Joseph Weismann

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Joseph Weismann, né le à Paris (Seine), est un survivant de la rafle du Vel' d'Hiv dont s'est inspiré La Rafle (sorti en 2010), film réalisé par Roselyne Bosch.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Weismann est l'un des rares enfants survivants de la déportation de Beaune-la-Rolande à Auschwitz, à la suite de la rafle du Vélodrome d'Hiver[1],[2],[3]. Cette rafle a été commise par l'État français, le 16 et , sous le régime de Vichy, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Après leur arrestation par la police française, le , lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver, toute sa famille et lui sont emmenés au camp de Beaune-la-Rolande. Il parvient à s'en évader avec un ami, Joseph Kogan, alors que les enfants sont séparés de leurs parents, lesquels sont convoyés vers le camp d'extermination d'Auschwitz[1]. Les enfants restants seront également déportés dans les convois suivants[4].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Weismann a espéré revoir ses parents et ses sœurs (Charlotte et Rachel), mais ces derniers sont morts en déportation[2]. Charlotte Weismann (née le à Paris) est déportée à Auschwitz par le convoi no 16 en date du [5] et assassinée à son arrivée le , à l'âge de 13 ans. Rachel Weismann (née en à Paris) est déportée à Auschwitz par le convoi no 22 en date du [5] et assassinée à son arrivée le , à l'âge de 7 ans.

Il a voulu changer de nom et « s'appeler Dupont, comme tout le monde ». Puis il est devenu « vindicatif, bagarreur, un pantin démantibulé qui devait se reconstruire »[1]. Il travaille finalement au Mans comme vendeur de meubles[6].

En 1996, lors d'un colloque à Orléans, Simone Veil essaie de le convaincre d'écrire ses mémoires : « Monsieur Weismann, vous avez un devoir de mémoire à accomplir »[6]. Dans un premier temps il ne l'a pas écoutée, pensant que ça ne le concernait pas ; mais il a fini par admettre qu'elle avait raison et témoigne depuis régulièrement dans les collèges[6],[7].

Joseph Weismann a reçu la médaille des évadés, le , 72 ans après son évasion du camp de Beaune-La-Rolande[8].

Décoration[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Paris, Beate et Serge Klarsfeld, 1978.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Interview Ghislain Loustalot, « Le témoignage du survivant qui a inspiré La Rafle », sur parismatch.com, Paris-Match, 8 mars 2010, mis à jour le 19 mars 2010 (consulté le 26 avril 2016).
  2. a et b Recueilli par Olivier Renault, « La véritable histoire de Jo, le petit Juif », sur ouest-france.fr, Ouest-France, 4 mars 2010 (modifié le 26 septembre 2013) (consulté le 26 avril 2016).
  3. (en) Lizzy Davies, « La Rafle confronts wartime stain on French history », sur guardian.co.uk, The Guardian , (consulté le 26 avril 2016).
  4. Fred Kupferman (préf. Henri Rousso), Laval, Paris, Tallandier, , 2e éd. (1re éd. Balland, 1987), 654 p. (ISBN 978-284734-254-3), p. 410.
  5. a et b Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Paris, Beate et Serge Klarsfeld, 1978.
  6. a, b, c et d Géraldine Catalano, « Joseph Weismann, une vie après le Vél d'Hiv », sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le 26 avril 2016).
  7. a et b Serge Golan, « Témoigner : la « mission sacrée » de Joseph Weismann », sur hamodia.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  8. a et b « Médaille des évadés pour Joseph Weismann », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 26 avril 2016).
  9. « Sarthe – La Légion d'honneur les distingue », sur lemainelibre.fr, Le Maine libre, (consulté le 26 avril 2016).
  10. « Palmes académiques – Promotion du 1er janvier 2014 (décret en date du 8 janvier 2014) » [PDF], sur sarthe.gouv.fr, Préfecture de la Sarthe (consulté le 26 avril 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]