Boris Taslitzky

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Boris Taslitzky est un peintre français, né le à Paris et mort le , dont l'œuvre s'inscrit dans le courant du réalisme socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Boris Taslitzky naît de parents juifs russes émigrés après l'échec de la révolution de 1905. Son père, ingénieur, meurt durant la Première Guerre mondiale, il devient pupille de la Nation. Il commence à peindre à l’âge de quinze ans et fréquente les académies de Montparnasse, visite le Louvre et copie les grands maîtres, notamment Rubens, Delacroix, Géricault ou Courbet [1], puis entre en 1928 à l'École des beaux-arts de Paris. En 1933, il adhère à l'AEAR, Association des écrivains et artistes révolutionnaires, dont il devient secrétaire général de la section des Peintres et Sculpteurs, et en 1935 au Parti communiste français[2].

En 1936, lors de la présentation de Quatorze Juillet, pièce de Romain Rolland, il participe à l'exposition qui réunit notamment Picasso, Léger, Matisse, Braque, Jean Lurçat, Laurens et Pignon dans le hall du théâtre de l'Alhambra. Il réalise en 1937 des dessins d'illustration pour le journal communiste Ce soir d'Aragon et Jean-Richard Bloch. Il est en 1938 secrétaire général des Peintres et Sculpteurs de la maison de la Culture de Paris[3].

Mobilisé à Meaux, Boris Taslitzky est fait prisonnier en juin 1940, s'évade en août et s'engage dans la Résistance au sein du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Arrêté en novembre 1941, condamné à deux ans de prison, il est transféré dans les prisons de Riom et de Mauzac, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe, et le 31 juillet 1944 déporté à Buchenwald où il parvient à faire quelque deux cents dessins qui témoignent de la vie des camps. « Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis. D’ailleurs, j’ai l’expérience, j’y suis déjà allé et j’y ai dessiné !… », dira-t-il plus tard. Sa mère mourra à Auschwitz[4],[5],[6].

Après-guerre, en 1946, Aragon fait éditer une centaine de ses dessins de Buchenwald[7]. Boris Taslitzky expose en 1946 ses œuvres inspirées par la Résistance et la déportation. Il reçoit la même année le Prix Blumenthal de la peinture et est secrétaire général de l'Union des arts plastiques, suite de l'AEAR. Il est alors, avec André Fougeron, l'un des défenseurs du Réalisme socialiste en France ; il participe activement aux débats de la Maison de la Culture qui préfigurent la politique culturelle du Front populaire et dénonce le colonialisme[8].

De 1971 à 1980, Boris Taslitzky enseigne le dessin à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Décoré déjà de la croix de guerre 1939-1945 et de la médaille militaire, il reçoit en 1997 les insignes de chevalier de la Légion d'honneur au titre de la Résistance et de la déportation.

Son parcours est fortement marqué par les grands bouleversements de l’histoire du XXe siècle. À la fois témoin et acteur de cette histoire, ses engagements artistiques et politiques sont à la mesure de la conscience particulièrement aiguë qu’il a de sa responsabilité d’homme et d’artiste[9].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Boris Taslitzky, Tu parles... chronique, Paris Les Éditeurs Français Réunis, 1959 ; rééd. Paris, L'Harmattan, 2004, 22 p. (ISBN 2-7475-7089-4)
  • Taslitsky et Guillevic, L'Âge mûr (sept sonnets de Guillevic datant de 1954, 29 dessins de Taslitzky dont un portrait de Guillevic), Paris, Éditions Cercle d'Art, 1955 (n. p.).
  • Boris Taslitzky, Tambour battant, (1 dessin de Taslitzky) Paris, Les Éditeurs Français Réunis, 1962 ; rééd. Paris, L'Harmattan, 2004, 138 p. (ISBN 2-7475-7147-5)
  • Boris Taslitzky, Dessins faits à Buchenwald, textes de Christophe Cognet, Lionel Richard, Annette Wieviorka, Aragon, Julien Cain, Jorge Semprún, Maurice Kriegel-Valrimont, etc., Paris, Éditions Biro, 2009, 251 p. (ISBN 978-2-351-19054-8)

Musées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : sources utilisées pour la rédaction de cet article

  • Marie-José Sirach, Quand Boris Taslitzky dessinait l'indicible, dans L'Humanité, Paris, 12 décembre 2005. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Harry Bellet, Boris Taslitzky, dans Le Monde, Paris, 13 décembre 2005. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lydia Harambourg, Boris Taslitzky, dans La gazette de l'Hôtel Drouot, 17 juillet 2009. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • L'Atelier de Boris (2004), film documentaire réalisé par Christophe Cognet, Corto-Pacific, 96 min, 24 Images

Liens externes[modifier | modifier le code]