Dominique Baudis

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Dominique Baudis
Dominique Baudis devant le Parlement européen, en septembre 2009.
Dominique Baudis devant le Parlement européen, en septembre 2009.
Fonctions
Défenseur des droits
22 juin 201110 avril 2014
Prédécesseur Poste créé
Jean-Paul Delevoye
(Médiateur de la République)
Successeur Jacques Toubon
Député européen
14 juillet 200922 juin 2011
Élection 7 juin 2009
Législature VIIe
19 juillet 19942 octobre 1997
Élection 12 juin 1994
Législature IVe
24 juillet 198420 juin 1988
Législature IIe
Député de la 1re circonscription de la Haute-Garonne
1er juin 199724 janvier 2001
Prédécesseur Jean-Claude Paix
Successeur Philippe Douste-Blazy
23 juin 19884 mai 1994
Prédécesseur Jacques Roger-Machart
Successeur Jean-Claude Paix
Président du Conseil régional Midi-Pyrénées
19861988
Prédécesseur Premier président élu
Successeur Marc Censi
Maire de Toulouse
mars 1983janvier 2001
Prédécesseur Pierre Baudis
Successeur Guy Hersant
Biographie
Nom de naissance Dominique Pierre Jean Albert Baudis
Date de naissance 14 avril 1947
Lieu de naissance Paris (IXe)
Date de décès 10 avril 2014 (à 66 ans)
Lieu de décès Paris, Val-de-Grâce (Ve)
Nature du décès Cancer
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDF
UMP
Diplômé de IEP de Paris

Dominique Baudis, né le 14 avril 1947 à Paris (9e arrondissement) et mort le 10 avril 2014 (à 66 ans) à Paris (5e arrondissement) est un journaliste, écrivain et homme politique français. Il a notamment été journaliste de télévision, puis maire de Toulouse, député, président du conseil régional de Midi-Pyrénées, député européen, puis président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et Défenseur des droits.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Fils de l'homme politique Pierre Baudis, il effectue ses études au collège du Caousou à Toulouse, puis à Paris au lycée Fénelon-Sainte-Marie, et obtient son diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris.

Carrière journalistique[modifier | modifier le code]

En 1965, Dominique Baudis devient responsable du mouvement des Jeunes démocrates, et en 1971, il part au Liban et devient journaliste de radio et de télévision à Beyrouth jusqu'au début de la guerre civile libanaise en 1975. Il devient ensuite correspondant de TF1 (alors chaîne publique) pour le Proche-Orient. Sa carrière journalistique l'amène à devenir grand reporter pour TF1 de 1976 à 1977, puis présentateur du journal télévisé de 20 h de la même chaîne de 1977 à 1980[1], et celui du Soir 3 de FR3 jusqu'en 1982. Cette même année, il est chargé par FR3 d'assurer les relations avec le Sénat[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Encore étudiant et président du Mouvement des jeunes démocrates, il est élu en mars 1971 conseiller municipal de Boulogne-Billancourt sur la liste menée par Georges Gorse.

Il quitte l'audiovisuel public fin 1982, pour être candidat à la succession de son père, Pierre Baudis, maire de Toulouse de 1971 à 1983[3]. Il est élu en mars 1983 lors des élections municipales, sous l'étiquette du CDS, composante de l'UDF, tout en affirmant une ligne d'ouverture politique[4]. Les fois suivantes, il est réélu jusqu'aux élections de 1995 dès le premier tour, avec 55 % des voix. L'universitaire Stéphane Beaumont rappelé qu'en tant que maire, il fut « l'homme de l'endettement zéro ». Il a également participé à transformer la ville en grande métropole économique et universitaire et lancé le métro de Toulouse. Il refuse plusieurs fois de devenir ministre afin de se consacrer à sa ville[5].

En 1984, il est aussi élu au Parlement européen pour quatre ans.

En 1985, il devient également conseiller général de la Haute-Garonne, pour cinq ans.

En 1986, il est élu au Conseil régional de Midi-Pyrénées, dont il devient le président. Enfin, la même année, il est élu député à l'Assemblée nationale, mandat dont il démissionne au profit de son père Pierre, il sera réélu en 1988, en 1993 et en 1997. Il est alors un des responsables de Force démocrate, parti faisant partie de la confédération de partis nommée UDF.

En 1989, il fait partie du courant des « rénovateurs », avec Michel Noir, François Bayrou, Philippe Seguin ou encore Alain Carignon, leur ambition (avortée) étant de lancer un parti unique de la droite et du centre (à partir du RPR et de l'UDF) en écartant Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing. Il demande ainsi personnellement à la télévision le départ de ce-dernier de la vie politique[5].

En 1994, il conduit la liste UDF-RPR qui recueille 25,58 % des voix et arrive en tête des élections européennes ; initialement crédité de 40 % dans les sondages, la liste doit pâtir de la dissidence de Philippe de Villiers, encouragé par Charles Pasqua[5].

En 1998, il devient membre du bureau politique et du conseil de la présidence de l’UDF.

Conseil supérieur de l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

En mai 2000, succédant à Alain Peyrefitte, il devient pour un an le président du comité éditorial du quotidien français Le Figaro[5].

Il démissionne de tous ses mandats électifs, lorsque le président de la République Jacques Chirac lui propose de devenir président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Il laisse également ouverte sa succession au poste de maire de Toulouse, qui sera gagnée par Philippe Douste-Blazy aux élections municipales suivantes. Sa nomination au CSA fut contestée, son impartialité étant mise en cause par certains hommes politiques de gauche, tels François Hollande et Robert Hue[6]. Sa présidence a été marquée par le lancement de la Télévision numérique terrestre (TNT) en 2005 et la lutte contre la pornographie.

Après avoir quitté ses fonctions de président du CSA en janvier 2007 (remplacé par Michel Boyon), il est élu président de l'Institut du monde arabe en février 2007[7].

Retour en politique[modifier | modifier le code]

En janvier 2009, il est désigné tête de liste UMP de la circonscription Sud-Ouest comptant 6 200 794 électeurs inscrits pour les élections européennes de 2009. Le 7 juin 2009, la liste de la majorité présidentielle qu'il conduit est celle qui obtient le plus de voix : 705 900 et 26,89 % des suffrages exprimés, ce qui permet à sa liste d'obtenir quatre sièges au Parlement européen, loin devant la liste du Parti socialiste conduite par Kader Arif. Sa liste a obtenu une majorité relative de voix dans les trois régions de la circonscription Sud-Ouest, tout comme dans la très grande majorité des villes les plus grandes de cette circonscription, notamment à Toulouse où il dépasse le seuil symbolique des 30 %. Lors de ces élections, la majorité présidentielle a doublé ses députés par rapport au dernier scrutin de 2004.

Le 16 juillet 2009, il est élu vice-président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il est membre de la délégation pour les relations avec les pays du Mashrek (Égypte, Jordanie, Liban et Syrie) et de la délégation à l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne.

Le 10 novembre 2009, il est nommé rapporteur sur l'accord d'association sur la Syrie, en négociation depuis 2004.

Fin octobre 2010, il est chargé par le Parlement de réaliser une étude des relations entre l'Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe. Après une audition publique au Parlement européen, il rédige un rapport qui est adopté par celui-ci le 24 mars 2011 en session plénière[8].

Défenseur des droits[modifier | modifier le code]

Président de l'Institut du monde arabe, président de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité depuis le 12 octobre 2010 et député européen, PPE de la circonscription Sud-Ouest de France, il démissionne de tous ses mandats lorsqu'il est nommé Défenseur des droits par le président Nicolas Sarkozy le 22 juin 2011.

À ce poste, il permet aux victimes du Sida et aux séropositifs d'avoir accès aux soins funéraires, interdits depuis 1986[9].

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Alors qu'il occupe la fonction de Défenseur des droits, il est opéré du cervelet et est hospitalisé à plusieurs reprises avant de mourir à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris des suites d'un cancer généralisé, le 10 avril 2014[10],[11].

Le 15 avril 2014, un hommage national, présidé par le président de la république François Hollande[12] lui est rendu aux Invalides, à Paris[13].

Ses obsèques ont lieu le mercredi 16 avril 2014 en la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Le lendemain matin, il est incinéré au crématorium de Salonique et ses cendres ont été inhumées au cimetière de Terre-Cabade, auprès de son père Pierre Baudis.

Affaire Alègre[modifier | modifier le code]

En 2003, alors qu'il est président du CSA, Dominique Baudis est mis en cause dans une affaire liée au tueur en série Patrice Alègre. Il révèle publiquement cette sordide affaire au journal de Claire Chazal sur TF1. On l'accuse de proxénétisme, de viol, de meurtre et d'actes de barbarie. Les instigateurs de cette campagne de diffamation seront mis en examen deux ans et demi plus tard.

Après être revenues sur leurs déclarations, les deux ex-prostituées, Fanny et Patricia, ont été reconnues coupables de dénonciation calomnieuse et respectivement condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Toulouse le 26 mars 2009[14].

Karl Zéro, à l'époque présentateur sur Canal+, a bénéficié d'un non-lieu en mars 2007 à la suite de sa mise en examen pour « sortie illicite de correspondance », « violation du secret de l'instruction » et « violation du secret professionnel » après avoir lu en direct à la télévision une lettre du meurtrier Patrice Alègre confirmant l'implication de Dominique Baudis dans cette affaire[15]. En janvier 2009, il est à nouveau mis en examen pour « sortie irrégulière de correspondance de prison »[16]. Dominique Baudis a également accusé La Dépêche du Midi et son directeur Jean-Michel Baylet ainsi qu'Edwy Plenel, alors au Monde d'avoir contribué à propager la rumeur[5].

Sous le titre Face à la calomnie, Dominique Baudis publie en 2005 le journal qu'il a tenu pendant dix-huit mois, de 2003 à 2004, victime d'une longue campagne de calomnies. Dans ce livre, il accuse l'ex-gendarme Michel Roussel d'avoir orienté les témoignages des deux anciennes prostituées qui l'avaient impliqué dans l'affaire Alègre. Cela lui vaudra d'être condamné pour diffamation en première instance le 4 janvier 2006. Le 9 août de la même année, la Cour d'appel de Toulouse a confirmé la diffamation ; il est condamné à verser mille euros à Michel Roussel[17]. Dans ce livre, il dit ne pas comprendre l'attitude de son successeur à la mairie de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, qu'il accuse de complaisance à l'égard de la rumeur.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il se marie en secondes noces avec Ysabel Saïah le 27 avril 1988. Le couple a deux enfants, Pierre et Benjamin. Dominique Baudis a également une fille issue d'un précédent mariage, Florence.

Œuvres[modifier | modifier le code]

prix Méditerranée 2010[18]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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