, président de la République, du [5], sur la responsabilité de la France dans le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Décret (no 2000-657 du 13 juillet 2000) instituant une mesure de réparation pour les orphelins dont les parents ont été victimes de persécutions antisémites.

Prises de positions[modifier | modifier le code]

  • En 1996, il protesta également contre Radovan Karadžić et Ratko Mladić.
  • Le jeudi 15 février 2012, Serge Klarsfeld apporte son soutien à Christian Vanneste suite aux propos de ce dernier concernant la déportation des homosexuels français. Il argue alors que les seuls déportés homosexuels étaient soumis aux lois allemandes[6].
  • En février 2013, Serge Klarsfeld estime que la Suisse n'a vraisemblablement refoulé que 3 000 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, réfutant ainsi les estimations précédentes de la Commission Bergier qui faisaient état plus de 25 000 personnes, et ajoutant qu'une nouvelle étude s'impose car « il s'agit de l'image de la Suisse dans le monde. Et cela est important pour le pays »[7].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Klarsfeld - Entretiens. Par Claude Bochurberg (Intégral 8 heures), coffret de 7 CD, 2001, Frémeaux & Associés[11].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La Traque, téléfilm, de Laurent Jaoui, 2008
  • Serge et Béate Klarsfeld - Guerilleros de la mémoire, téléfilm de France 5 diffusé le 28 janvier 2011

Exposition[modifier | modifier le code]

  • Enfants juifs déportés de France, 2004-2006

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Monsieur Arno KLARSFELD, né le 20/01/1905, à Braila (Roumanie). Déporté à Auschwitz par le convoi no 61 au départ de Drancy le 28/10/1943. De profession Représentant. Décédé(e) en 1944 ([1])

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des Juifs de France.
  2. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent », , 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 315
  3. Annette Wieviorka, La mémoire de la Shoah, Cahiers français, no 303, juillet-août 2001 p. 84
  4. Dictionnaire de la Shoah, p. 315.
  5. Elysee.fr
  6. Article du Nouvel Observateur du 15 février 2012
  7. Article de la Radio-Télévision Suisse du 10 février 2013
  8. Voir La légion d'honneur pour Michèle Morgan, Alain Decaux, Serge Klarsfeld.. La Dépêche. 2 janvier 2014.
  9. Voir, (en) Jennifer Schuessler. Arts, Briefly. The New York Times, Thursday, January 2, 2014, p. C2, under "Danielle Steel Awarded French Legion of Honor": "Among the other honorees were the Nazi hunter Serge Klarsfeld.."
  10. Voir, Beate et Serge Klarsfeld décorés de l'Ordre fédéral du Mérite à l'Hôtel de Beauharnois. Mission allemande en France.
  11. Serge Klarsfeld - entretiens, Fremeaux.com