Maurice Couve de Murville

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Maurice Couve de Murville
Maurice Couve de Murville, en 1968.
Maurice Couve de Murville, en 1968.
Fonctions
Sénateur de Paris
Député de la 6e circonscription de Paris
Législature 4e , 5e, 6e et 7e (Ve République)
Prédécesseur Raymond Bousquet
Successeur circonscription supprimée
3e Premier ministre français
(151e chef du gouvernement)

(&&&&&&&&&&&&034611 mois et 11 jours)
Président Charles de Gaulle
Alain Poher (intérim)
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Législature IVe législature
Coalition Majorité présidentielle
UDR - RI
Gaullistes - Centre-droit
Prédécesseur Georges Pompidou
Successeur Jacques Chaban-Delmas
Ministre de l'Économie et des Finances
5e ministre des Finances de la Ve République
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Prédécesseur Michel Debré
Successeur François-Xavier Ortoli
Ministre des Affaires étrangères
1er ministre des Affaires étrangères de la Ve République
Président René Coty
Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Michel Debré
Georges Pompidou I
Georges Pompidou II
Georges Pompidou III
Georges Pompidou IV
Prédécesseur René Pleven
Successeur Michel Debré
Biographie
Nom de naissance Jacques-Maurice Couve de Murville
Date de naissance
Lieu de naissance Reims (Marne)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Paris-7e
Nationalité Française
Parti politique UNR
UDR
RPR
Conjoint Jacqueline Schweisguth (décédée en 2002)
Enfant(s) Juliette Couve de Murville
Dorothée Couve de Murville
Béatrice Couve de Murville
Diplômé de Faculté de droit de l'Université de Paris
Sciences Po
Profession Inspecteur des finances
Diplomate
Religion Protestant

Signature

Maurice Couve de Murville, né le à Reims et mort le dans le 7e arrondissement de Paris, est un homme politique français. De la Collaboration, il passe à la France libre en 1943, puis devient Premier ministre de 1968 à 1969, sous la présidence du général de Gaulle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et études[modifier | modifier le code]

Issu d'une vieille famille protestante, lauréat du Concours général en 1922, il est reçu au concours de l’Inspection des finances en 1930 et devient Directeur des Finances Extérieures et des Changes du régime de Vichy en septembre 1940.

À ce poste, il est chargé d’avaliser tous les mouvements financiers franco-allemands, jusqu’à son départ en mars 1943[1]. En tant que DFEC, il est nommé par le Gouvernement de Vichy, pour faire partie de la délégation française à la Commission d’armistice de Wiesbaden[2] qui siège sous l'autorité du Haut Commandement allemand.

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

En mars 1943, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il part pour Alger, via l’Espagne, où l’avait envoyé Jean Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval, pour avoir un homme à lui dans l'autre camp. L'inspecteur des finances ayant reçu un passeport officiel du gouvernement de Vichy, Charles de Gaulle aurait déclaré : « Couve a passé les Pyrénées en sleeping[2]. » Il se met au service du général Giraud.

Le , il est nommé commissaire aux finances du Comité français de la Libération nationale (CFLN). Quelques mois plus tard, il se rallie au général de Gaulle.

En février 1945, il devient membre du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) avec le rang d'ambassadeur auprès du gouvernement italien.

L’ambassadeur[modifier | modifier le code]

Il occupe ensuite plusieurs postes d'ambassadeur de France, au Caire (1950 à 1954), auprès de l'OTAN (1954 à 1955), à Washington (1955 à 1956) et à Bonn (1956 à 1958).

Ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre[modifier | modifier le code]

Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, il devient ministre des Affaires étrangères, poste qu'il conserve dix ans jusqu'au remaniement qui suit immédiatement Mai 68 où il remplace aux Finances Michel Debré ne gardant ce poste que peu de temps : après les élections, il devient Premier ministre, en remplacement de Georges Pompidou. Avec seulement 18 ministres, il fut à la tête du gouvernement le plus restreint de la Ve République, jusqu'à la formation du gouvernement François Fillon en 2007.

L’après-Matignon[modifier | modifier le code]

Après la démission de Charles de Gaulle de la présidence de la République, Couve de Murville continue sa carrière politique d'abord en tant que député UDR puis RPR de Paris jusqu'en 1986 puis sénateur jusqu'en 1995.

Il n'occupa plus aucune fonction ministérielle ou poste à haute responsabilité après son départ de Matignon.

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

En 1995, il met fin à sa carrière politique en quittant son siège de sénateur, à l'âge de 88 ans.

Maurice Couve de Murville meurt de vieillesse dans son appartement au no 44 rue du Bac, à Paris, à l'âge de 92 ans et 11 mois. Il reste encore à ce jour le doyen des Premiers ministres de la Ve République. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (18e division).

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Ordre de la Francisque
  • Grand-officier de l'ordre de la Légion d'honneur
  • Grand Croix de l'Ordre du Ouissam Alouite du Maroc
  • Grand Cordon de l'Ordre de la République de Tunisie
  • Grand Croix de l'Ordre du Mérite Centrafricain
  • Grand Officier de l'Ordre de l'Étoile Equatoriale du Gabon
  • Grand Officier de l'Ordre National de Madagascar
  • Grand Officier de l'Ordre du Lion du Sénégal
  • Grand Officier de l'Ordre National du Mérite Mauritanien
  • Grand Officier de l'Ordre National du Tchad
  • Grand Officier de l'Ordre du Mono du Togo
  • Grand Officier de l'Ordre du Dahomey

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une politique étrangère, 1958-1969 (1971)
  • Le Monde en face (1989)

Citation extraite du livre Une politique étrangère 1959-1969 :

« La volonté, c'est celle d'être soi-même l'artisan de son destin - autant qu'on le peut, et on le peut bien davantage qu'on ne le croit communément. C'est de ne s'en laisser imposer ni du dedans, ni du dehors, ni tout simplement par l'incident du jour. C'est de pratiquer une politique délibérée, voulue précisément, que l'on définit soi-même. Se laisser imposer sa politique, c'est d'ailleurs être assuré de recueillir, de chaque action, les seuls désavantages. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe de Garate, Couve de Murville, Un président impossible, éditions L'Harmattan, Paris, 2007, 400 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Industriels et banquiers sous l'occupation - La collaboration économique avec le Reich et Vichy », de Annie Lacroix-Riz - Ed. Armand Colin - 1999
  2. a et b « De Gaulle l’appelait Couve », Le Monde, 29 décembre 1999
Précédé par Maurice Couve de Murville Suivi par
André Diethelm
Commissaire aux Finances de la France Libre
Pierre Mendès France