Jean-Claude Moscovici

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Jean-Claude Moscovici (19 août 1936, Paris-) est un pédiatre juif français, survivant de la Shoah, auteur du récit autobiographique Voyage à Pitchipoï.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Moscovici est né à Paris le 19 août[1] 1936. Il est le fils d'Ephraïm Moscovici et de Louise Moscovici née Schwartz.

Il a une sœur, Liliane Moscovici, née le 29 août 1940 à Saumur (Maine-et-Loire)[1] et morte le 26 avril 2014 à Paris[2],[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Ephraïm Moscovici est né le 28 septembre 1908 à Fălticeni[4] en Roumanie,

Louise Schwartz est née le 21 décembre 1907 à Paris. Elle est la fille de Joseph Schwartz né le 2 novembre 1880 à Botoșani en Roumanie (Moldavie roumaine) et de Anna Schwartz née Esanu, née le 23[5] septembre 1880 à Botosani, en Roumanie[1]. Louise Schwartz a un frère, Michel Schwartz, né le 11 mars 1909 dans le 8e arrondissement de Paris [1],[6].

Ephraïm Moscovici arrive en France en 1927[1]. Il a deux frères, Léon Moscovici et Lazar Moscovici.

Léon Moscovici est né le 23 septembre 1909 à Fălticeni[4]. Il arrive en France en 1928, il est médecin et célibataire[1]

Lazare Moscovici[7] Moscovici est né le 14 juin 1914 à Fălticeni. Il est étudiant en médecine et célibataire[1]. Il s'installe aussi en France.

Vernoil-le-Fourrier[modifier | modifier le code]

Ephraïm Moscovici s'établit dans la commune de Vernoil-le-Fourrier en Maine-et-Loire, dans le courant des années trente. Il est médecin du village.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À cause des Lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy, Ephraïm Moscovici ne peut plus exercer sa profession de médecin.

En été 1942, Léon Moscovici et Lazare Moscovici, ainsi que Michel Schwartz, le frère de Louise Moscovici, quittent Paris et viennent se réfugier chez Ephraïm Moscovici à Vernoil-le-Fourrier. Léon et Lazare Moscovici ne possèdent pas la nationalité française[8].

La rafle du 15-16 juillet 1942[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1942, Ephraïm, Léon et Lazare, les trois frères Moscovici sont arrêtés par des gendarmes français[8]. Ils sont déportés d'Angers (Maine-et-Loire) vers Auschwitz par le Convoi No. 8, en date du 20 juillet 1942[4].

Ce matin du 16 juillet 1942, 824 Juifs sont arrêtés dans la région et envoyés à Angers, puis déportés à Auschwitz[8].

À noter, le 16 juillet 1942 a lieu la rafle du vélodrome d'hiver à Paris, la plus importante rafle de Juifs en France. Près de 13 000 personnes sont arrêtées avant d'être déportées vers les camps d'extermination nazis.

1er septembre 1942[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1942, les gendarmes français[8] reviennent pour arrêter Louise Moscovici. Elle parvient à s'enfuir avec l'aide de sa voisine Odette Blanchet, plus tard Odette Bergoffen[9],[10], une résistante, qui sera nommée Juste parmi les nations par le Yad Vashem de Jérusalem, Israël[8].

Sauvetage de Louise Moscovici[modifier | modifier le code]

Odette Blanchet, jeune fille de Vernoil de dix-huit ans, aide Louise Moscovici. Le 2 septembre 1942, elle vient la chercher. Elles partent à bicyclette vers une gare voisine et de là, par le train, gagnèrent Tours (Indre-et-Loire), à une centaine de kilomètres à l'est de Vernoil-le-Fourrier.

Le plan était de laisser Louise Moscovici chez une connaissance d'Odette Blanchet. Mais cette personne venait elle aussi d'être arrêtée.

Odette Blanchet conduit alors Louise Moscovici chez sa tante, qui habite aux environs de Tours. Elle contacta Jean Meunier, un des chefs de la Résistance, qui avait à Angers une imprimerie "recyclée" dans l'impression de fausses pièces d'identité. Il fournit à Louise Moscovici des papiers qui lui permirent de passer en zone sud[8].

Jean-Claude et Liliane, les enfants Moscovici[modifier | modifier le code]

Environ deux mois plus tard, Jean-Claude et Liliane Moscovici, qui vivent chez les voisins, sont arrêtés, internés dans une prison d'Angers puis envoyés au camp de Drancy[8].

Ce serait Michel Moscovici qui donne à Drancy, le message à son neveu, Jean-Claude Moscovici, et à sa nièce, Liliane Moscovici, où figure l’adresse d’amis qui assurent leur libération[1].

Les enfants sont remis en liberté et transférés dans un home tenu par l'Union générale des israélites de France. L'établissement était connu des autorités, et donc peu sûr.

Odette Blanchet agit à nouveau. Elle "kidnappe" les petits et les conduit en lieu sûr à Tours, sauvant leurs vies. Elle reste avec eux dans leur cachette, en dépit des risques énormes qu'elle coure, jusqu'en janvier 1943.

Elle part alors chercher Louise Moscovici et la ramene à Tours auprès de ses enfants. Pendant les derniers mois de l'Occupation, Odette Blanchet vit avec les trois Moscovici chez son oncle et sa tante au village de Morannes. Jean Meunier leur fourni des faux papiers et des cartes d'alimentation. La famille rentre à Vernoil-le-Fourrier en mars 1945[8].

La famille Schwartz[modifier | modifier le code]

Anna Schwartz et son mari Joseph Schwartz sont déportés par le Convoi No. 32 en date du 14 septembre 1942, du camp de Drancy vers Auschwitz[4].

Michel Schwartz est déporté par le Convoi No. 48 en date du 3 février 1943, du camp de Drancy vers Auschwitz[4].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Pédiatre[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Moscovici est pédiatre à Paris depuis 1972.

Odette Berghoffen[modifier | modifier le code]

En 1994, Odette Blanchet devenue Odette Berghoffen est nommée Juste parmi les nations par Yad Vashem à Jérusalem en Israël.

Jean Meunier[modifier | modifier le code]

Jean Meunier est nommé en 1994 Juste parmi les nations par Yad Vashem à Jérusalem en Israël[11]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Franck Marché. Recherches historiques 1939-1944 dans le Saumurois.
  2. Décès de Liliane Moscovici: À deux ans, internée à Drancy puis sauvée. Ouest France, 30 avril 2014.
  3. Liliane Moscovici. Avis de décès. Ouest France. 26 avril 2014. Liliane Moscovici, orthophoniste est décédée à l'âge de 73 ans à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Elle est inhumée le mercredi 30 avril 2014 au cimetière de Vernoil-le-Fourrier. Elle était mariée à Daniel Coulon. Son fils est Adrien Moscovici.
  4. a b c d et e Voir, Klarsfeld, 2012.
  5. Le 25, selon Klarsfed, 2012.
  6. Klarsfeld, 2012.
  7. Orthographe donné dans Klarsfeld, 2012.
  8. a b c d e f g et h Odette Bergoffen. Comité Français pour Yad Vashem.
  9. Odette Blanchet épouse Léo Bergoffen, le 26 février 1946, juif angevin né en Allemagne, survivant d'Auschwitz.
  10. Elle raconte comment elle a sauvé une famille juive. Ouest-France.
  11. Jean Meunier. Juste parmi les nations.
  12. Jean-Claude Moscovici. Babelio. avec une photo de Jean-Claude Moscovici.

Liens externes[modifier | modifier le code]