Pierre Mauroy

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Pierre Mauroy
Pierre Mauroy à un meeting socialiste,le 29 mai 2007.
Pierre Mauroy à un meeting socialiste,
le 29 mai 2007.
Fonctions
Sénateur du Nord
2 octobre 199230 septembre 2011
Élection 27 septembre 1992
Réélection 23 septembre 2001
Président de l'Internationale socialiste
17 septembre 199210 novembre 1999
Prédécesseur Willy Brandt
Successeur António Guterres
Premier secrétaire du Parti socialiste
14 mai 19889 janvier 1992
Prédécesseur Lionel Jospin
Successeur Laurent Fabius
8e Premier ministre français
(156e chef du gouvernement)
21 mai 198117 juillet 1984
(&&&&&&&&&&&011533 ans, 1 mois et 26 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Mauroy I
Pierre Mauroy II
Pierre Mauroy III
Législature VIIe législature
Coalition Majorité présidentielle
PS - PCF - PRG - PSU - MD
Gauche
Prédécesseur Raymond Barre
Successeur Laurent Fabius
3e président de la Communauté urbaine de Lille
19892008
Prédécesseur Arthur Notebart
Successeur Martine Aubry
Maire de Lille
8 janvier 197325 mars 2001
Prédécesseur Augustin Laurent
Successeur Martine Aubry
Biographie
Date de naissance 5 juillet 1928 (1928-07-05) (84 ans)
Lieu de naissance Cartignies (Nord)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
PS
Conjoint Gilberte Mauroy
Diplômé de École normale nationale d'apprentissage de Cachan
Profession Professeur d'histoire-géographie de l'enseignement secondaire technique
Religion Catholique

Pierre Mauroy, né le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord), est un homme politique français. Premier ministre de 1981 à 1984, maire de Lille de 1973 à 2001, il est également sénateur du Nord de 1992 à 2011.

Sommaire

Biographie [modifier]

Né en 1928 d'un père instituteur et d'une mère catholique pratiquante, Pierre Mauroy est l'ainé d'une famille de sept enfants. Son père installé à Haussy, il devient élève des lycées de Cambrai et du Cateau-Cambrésis, puis élève-professeur-stagiaire de l'École normale nationale d'apprentissage (ENNA) de Cachan. Il s'engage dès l'âge de 18 ans à la SFIO dans les Jeunesses socialistes et en devient, en 1950, le secrétaire national. En 1951 il fonde la fédération nationale Léo-Lagrange, l'un des plus importants mouvements français d'éducation populaire. Il devient professeur d'enseignement technique à Colombes en 1952 — au total, il n'enseigne que 18 mois dans sa vie — et obtient en 1955 le poste de secrétaire général du syndicat des collèges d'enseignement technique de la fédération de l'Éducation nationale.

Débuts en politique [modifier]

En 1966, il devient secrétaire général de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Suite à la création du Parti socialiste, qui remplace la SFIO en 1969, Guy Mollet lui promet son soutien pour prendre la tête du nouveau parti en échange de la nomination d'un de ses proches au poste de numéro 2, mais Pierre Mauroy refuse et est battu d'une voix par Alain Savary lors du vote du comité directeur[1]. Au congrès d'Épinay deux ans plus tard, il est pressenti pour affronter le premier secrétaire sortant, mais n'arrivant pas à recueillir un nombre suffisant de soutiens de responsables socialistes, il renonce, François Mitterrand l'emportant[1].

À l'appel d'Augustin Laurent, il entre en seconde position sur la liste électorale du Parti socialiste pour l'élection municipale de 1971 à Lille. Augustin Laurent, réélu, confie deux ans plus tard à son premier adjoint les clefs du beffroi par sa démission le 8 janvier 1973 : Pierre Mauroy devient maire de Lille, après les législatives.

Puis le 11 mars 1973, il est élu député du département du Nord. Un an plus tard, il est élu président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. En tant que responsable de la puissante fédération socialiste du Nord, il apparaît au côté de François Mitterrand, comme étant le numéro 2 du PS. Après la défaite de la gauche aux élections législatives de 1978, il œuvre avec François Mitterrand à réformer le parti et à rassembler les socialistes. À partir du congrès de Metz en 1979, il anime l'un des courants minoritaires du parti socialiste et s'allie avec Michel Rocard contre François Mitterrand. Mais il change de camp après l'officialisation par Michel Rocard de sa candidature à l'élection présidentielle de 1981. Il est nommé porte-parole de François Mitterrand pour la campagne présidentielle, en octobre 1980.

Premier ministre [modifier]

Pierre Mauroy remet la Légion d'honneur au promoteur du tourisme social Jean Faucher en 1983

Soutien important de François Mitterrand dans le travail d'union de la gauche en 1981, ce dernier, une fois élu président de la République, nomme Pierre Mauroy Premier ministre.

Le deuxième gouvernement Mauroy, formé après les élections législatives de juin 1981, comprend quatre ministres communistes. Il entame une politique marquée à gauche, pour appliquer les promesses de campagne : 39 heures, cinquième semaine de congés payés, augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), impôt sur la fortune, retraite à 60 ans, abolition de la peine de mort, remboursement de l'IVG, réforme des médias[2].

Après les élections municipales de 1983, perdues par la majorité, et alors que les partenaires européens réclament un redressement de la situation économique de la France, François Mitterrand souhaite faire sortir le franc du Système monétaire européen. Pierre Mauroy s'y oppose et obtient gain de cause, formant un troisième gouvernement, le 23 mars 1983. Mais l'incapacité du Premier ministre à résoudre les problèmes de l'inflation et du chômage (+ 1,5 million de chômeurs), ainsi que la crise monétaire, le poussent à abandonner le Programme commun pour mettre en œuvre le « tournant de la rigueur », incarné par le ministre des Finances Jacques Delors, afin de maîtriser les finances de l'État et les problèmes économiques. L'indexation des salaires sur les prix est abandonnée, la réforme de l'enseignement privé est repoussée. Le 17 juillet 1984, François Mitterrand décide de remplacer Pierre Mauroy par Laurent Fabius.

Premier secrétaire du Parti socialiste [modifier]

Pierre Mauroy retourne alors dans le Nord où il possède un poids politique important. Au Conseil municipal de Lille, le 17 février 1984, il avait fait voter la construction d'une statue pour le Cardinal Liénart. Cela entraîne un procès médiatique devant le Tribunal administratif de Lille, présidé par André Plateau.

Pierre Mauroy, en 1990.

En mai 1988, il devient premier secrétaire du Parti socialiste contre l'avis de François Mitterrand qui soutenait la candidature de Laurent Fabius. Reconduit après l'agité congrès de Rennes de 1990, il quitte ses fonctions le 9 janvier 1992, après quoi il est élu sénateur et président de l'Internationale socialiste.

Retrait progressif de la vie politique [modifier]

En 2001, Pierre Mauroy passe le flambeau de la mairie de Lille à Martine Aubry qui était précédemment son premier adjoint, et succède à Roland Ries à la présidence de la Mission opérationnelle transfrontalière.

Le 20 juin 2008, il est mis en examen pour détournement de fonds publics à propos d'un emploi présumé fictif attribué à Lyne Cohen-Solal au sein de la communauté urbaine de Lille (CUDL) en 1992[3]. Pierre Mauroy, son ancien directeur de cabinet Bernard Masset et Lyne Cohen-Solal sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Lille le 3 mai 2010[4] et leur procès s'ouvre le 3 décembre suivant[5]. Le 4 février 2011, Pierre Mauroy est condamné à 20 000 euros d’amende avec sursis pour abus de confiance et devra, avec Lyne Cohen-Solal et Bernard Masset, rembourser 19 654 euros à la CUDL[6].

Sénateur du Nord depuis 1992, Pierre Mauroy ne se représente lors des élections sénatoriales de 2011, mais demeure toujours président de la Fondation Jean-Jaurès, qu'il a fondée en 1992.

Après avoir soutenu Ségolène Royal en vue de l'élection présidentielle de 2007[7], il soutient Martine Aubry dans le cadre de la primaire socialiste de 2011[8]. Il soutient par la suite le candidat vainqueur de cette primaire, François Hollande, dont il regrette de ne pas pouvoir participer à sa campagne, notamment suite à son hospitalisation pour une tumeur cancéreuse au poumon[9],[10],[11].

Détail des mandats et fonctions [modifier]

Mandats locaux [modifier]

Mandats régionaux [modifier]

Mandats parlementaires [modifier]

Fonctions ministérielles [modifier]

Autres responsabilités [modifier]

Distinctions [modifier]

Distinctions et décorations françaises [modifier]

  • Grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur, depuis le décret du 21 novembre 2008[12], « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
  • Grand-croix de l'ordre national du Mérite en 1981 en tant que premier ministre.

Décorations étrangères [modifier]

Surnoms [modifier]

  • « Gros Quinquin » en référence à la célèbre chanson nordiste du « P'tit Quinquin ».
  • Le « rougeaud de Lille » en référence à son teint rubicond, jeu de mot sur « Rouget de Lisle »
  • « Gros Nounours », en référence à des députés qui le surnommaient « le bon Gros Nounours de Lille »

Ouvrages de Pierre Mauroy [modifier]

  • Héritier de l'avenir, 1977.
  • C'est ici le chemin, 1982.
  • À gauche, 1985.
  • Paroles de Lillois, 1994.
  • Léo Lagrange, 1997.
  • Refonder l'action publique locale, rapport au Premier ministre, 2000. Ce rapport, établi dans le cadre de la Commission pour l'avenir de la décentralisation, propose une réforme de l'organisation des pouvoirs locaux.
  • Mémoires - Vous mettrez du bleu au ciel, 2003.
  • Ce jour-là, 2012

Bibliographies [modifier]

  • Pierre Clavilier, La course contre la Honte : Suivi de Entretien avec Robert Badinter, Bruxelle, Tribord, 2006 (ISBN 978-2-930390-18-5)
  • Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis Bianco (dir.), Les Années Mitterrand, les années du changement. 1981-1984, éd. Perrin, 2001
  • Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, tome 1, Les Ruptures. 1981-1984, éd. du Seuil, coll. « L'épreuve des faits », 1990, rééd. « Points », 1995
  • Stanley Hoffmann, George Ross et Sylvia Malzacher (dir.), L'Expérience Mitterrand, Presses universitaires de France, 1988
  • Bernard Ménager, Jean-François Sirinelli et Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Cent ans de socialisme septentrional. Actes du colloque, Centre de gestion de l'édition scientifique de l'université de Lille-III, 1995
  • Martine Pottrain, Le Nord au cœur, historique de la fédération socialiste du Nord, Lille, éd. Nord-Matin, 1993
  • Marc Prévost, Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy, Lille, éd. Les Lumières de Lille, 2007
  • Boris Roman, Le Majorat de Pierre Mauroy (1973-1995), mémoire de maîtrise en histoire, sous la direction de Robert Vandenbussche, université de Lille-III-Charles-de-Gaulle, 1999

Notes et références [modifier]

Liens externes [modifier]

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Président de la
Mission opérationnelle transfrontalière
2001 - 2008
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