Fadela Amara

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Fadela Amara
Fadela Amara, en 2008.
Fadela Amara, en 2008.
Fonctions
Secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur poste créé
Successeur Maurice Leroy
(Ministre de la Ville)
Biographie
Nom de naissance Fatiha Amara
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Clermont-Ferrand
Nationalité Française et Algérienne[1]
Diplômée de Comptabilité

Fadela Amara, née Fatiha Amara le à Clermont-Ferrand, est une femme politique française. Présidente de l'association « Ni putes ni soumises », elle devient secrétaire d'État chargée de la Politique de la Ville du deuxième gouvernement François Fillon (2007-2010) sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est désormais inspectrice générale des affaires sociales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est issue d'une famille nombreuse algérienne de Kabylie[2], dont les parents étaient des sympathisants du FLN[3]. Elle a quatre sœurs et six frères. Son père était ouvrier en bâtiment, sa mère femme au foyer.

Se destinant à des études de lettres[réf. nécessaire], elle est orientée vers un CAP de comptabilité. En 1978, à l'âge de 14 ans, Fadela Amara assiste au premier des deux drames qui vont changer sa vie : son jeune frère Malik, âgé de 5 ans, est renversé par une voiture. Il décède quelques heures plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par l'attitude des policiers, qui auraient défendu le conducteur ivre sur les lieux même de l'accident[4].

Elle participe ainsi à la première marche civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dès 16 ans, quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle décide de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.

Elle revendique avoir participé en 1983 à la marche des beurs[5] et milite à SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP).

En 1989, elle met en place la première maison des potes et crée ensuite la « Commission femmes » dont le principal objectif était de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers défavorisés et d'entendre les demandes formulées par la population vivant dans ces quartiers.

Dans les années 1990, son frère, Hassein Amara, est condamné à 16 ans de prison pour le meurtre d'un bijoutier lors d'un braquage à main armée avec prise d'otage, à Clermont-Ferrand, en 1984. C'est le début d'une période difficile de la vie de Fadela Amara, qui se bat[6] pour lui obtenir un titre de séjour en France[7] et s'endette pour lui fournir un avocat[8].

Elle est ensuite élue conseillère municipale sur la liste du Parti socialiste à Clermont-Ferrand en 2001. À ce propos, elle a déclaré le 3 janvier 2008 que « J'ai envoyé ma démission le lendemain de l'élection municipale de 2001, mais elle a été refusée. Je figurais sur sa liste en place éligible, et il me confiait la responsabilité de la politique de la ville. Et puis, dès l'élection passée, tous les élus socialistes se sont réunis pour se répartir le pouvoir, sans rien pour moi. Clermont est à l'image du PS : un cercle de notables qui se partagent un gâteau. Le Parti socialiste, c'est un shaker : on met toujours les mêmes dedans, on secoue et les mêmes ressortent dans un autre ordre. Mais où sont les nouvelles têtes[9] ? »

En 2002, elle organise des états généraux à la Sorbonne qui ont réuni plus de 250 femmes, et elle rédige une pétition qui compte près de 20 000 signataires, et dont la synthèse deviendra le « Manifeste de revendication des femmes des quartiers » adressé à tous les candidats républicains à l’élection présidentielle de 2002.

Elles furent peu soutenues au début sur ces questions et ces thématiques de la condition des femmes, des mères, des mamans et des filles des quartiers et en France, de la ghettoïsation, des discriminations et de la place de cette jeunesse des quartiers.

Le 4 octobre 2002, Sohane, 17 ans, meurt brûlée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. Son ex-petit ami n'a pas toléré que Sohane résiste à ses tentatives de reconquête. Il organise une expédition punitive avec complice et témoins. C'est l'Affaire Sohane Benziane. Une marche est alors organisée, « La marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité », autour d'un slogan provocateur : « Ni putes ni soumises ». Cette marche, partie de Vitry-sur-Seine en hommage à Sohane, qui s'achèvera à Paris le 8 mars 2003 dans une manifestation de 20 000 personnes, exigeait la fin de la loi du silence et la liberté de parole de toutes les femmes et filles de la République.

Fadela Amara deviendra la présidente de ce mouvement, ayant adopté le nom de « Ni putes ni soumises » (NPNS), qui lutte pour l’émancipation des filles et des garçons, l’égalité des sexes, la laïcité et la mixité dans les quartiers.

Elle est par ailleurs signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[10], plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En août 2004, Fadela Amara est nommée membre de la Commission consultative des Droits de l’Homme. En janvier 2005, elle devient membre de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).

En 2005, elle est faite docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles et en 2006, elle reçoit un Honorary Degree for French civil rights campaigner de la Manchester Metropolitan University[11].

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville[modifier | modifier le code]

Nomination

Le 19 juin 2007, elle est nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le Gouvernement Fillon II sous la tutelle de la ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin. Son entrée et sa participation dans un gouvernement de droite provoquent une certaine controverse, à droite comme à gauche, étant donné son engagement politique précédent avec le parti socialiste et son appartenance à des organisations populaires ayant des affinités politiques à gauche.

Empreintes génétiques

Le 9 octobre 2007, elle provoque une polémique parmi les parlementaires de l'UMP en se déclarant contre l'utilisation de tests ADN pour identifier les enfants d'immigrés dans le cadre d'un regroupement familial en France en employant le terme « dégueulasse » pour ce qu'elle juge être une « instrumentalisation de l'immigration ». Le ton monte avec les députés UMP qui multiplient les réponses vindicatives par voie médiatique ; Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, estime les propos de la secrétaire d'État « injurieux » pour les députés de la majorité[12]. Cette altercation sera néanmoins atténuée grâce à un repas organisé par Patrick Devedjian, afin « d'apprendre à se connaître »[13].

Espoir Banlieues

Elle présente son plan Espoir Banlieues « Une nouvelle politique en faveur des banlieues » présentée par le président Sarkozy et présente son plan « Espoir Banlieues - Une dynamique pour la France » le 22 janvier 2008 à Vaulx-en-Velin.

Remaniements de 2009

Le 15 janvier 2009, à la suite du mini-remaniement, son secrétariat d'État est placé sous la tutelle du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, Brice Hortefeux. Ainsi, elle n'est plus sous la tutelle de Christine Boutin, ancienne ministre du Logement. Fadela Amara disait des relations - quelquefois tendues - qu'elles avaient entre elles : « Parfois, c'est un peu folklo »[14]. Du 23 juin 2009 au 22 mars 2010, le ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville est dirigé par Xavier Darcos. Éric Woerth a pris sa succession : Fadela Amara et ce dernier ne sont pas reconduits dans le troisième gouvernement François Fillon (novembre 2010).

Controverse sur le logement de fonction

En 2010, Le Canard enchaîné révèle que Fadela Amara prête son logement de fonction dans le 7e arrondissement de Paris à des membres de sa famille[15]. Fadela Amara reconnaît le 1er juin 2010 que cela s'est produit occasionnellement, et qu'elle n'habite pas dans ce logement car elle continue de vivre dans une habitation à loyer modéré (HLM)[16]. Elle contredit ainsi de précédents déclarations, et cela confirme qu'elle ne respecte pas les règles en vigueur sur les logements de fonction des ministres[17]. Par ailleurs, malgré les demandes répétées depuis 2009 de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), Fadela Amara refuse à ce jour de libérer le logement social qu'elle occupe dans le 13e arrondissement, estimant ce faisant défendre « la mixité »[18],[19].

Après-gouvernement[modifier | modifier le code]

Fadela Amara décline la proposition de devenir ambassadrice de l'Union pour la Méditerranée et elle est nommée inspectrice générale des affaires sociales au tour extérieur[20],[21],[22].

Le mardi 17 avril 2012 elle annonce qu'elle votera François Hollande lors de l'élection présidentielle[23].

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle s'est déclarée "très fière de (ses) origines algériennes" et de la "nationalité algérienne (qu'elle a) conservée, bien (qu'elle) occupe un poste ministériel en France, étant naturellement française"; extraits d'une interview au quotidien arabophone El-Khabar reproduits in: Agence France-Presse, "Fadela Amara : je suis musulmane pratiquante et laïque en politique", Tout sur l'Algérie, 3 avril 2008
  2. Libération, 26 février 2003 Portrait
  3. « Les débats de l'Obs : Comment peut-on être français ? », 27 septembre 2007.
  4. « Planète Non-violence: Fadela Amara se sent “comme à la maison” en Israël », planetenonviolence.org, 22 avril 2008
  5. Fadela Amara. Le Destin d'une femme, de Cécile Amar : ni droite ni gauche, ambitieuse.
  6. « Fadela Amara, ou l’histoire d’un « lien fort » avec Nicolas Sarkozy », Oumma.com, 19 mai 2009.
  7. Ludovic Vignone, « La face cachée de Fadéla », L'Express, 6 juillet 2009.
  8. Cécile Amar, Fadela Amara : Le destin d'une femme, Hachette Littératures,‎ 20 mai 2009, 208 p. (ISBN 978-2-0123-7622-9)
  9. Michel Revol, « La ministre qui dérange », Le Point, n°1842, 3 janvier 2008.
  10. Il faut soutenir le Pacte de Genève, Marianne, 1er décembre 2003.
  11. Fadela Amara - Honorary Degree for French civil rights campaigner
  12. http://www.liberation.fr/actualite/politiques/283382.FR.php?rss=true
  13. « Fin de la polémique Amara ? » Le JDD, 11 octobre 2007
  14. http://www.tetu.com/actualites/france/Banlieues-Fadela-Amara-souhaite-quun-mouvement-gay-emerge-dans-les-quartiers-12723 Interview de Fadela Amara par Paul Parant en mars 2008.
  15. « Fadela Amara attaquée sur son logement de fonction », sur L'Express,‎ 1er juin 2010 (consulté le 12 novembre 2011)
  16. « Fadela Amara admet héberger son frère dans un logement de fonction »,‎ 2 juin 2010 (consulté le 12 novembre 2011)
  17. Michel Revol, « Quand Fadela Amara affirmait que son appartement de fonction servait à des réceptions officielles »,‎ 2 juin 2010 (consulté le 12 novembre 2011)
  18. « Logements sociaux. Jean-Pierre Chevènement et Fadela Amara refusent de déménager », sur Le Télégramme,‎ 10 novembre 2011 (consulté le 12 novembre 2011)
  19. Marie Huret, « Fadela Amara: "Pourquoi je veux rester dans mon HLM" », sur L'Express,‎ 30 septembre 2009 (consulté le 12 novembre 2011)
  20. Fadela Amara nommée inspectrice générale des affaires sociales, Le Point, 5 janvier 2011.
  21. Voir « Calendrier 2011 du tour extérieur des administrateurs civils » sur le site du ministère de la Fonction publique.
  22. Pratique légale, utilisée par les gouvernements de toute sensibilité mais dénoncée par beaucoup, dont les partisans de la Convention pour la sixième République : « Léotard un p'tit tour et puis s'en va », blog sur LeMonde.fr, 16 mars 2005.
  23. Fadela Amra : je vais voter François Hollande sur liberation.fr
  24. Décret du 31 décembre 2010 portant promotion et nomination

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fadela Amara et Sylvia Zappi, Ni putes ni soumises, Éditions La Découverte, 2003 (ISBN 2707141429)
  • Fadela Amara et Mohammed Abdi, La Racaille de la République, Le Seuil, 2006
  • Dialogue avec Albert Jacquard, Jamais soumis, jamais soumise, Stock, 2007
  • Comment peut-on être Français ?, avec Jean Daniel, Forum Libération de Grenoble, sur CD audio chez Frémeaux & Associés, 2008
  • Cécile Amar, Fadela Amara : le destin d'une femme, Hachette Littérature, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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