Ordolibéralisme

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L’ordolibéralisme (Ordoliberalismus en allemand) est un courant de pensée libéral apparu en Allemagne dès les années 1930 selon lequel la mission économique de l'État est de créer et maintenir un cadre normatif permettant la concurrence libre et non faussée entre les entreprises.

L’ordolibéralisme est crédité d'avoir donné naissance au système d’économie sociale de marché[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines de l'ordolibéralisme[modifier | modifier le code]

L'ordolibéralisme serait né à partir de 1932 de la rencontre d’un économiste, Walter Eucken et de deux juristes, Franz Böhm et Hans Grossmann-Doerth de l'université de Fribourg. L’école de Fribourg ou l'ordolibéralisme allemand commença à élaborer des conceptions économiques qui rejettent le matérialisme hédoniste des libéraux mais aussi l'évolutionnisme du marxisme.

Walter Eucken, Wilhelm Röpke et Alfred Müller-Armack par exemple, s'exprimèrent dans la revue ORDO; ils ont influencé la politique économique des divers chanceliers allemands, ce qui les a auréolés de la paternité intellectuelle du « miracle économique ouest-allemand ».

Fondements[modifier | modifier le code]

Selon la théorie ordolibérale, l'État a pour responsabilité de créer un cadre légal et institutionnel à l'économie, et de maintenir un niveau sain de concurrence « libre et non faussée » via des mesures en accord avec les lois du marché. En effet, si l'État ne prend pas des mesures anticipées pour encourager la concurrence, les entreprises donneront naissance à des monopoles, trusts ou oligopoles. Cela aura pour conséquence de détourner les avantages économiques offerts par le marché, et peut-être à terme de saper la démocratie, le pouvoir économique étant capable de se transformer en pouvoir politique.

L'État a donc un rôle d'« ordonnateur ».

D'après Stephen Padgett, un pilier central de l'ordolibéralisme est une « division du travail » clairement définie entre acteurs de la gestion économique :

  • la politique monétaire est sous la responsabilité d'une banque centrale à l'abri du pouvoir politique, dévouée à la stabilité monétaire et à une faible inflation, mais toutefois sous le contrôle de la "communauté socio-économique" (les partenaires sociaux) au niveau des banques centrales régionales (Landeszentralbank)[1];
  • la politique budgétaire, équilibrée, appartient au gouvernement;
  • la fixation des salaires et des conditions de travail est partagée entre les employeurs et les syndicats.

Débat[modifier | modifier le code]

Il y a actuellement un débat « Ordnungspolitik vs Prozesspolitik », c’est-à-dire entre les politiques d'ordonnancement et les politiques de processus.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Voir la notice du Wikipedia en anglais sur la Bundesbank

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alan Peacock, Hans Willgerodt (éds.), Germany’s Social Market Economy: Origins and Evolution, Macmillan, 1989, 292 p.
  • Patricia Commun, L'ordolibéralisme allemand : Aux sources de l'économie sociale de marché, CIRAC, 2003, 272 p.
  • Carl J. Friedrich, « The Political Thought of Neo-Liberalism », American Political Science Review, 1955, 49/2, pp. 509-525.
  • Pierre Dardot, Christian Laval, La Nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale, Paris, La Découverte, 2009, 504 p., (ISBN 978-2-7071-5682-2).
  • Frederic P. Miller, Économie Sociale de Marché (Allemagne de l'Ouest, Guerre froide, Ordolibéralisme, Traité de Rome de 2004, etc), Alphascript, 11 novembre 2010, (ISBN 978-6-1338-6692-8).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]