Guy Drut

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Guy Drut Portail athlétisme
Extract Guy Drut (1969).jpg
Guy Drut à l'entraînement, en 1969.
Informations
Discipline(s) 110 m haies, athlétisme
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance (63 ans)
Lieu Oignies
Palmarès
Jeux olympiques 1 1 0
Championnats d'Europe 1
Championnats nationaux 13

Guy Drut, né le à Oignies, dans le Pas-de-Calais, est un athlète français devenu homme politique. Né dans la même rue que Michel Jazy, il est issu d'un milieu modeste (son père étant mineur).

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Licencié au club d'athlétisme d'Oignies, Guy Drut s'essaye tout d'abord au saut à la perche avant de se consacrer définitivement au 110 mètres haies. Crédité de 15 s 2 en 1966, il réalise 14 s 4 en 1968 avant d'établir un nouveau record de France de la discipline en 1969 en 13 s 7. Vainqueur de son premier titre de champion de France en 1970, il fait ses débuts sur la scène internationale la même année lors des Championnats d'Europe en salle 1970 de Vienne en terminant à la troisième place du 60 m haies. En 1972, il remporte sur 50 m haies son premier titre majeur international à l'occasion des Championnats d'Europe en salle disputés à Grenoble. Aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, Drut remporte la médaille d'argent du 110 m haies en établissant un nouveau record d'Europe en 13 s 34. Il s'incline d'un dixième de seconde face au favori de l'épreuve, l'Américain Rod Milburn. En 1974, Guy Drut s'adjuge le titre des Championnats d'Europe de Rome avec le temps de 13 s 40. L'année suivante, il établit les meilleures performances de sa carrière en signant les temps de 13 s 28 lors du meeting de Saint-Étienne, puis en battant à deux reprises le record du monde : 13 s 1 à Saint-Maur, puis 13 s 0 à Berlin.

Le , Guy Drut remporte la médaille d'or du 110 m haies des Jeux olympiques de Montréal. Situé au cinquième couloir, et après un départ rapide, il parvient à contenir ses principaux adversaires et s'imposer de justesse sur la ligne d'arrivée avec le temps de 13 s 30, devant le Cubain Alejandro Casanas (13 s 33) et l'Américain Willie Davenport (13 s 38). Premier européen champion olympique de la discipline, et premier non-américain à s'imposer depuis 1928, Drut succède à Colette Besson au palmarès des champions olympiques français.

Reconversion politique[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Député RPR de Seine-et-Marne depuis 1986 et maire de Coulommiers de 1992 à 2008, Guy Drut est un proche de Jacques Chirac, qui l'a employé comme chargé de mission auprès du premier ministre en 1975-1976. Entre 1985 et 1989, alors maire de Paris, Chirac en a fait son adjoint chargé des sports. Il est élu maire de Coulommiers en 1992. En novembre 1995, il a été ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Alain Juppé.

Il a été élu député UMP le , pour la XIIe législature (2002-2007), dans la cinquième circonscription de Seine-et-Marne, qui recouvre en partie la ville de Meaux. Suite à la grâce présidentielle dont il bénéficie, il renonce à se présenter aux élections législatives de 2007.

Guy Drut a inauguré, en 2004, un complexe sportif à son nom à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire). Il est membre de l'Académie des sports.

Guy Drut a été jugé sur l'inculpation d'avoir obtenu d'un emploi fictif dans l'affaire des marchés publics d'Île-de-France. Il a bénéficié de l'amnistie du président Jacques Chirac en mai 2006.

Le 16 novembre 2007, il est annoncé candidat à la présidence de l'agence mondiale antidopage. En décembre 2007, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections municipales à Coulommiers.

Le 27 février 2008, il annonce sa démission, effective le 29 février, de la mairie de Coulommiers pour dénoncer la trahison remontant à décembre de certains de ses colistiers aux municipales[1].

Au comité international olympique[modifier | modifier le code]

Guy Drut est l'un des membres français du comité international olympique. Il a pris la décision de se retirer du Comité international olympique, auquel il appartenait depuis 1996, durant la phase de qualification de Paris, ville candidate pour les Jeux olympiques de 2012.

Il a été suspendu le par la commission d'éthique du CIO de ses droits et fonctions suite à la condamnation judiciaire dont il a écopé en octobre 2005. Selon Henri Sérandour, président du comité olympique français, sa présence lors de la candidature de Paris aux Jeux olympiques d'été de 2012 aurait « un peu pesé » sur l'échec de la candidature. L'amnistie personnelle dont il a bénéficié devrait lui « permettre de reprendre sa place au sein de cet organisme afin d'y poursuivre son action dans l'intérêt du sport olympique et de la France », comme l'a précisé le ministre de la Justice, Pascal Clément. Suspendu à titre provisoire de ses fonctions au CIO jusqu'au 31 mai 2006, Guy Drut risquait de perdre définitivement son poste après cette date.

Le 25 mai 2006, quelques heures après l'annonce de l'amnistie qui fit scandale, le CIO a annoncé que le cas de Guy Drut serait réétudié[2].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Résultats internationaux[modifier | modifier le code]

Records[modifier | modifier le code]

  • Record du Monde et d'Europe du 110 m haies : 13,1 s (1975 au Stade Adolphe Chéron), puis 13 s la même année à Berlin-Ouest
  • Record d'Europe du 110 m haies à 6 reprises, en 1972, 1974, et 1975 4 fois
  • Record de France à 7 reprises, en 1969 (13,7 s), 1970 - 2 fois, 1974, et 1975 - 3 fois (durée totale 17 ans)
  • Record de France du 50 m haies en salle : 6,51 s en 1972
  • Record de France junior du 110 m haies en 1968 et 1969

Distinctions[modifier | modifier le code]

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Financement illégal du RPR[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'enquête sur le financement illégal du RPR et de l'affaire des marchés publics d'Île-de-France, Guy Drut a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Il n'a pas fait appel de la décision judiciaire et a préféré solliciter l'amnistie du président de la République Jacques Chirac.

Guy Drut a été amnistié à titre individuel pour cette condamnation par un décret du président Jacques Chirac, non publié au Journal officiel, du 25 mai 2006. La présidence de la République a pris cette mesure « en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif ». Cette amnistie a, d'ailleurs, immédiatement suscité une levée de bouclier à gauche et au centre. Le numéro un du PS de l'époque, François Hollande, y voit « une énième désinvolture » de Jacques Chirac et suggère d'« en finir avec ce privilège d'un autre âge », tandis que Jack Lang a fustigé « un gouvernement de copains et de coquins ».

Procès de l'affaire des marchés publics d’Île-de-France[modifier | modifier le code]

En octobre 2005, Guy Drut fut jugé avec 46 autres personnes dans le procès du système de corruption présumé au profit de plusieurs partis politiques, en marge des marchés de construction et de rénovation de lycées en Île-de-France (affaire des marchés publics d'Île-de-France).

SAR[modifier | modifier le code]

Guy Drut était également actionnaire d'une autre entreprise de BTP, la SAR de Francis Poullain, dont le redressement fiscal fut à l'origine de l'affaire des HLM de Paris. Il a ainsi obtenu 2,5 millions de francs au titre de ses dividendes en quatre ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'or et l'argent, éd. Denoël, coll. "Coudées franches", 1976;
  • Une haie après l'autre - mémoires - autobiographie, éd. Archipel, préface de Philippe Bouvard, 18 mai 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Parisien du 28 février 2008.
  2. Controverse autour de l'amnistie de Guy Drut, Le Figaro, 26 mai 2006
  3. Les stars du sport, Jean Boully, coll. Les compacts, éd. Bordas, 255 pages, avril 1987.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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