Journaliste

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Journaliste
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Des journalistes

Appellation(s) Journaliste
Secteur(s) d'activité Médias - Communication

Un journaliste est une personne dont l'activité professionnelle est le journalisme.

Sommaire

Les différentes facettes du métier [modifier]

Le travail du journaliste consiste principalement à recueillir des informations puis écrire des articles ou publier des reportages (écrits, audio, photo ou vidéo), en consultant les dépêches des agences de presse et la documentation de son entreprise, en interrogeant des spécialistes de la politique, de la justice, des différentes discplines de la science, etc. ou des témoins, à qui il garantit la protection des sources d'information des journalistes. On utilise le terme de reporter quand il se déplace sur le terrain, de chroniqueur ou de rubricard quand ses articles sont spécialisés dans un domaine particulier et même de critique pour certains d'entre eux : littéraire, dramatique, cinéma, musical, d'art, gastronomique. Il est éditorialiste ou billettiste, s'il doit mettre en avant une opinion, le plus souvent celle de son entreprise. Lorsque le journaliste effectue des enquêtes longues et approfondies sur des sujets difficiles, on utilise le terme de journaliste d'investigation.

Les secrétaires de rédaction, qui assurent un travail d'édition en relisant et réécrivant au besoin les articles, ont aussi le statut de journaliste professionnel, tout comme leur pendant dans l'audiovisuel, les chefs d'édition, ainsi que les présentateurs, photographes de presse, dessinateurs, iconographes, journalistes reporters d'image ( « JRI » ) et documentalistes de presse.

Le statut de journaliste professionnel [modifier]

Un journaliste peut être mensualisé ou pigiste, rémunéré au prorata de la longueur de ses articles. Dans les deux cas, il est salarié en contrat à durée indéterminée de l'entreprise de presse, comme le précise la loi Cressard de 1974. Pigiste ou mensualisé, il vote aux élections CE/DP, est couvert par Convention collective nationale de travail des journalistes (CCNTJ), et obtient la carte de presse si le journalisme lui apporte la majorité de ses revenus. La carte est attribuée, après une année probatoire, par la CCIJP, commission indépendante de professionnels élus par leurs pairs.

La Loi Brachard, inspirée du Rapport Brachard, a créé dès 1935 un statut de journaliste professionnel, qui accorde au moins un mois de salaire par année d'ancienneté en cas de licenciement et une clause de cession (démission avec les mêmes indemnités) en cas de changement d'actionnaire de l'entreprise de média. La loi Cressard a donné en 1974 les mêmes droits aux journalistes pigistes.

Créé en 1934, l'allocation pour frais d'emploi des journalistes, composante marginale des aides à la presse en France, autorise à déduire 7.650 euros par an de son revenu imposable. Ce montant, fixé en 1998 et non relevé depuis, a remplacé la déduction de 30 % supprimée en 1996.

Certaines entreprises font travailler par ailleurs des correspondants locaux de presse, mais cette fonction est obligatoirement exercée en complément d'une autre activité professionnelle. Ils n'ont pas le statut de journaliste et ne sont pas couverts par la CCNTJ.

Le « quatrième pouvoir » [modifier]

Les médias sont souvent qualifiés de quatrième pouvoir, par allusion aux trois pouvoirs constitutionnels, dans le processus de la formation de l'opinion publique et dans l'influence que la révélation de ces faits peut avoir dans les prises de position des citoyens. Les faits, analyses ou commentaires qu'ils rapportent sont porteurs de sens, par exemple dans le domaine de la politique, de l'économie ou de la culture. La couverture de ces domaines est définie collectivement par des rédactions, encadrées par les responsables nommés souvent par les propriétaires de ces médias d'où la revendication par les syndicats de journalistes pour obtenir l'indépendance des rédactions.

Histoire [modifier]

Le journalisme et la presse sont apparus dans l'antiquité. Par exemple, les procès romains étaient affichés sur les murs, tels des journaux. Dans la mythologie nordique, les corbeaux Hugin et Munin sont assis sur les épaules du dieu Odin et lui racontent les nouvelles du monde.

Le métier de journaliste, longtemps réprimé par la censure royale s'est épanoui plus vite dans les pays anglo-saxons. En France, il devient un symbole de la liberté lors la Protestation des 44 journalistes du 26 juillet 1830, déclic et temps fort des Trois Glorieuses. Il a vu ses effectifs augmenter fortement à la fin du XIXe siècle mais n'est devenue une activité professionnelle vraiment reconnue que dans les années 1930, lorsqu'un consensus s'est dessiné après des révélations tardives sur l'Affaire Arthur Raffalovitch[1], un scandale médiatico-financier lié aux emprunts russes, dont le placement massif auprès des épargnants français fut facilité par la corruption de nombreux médias.

En 2007, environ 37 000 personnes détiennent la carte de presse en France (ce qui suppose d'en tirer plus de la moitié de ses revenus).

Définition [modifier]

En France [modifier]

La définition du statut de journaliste professionnel est contenu dans la loi Brachard et la loi Cressard (articles L7111-3 à L7111-5 du Code du travail) : Est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources.' Les journalistes exerçant leur profession dans une ou plusieurs entreprises de communication au public par voie électronique ont la qualité de journaliste professionnel et sont eux aussi couverts par la Convention collective nationale de travail des journalistes.

Formation [modifier]

Journalistes enregistrant la présidente Tarja Halonen et Vladimir Poutine.

Dans les pays qui promeuvent la liberté de la presse, aucun diplôme n'est exigé pour exercer la profession de journaliste. Un stage dans un ou plusieurs médias peut toutefois être requis.

En principe, il est demandé au journaliste d'avoir conscience de ses responsabilités sociales et politiques vis-à-vis de la société (critère de déontologie), de posséder une pensée logique et analytique, de disposer de créativité ainsi que d'avoir le sens des contacts humains. Cependant les journalistes polyvalents tendent à devenir de moins en moins nombreux. Des connaissances techniques sont de plus en plus souvent nécessaires (quand elles ne sont pas exigées), en raison de la complexité croissante des sujets traités. Les journalistes intervenant sur des sujets « pointus » tels que les sciences, surtout dans la presse généraliste, ont rarement reçu une formation substantielle sur ces sujets ; un journaliste doit alors posséder une capacité à comprendre et à retranscrire en termes intelligibles par le plus grand nombre une information a priori « difficile », afin qu'elle ne demeure pas réservée à un cercle d'initiés[2].

Statut professionnel dans les autres pays [modifier]

Afrique francophone [modifier]

E-jicom : École Supérieure de Journalisme des Métiers de l'Internet et de la Communication: Première école de journalisme et de communication en Afrique francophone à intégrer de façon structurée les Métiers du Web dans son curriculum, E-jicom, selon ses promoteurs se veut, au delà des offres de formation, un centre panafricain d'excellence et un lieu de réflexion sur les médias et la communication, à l'heure des TIC, des médias en ligne et des réseaux sociaux. Outre le cycle normal de formation, l'établissement offre aux professionnels africains en activité la possibilité de se recycler et de mettre à jour leurs connaissances dans le domaine très changeant du monde de l'Internet, à travers des offres de formation continue. L'établissement été créé par un spécialiste des médias et de la communication (ancien journaliste de la BBC et de l'AFP ayant fait l'essentiel de sa carrière à l'international) qui s'est entouré d'universitaires et de jeunes experts férus de nouvelles technologies. Basée à Dakar E-jicom proclame son intention de contribuer à la révolution numérique qui caractérise le XXIème siècle et de participer à la "redéfinition" des métiers du journalisme et de la communication, rendue impérative par la montée en puissance des technologies et de l'Internet, et notamment ce qu'il est désormais convenu d'appeler le web 2.0.

Australie [modifier]

  • Jschool: Journalism Education & Training, Jschool

Belgique [modifier]

Le statut de journaliste professionnel en Belgique est établi par la loi du 30 décembre 1963 [3]. Les conditions précisées par la loi sont les suivantes : "Nul ne peut être admis à porter le titre de journaliste professionnel s’il ne remplit pas les conditions suivantes :

  1. Etre âgé de vingt et un ans au moins ;
  2. N’être pas déchu, en Belgique, en tout ou en partie, des droits énumérés aux articles 31 et 123 sexies du Code pénal et, sous réserve de ce qui est prévu à l’article 2, n’avoir pas encouru, à l’étranger, une condamnation qui, si elle avait été prononcée en Belgique, aurait entraîné la déchéance de tout ou partie de ces droits ;
  3. A titre de profession principale et moyennant rémunération, participer à la rédaction de journaux quotidiens ou périodiques, d’émissions d’information radiodiffusées ou télévisées, d’actualités filmées ou d’agences de presse consacrées à l’information générale ;
  4. Avoir fait, de cette activité, sa profession habituelle pendant deux ans au moins, et ne pas l’avoir cessée depuis plus de deux ans ;
  5. N’exercer aucune espèce de commerce et notamment aucune activité ayant pour objet la publicité, si ce n’est en qualité de directeur de journal, d’émissions d’information, d’actualités filmées ou d’agences de presse."

Le ministère de l'intérieur délivre le titre de journaliste professionnel (et donc la carte de presse), sur avis de la Commission d'agréation officielle [4]. Cette commission est composée paritairement de journalistes professionnels et de directeurs de médias.

Les journalistes en Belgique peuvent s'affilier à l'Association des Journalistes Professionnel [5], ou à son pendant néerlandophone la Vlaamse Vereniging van Journalisten [6].

Le titre de journaliste professionnel en Belgique est réservé, selon les termes de la loi de 1963, aux journalistes qui exercent dans des médias consacrés à l'information généraliste. Cela exclut donc les journalistes qui exercent dans des médias spécialisés. Ceux-ci peuvent toutefois être reconnus comme "journalistes de profession" par l'Association des Journalistes de Presse Périodique [7].

Formations au journalisme en Belgique [modifier]

Bosnie-Herzégovine [modifier]

  • École de journalisme de l'institut Mediaplan : Sarajevo

Bulgarie [modifier]

  • FJCM (Faculté de journalisme et de communication de masse) : Sofia

Québec [modifier]

France [modifier]

En France, l’accès au journalisme n’est pas subordonné à l’obtention d’un diplôme précis. Cependant, la Convention collective nationale de travail des journalistes affirme « l’intérêt des parties contractantes pour la formation professionnelle et souhaite que les débutants aient reçu un enseignement général et technique aussi complet que possible ».

De la sorte, le fait d’avoir satisfait à l’une des formations dites « reconnues par la profession » c'est-à-dire reconnues par la Commission Paritaire Nationale de l'Emploi des Journalistes (CPNEJ) - et d’être titulaire du diplôme de fin d’études - diminue de moitié la durée du stage de deux ans requis pour accéder au statut de journaliste titulaire.

En 2013, les treize formations reconnues par la CPNEJ sont[3] :

D'autres formations de qualité, comme l'ISCPA, Institut des Médias, présent à Lyon et Paris ou l'ESJ Paris École supérieure de journalisme de Paris notamment, créée en 1899 ne sont pas reconnues par la profession, via le dispositif prévu par la Convention collective nationale de travail des journalistes, en raison du choix pédagogique de ne pas assurer le nombre d'heures d'enseignement requis.

Maroc [modifier]

  • Institut supérieur de l'information et de la communication (ISIC) à Rabat (établissement public)
  • École supérieure de journalisme et de communication (ESJC) à Casablanca (établissement privé)
  • Institut supérieur de journalisme et de l'information (IFJ Sup) à Casablanca (établissement privé)
  • Institut supérieur de journalisme et de la communication (ISJC) à Casablanca (établissement privé)
  • Faculté des Lettres et des Sciences humaines Fès-Saïs (sciences de l'information et de la communication - SIC) à Fès (établissement public)

Suisse [modifier]

En Suisse romande, les journalistes-stagiaires sont engagés durant deux ans auprès d'un média tout en suivant neuf semaines de formation théorique au Centre romand de formation des journalistes (CRFJ). Les stagiaires passent ensuite un examen de fin de stage. Par ailleurs, au bout de deux ans de pratique journalistique, les candidats journalistes obtiennent le RP (registre professionnel) qui fait d'eux des journalistes professionnels.

L'Université de Fribourg, l'Université de Genève et l'Institut de journalisme et communication à Neuchâtel proposent aussi des cours dans le domaine du journalisme.

Les Écoles de Journalisme de Genève et de Lausanne,établissements dotés de journaux en ligne,encadrées par des professionnels de la presse et des médias;diplome d'études supérieures de journalisme et de journaliste reporter d'images.

Les différents métiers [modifier]

Journalistes tués [modifier]

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En 2012, selon l'ONG Press Emblem Campaign, 141 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur profession dans 29 pays. Parmi eux, 37 l'on été en Syrie, 19 en Somalie, 12 au Pakistan, 11 au Mexique, 11 au Brésil et 6 en Honduras[5].

D'autres ONG, tel que le Comité pour la protection des journalistes, basée à New-York, dénombre au moins 67 journalistes tués en 2012 et l'Institut international de la presse (IPI), basé à Vienne, a recensé 119 journalistes tués en 2012[6],[7].

Journalistes tués par année
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
103 64 36 28 23 38 32 31 25 40 53 63 81 86 60 77 57 106 141

Journalistes représentés par le cinéma [modifier]

Le cinéma a souvent présenté des journalistes au travail[8]. C'est le cas dans les films suivants :

Notes et références [modifier]

  1. "La presse écrite en France au XXème siècle", par Laurent Martin, page 49, éditions Le Livre de poche
  2. François Heinderyckx revient longuement sur la représentation des sciences et des experts par les journalistes dans un cycle de quatre conférences du Collège Belgique. Écouter le cycle de cours.
  3. [1]
  4. Site officiel [2]
  5. Statistique selon l'ONG Press Emblem Campaign (PEC)
  6. Article RTS du 3 janvier 2013
  7. 141 journalistes tués en 2012, journal figaro
  8. Les journalistes au cinéma

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie [modifier]

  • Histoire du journalisme et des journalistes en France, Christian Delporte, PUF, 1995.
  • Les journalistes en France, 1880-1950. Naissance et construction d'une profession, Christian Delporte, Seuil, 1999.
  • Maîtres du faire croire : de la propagande à l'influence, François-Bernard Huyghe, Vuibert, 2008
  • Les journalistes, Michel Mathien, Ellipses, 2007
  • L'implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, Jacques Le Bohec, L'Harmattan, 2004
  • Les interactions entre les journalistes et Jean-Marie Le Pen, Jacques Le Bohec, L'Harmattan, 2004
  • Le Guide de la Presse, ouvrage collectif, 1210 p., Alphom, 2002
  • Les Mythes professionnels des journalistes, Jacques Le Bohec, L'Harmattan, 2000
  • Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi Liber-raisons d'agir, 1998
  • TF1, un pouvoir, Pierre Péan et Christophe Nick, Fayard, 1997
  • Carte de presse, Dominique Jamet, Balland, 1997
  • Le journalisme sans peine, Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud, Plon, 1997
  • Sur la télévision, Pierre Bourdieu, Raisons d'agir, 1996
  • L'élite des journalistes, Rémi Rieffel, Seuil, 1994
  • Le professionnalisme du flou, Denis Ruellan, PUG, 1993
  • Propagandes, Jacques Ellul, Economica,1990
  • Le métier de journaliste, Pierre Sormany, Le Boréal Express, 1990 (2e édition 2000)
  • Le nouveau désordre mondial de l'information, Henri Pigeat, Hachette, 1987
  • Dictionnaire du journalisme et des médias, Jacques Le Bohec, Presses Universitaires de Rennes, 2010.

Liens externes [modifier]