Hubert Curien

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Hubert Curien, né le à Cornimont (Vosges) et décédé le à Loury (Loiret), est un cristallographe français, ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1993. Il est le père de Nicolas Curien et de Pierre-Louis Curien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hubert Curien est né d'un père receveur municipal, Robert Curien, et d'une mère institutrice, Berthe Girot. Élève du lycée Saint-Louis à Paris, il revient cependant à vingt ans dans les Vosges pour s'engager dans la résistance au maquis de la Piquante-Pierre. Reprenant le cours de ses études à la Libération, il choisit d'entrer à l'École normale supérieure de préférence à l'École polytechnique en raison d'une faiblesse au genou contractée au maquis. Il se lance alors dans une carrière scientifique par la porte de la cristallographie.

Maître de conférences, puis professeur à la faculté des sciences de Paris, il rentre au CNRS en 1966 comme directeur du département Physique mathématiques. Il restera cependant professeur à l'université et assurera ses cours toute sa vie. Il a notamment découvert une nouvelle forme cristalline du gallium dans le cadre de ses travaux au laboratoire de minéralogie et de cristallographie de l'Université de Paris dirigé par le Professeur Michael Saidoun. Comme enseignant, il a joué un rôle capital dans la dynamisation de la culture scientifique au bénéfice des jeunes.

Possédant une grande culture et très ouvert sur ses contemporains, autant apprécié par la droite que par la gauche, il se voit offrir des postes de décideur et de dirigeant dans le milieu de la recherche française :


Père de l'Europe spatiale[modifier | modifier le code]

Président du CNES de 1976 à 1984, ministre de la Recherche et de l'Espace de 1984 à 1986 et de 1988 à 1993, puis premier président du conseil de l'agence spatiale européenne, Hubert Curien est considéré à juste titre comme le père de l'Europe spatiale[1].

La communauté spatiale et le CNES doivent beaucoup à Hubert Curien :

Ministre[modifier | modifier le code]

Ces réussites l'imposent pour devenir ministre de la Recherche et de la Technologie de 1984 à 1986 sous le Gouvernement Laurent Fabius, puis de nouveau de 1988 à mars 1993 (sous les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy).

En 1991, il décide de fêter les dix ans du ministère en ouvrant ses jardins au public pour la première fois. Cet événement local préfigure la manifestation Science en Fête (qui deviendra plus tard la Fête de la Science), créée l'année suivante.

Fonctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Puis les fonctions honorifiques se succèdent :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hubert Curien est :

Hommages[modifier | modifier le code]

La promotion 2011 de l’École nationale d'applications des géosciences (ENAG) est baptisée « Promotion Hubert-Curien ».

La promotion 2005 de l'École supérieure chimie physique électronique de Lyon dont il a été directeur est baptisée « Promotion Hubert-Curien ». La même année, le trophée Diderot de l’initiative culturelle pour la catégorie « Personnalité de la culture scientifique, technique et industrielle » (remis par l'AMCSTI dont il a été le président) est renommé « Prix Hubert-Curien ».

En 2000, il accepte, de donner son nom à l'école Hubert Curien de Bourges[2]. Ce centre de formation supérieur des apprentis, créé et géré par la CCI du Cher, offre des formations BAC+5 en management des risques industriels et de la qualité, mais aussi en maîtrise de l'efficacité énergétique.

Le , l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien est créé à Strasbourg.

Le collège de Cornimont est baptisé « Collège Hubert-Curien » le et l'Institut universitaire de technologie d'Épinal renommé avec son nom la même année.

Le , un laboratoire de l'université Jean Monnet, à Saint-Étienne, change de nom et devient le Laboratoire Hubert Curien (UMR CNRS 5516).

En , l'Agence spatiale européenne annonce que le site d'atterrissage de la sonde Huygens sur Titan, le plus gros satellite de Saturne, recevrait le nom de « Mémorial Hubert-Curien ».

La salle de conférences des Champs Libres à Rennes porte son nom.

Le planétarium de Dijon dont le projet lui avait été présenté en 2003, porte aujourd'hui son nom.

Les programmes d'échanges scientifiques bilatéraux du ministère des Affaires étrangères, autrefois connus sous le nom de « Programmes d'actions intégrées » ou PAI, ont été rebaptisés « Partenariats Hubert-Curien » ou PHC. De tels partenariats existent avec plus de 60 pays.

La Maison de la Science à Sainte-Savine (Aube) porte son nom, ainsi qu'une rue de Maxéville (Meurthe-et-Moselle).

L'école primaire de Nompatelize (Vosges) réalisée en 2006.

Famille[modifier | modifier le code]

Son frère, Gilles Curien, est ambassadeur de France. Marié à Anne-Perrine Dumézil, Hubert Curien était le gendre de l'académicien Georges Dumézil. Il a eu trois fils : l'aîné, Nicolas Curien, est professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre de l'Académie des technologies [3] ; le deuxième, Christophe Curien, est artiste-peintre[4] ; le cadet, Pierre-Louis Curien, est directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et informaticien théoricien[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hubert Curien : le père spirituel de l'Europe spatiale », dans supplément CNES/MAG no 51, novembre 2011
  2. École Hubert Curien
  3. Site de Nicolas Curien
  4. Site de Christophe Curien
  5. page de Pierre-Louis Curien sur la page du laboratoire P.P.S.