Kurdes

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple kurde. Pour la langue kurde, voir Kurde.
Kurdes
Populations significatives par région
Drapeau de la Turquie Turquie 12 à 15 millions[1],[2],[3],[4]
Drapeau de l'Iran Iran 6 à 9,2 millions[3]
Drapeau de l'Irak Irak 5 à 7 millions
Drapeau de la Syrie Syrie 2,8 millions
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 900 000[5]
Drapeau de la France France 250 000
Drapeau d’Israël Israël 150 000
Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 150 000
Drapeau de la Suède Suède 100 000
Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 100 000
Drapeau du Liban Liban 80 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 25 000 à 80 000
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 70 000
Drapeau de la Suisse Suisse 60 000
Drapeau de la Géorgie Géorgie 34 000 à 60 000
Drapeau de l'Autriche Autriche 50 000
Drapeau de l'Arménie Arménie 45 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 40 000
Drapeau du Turkménistan Turkménistan 40 000
Drapeau du Danemark Danemark 8 000 à 30 000
Drapeau de la Grèce Grèce 20 000 à 25 000
Drapeau du Canada Canada 6 000
Drapeau de l'Algérie Algérie[6] 3 000
Population totale 35,931 à 48,239 millions
Autres
Langues kurde
perse, turque ou arabe largement parlés comme seconde langue
allemand, français, suédois et anglais sont des secondes langues pour les expatriés
Religions Principalement le sunnisme et l'alévisme mais aussi le chiisme, le yézidisme, le zoroastrisme, le yârsânisme, le judaïsme et le christianisme

Les Kurdes ( Kurde : Kurd کورد ) sont un peuple descendant des Mèdes[7], qui compterait environ 40 millions de personnes[8] vivant surtout en Turquie (Kurdistan du Nord), en Iran (Kurdistan de l'Est), en Irak (Kurdistan du Sud) et en Syrie (Kurdistan de l'Ouest).

Depuis un siècle, certains Kurdes luttent pour leur autodétermination, afin d'avoir leur propre patrie, le Kurdistan. Tous les États qui abritent une communauté non négligeable de Kurdes s’opposent activement à la création d’un État kurde, craignant de devoir abandonner une partie de leur territoire national.

Une émigration récente a entraîné l'apparition d'une diaspora kurde qui est présente dans tous les pays de l'Europe occidentale, aux États-Unis et en Australie. L'ancienne communauté qui était près de Kaboul quitta le pays pendant la guerre d'Afghanistan à la fin des années 1970.

Les Kurdes parlent des dialectes proches les uns des autres, tous issus du kurde, langue indo-européenne de la branche iranienne. Le kurde utilise des alphabets différents (latin, cyrillique, arabe, persan) et connaît plusieurs variantes : le sorani au Kurdistan du Sud et de l'est, le kurmandji dans les quatre parties, le zazaki au Kurdistan du Nord, et d'autres dialectes sont parlés au Kurdistan tels que le lori, le laki, le gorani, etc. La majorité des Kurdes sont sunnites (80 %), mais il existe d'autres croyances tels que l'alévisme, le yézidisme, druze ,le yarsanisme, le christianisme, le judaïsme (actuellement en Israël) et dans une plus faible proportion le chiisme.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine exacte du mot « kurde » est incertaine[9]. Le toponyme sous-jacent est attesté en assyrien comme Qardu et à l'âge du bronze moyen (en sumérien) comme Kar-da[10]. L'assyrien Qardu se réfère à une région dans le nord du bassin du Tigre, et est probablement reflété sous une forme corrompue dans l'arabe (coranique) Ǧūdī, réadopté en kurde sous la forme Cûdî[11], le mont Djoudi. Ce nom se rapproche aussi de Corduène, mentionné par Xénophon comme la tribu qui s'est opposé à la retraite des Dix Mille à travers les montagnes du nord de la Mésopotamie, au IVe siècle av. J.-C. Il y a cependant des points de vue divergents, dont ceux qui ne voient l'origine ni dans Qardu ni dans Gordyène, mais dans les Cyrtes (en) (Cyrtaei), une tribu Mède de Perse[12].

Indépendamment de ses possibles origines en toponymie ancienne, l'ethnonyme « kurde » pourrait être dérivé d'un terme kwrt-, utilisé comme nom commun en pehlevi pour signifier « nomades, habitants de tentes » et qui pouvait aussi être appliqué comme qualificatif à n'importe quelle tribu iranienne ayant ce mode de vie[13]. Ce terme a acquis un caractère d'ethnonyme après la conquête musulmane de la Perse, ayant été adopté en arabe et progressivement associé à un regroupement de tribus et groupes iraniens et iranisés de la région[14],[15],[16]. Au XVIe siècle, Sharaf Khan Bidlisi (en) (Şerefxanê Bedlîsî) affirma qu'il y avait quatre divisions des « Kurdes » : les Kurmandj, Lur, Kalhor (en) et Guran, et que chacune d'entre elles avait son propre dialecte. Paul (2008) note que l'usage du terme « Kurde » au XVIe siècle noté par Bidlisi, indépendamment du regroupement linguistique, pourrait quand même refléter le début d'une identité ethnique « kurde » nord-ouest-iranienne réunissant les Kurmandj, Kalhor et Guran[17].

Culture[modifier | modifier le code]

La culture kurde est un mélange des divers peuples anciens, ancêtres des kurdes et de leur société actuels. Comme beaucoup d'autres populations du Moyen-Orient, il apparaît une grande influence entre les kurdes et les peuples voisins. En effet, dans la culture Kurde, des éléments d'autres cultures sont observés. Cependant, en général, la culture kurde est plus proche des peuples iraniens, en particuliers de ceux qui sont géographiquement proches du Kurdistan, comme les perses ou les lors. Les kurdes, par exemple, célèbrent aussi Newroz (21 Mars) comme fête du nouvel an[18].

Place des femmes[modifier | modifier le code]

Les femmes et les hommes kurdes participent à des danses mixtes pendant les fêtes, les mariages et d'autres événements festifs. Major Soane, un officier de l'empire colonial britannique pendant la Première Guerre Mondiale, notait que ceci était inhabituel comparé aux autres peuples musulmans de la région, et montra que dans ce respect homme-femme était plus proche de l'Europe occidentale de l'époque que des coutumes de la région[19].

Folklore et mythologie[modifier | modifier le code]

Le renard, un personnage récurrent des contes et légendes kurdes.

Les kurdes possèdent un folklore très riche, qui jusqu'à des temps récents, s'était surtout transmis par les chants ou les récits oraux, d'une génération à une autre. Même si quelques histoires de grands auteurs kurdes furent célèbres à travers tout le Kurdistan, la plupart des histoires dîtes et chantées furent seulement écrites au XXe et XXIe siècle. Beaucoup de celles-ci sont, prétendument, vieilles de plusieurs siècles.

Très varié, le folklore kurde possède une grande diversité d'histoires sur la nature, les animaux anthropomorphiques, les chimères, l'amour, les héros et méchants, les créatures mythologiques et la vie de tous les jours. Une partie des ces figures mythologiques peuvent être retrouvées dans d'autres cultures, comme la simurgh, le kaveh de la mythologie iranienne, et les histoires de Shahmeran de l'Anatolie. De plus, certaines histoires peuvent avoir pour seule visée un enseignement éducatif ou religieux[20].

L'élément le plus récurrent du folklore kurde est le renard, qui par sa ruse et sa perspicacité, triomphe des espèces moins intelligentes, même s'il lui arrive de perdre à son propre jeu[20]. Un autre thème récurrent est l'origine d'une tribu.

Les conteurs officiaient en face de leur public, qui rassemblait parfois un village entier. Des gens venaient de loin pour les écouter, et les conteurs eux-mêmes visitaient plusieurs villages pour partager leurs histoires. Ils étaient particulièrement appréciés pendant l'hiver, ou les divertissements étaient rare car les jours courts[20].

Illustrant l'hétérogénéité des groupes kurdes, certaines histoires sont retrouvées et connues partout au Kurdistan, tandis que d'autres sont seulement spécifiques à une région donnée, en fonction du dialecte ou de la religion. Les juifs kurdes de Zakho en sont certainement le meilleur exemple de cette diversité : ses conteurs, comblés de présents, sont connus pour avoir été très respectés dans toute la région, grâce à une tradition orale unique[21]. Un autres exemple est la mythologie des Yézidis, et l'histoire des kurdes Dersims, turcs de tradition arménienne[22].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du peuple kurde.

Antiquité[modifier | modifier le code]

l'Empire Mède, vers 600 av. J.-C.

La première apparition d’une culture distincte et unie et d’un peuple vivant dans les montagnes du Kurdistan date de la culture Halaf, dans la première moitié du VIe millénaire av. J.-C. (6000-5400 av. J.-C.). Elle est suivie par la culture hourrite, de 2300 à 1300 av. J.-C. environ. Ils dominent un territoire s’étendant largement au-delà du Zagros et des Monts Taurus. Ils subsistent à travers le nom du district de Hawraman/Auraman, au Kurdistan.

Un peuple appelé les Lullubis habitait dans la plaine de Sharazor (Kurdistan irakien) et a combattu les Akkadiens vers 2300-2200 av. J.-C. Actuellement, un clan kurde s'appelle les Lullu, et pourrait être le descendant de ces antiques Lullubis.

De nombreuses sources historiques se réfèrent aux ancêtres des Kurdes modernes. Xénophon, dans son Anabase, les nomme Khardukhi, et les décrit comme « peuple féroce et défendant ses montagnes natales », qui attaque les armées grecques vers 400 av. J.-C. La région actuelle du Kurdistan, les montagnes autour du lac de Van, entre la Perse et la Mésopotamie d’alors, est nommée Carduchi, Cardyene ou Cordyene.

Les Kurdes modernes sont les descendants de nombreux envahisseurs et migrants qui se sont établis dans la région, Hourrites, Lullubi, Kurtis, Gutis, Mèdes, Mardes, Carduchis, Mitanni, Kassites. Le Kurdistan a aussi été envahi ou gouverné par les Assyriens, les Akkadiens, les Grecs (Alexandre le Grand), les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Mongols et les Turcs, sans compter la brève colonisation française et surtout britannique. Tous ces passages ont laissé des traces, depuis 4000 ans, dans la culture kurde.

Le royaume kurde de Corduenne devient une province romaine en 66 av. J.-C. et reste dans l’Empire jusqu’en 384. Elle recouvrait la région à l’est et au sud de la ville de Diyarbakir.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Cavalier kurde, vu par le peintre géorgien (de nationalité russe puis soviétique) Gigo Gabachvili, en 1936.

1844-1846[modifier | modifier le code]

L'émir Bedir Khan fonde un royaume qui s'étend pendant deux brèves années entre 1844 et 1846 de la Perse jusqu'au Tigre.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

C'est à la conférence de paix de Paris (1919) que se décida le sort des Kurdes[23]. En 1920, le traité de Sèvres prévoit la division de l'Empire ottoman et évoque notamment la possible autonomie des provinces kurdes avec à terme la création d'un État kurde indépendant. Cependant en 1923, le traité de Lausanne, signé après le refus du précédent traité par Mustafa Kemal, revient sur cette autonomie.

Les Kurdes depuis la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les Kurdes d'Iran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kurdistan iranien.
Kurdes d'Iran, 2010.

En janvier 1946, les Kurdes d’Iran proclament à Mahabad la république de Mahabad, mais l'année suivante, celle-ci est écrasée par le régime du dernier chah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Ces dernières années plusieurs journalistes, étudiants et miliciens d'origine s'opposant au régime iranien ont été condamnés à la peine de mort.

Les Kurdes d'Irak[modifier | modifier le code]

À la tête d'une insurrection armée, Mustapha Barzani, chef historique du mouvement national kurde d'Irak, obtient en 1970 la reconnaissance de l'autonomie des Kurdes par la signature d'un traité. Mais ce traité ne sera jamais respecté par l'Irak, dirigé par Saddam Hussein.

De février à septembre 1988, le gouvernement irakien mène une campagne de génocide contre les Kurdes. L'épisode le plus connu de cette opération est le massacre des habitants de la la ville de Halabja (au nord de l'Irak dans la province d'As-Sulaymaniya) par l'emploi d'armes chimiques en mars 1988.

À la suite de la Guerre du Golfe de 1990 les Kurdes ont pu établir une zone autonome au nord de l'Irak. En 2003, les Kurdes ont soutenu l'intervention américaine en Irak. La nouvelle constitution irakienne adoptée par référendum en 2005 reconnaît une très large autonomie au Kurdistan.

Depuis 2014, les Kurdes d'Irak combattent les djihadistes de Daech dans le nord du pays.

Les Kurdes de Turquie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kurdistan turc.
Kurdistan turc

La Turquie est le pays où la question kurde fait la une des journaux chaque jour. La construction de la Turquie kémaliste se fait dès 1923 sur le déni du fait d'une très forte minorité kurde en son territoire (à l'instar du déni du génocide arménien)[24]. Les Kurdes n'avaient alors d'autre droit que de se fondre dans la nation turque et ont souvent été fortement réprimés[24], comme en 1937-38 (massacre de Dersim).

Dans les années 1980, la guerre qui oppose l'armée turque et le parti des travailleurs du Kurdistan PKK fait plusieurs morts chaque semaine. La région du Kurdistan est placée sous état d'urgence, quadrillée par les forces armées et les groupes paramilitaires turcs. C'est la période de la terreur: les disparitions, les arrestations, la torture, les exécutions extra-judiciaires de Kurdes se multiplient.

Lors des élections législatives de 2007, l'AKP, premier parti du pays, obtient un score de 41 % à Diyarbakir[25], ce qui ne le place que deuxième derrière les 47 % des partis kurdes regroupés sous une étiquette d'indépendants (et non indépendantistes).

Depuis la création de la République turque, les Kurdes sont victimes d'une discrimination sévère et permanente qui a longtemps été formellement niée par les autorités turques malgré les témoignages accablants de victimes ou d'ONG. Cependant, le 27 juillet 2009, le président turc, Abdullah Gül, a reconnu dans un entretien que les Kurdes n'avaient pas les mêmes droits que le reste de la population, rompant ainsi avec plus de 85 ans de déni[26].

Les Kurdes de Syrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kurdistan syrien.
Une carte des communautés religieuses et ethniques de la Syrie et Lebanon (1935)
Carte des régions contrôlées par les Kurdes en Syrie.

Les Kurdes représentent 2 millions de personnes en Syrie. Cela fait d'eux la minorité la plus importante de ce pays. La population kurde est concentrée principalement au nord-est et au nord mais il y a aussi des populations significatives à Alep et à Damas. Les activistes kurdes des droits de l'homme sont souvent maltraités et persécutés.

Plusieurs techniques sont utilisées pour minorer l'identité kurde en Syrie : différentes lois interdisent l'utilisation de la langue kurde, peuvent interdire la reconnaissance des enfants sous des noms d'origine kurde, les noms de lieux géographiques en langue kurde sont remplacés par des noms arabes, de même certaines entreprises doivent être renommées avec des noms arabes, et enfin les écoles privées kurdes et certains livres sont interdits.

Depuis le début de la guerre civile syrienne, les Kurdes s'opposent à l'armée gouvernementale ainsi qu'aux djihadistes de Daech. Les Kurdes constituent des enclaves au nord de la Syrie, reliées au Kurdistan turc et au Kurdistan irakien.

L'idée d'un « grand Kurdistan »[modifier | modifier le code]

Les zones majoritairement kurdes (en clair).

Le projet d'un « grand Kurdistan » est né à la fin du XIXe siècle. Divisés depuis 1639 entre les Empires perse et ottoman, les Kurdes revendiquent à l'époque l'unité d'un territoire où leur peuple, d'origine indo-européenne, vit depuis l'Antiquité. En 1920, après la chute de l'empire ottoman, les puissances alliées promettent la création d'un grand État du Kurdistan[27]. Mais celui-ci ne verra jamais le jour. En 1923, le peuple kurde est placé sous l'autorité de quatre pays : la Turquie, l'Iran, la Syrie (protectorat français) et l'Irak (protectorat britannique). Quatre-vingt-cinq ans plus tard, le Kurdistan (littéralement « pays des Kurdes ») reste un territoire mythique, sans frontières reconnues, et les Kurdes une nation sans État. Niés dans leur identité, les quelque trente millions de Kurdes du Moyen-Orient n'ont pourtant cessé de lutter pour faire reconnaître leurs droits culturels et politiques, face à des États centralisateurs et répressifs. Mais les divisions linguistiques et religieuses les ont conduits à lutter en ordre dispersé. Par ailleurs, les zones kurdes sont riches en pétrole et en eau, ce qui renforce les enjeux du combat. À l'exception de l'éphémère République kurde de Mahabad (1946), en Iran, le rêve d'un grand Kurdistan s'est peu à peu émoussé. Seul le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a ranimé en Turquie, dans les années 1980, la flamme d'un « grand Kurdistan libre et démocratique ». Ailleurs, les partis politiques kurdes ont tous opté pour un objectif plus modeste : l'autonomie de chaque minorité kurde dans le cadre des États existants. La stratégie s'est révélée payante en Irak : depuis 1991, les Kurdes gèrent de façon autonome leur région. Exemplaire pour tous les Kurdes, cette victoire historique pose une nouvelle fois la question d'un « grand Kurdistan »[5].

Les Kurdes d'Allemagne[modifier | modifier le code]

Il y a environ 900 000 Kurdes en Allemagne, soit la plus grande communauté kurde en Europe.

Les Kurdes de France[modifier | modifier le code]

On estime qu'il y a environ 300 000 Kurdes en France[5]. Depuis plus de 30 ans la langue, la littérature et l'histoire kurdes ainsi que la géographie du Kurdistan sont enseignés à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O) à Paris.

L'Institut kurde de Paris constitue actuellement l'étude de la langue kurde (kurmandji, sorani).

Plusieurs associations kurdes existent dans les grandes villes de l'hexagone, notamment le centre culturel kurde Ahmet-Kaya de Paris qui organise plusieurs activités culturelles et sportives. Le siège de la fédération des associations kurdes de France (FEYKA) se trouve aussi à Paris. Celle-ci entretient des relations avec les divers partenaires sociaux français.

Les Kurdes de Belgique[modifier | modifier le code]

La diaspora kurde de Belgique dispose d'une télévision en langue kurde: Stêrk TV.

Les Kurdes et les médias[modifier | modifier le code]

Les kurdes sont un « peuple sacrifié par l'Histoire », selon le photographe Julien Goldstein et le journaliste Olivier Piot. Ensemble, ils publient Kurdistan, la colère d'un peuple sans droits. À travers des Kurdes de Turquie, de Syrie, d'Irak et d'Iran, l'ouvrage relate le quotidien de la plus grande communauté apatride du monde. Un quotidien souvent marqué par « les frustations et les souffrances ». Pourtant, ni les fausses promesses ni les répressions sanglantes n'ont entamé le désir d'indépendance de cette minorité morcelée[28].

En février 2015, Bernard-Henri Lévy se rend au Kurdistan irakien. Il y rencontre des combattants peshmergas qui s’affrontent aux troupes de Daech. À son retour, il défend activement la cause kurde dans les media occidentaux. Il organise à Paris, le 31 mars 2015, une rencontre entre le président François Hollande et des chefs militaires kurdes. Selon Bernard-Henri Lévy, les Kurdes représentent, tant sur le front irakien que sur le front syrien, les meilleurs alliés des démocraties, la seule force capable de venir concrètement « en aide aux Chrétiens d’Orient[29]».

Kurdes célèbres[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Personnalité kurde.


Dynasties médiévales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kurds » (voir la liste des auteurs).

  1. (tr) « Sondage de l'institut KONDA »,‎ (consulté le 21 octobre 2009)
  2. « CIA World Factbook - Démographie de la Turquie »,‎ est. 2008 (consulté le 23 octobre 2008)
  3. a et b « Université Laval de Québec : « L'État turc et le problème kurde » »,‎ (consulté le 23 octobre 2008)
  4. Bernard Dorin (préf. Gérard Chaliand), Les Kurdes. Destin héroïque, destin tragique, Lignes de repère, 2005 (ISBN 2915752028) [lire en ligne (page consultée le 23 octobre 2008)].
  5. a, b et c Géo, no 359, janvier 2009, p. 17.
  6. Vitaminedz.com
  7. Philip G. Kreyenbroek et Stefan Sperl dans The Kurds, (Routledge, 1992, 250 pp., ISBN 0-415-07265-4, 9780415072656) les différencient linguistiquement des Mèdes avec qui ils ont pourtant été souvent assimilés (p. 70)
  8. « Irak: Les Kurdes peuvent-ils profiter de la crise pour créer un Etat indépendant? », sur www.20minutes.fr,‎ (consulté le 2 octobre 2014)http://www.20minutes.fr/monde/1430007-20140819-irak-kurdes-peuvent-profiter-crise-creer-etat-independant
  9. Asatrian 2009 : « Generally, the etymons and primary meanings of tribal names or ethnonyms, as well as place names, are often irrecoverable; Kurd is also an obscurity »
  10. G. S. Reynolds, « A Reflection on Two Qurʾānic Words (Iblīs and Jūdī), with Attention to the Theories of A. Mingana », Journal of the American Oriental Society, vol. 124, n° 4 (octobre–décembre 2004), pp. 675–689. (voir p. 683, 684 et 687)
  11. Ilya Gershevitch, William Bayne Fisher, The Cambridge History of Iran: The Median and Achamenian Periods, 964 pp., Cambridge University Press, 1985, ISBN 0-521-20091-1, ISBN 978-0-521-20091-2 (voir note p. 257)
  12. Asatrian 2009 : « Evidently, the most reasonable explanation of this ethnonym must be sought for in its possible connections with the Cyrtii (Cyrtaei) of the Classical authors. »
  13. Karnamak Ardashir Papakan and the Matadakan i Hazar Dastan. G. Asatrian, Prolegomena to the Study of the Kurds, Iran and the Caucasus, vol. 13,‎ (DOI 10.1163/160984909X12476379007846, lire en ligne), p. 1–58 : « Generally, the etymons and primary meanings of tribal names or ethnonyms, as well as place names, are often irrecoverable; Kurd is also an obscurity » ; « It is clear that kurt in all the contexts has a distinct social sense, “nomad, tent-dweller”. It could equally be an attribute for any Iranian ethnic group having similar characteristics. To look for a particular ethnic sense here would be a futile exercise. » ; p. 24: « The Pahlavi materials clearly show that kurd in pre-Islamic Iran was a social label, still a long way off from becoming an ethnonym or a term denoting a distinct group of people. »
  14. Bois, Th.; Minorsky, V.; Bois, Th.; Bois, Th.; MacKenzie, D.N.; Bois, Th. « Kurds, Kurdistan ». Encyclopaedia of Islam. P. Bearman, Th. Bianquis, C.E. Bosworth, E. van Donzel et W.P. Heinrichs (dir.). Brill, 2009. Brill Online : « The Kurds, an Iranian people of the Near East, live at the junction of more or less laicised Turkey » ; « We thus find that about the period of the Arab conquest a single ethnic term Kurd (plur. Akrād) was beginning to be applied to an amalgamation of Iranian or iranicised tribes. »
  15. McDowall, David. 2000. A modern history of the Kurds. London: I.B. Tauris. p. 9
  16. Asatrian 2009
  17. Ludwig Paul, « History of the Kurdish language », Encyclopedia Iranica (2008) parle du problème de l'obtention d'une définition cohérente de « langue kurde » à l'intérieur du continuum linguistique iranien du Nord-Ouest. Il n'y a pas d'évolution sans ambigüité du kurde à partir du moyen-iranien, car « from Old and Middle Iranian times, no predecessors of the Kurdish language are yet known; the extant Kurdish texts may be traced back to no earlier than the 16th century CE. » Ludwig ajoute : « Linguistics itself, or dialectology, does not provide any general or straightforward definition of at which point a language becomes a dialect (or vice versa). To attain a fuller understanding of the difficulties and questions that are raised by the issue of the “Kurdish language,” it is therefore necessary to consider also non-linguistic factors. »
  18. « Iraqi Kurds », sur culturalorientation.net
  19. W. Juwaideh, The Kurdish national movement: its origins and development, 419 pp., Syracuse University Press, 2006. (voir p.41),
  20. a, b et c Edgecomb, D. (2007). A Fire in My Heart: Kurdish Tales. Westport: Libraries Unlimited, pp. 200.
  21. D. Shai (2008) 'Changes in the oral tradition among the Jews of Kurdistan'. Consulté le 7 juillet 2013.
  22. V. Arakelova. 'SHAHNAMEH IN THE KURDISH AND ARMENIAN ORAL TRADITION'. Consulté le 7 juillet 2013.
  23. Lire : Margaret MacMillan, Paris 1919 - Six months that changed the World, Random House, 2002 p. 465 à 483 Télécharger
  24. a et b Gérard Chaliand, Atlas du nouvel ordre mondial, Robert Laffont, Paris, 2003, (ISBN 2-221-10039-5) p. 120.
  25. BBCTurkish.com
  26. http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/260108/--Historique+:+les+Kurdes+de+Turquie+devraient+enfin+r%C3%A9cup%C3%A9rer+leurs+droits
  27. (en) Kubilay Yado Arin, « Turkey and the Kurds – From War to Reconciliation? », UC Berkeley Center for Right Wing Studies Working Paper Series,‎ (lire en ligne)
  28. National Geographic France N° de février 2012 p. 113
  29. Le Figaro, Eugène Bastié,31/03/2015. http://www.lefigaro.fr/international/2015/03/31/01003-20150331ARTFIG00352-bernard-henri-levy-la-france-doit-aider-militairement-les-kurdes-pour-sauver-les-chretiens-d-orient.php]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Gouvernements et États kurdes contemporains[modifier | modifier le code]

Les partis politiques kurdes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Franceschi, Mourir pour Kobané, Ed. Des Equateurs, 09 avril 2015.
  • Kubilay Yado Arin, Turkey and the Kurds – From War to Reconciliation? UC Berkeley Center for Right Wing Studies Working Paper Series, March 26, 2015. http://escholarship.org/uc/item/3229m63b
  • François Balsan, Les surprises du Kurdistan, Coll. Voyages et Aventures, Paris, J. Susse, 1944.
  • Hamit Bozarslan, Conflit kurde. Le brasier oublié du Moyen-Orient, Autrement, 2009.
  • Gérard Chaliand (sous la direction de), Les Kurdes et le Kurdistan - La question nationale kurde au Proche-Orient, Maspero, 1978 réédition 1981 358 p.
  • Gérard Chaliand, Le malheur kurde, Seuil, 1992 228 p.
  • Gérard Chaliand, Anthologie de la poésie populaire kurde, L'Aube, 1997 138 p.
  • Sabri Cigerli (préf. Jack Lang), Les kurdes et leur histoire, l'Harmattan, 1999, 194 p. (ISBN 2-7384-7662-7).
  • Sabri Cigerli (préf. Jean-Marie Demaldent), Les réfugiés kurdes d'Irak en Turquie : Gaz, Exode, Camps, l'Harmattan, 1998, 320 p. (ISBN 2-7384-7009-2)
  • Sabri Cigerli et Didier Le Saout, Öcalan et le PKK : les mutations de la question Kurde, Maisonneuve & Larose, 2005, 422 p. (ISBN 2706818859).
  • Conférence International de Paris, Les Kurdes : Droits de l'homme et identité culturelle, FIKP, 1989 206 p. Télécharger
  • Bernard Dorin, Les Kurdes. Destin héroïque, destin tragique, Lignes de repères, 2005.
  • William Eagleton Jr., La République kurde, Éditions Complexe, 1991, 321 p. (ISBN 2870274181).
  • Études Kurdes HS nº1, Histoire du Kurdistan, FIKP & l'Harmattan, 2004 144 p. Télécharger
  • Jordi Tejel Gorgas, La question kurde, passé et présent, L’Harmattan, 2014.
  • Human Rights Watch, Génocide en Irak : la campagne d'Anfal contre les Kurdes, Karthala, coll. « Homme et Société : Sciences économiques et politiques » 2003, 405 p. (ISBN 2845863454).
  • Chris Kutschera, Le mouvement national kurde, Flammarion, 1979.
  • Chris Kutschera (dir.) (préf. Bernard Kouchner), Le Livre noir de Saddam Hussein, Oh ! éditions, 2005, 700 p. (ISBN 2915056269).
  • (en) Margaret MacMillan, Paris 1919 - Six months that changed the World, Random House, 2002 711 p. Télécharger
  • Christian More, Les Kurdes aujourd'hui : mouvement national et partis politiques, l'Harmattan, 1984, 310 p. (ISBN 2-85802-408-9) édité erroné
  • Basile Nikitine, Les Kurdes, Introuvable, 1975 (ASIN B0017VZXM6).
  • Elizabeth Picard (dir.), La question kurde, Éditions Complexe, 1991.

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