Vivette Samuel

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Vivette Salomé[1] Hermann dite Vivette Hermann (épouse Samuel (23 mai 1919, Paris–16 juillet 2006, Paris) est une juive française, assistante sociale avec l'Œuvre de secours aux enfants (OSE). En octobre 1942, dans la maison d'enfants Le Couret (Haute-Vienne) Julien Samuel épouse Vivette Hermann, assistante volontaire au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et fait partie du Réseau Garel. Elle est directrice générale de l’OSE de 1979 à 1985.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vivette Hermann est née le 23 mai 1919 à Paris[2].

Le père de Vivette Hermann, Nahum Hermann est né le 10 janvier 1889 à Charhorod, en Ukraine. Il est un journaliste, sioniste militant, directeur du Keren Hayessod (fonds national de reconstruction)[3].

Sa mère, Rachel Spirt, est née dans le shtetl de Jarmolinsk, situé en Podolie, alors dans la fameuse « zone de résidence » imposée en Russie aux Juifs, actuellement en Ukraine. Elle épouse Nahum Hermann en 1919, à Paris, après un séjour en Palestine, où elle reste durant la Première Guerre mondiale[4].

Ses parents avaient fait leurs études à Odessa, en Ukraine[5].

Études[modifier | modifier le code]

Vivette est monitrice au pair, pendant les vacances, dans l'internat du château d'Annel à Longueil-Annel (Oise, où sa soeur est scolarisée. Cet établissement catholique dirigé par le Dr Robert Préault accueille des enfants de la bourgeoisie parisienne ayant des difficultés d'adaptation.

En 1936, Vivette commence des études de philosophie à la Sorbonne.

En janvier 1939, elle fait partie d'un groupe d'étudiants, apportant aux républicains espagnols de l'argent[6] ou du lait, selon une autre source[5],dans Barcelone bombardée.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1940, la famille Hermann se réfugie à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), puis à Vichy.

En novembre 1940 : Vivette Hermann rédige 10 lettres manuscrites sur les mesures antijuives de Vichy[5].

Elle soutient son mémoire intitulé « La rancune, étude psychologique », en 1941, à Toulouse, sous la direction du professeur Ignace Meyerson[6],[5].

Camp de Rivesaltes[modifier | modifier le code]

Un ami de son père la dirige vers l'Unitarian Service Committee de Marseille, une organisation protestante qui avait installé un jardin d'enfants au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) pour les républicains espagnols et un centre médico social conjointement avec l'Œuvre de secours aux enfants (OSE). Elle rencontre Andrée Salomon qui lui fait découvrir les camps d'internement et l'urgence d'évacuer les enfants

En novembre 1941, elle commence son travail d'assistante sociale résidente de l'OSE au camp de Rivesaltes. Elle remplace Charles Lederman.

Elle prend contact avec les familles de juifs étrangers internées, pour que leurs enfants soient confiés à l'OSE et pour organiser leur sortie. 400 enfants sont libérés[6].

Déléguée de l'OSE[modifier | modifier le code]

Elle devient ensuite déléguée de l'OSE auprès de l'Amitié chrétienne pour visiter les Groupements de travailleurs étrangers (GTE) de Savoie et Haute-Savoie. Chargée de l'inspection sanitaire, elle s'intéresse au devenir des enfants[6].

Mariage[modifier | modifier le code]

En octobre 1942, dans la maison d'enfants Le Couret (Haute-Vienne), une maison de l'OSE, Vivette Hermann, assistante volontaire au camp de Rivesaltes, épouse Julien Samuel, directeur du centre OSE de Marseille [7],[6].

Julien Samuel est né le 10 octobre 1912 à Mulhouse en Alsace[8], dans une famille juive orthodoxe[9]. Il est le fils de Moïse Samuel et de Sara Samuel. Il fait ses études secondaires à Strasbourg.

Marseille[modifier | modifier le code]

D'octobre 1942 à mars 1943 : Vivette les Samuel habitent à Marseille. Ils quittent la ville avant une descente de la Gestapo[5].

Limoges[modifier | modifier le code]

De mars 1943 à mars 1944, les époux Samuel s'installent à Limoges pour ouvrir et diriger un bureau de l'OSE, -3e Direction santé de l’UGIF, 29 rue Louis Blanc. le but est d'aider les réfugiés et d’assurer la coordination des équipes officielles et clandestines pour le démantèlement progressif des maisons d’enfants[5],[10].

Le couple Samuel a une fille, Françoise, née en juillet 1943.

En janvier 1944[5], Le père de Vivette Samuel, Nahum Hermann, est arrêté sous ses yeux[6]. Sa dernière adresse est au 38 rue Petinaud Beaupeyrat à Limoges (Haute-Vienne). Il est déporté par le Convoi No. 69, en date du 7 mars 1944, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Il a 55 ans[11].

Les Samuel vont quitter Limoges. Vivette Samuel est remplacée au bureau de l'OSE par Pierre Dreyfus (dit Pierre Dutertre).

Vivette Samuel prend le nom clandestin d'Henriette Lutz[6].

L'OSE ferme son bureau de Limoges en mars 1944[5].

Chambéry[modifier | modifier le code]

En février 1944, des membres du bureau OSE de Chambéry (Savoie) sont arrêtés.

Les Samuel s'installent à Chambéry, en mars 1944, pour monter une antenne clandestine et organiser des passages vers la Suisse.

En avril 1944, la Gestapo fait une descente au domicile des Samuel à Chambéry.

En mai 1944, Julien Samuel est arrêté avec Jacques Salon à Lyon, après une réunion clandestine de l’OSE. ls sont incarcérés à la Prison Montluc.

Julien Samuel s'échappe du train qui va au Camp de Drancy[5].

Aix-les -Bains[modifier | modifier le code]

Les Samuel passent la fin de la guerre près d'Aix-les-Bains (Savoie)[5],[6].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Après la Guerre, Vivette Samuel élève ses trois enfants: Françoise Samuel (plus tard Françoise Elbaz[12]), Jean-Pierre Samuel et Nicole Samuel (plus tard Guinard)[13],[14], professeur agrégée de Lettres classiques[15].

Julien Samuel devient une des personnalités du judaïsme français à l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) (jusqu'en 1950) puis dirige Fonds social juif unifié (FSJU).

Le Magazine L'Arche est fondé en 1957 et dirigé à l'époque par Julien Samuel et Michel Salomon.

Vivette Samuel termine un diplôme d'assistante sociale[5].

En 1950, elle travaille dans une association d'anciennes déportées de la Résistance[5].

Retour à l'OSE[modifier | modifier le code]

Vivette Samuel retourne à l’OSE en 1954, comme assistante-chef du service médico-social et de l’enfance[5].

En 1957, elle crée le Foyer de la Voûte', « Unité Familiale » avec Hélène Ekhaiser- Weksler, pour jeunes filles en difficulté.

Directrice générale de l’OSE de 1979 à 1985[modifier | modifier le code]

Vivette Samuel est directrice générale de l’OSE de 1979 à 1985[16], en succédant à Marc Schiffman[5].

Mort[modifier | modifier le code]

Julien Samuel meurt en 1981 à Paris, à l'âge de 69 ans.

Vivette Samuel est morte à Paris le dimanche 16 juillet 2006 à l'âge de 88 ans[17].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SAMUEL VIVETTE, SALOMÉ NÉE HERMANN (1919-2002).www.cedias.org.
  2. (en) Oral history interview with Vivette Samuel. 1996-1998. collections.ushmm.org.
  3. SAMUEL VIVETTE, SALOMÉ NÉE HERMANN (1919-2002).cedias.org. Cette source indique qu'il est déporté en janvier 1944, ce qui est erroné, et qu'il est né à Odessa, en Ukraine!
  4. De la Russie à Paris : autobiographie d’une immigrée et d’une sioniste, Rachel Hermann (1887-1979) Extraits présentés par Nicole Samuel-Guinard, montés et annotés par Catherine Nicault. Archives Juives 2015/2 (Vol. 48), pages 43 à 66.En 1973, Rachel Hermann rédige ses mémoires en yiddish, qu’Henry Bulawko traduit en français.
  5. a b c d e f g h i j k l m et n Vivette Samuel. ose-france.org.
  6. a b c d e f g et h SAMUEL VIVETTE, SALOMÉ NÉE HERMANN (1919-2002).cedias.org.
  7. (en) Wedding portrait of OSE administrators Julien Samuel & Vivette Hermann at the Le Couret children's home. United States Holocaust Memorial Museum.
  8. Voir, Julien Samuel. Geni.com
  9. Katy Hazan. Julien SAMUEL Mulhouse 1912 - Paris 1981. Histoire de l'OSE -Les grandes figures. ose-france.org.
  10. (en) Julien Samuel, director of OSE (Œuvre de secours aux enfants) headquarters in Limoges, works in his office. collections.ushmm.org. Photo de Julien Samuel au bureau de l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) à Limoges.
  11. Voir, Klarsfeld, 2012.
  12. CNAHES. Sous-fonds Samuel VIVETTE (1945-1988). francearchives.fr
  13. Samuel, Vivette 1919-encyclopedia.com.
  14. Nicole Samuel Guinard publie en 2015 l'autobiographie de sa grand-mère paternelle.
  15. Professeur Agrégé de Lettres classiques Nicole Samuel-Guinard. Biographie. grin.com.
  16. a et b Katy Hazan. Vivette SAMUEL Paris 1919 - 2006Directrice générale de l’OSE de 1979 à 1985.ose-france.org.
  17. Haïm Korsia. DISPARITIONS Vivette Samuel, lemonde.fr. 20 juillet 2006.
  18. Annette Lévy-Willard. DES ENFANTS SOUS UNE AUTRE ÉTOILE : ""SAUVER LES ENFANTS"". liberation.fr. 4 mai 1995.
  19. Paule Ferran. Julien Samuel, un homme engagé, 1999.
  20. Voir, (en) Sean Hand & Steven T. Katz, 2015. p. 56, note 41.
  21. Centre socio-éducatif Vivette-Samuel 20, rue du télégraphe 75020 Paris.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]